‹ Analyse chimique et bactériologique des eaux potables et minérales; épuration des eaux; législationChapitre 106 sur 118 · INSTRUCTION SPÉCIALE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION SPÉCIALE

POUR LE PRÉLÈVEMENT DES ÉCHANTILLONS D’EAUX DESTINÉS A L’ANALYSE MICROBIOLOGIQUE

Pour ce genre de recherches, on doit toujours prélever des échantillons de deux façons différentes en usant rigoureusement des précautions suivantes :

l. Tubes. — On choisit un tube en verre vert de 6 à 8 millimètres de diamètre intérieur et de 2 à 2,5 millimètres d’épaisseur et on l’étire à la lampe d’émailleur en fragments de 20 centimètres de longueur, en prenant soin de donner à l’effilure de chaque extrémité une longueur de 2 à 3 centimètres et de la faire assez épaisse, ce qui est facile en choisissant une canne de verre vert des dimensions indiquées plus haut.

On ferme complètement une des extrémités et on laisse l’autre librement ouverte à l’air extérieur : on place le tube (qui possède alors une longueur de 25 centimètres environ) dans une gouttière en tôle métallique (ou en clinquant) ayant la même longueur que ce tube et on chauffe au rouge, sur toute la longueur en même temps à l’aide d’une grille à gaz ou de charbons incandescents.

Lorsque tout le tube est ainsi chauffé au rouge sombre, on ferme au chalumeau l’effilure laissée ouverte et on abandonne au refroidissement. On a ainsi un récipient partiellement vide d’air, en raison de la dilatation du gaz à la température à laquelle le tube a été porté et absolument stérilisé.

Pour prélever l’échantillon, on trace un trait avec un «outeau à verre, ou une lame de bon acier aiguisée, sur

Tuae des effilures, on la passe à plusieurs reprises dans la flamme d’une lampe à alcool, on la plonge dans l’eau à analyser, à quelques centimètres au-dessous de la surface libre, et on brise la pointe à l’endroit du trait, à l’aide d’une pince flambée dans la flamme de la lampe à alcool, avant de la plonger dans l’eau.

La pointe une fois brisée, l’eau se précipite dans le tube pour occuper le vide partiel ; et il ne reste plus qu’à retirer ce tube de l’eau avec précaution, sans secousses, et à fermer l’eflilure ouverte en la faisant fondre dans la flamme de la lampe à alcool.

La lampe à alcool et l’appareil insufflateur du thermo-cautère de Paquelin, aujourd’hui si répandu, la lampe à souder des plombiers, sont extrêmement commodes pour ce genre d’opération; ils constituent un chalumeau portatif.

Les tubes stérilisés envoyés sur demande par le laboratoire de l’Académie sont prêts à être utilisés sans aucune manipulation.

IL Flacons. — Des fioles en verre blanc, bouchant exactement à l’émeri, de 150 centimètres cubes de capacité, sont lavées d’abord à l’acide sulfurique à 66^^ Baumé. Il faut avoir soin de bien mettre chaque point de la surface intérieure de la fiole en contact avec l’acide et de l’y laisser séjourner quelque temps pour être parfaitement sûr de la destruction complète de tout germe et de toute matière organique. 20 à 25 centimètres cubes d’acide sulfurique du commerce sont largement suffisants pour une fiole de la contenance indiquée.

Après quelques minutes de séjour de l’acide, on vide la fiole et on rince au moins une dizaine de fois de suite avec de l’eau, dont il s’agit de prélever un échantillon, et en ayant soin de ne pas mélanger l’acide, même dilué, à l’eau qui devra être prélevée tout à l’heure pour l’analyse.

On remplit alors complètement la fiole avec l’eau à analyser; et on la bouche en ayant soin de passer au préalable, à plusieurs reprises, le bouchon à l’émeri dans la flamme d’une lampe à alcool. En outre le bouchon devra être plongé, après la fermeture, ainsi que la naissance du gou-

lot de la fiole, dans de la cire ou de la parafline fondues.

Les flacons stérilisés envoyés sur demande par le laboratoire de l’Académie de médecine sont prêts à être utilisés sans aucune manipulation.

Les tubes et les flacons devront être ensuite soigneusement étiquetés ou repérés de façon à ne pas commettre , d’erreurs, et ils seront placés au milieu de sciure de bois, de tan ou de tout autre matière inerte et pulvérulente humide, dans une caisse à double parois, dont l’intervalle des parois sera rempli d’un mélange de glace concassée (au moins 10 kilog.) et de sciure, sans leur laisser toucher les parois de la première enveloppe, la température ne s’abaissera jamais assez pour congeler l’eau, ce qui amènerait la rupture des récipients.

Un emballage soigneusement exécuté dans ces conditions permet d’envoyer à de très grandes distances des échantillons d’eau qui peuvent alors être soumis à l’analyse bactériologique dans des conditions presque exactement semblables à celles que pourrait réaliser leur mise en œuvre sur le lieu même du prélèvement.

Il est nécessaire de prélever trois flacons et autant de tubes pour chaque eau à examiner.

Dans tous les cas l’envoi devra se faire par grande vitesse et dans le plus bref délai possible après la prise d’échantillons. Cet envoi devra être adressé, franco de port, au laboratoire de l’Académie de médecine, rue Bonaparte, 16, à Paris.

Les opérations ci-dessus peuvent fabilement être pratiquées d’une façon convenable par un pharmacien que son habitude des manipulations chimiques désigne tout naturellement à cet effet.

Le laboratoire de l’Académie de médecine tient d’ailleurs à la disposition des municipalités, dans lesquelles on ne pourrait trouver une personne suffisamment exercée aux manipulations indiquées pour le prélèvement de ces échantillons, des tubes et des flacons stérilisés à l’avance et qu’il ne reste plus qu’à remplir en suivant strictement les précautions relatées précédemment.

N. B. — Les échantillons adressés dans des conditions défectueuses et ne réalisant pas celles indiquées ci-dessus sont immédiatement jetés ; ils ne peuvent en aucune façon servira l’analyse.

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