‹ Analectes belgiques: Notices et documents pour servir à l'hiaroiewChapitre 20 sur 68 · IBIS · texte numérisé non relu

IBIS

Vous craignez de payer mes services passez :

Lorsque je vous en parle, Iris, vous blêmissez Et vous avez pourtant de quoy me satisfaire.

A quoi bon de vous effrayer ?

En cas d'un amoureux salaire,

C'est un plaisir que de payer.

BELLE EXPBESSION d'aMOUB SANS DISE MOT.

Lorsque d'un désir sérieux Je presse Amarillis de me dire elle-même S'il est vray qu'elle m'aime.

Elle rougit, elle baisse les yeux, ' Et me serrant la main, tout bas, elle soupir Se peut-elle mieux expliquer sans rien dire ?

LA MAISON BÉGLéS.

Avoir une maison propre, commode et belle, Des jardins tapissés d'espailliers odorans, D'excellent vin, peu de train, peu d'enfans, Posséder seul, sans bruit, une femme fidèle,

N'avoir debtstes [ni] procès ni querelle.

Ni partage à faire avec ses parens, N'espérer ni se promettre rien de grand, Vivre sans jalousie et sans ambition.

Se régler sans scrupule à la dévotion.

Avoir l'esprit libre et le jugement fort.

C'est attendre chez soy bien doucement la mort.

xn.

SERMENTS d'aMOUB.

Belle de mes désirs, vous estes le trespas.

Et c'est vous toutefoys que seule je désire.

J'en jure vos beaux yeux, que le soleil admire. Et j'en jure mon cœur, surpris de vos appas.

J'en jure ces douceurs qui sont tout mon soûlas^; J'en jure vos desdains qui font tout mon martire; J'en jure ces douleurs tesmoins de votre empire; J'en jure ce désir, qu'avoir je ne puis pas; J'en jure les amours, amoureux de vous-mesme; J'en jure ces beautés qui font que l'on vous aime ; J'en jure mes espoirs, encor bien que petits; J'en jure ce désir que vous me faictes naistre; Bref, j'en jure par vous, sans qui je ne veux estre.... Encor ne croyez-vous ce que je vous en dis.

xm.

POITB M... TRAVAILLANT, A SON LIT, d'oUVBAGES AVEC TANT d' ATTEN- TION qu'elle N'eSCOUTOIT POINT SON AMANT.

Madrigal,

Jouissez, trop heureux ouvrage, Du cœur d'Iris et sans ombrage.

i Soulagement.

Occupez son esprit et faites tous ses soins; J'espère avoir mon tour et n'en faire pas moins,

Et malgré le mal qui me gesne,

Je sens ce faible allégement»

Qu'estant, en ce moment, le témoin de ma peine, Vous le serez un jour de mon contentement.

xrv.

▲ IJN AXT.

Chez toy j'ay les plaisirs les plus grands de la terre Soit qu'on lise tes vers, soit qu'on vuide le verre;

Tout en [toy] est divin.

Et le stile et le vin.

LE FBBBB JOUBUB ET LA SŒUB AMOUBEUSE.

Mon cher frère, disoit Sylvie, Si tu quittois le jeu, que je serois ravie !

Ne le pourras-tu point abandonner un jour?

— Ouy, ma sœur, j'en perdray l'envie

Quand tu ne feras plus l'amour.

— Va, méchant, tu joûras tout le tems de ta vie.

LE HABCHAin)EUB DE OANTS.

Madame, montrez -moy des gands.

Que vendez-vous ceux-cy ? — Monsieur, rien que six francs.

— Madame, vous en aurez quatre.

— Monsieur, je n'en puis rien rabattre.

— Madame, un escu d'or, mais je veux vous baiser.

— Monsieur, je n'ay rien fait de toute la semaine;

En vérité, c'est mon étreine * :

Je ne veux pas vous refuser.

* Étrennô.

xvn.

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