‹ Analectes historiques (volume 2)Chapitre 5 sur 24 · CCCLXXVIII · texte numérisé non relu

CCCLXXVIII

Lettre de l'archidiicJiesse Marguerite ait rointe rie Gavre, (jouverneur et capitaine yéiiérul de Flandre, sarles dispositions militaires du connétable de Bourbon en Italie : 25 juin i 524.

Mon cousin , pour ce que j'ay esté tousjours désirant sçavoir et entendre bonnes nouvelles de la disposition et affaires de l'Empereur et de ses amys et alyez, vous veulx bien advertir

comme liicr rcccuz lettres de monsieur de lîoiirboii, du xvr de ce mois, eontcnnnt In déclaration de la bonne et puissante armée qu'il a preste et esquippéc |)0ur son brief partementd'Ytalie, à la poursuyte de son emprinse contre nos ennemys, ainsy que lesdictcs lettres plus ad plain le contiennent, dont vous envoyé la coppie enclose en cestes; et espère, à l'aydc de Dieu, que, par son moyen, sera à ce coup le temps d'ammcner nostre commun ennemy à raison : que seroit encores cliosc plus facille.si le rov d'Audeterrc vouloil faire le samblable de son coslc, à quoy, de mon costé, ne faillentadverfissemens et remonstranccs, que crains estrc de petit fruyct. Se aultre cliose me survient, vous en advcrtiray au samblable. Vous disant sur ce l'a Dieu, mon cousin, que soit garde de vous. DeMalines, ce xxv'' dejuing 1524.

Vosirc cousine,

MAnCLEniTE.

Maunix,

Au dos : A mon cousin le conte de Gavrc, gouverneur et capitaine général de Flandres.

Lettre du connétable de Bourbon à V Archiduchesse.

Madame, j'ay reccu les lettres que vous a pieu mescripre, par laquelle je voy tousjours la bonne voulcnté qu'avez aux affaires de l'Empereur. J'escrips au roy (I) et à monsieur le légat (2), aussi font mes cousins les vice-roy de Naples (5) et de Beaurain (4), que leur plaisir soit, suyvant leur intention,

(1) Henri VIII.

(2) Le cardinal Wolsoy.

(5) Charles de Lannoy.

(A) Adrien de Croy, depuis comte du Rœulx.

hastcr les cciil mil cscus reslans des deux cens mil qu'ils ont ordonnez, pour ayder à ralfaire de par dechà.

Madame, voussçavez et entendez assez que telles alFaircs sont très-maulvaises à conduyre sans argent, et (-'est la princi[)alle eliose quy y est requise : au moyen de quoy, Madame, vous supplye très-humblement qu'il vous plaise vous employer en tout ce qu'il vous sera possible pour hastor de faire envoyer, en diliigence, lesdicts deniers, car l'Emjjcreur a jà bien pourvcu pour nous délivrer deux cens mil ducatz pour ccste entreprinse.

Madame, il vous plaira aussi ne mettre en oblye, suyvant ce qu'il vous plaist escripre, les trois mil chevaulx et trois mil piétons, pour les employer où trop mieulx entendez qu'il est nécessaire : car c'est à ce coup, ou jamais, que debvons avoir raison de nostre commun ennemy, et la saison est tant bien disposée que mieulx ne poulroit eslre; et espère, à l'ayde de Dieu, me employer de ce costé de sorte que l'Empereur, le roy et vous y aurez honneur et prouflit, me confiant bien que le roy ne se bornera à faire son effort de sa part.

Je m'en parte dedans deux ou trois jours, pour aller passer la montaigne et suyvre mon voyaige, où je meyne xix'" hommes de piedt, dont y a x" Allemans, vi"" Espagnols et m" Italyens, vni° hommes d'armes de Naples et Mi'= hommes d'armes à la mode de France, xv" chevaulx-légiers et bonne bende d'artillerye, esquippée de pionniers, bouUetz, pouldres et aultres munitions nécessaires, sans y comprendre l'armée de mer.

Madame, je vous asseure que mesdicts cousins les vice-roy et de Beaurain se monstrent très- bons serviteurs de l'Empereur et, en mon endroict, m'ont bien donné à congnoistre qu'ils sont de mes bons et principaulx amys,car ils se sont employez de tout leur pooir pour bien drescher mon affaire, par le commandement de lEmpcrcur. Mondict cousin le vice-roy demeure en cc>te Ytalie, par le commandement de mondict seigneur, avec(i quelque nombre de gens de guerre, et je maync

monsieur le inarc(|uisdc PcscIkuc cl hciuilcoup traiilU'cs l)ons ciipittiiiies.

Madame, je prie Nostre-Seigrieur que vous doiiil bonne vie et longue.

Escript à Wontcallier. le xvi' jour dejuing.

Madame, depuis mes lettres escriptes, est arrivé monsieur l'ambassadeur d'Angleterre, M' Richart. Il a baillé (jnelques articles ausquels j'ay respondu , ainsy qu'il vous plaira vcoir par le double que monsieur le viee-roy vous envoyé.

Vostre très-bumble et irès-obéyssant cou<in,

ChAFxLES.

(Copie du XVI« siècle : MS. n" 16 des Archives de l'Élal , à Gaiid , loi. 15 v.)

CCCLXXIX.

Lettre de V archiduchesse Marguerite au comte de Gavre, gouverneur et capitaine général de Flandre , sur la victoire de Pavie et la prise du roi de France : 0 mars 1 3^4 ( 1 525 , n. st.).

Mon cousin, je vous adviseque, par lettres de messieurs les ducqz de Borbon et de Millan, mes cousins, et de bouche par deux de leurs gentilzhommes vcnuz en poste, lesquelz ont esté à la battaille de l'armée de l'Empereur contre le roy de France, jay, lejour d'huy, eu certaines nouvelles que, le xxnn" de febvrier, larmcc de l'Empereur assaillit le roy de France en son

canip (le sorte (|uc, conihieii (ju'il fut grandcincnl forlillié, le l'ov y fut. prins prisonnier, xnn'" lioninics de guerre tuez dedans le champ, et qne la reste, qui print la fiiyte, a esté entièrement prinsc ou tuée; et ne scliait-l'on qu'il en est auloun eschappé. Je vous requiers que, à la consolation des vassaulx et subjects de vostrc gouvernement, vous les advertissiez, les exhortez cl leur ordonnez rendre grâces et louenges à Dieu de la victoire qu'il nous a envoyé, j)ar feux de joyc, par processions, oraisons et aultres prières et pyes œuvres, et surtout faire prier pour le salut des âmes de cculx qui sont trcspassez. Et pour aviser que avons à faire de par dechà, vous requiers, cestes veues, venir vers moy à Malincs, pour avecq aultres en délibérer : selon quoy j'enlens me rigler. Et à tant, mon cousin, je pryc Noslre- Seigneur vous donner sa grâce.

Eseripl à Bruxelles, le vf de mars, l'an XV'' XXIIIF.

Vostrc cousine,

Marguerite.

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