UNE PIÈCE EN VERS RELATIVE A LUNIVERSITÉ DE LOUVAIN
Nos aïeux avaient l'habitude de consacrer en vers les principaux événements de la vie : mariages, vœux monastiques, premières messes, examens académiques, etc., tout leur donnait l'occasion de rimer de petits poèmes, aussitôt imprimés et distribués dans le cercle de la famille et des amis. Les bibliothèques renferment des collections très considérables de ces pièces de circonstance, assez médiocres, d'habitude, mais intéressantes par le jour qu'elles jettent sur les mœurs intimes des siècles passés.
J'ai rencontré, notamment, un poème en vers français, daté de 1727, et adressé à un étudiant,
Philippe-Thomas Billet, à l'occasion de l'examen de licencié qu'il venait de subir devant la Faculté de droit de l'université de Louvain. Il oflfre un petit tableau piquant des distractions que pouvaient s'oflfrir les étudiants au commencement du XVIIP siècle, pour se reposer de leurs études. La musique, les festins, le vin et la bière surtout, la célèbre Peetermanne, y jouent un grand rôle.
L'amour, par contre, n'y figure pas, à moins qu'il \ ne faille en voir une trace dans l'allusion très discrète à la dévote, dont le héros essaie vainement, — et à quel prix ! — d'obtenir un salut.
Le ton de la pièce est assez vif ; la satire s'y mêle aux louanges, et l'auteur en est, sans doute, un camarade de Billet * , qui ne craint pas de lui dire ses vérités. Sans être souple ni châtié, le style est assez facile et la versification est suffisamment correcte, sinon élégante. C'est un morceau qui n'est pas sans qualités quand on le compare aux plates élucubrations rimées qui ont vu le jour en Belgique pendant cette époque de décadence littéraire, qui correspond au XVIIP siècle '. Je crois donc qu'il mérite d'être reproduit ici, diaprés l'exemplaire conservé à la bibliothèque de l'université de Gand {Documents biographiques). U forme un feuillet in-folio, imprimé sur deux colonnes, par la veuve de Jacques Sassenus, à Louvain.
1 La pièce est signée Beaachaniana domus, nom qui peat être soit celui de la maison où les camarades de Billet avaient Thabitude de se réunir, soit celui d'une famille alliée à celle de Billet (Beauchan?).
2 II est à remarquer que les pièces analogues, rédigées en français, sont relativement rares au XVni<* siècle; elles sont, le plus souvent; écrites en vers flamands ou latins. ^
A MONSIEUB