‹ Analyse chimique et bactériologique des eaux potables et minérales; épuration des eaux; législationChapitre 61 sur 118 · TABLEAU DES ESSAIS CHIMIQUES SOMMAIRES (JADIN · texte numérisé non relu

TABLEAU DES ESSAIS CHIMIQUES SOMMAIRES (JADIN

Saveur réaction acide au tournesol.

Fait effervescence à Fair libre Eau acidulé gazeuse.

Réaction alcaline au tourne- j ,

sol, après dégagement de \ baryte ne donne rien.. . Eau bicarbonatée sodique

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Nota. — Pour les eaux sulfureuses on pourra en outre faire ag“ir \enitroprussiate de soude, qui ne donnera pas de coloration si l’eau ne contient pas de sulfures solubles. La présence de l’hydrogène sulfuré libre en faible proportion pourra être constatée en traitant un litre d’eau avec laj9. amido-diméthylaniline, acide chlorhydrique et un peu de perchlorure de fer, qui doit donner après quelques secondes la réaction du hleu de méthyle. Enfin, en laissant quelque temps à l’air libre certaines eaux sulfureuses et les examinant à la lumière d’une bougie, on peut remarquer dans l’eau un chatoiement rouge bleuâtre caractéristique pour l’eau tenant en suspension de très fines particules de soufre.

Pour faciliter la recherche des métaux contenus en faible proportion dans les eaux minérales, M. Garrigou à appliqué depuis longtemps une méthode consistant à évaporer à la source de grandes quantités d’eau minérale.

Pour simplifier l’opération, il précipite par l’hydrate de baryte à la source même, non seulement les acides minéraux et organiques formant avec cette base des sels insolubes , mais encore tousles oxydes métalliques lourds, les oxydes terreux et la presque totalité des alcalinoterreux, sauf les alcalis. 11 effectue ensuite par les procédés classiques la séparation des acides et les oxydes métalliques.

Voici comment il opère :

Il emmagasine l’eau à la source même dans des bonbonnes de verre ou des cuves de bois très propres, en se servant d’un siphon de verre placé dans le griffon, ou en laissant couler l’eau de la source, mais en évitant le contact d’un tuyau métallique quelconque.

A mesure que l’eau tombe dans le récipient, il ajoute

de riiydrate de baryte pure en poudre, et il agite. Lorsque le liquide est devenu limpide, il décante et reçoit le précipité sur un filtre. Dans le liquide décanté, il ajoute de Facide sulfurique pur en quantité plus que suffisante pour précipiter Fexcès de baryte. Il sépare le sulfate de baryte qui se dépose et il le lave à Feau minérale : ce sulfate de baryte est mêlé à une petite quantité de métaux échappés à la première précipitation. C’est sur ces deux précipités, qui sont emportés au laboratoire, que M. Garrigou opère pour les soumettre à l’analyse.

Dans certaines eaux minérales l’emploi de l’hydrate de baryte peut encore fournir d’autres indications précieuses en révélant la présence de certaines matières organiques spéciales.

En effet si, après avoir traité Feau minérale par l’hydrate de baryte, on la laisse se clarifier et qu’on décante le liquide, on peut faire sur lui des lavages à la benzine, à l’éther de pétrole, au chloroforme, qui fournissent une petite quantité des substances curieuses à étudier.

C’est ainsi que le lavage à la benzine adonné à M. Garrigou une substance grasse avec une des sources de Barègès etpour la source de Royat-Saint-Mart, une très petite quantité de matière organique présentant, au microscope, des réactions la rapprochant des alcaloïdes.

Lorsque, après avoir séparé le précipité obtenu par l’hydrate de baryte, on le dessèche et on le calcine, ce précipité brunit en se charbonnant, et cela pour un grand nombre de sources. Il contient donc des matières organiques : probablement des acides précipitables par le réactif.

Le liquide barytique, traité par Facide sulfurique en excès pour précipiter la baryte, devenu limpide, décanté.

mis à évaporer et calciné, fournit un résidu légèrement carbonisable.

Lorsque, après décantation du liquide acide (par l’acide sulfurique), on en prend une portion (10 litres), et qu’on la traite par le nitrate d’argent, il se fait un précipité de chlorure, bromure et iodure d’argent, qui repris par l’ammoniaque pour chercher à dissoudre les chlorure et bromure d’argent, et les séparer de l’iodure, brunit instantanément et même noircit, comme cela arrive en présence d’une matière organique apte à réduire les sels d’argent.

Lorsque, après avoir fait passer dans la liqueur d’où se sont séparés les trois haloïdes argentiques, un courant de gaz sulfhydrique pour précipiter l’excès de nitrate d’argent, on laisse ce liquide au repos et qu’après clarification, on décante une certaine quantité de ce liquide, supposé ne plus contenir que les terres alcalines et les alcalis de l’eau minérale étudiée, si l’on pousse l’évaporation jusqu’à siccité et qu’on calcine avec précaution le résidu sec, on le voit encore brunir et se charbonner légèrement. Il contient donc encore une matière organique qui avait échappé à toutes les opérations précédentes.

En résumé, grâce à la simplification qui permet le traitement d’une eau minérale à la source même par l’hydrate de baryte, on obtient une série de matières organiques variées :

Des acides, formant des sels barytiques insolubles;

Des matières que l’hydrate de baryte laisse ou met en liberté; matières grasses d’une part, et substances se comportant comme des alcaloïdes de l’autre ;

3® Un acide qui semble se laisser expulser de ses combinaisons naturelles par l’acide sulfurique ;

4® Des substances que précipite le nitrate d’argent, en même temps que les trois haloïdes;

5® Enfin une substance neutre qui reste dans les dernières portions du liquide primitif avec les terres alcalines et les alcalis.

Dans les eaux minérales qu’il a ainsi examinées, M. Garrigou a constaté la piésence de quatre matières organiques différentes : grasses, alcaloïdiques, acides et indifférentes.

Mais avant de se livrer à tout travail que comporte l’analyse complète au point de vue des métaux, il faut faire une opération qui indique immédiatement s’il vaut réellement la peine d’entreprendre la recherche des métaux sur une eau minérale quelconque.

On fait évaporer 4 à 5 litres d’eau à siccité dans une capsule de porcelaine. Le résidu est soigneusement et proprement rassemblé, en employant à son grattage un couteau d’acier, d’une propreté absolue. Le résidu ainsi préparé est passé dans une petite capsule de porcelaine dans laquelle on le calcine en recouvrant la capsule d’un couvercle parfaitement propre en porcelaine, et rafraîchi par une soufflerie à air.

Après la calcination, le résidu n’étant plus charbonneux, on attaque le dépôt formé sur le couvercle s’il y en a un, par l’eau régale bouillante, on évapore cette eau régale dans une petite capsule de porcelaine, le résidu sec est traité deux fois par l’acide chlorhydrique pour chasser l’acide azotique. On le reprend par l’acide chlorhydrique un peu abondant, de manière à le faire glisser dans la capsule qui contient le résidu total.

Ce résidu, ainsi attaqué à chaud, cède tous ses métaux à l’acide chlorhydrique et il se forme des chlorures. On

évapore presque à siccité, sans cependant chasser tout l’acide chlorhydrique.

On ajoute un peu d’eau et on agite.

Tout ce qui a pu se dissoudre est ainsi passé à l’état de solution chlorhydrique étendue.

On ajoute quelques gouttes d’acide sulfhydrique en solution.

S’il y a des métaux des premiers groupes, il se produit immédiatement dans le liquide une coloration noire ou brune,, ou un précipité suivant l’abondance des métaux.

En ajoutant alors de l’ammoniaque et du sulfhydrate d’ammoniaque, si la couleur noire ou brune fonce davantage, c’est une preuve qu’il y a aussi des métaux du groupe du fer.

Dans ces conditions, on doit entreprendre l’analyse complète de l’eau, au point de vue des métaux.

11 est excessivement rare qu’une eau minérale ne contienne pas des métaux en plus ou moins grande quantité; et on doit s’efforcer de les rechercher par tous les moyens connus.

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