PRÉFACE Y
force inculquer dans les cerveaux de leurs semblables les idées qui leur plaisent» Ils forment alors des sociétés pour la propagation de ce qu'ils appellent les bons livres j pour la création et la diffusion jusqu'à la profusion de bibliothèques populaires, de bibliothèques de la jeunesse^ etc, etc., où ils s'évertuent , non à fortifier et à orner les esprits, mais à les façonner, à les assouplir à leur manière de voir ; ce qui , en fin de compte , par la suppression du libre jugement, produit leur abrutissement. On n'a pas besoin de faire disparaître violemment ces sortes de livres; le dédain public en fait ordinairement justice avant la fin de la génération qui les a vu naître. J)e plus, il va sans dire, que, à quelques exceptions près, ils sont bannis des collections des bibliophiles, de même que les mets répugnants sont bannis de la table des gourmets.
Pour résister à la guerre à outrance faite aux écrits indépendants par les fanatiques de toute espèce, il y a déjà longtemps que les bibliophiles ont reconnu la nécessité de faire, pour la vitalité de l'esprit humain, ce que les autres font pour son engourdissement; c'est-à-dire, de faire imprimer divers ouvrages inédits ou réimprimer d'anciens