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Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de Louvain

NOTICE SUR LA VIE ET LES OUVRAGES DE PHILIPPE VERHEYEN, DOCTEUR ET PROFES- SEUR DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE L'UNIVERSITÉ DE LOUVAIN.

Vers la fin du dix-septième siècle et au commencement du dix-huitième des hommes célèbres s'éleyèv rent presque simultanément sur tous les points de l'Europe pour donner à la chirurgie et à Panatomie ce caractère profondément scientifique qui distingue de nos jours Part de guérir.

Tandis que Morgagni donnait un nouvel éclat à la médecine italienne, que Vieussens florissait en France et que le célèbre Ruysch s'illustrait en Ilollande, l'Université de Louvain produisait Philippe Verhei

Ce savant naquit au village de Veerebroeck, au pays de Waes , le 23 Avril 1648 , de Thomas Verheycn et de Jeanne Goemans. Destiné par son père à la culture des champs, il fut laboureur jusqu'à sa vingtdeuxième année. A cette époque Jean Jaspers, curé de Veerebroeck, devina le génie de son jeune paroissien et résolut de le cultiver. Philippe cependant ne ' pouvait consacrer aux lettres, que ce digne curé lui enseignait, que les rares loisirs d'hiver; mais ses progrès furent rapides. En 1672 son précepteur le plaça au collège de la Ste.-Trinité à Louvain. Après

trois années d'études préparatoires, Verheyen fut reçu dans la pédagogie du Lis pour y suivre les cours de philosophie. En 1677 il prit part au concours général , d'où notre pauvre villageois sortit vainqueur ayant obtenu les lauriers de la première place. Ce beau succès décida de son avenir. — 11 se destinait à l'état ecclésiastique et il avait déjà commencé son cours de théologie , lorsqu'il fut attaqué d'une forte inflammation à la jambe qui se termina par la gangrène et dont on ne put arrêter les progrès que par l'amputation. L'opération faite , Verheyen recouvra son ancienne santé; mais devenu moins apte à remplir convenablement les devoirs du saint Ministère , il cessa les études théologiques pour s'appliquer avec la même ardeur à celles de la médecine.

En 4681 on lui conféra le grade de licencié en médecine. A cette occasion ses examinateurs consignèrent dans leurs annales que Verheyen avait répondu à toutes leurs questions d'une manière admirable. Il venait d'entrer dans sa 53 mj année lorsqu'il résolut de se rendre à Lcydc pour y suivre les cours des Nuckeldes Bidloo. La renommée de Huysch le retint pendant plusieurs mois à Amsterdam; mais l'affection qu'il portait au premier théâtre de ses succès le rappela bientôt dans sa patrie. Revenu à Louvainil y épousa Marie-Anne Vandcnzypc, sœur de François Vandcnzype , professeur d'anatomie à l'Université de cette ville. Leur union fut de courte durée : Marie décéda en 1689.

Verheyen fut nommé professeur d'anatomie dans le

courant de la même année , et quatre ans plus tard il obtint encore la chaire de chirurgie. Quoiqu'il eût obtenu le grade de docteur en médecine depuis 1689 , il ne prit le bonnet doctoral qu'en 1695. Le dernier du mois d'Août 1689, il avait été nommé recteur de l'Université. Pendant que Verheyen remplissait les deux chaires avec distinction , l'éclat de sa doctrine ne tarda pas à l'entourer d'un grand nombre d'auditeurs des pays les plus éloignés. Non content d'élaborer ses leçons, le zélé professeur consacre ses loisirs à d'ingénieuses dissections cadavériques et à d'importantes recherches médicales. Il publie des traités qui propagent sa gloire dans le monde savant; et c'est au moment où il va mettre la dernière main h un grand ouvrage sur la pratique de la médecine, qu'une Cèvre aiguë l'emporte le 28 Janvier 1710, à l'âge de 62 ans.

Ainsi finit, dit Portai (1), cet homme célèbre qui fut de son vivant le principal orn.ement de l'Université de Louvain et qui mérite un rang dans l'histoire de l'anatomie. Il avait fait des dépenses^ considérables pour le public, principalement pour les pauvres; aussi ne laissa-t-il à sa femme épiorée , Philippine van Goedenhuyse, qu'il avait épousée en secondes nôces en 1695, et à ses quatre enfans, que la gloire de l'avoir eu pour mari et pour père , d'autres biens que sa réputation, et d'autre testament que l'épitaphe suivante :

(i) Histoire de l'anatomie et de la chirurgie, tom. IV , Paris 1770.

PHILIPPUS VERIIEYEN

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