II. — Prise d’échantillon pour l’analyse microbiologique
Les précautions qui précèdent suffisent parfaitement au prélèvement des échantillons destinés à l’analyse chimique, mais elles sont absolument insuffisantes en ce qui concerne l’analyse micrographique.
Pour ce genre de recherche, on doit toujours prélever les échantillons de deux façons différentes en usant rigoureusement des précautions suivantes :
1. L’idéal serait, sans doute, de pratiquer les ensemencements à la source même, mais il est le plus souvent impossible d’agir ainsi. Or, le pullulement des germes dans l’échantillon, pendant le temps qui s’écoule entre là prise d’essai et l’examen bactériologique, est la cause d’erreur la plus grave qui puisse fausser les résultats de l’analyse micrographique.
M. Miquel a tout particulièrement attiré l’attention sur ce fait. L’élévation de la température, l’obscurité peut-être, sont les facteurs les plus importants de cette multiplication qui, du reste, a une limite au point que l’eau d’égoût, pour prendre un exemple topique, devient absolument stérile lorsqu’on la conserve plusieurs jours en vase clos à la température ordinaire. Il semble que dans les eaux très riches en bactéries, celles-ci cessent, à un moment donné, de pouvoir se développer ou même sont détruites en présence des diastases ou toxines qu’elles ont secrétées. C’est pourquoi des eaux peu chargées en bactéries, peuvent être beaucoup plus dangereuses si elles sont soumises à une cause d’infection que les eaux riches en microbes soumises aux mêmes causes.