le chapelain
6. Ici 103 passe à Perceval, qui chevauche en Cornouaille (cf. p. 189).
racordera miex qe il n'a fet jusq'a ore et vous pardonrra son 757, etc. mautalant. Si vous partiez maintenant, les traîtres diraient
ennemis sont tellement féroces que rien ne peut leur résister. Marc 99
irdonne à ses hommes de s'armer et de le suivre. Le félon roy oublia a ordonner ceulx qui gardoient la prison ou Tristan estoit, car il estoit si jurement esmerveilliés et esbaïs qu'il ne savoit qu'il devenist. Il s'en va xtre lui et sa compaignie a Tintaguel, et tantost après ce ne demoura lires (f° 399 c) que aventure aporta Parceval en Cornoaille, et demanda wvelles de Tristan et tant le quist qu'il apprit comment Marc l'avait raité. Il découvre sa prison et fist tant par son sens qu'il fu délivrés. Perceval prie Tristan de venir en Logres. Tristan veut bien, mais il Perceval arrive croit devoir trouver son point pour pouvoir s'en aller à l'insu du roi et délivre Tris- Marc. Il demande à Perceval pourquoi il est venu en Gornouaille, et an- Parceval dist qu'il s' en aloit parler au sage clerc de Gales ' , et refuse de rester en Cornouaille plus de temps qu'il n'en faut pour parler une fois au roi Marc. Les deux héros s' entrecommandent a Dieu ; Perceval s'en va chez Marc, l'accable de reproches et le menace de la vengeance d'Arthur et des compagnons de la Table Ronde. « S'ils savaient la vérité, répond Marc, ils ne me blâmeraient point, et non pour quant, Promesse de pour l'onneur du roy Arlus et des autres compaignons vous acreanle je tnaTter Trtetiomme roy que je sui qu'il avra bonne paix de par moi, et de ce soiez vous tan> asseiïr. » Et Parceval l'en mercie moult, et moult lui présente son service pour l'amour de Tr. Le roi le prie de rester quelque temps avec lui, et lui fait moult belle chicre et compaignie; mais Perceval dit qu'il n'en a pas le loisir et part aussitôt, persuadé que Marc tiendra sa parole 2.
282 f. Voyant son royaume en aventure, Marc envoie un abbé dire au sénéchal de Léonois que la terre qu'il a envahie appartient au pape, et Don pas au roi Marc : « Car Us en aloit delà la mer, et avecques lui maint chevalier de pris a ses gaiges et a ses deniers... de quoi je vous dij... que par deffaulte de vous la saincte terre de Jherusalem sera en aventure. » Le sénéchal, un des bons chrestiens du monde, se retire. Ayant ainsi donné le change à ses ennemis, Marc, quant il fu revenus arriéres, prist Tr. de rechief et l'emprisonna sans se préoccuper de la promesse qu'il avait faite à Perceval 3. Que vous diroie je? Assés fu Tr. en prison, Marc fait de noumais toutesvoies en laparfin en fu [il\ délivrés * par le conseil et par faide gormer eiTrisque la royne Yseult lui fist; car elle fist tant qu'elle sout la vérité du lieu tan. ou Tr. estoit emprisonnés ; si pourchaçaet fist tant qu'il fu délivrés sans ce que n est délivré par le roy Marc en sceiist nulle riens 5, et lui mande par une damoisclle que il ne Iseut.
I Bit-ce une allusion à l'ermite de 103? (Y. p. 188).
■>. Dans Tressan, les choses ne se passent pas aussi paisiblement ; voy. ci. -après.
3. L'histoire de la ruse employée par Marc contre les Léonois n'est pas dans 103 (Verard,
Janot). Suivant leur version, Perceval, arrivé en Cornouaille (voy. p. 189) et apprenant que
ait, mis Tristan en prison, va trouver ie roi h Tlnthanel et lui dit et fist tant qu'il lui
octroya a mètre Tristan hors de prison. 11 part après avoir fait promettre au roi de ne jamais
(aire de mal à son neveu : Marc l'emprisonne cependant de nouveau, immédiatement après le
le Perceval.
1 Ces mois se retrouvent dans le texte de 336 et de 13599 (voy. p. 187).
h. Mais dans 108 ( Vérard; Janot), ce n'est point Iseut qui le délivre, ce sont les habitants de Léonois, qui, ayant appris la nonveUe de son cmprisoiiumcut, après le départ de Perceval, l'ont la guerre au roi Marc, que Tristan emprisonne h son tour. Pour la suite, voy. ci-après.
757, etc.
Tristan se tient caché.
Tristan emprisonne Marc.
Tristan et Iseut s'embarquen t pour le royaume de Logres.
Tressan
que vous vous êtes enfui parce que vous aviez peur. Et Dieu vous enverra entre temps aucun conseill rneillor que vous
se moustrast a nul homme mortel davant ce qu'elle lui rnandast; que se il savait que Tr. fust hors de prison, que il occiroit lui et laroyne; et pour ce veult elle qu'il se tienne quoy (f° -400 a). Si lui mande par la damoiselle ce qu'il vouldra qu'elle face; car elle estoit appareillée de faire sa volenté que qu'il en doie avenir. Tristan est au comble de la joie ; il pensa m.oult longuement a ceste chose, et tant y pensa qu'il s'acorde qu'il manderoit a sa dame la ro'yne qu'elle face appareillier une nef pour passer ou royaume de Logres. Il prend de l'encre et du parchemin et écrit une lettre qu'il donne à la demoiselle ; il la charge en même temps de dire à la reine qu'elle fasse ce qu'elle lui demande dans la lettre. Iseut est très disposée à aller en Logres, où Marc ne pourra les grever; et ayant fait préparer le vaisseau \ elle l'annonce à Tristan, en lui recommandant qu'or pensast comment il pourrait esploicter du surplus mener afin en telle manière qu'il regarde bien qu'ilz nesoient apparceuz. Tristan pense qu'il faut mettre Marc en tel lieu qu'il ne puisse nuyre; et lors dist a soy mesmez que ce ne puet estre, se il ne fait tant que il le mette en tel lieu qu'il n'en puisse pas issir a sa volenté. Si fist tant que il parla a une partie des barons de la terre qui moult haioient le roy Marc... et tant parlèrent ensemble qu Hz s'acorderent qu'ilz ayderoient a Tr. a prendre le roy M. de Cornoai. et a mettre en prison, et tant firent qu'ilz sorent que le roy M. [estoit] a privée mesme et a un sien chastel, qui près d'illecques estoit ; si allèrent de nuit en cellui chastel en la compagnie de Tr. Ils demandent à parler au roi priveement; ils entrent déguisés ; personne ne les reconnaît, et tant firent qu'ilz prirent le roy M. et l'enmenerent au lieu mesmes ou Tr. avoit esté emprisonnés. Et sachiés que Tr. l'emprisonna en celle prison mesmes. Et quant il ot ce fait, il prist congié deceulx qui lui avoient aidié. Il leur fait promettre de ne délivrer Marc que lorsqu'ils sauront les amants en Logres, et ils se séparent sans plus dire. Tristan va rejoindre Iseut ; et tant parlèrent ensemble qu'ils appareillèrent leur erre en telle manière et entrèrent en la nef que la ro'yne avoit fait appareillier cl tant errèrent parmi la mer 2 qu'ilz vindrent ou royaume de Log. — Pour la suite, voy. § 338 b.
282 g. Le vaisseau préparé par Iseut, la conspiration de Tristan avec les barons, la traversée en Logres, tout cela est inconnu à 103, Verard, Janot. Ces textes rapportent brièvement que Tristan, délivré par suite de la révolte des Léonois (voy. plus haut), emprisonne à son tour le roi Marc, laisse la terre à Dinas, s'en va avec Iseut, Brangain et Gouvernai en Léonois, donne ce pays à Gouvernai et lui fait épouser Brangain. Tristan et Iseut quittent, pour ne plus jamais les revoir, leurs fidèles serviteurs devenus roi et reine de Léonois, et chevauchent vers le pays de Logres. — Pour la suite, voy. § 338 c.
282 h. La version de Tressan se rattache à la fois à celle de 99 et à
1. Ce trait du vaisseau paraît être un écho affaibli de la version de 757, etc. (v. § 323); cf. le soporifique (plus haut) et l'allusion à la traversée (ci-dessous).
2. Le rédacteur pense évidemment à la traversée des amants décrite dans 757, voy. plus loin. Ce serait donc le troisième trait commun à 99 avec la version de 757 ; pour les deux autres, voy. plus haut.
n'avez eu. — Je resterai donc. — Voire, par mon lox. » Ils 757, etc. se séparent.
îlle de 103 ; mais ce sont (p. 142) les amours du héros avec Iseut qui Tressan ïOtivent le premier emprisonnement de Tristan. Après son retour en Cornouaille avec Marc (voy. § 237 note, fin), Tristan voit souvent Iseut chez Dinas, dont le château est construit en labyrinthe égypien. Andret épie les amants et procure au roi l'occasion de les surprendre sans défense. Ils sont enfermés, lui dans une obscure prison et seut dans la tour. Après que toute la cour a vainement intercédé en iveur de Tristan, Gouvernai, craignant pour les jours de son maître, )art secrètement, pour revenir avec les Léonnais le délivrer à main rmée. Cependant Perceval arrive à la cour : renseigné sur ce qui s'est îassé, il entre brusquement dans l'appartement de Marc , le traite de roy félon et parjuré, et lui demande la cause de ses procédés. Marc épond avec hauteur et menace Perceval , qui s'élance sur lui ; L.ndret veut tirer son épée, mais Perceval le saisit et le jette par la •nôtre. Il terrasse le roi, l'oblige à prêter serment de mieux vivre à l'avenir avec sa femme et son neveu, se fait remettre les clefs, brise les fers de Tristan et délivre Iseut. Puis il fait promettre aux barons de veiller à ce que Marc tienne sa parole, et part pour voler aux grandes aventures qui lui sont prédites. Les amants continuent à se voir chez Dinas ; Andret, qui les épie toujours, monte, armé d'un arc et de flèches, sur un pin fort touffu qui s'élève au dessus des murs du grand jardin. Il voit Iseut sortir d'un pilastre peint à fresque et Tristan se lever d'un siège de gazon qui se trouve dans un bosquet voisin ; il tire sur Tristan une flèche, qui lui perce l'épaule de part en part et dont la pointe effleure celle d'Iseut. Les deux amants se quittent bien vite ; une seconde flèche frise la gorge de Tristan, au moment où il se dérobe aux regards d'Andret. Tristan est caché par Dinas chez un homme sûr. Iseut attribue sa légère blessure à l'épine d'une ronce; Marc, prévenu par Andret, la taquine sur cette blessure, et fait de Becrètes perquisitions pour découvrir la retraite de Tristan. Heureusement dans ce même temps le roi Helyas, l'ennemi mortel de Marc, envahit la Cornouaille 1. Marc est assiégé et, sur le conseil de Dinas, demande à Tristan son secours. Tristan est bien disposé, mais sa blessure l'empêche encore de porter les armes. Il arrive au bout de six jours; à la suite du combat singulier, le royaume d'Helyas est rendu tributaire. Tristan, son oncle et sa dame rentrent triomphants dans Gintageul ; mais Marc est implacable dans la jalousie et la haine : il use encore une fois emprisonner Tristan. Sur ces entrefaites, Gouvernai arrive avec les Léonnais; les barons se révoltent contre le roi, fatigués des -uerres qu'il leur attire. Ils délivrent Tristan et Iseut, et enferment leur seigneur dans la même prison où il avait jeté Tristan, eu le chargeant des mêmes fers. Andret est mis en pièces par le peuple8. Tous vont au devant de Gouvernai et de l'armée des Léon-
l. On volt que l'invasion des Seines est précédée . dans Tressan, du récit du premier emprilonnement de Tristan. Ainsi la blessure de Tristan est bien motivée; la version de 334 , etc., ne la motive point. Voy. au § 271.
9. Dans la version ordinaire du roman en prose, la mort d'Andret n'est pas racontée, non plus «lue dans les poèmes. Dans la Tav. Rit., le roi Marc le fait tuer après la mort de Tristan. Dans KaJory, il est également tué. Dans 103 (Verard, Janot), il se noie, immédiatement avant le dénouement,
757, etc. 283. Iseut rentre et fait partager à Brangain sa joie de cet
heureux dénouement. Le roi arrive après elle, se couche et
Tressan nais. Tristan, qui ne veut pas rentrer dans la ville pour y braver Marc dans ses fers , appelle les barons de Cornouaille ; il les prie d'accepter Dinas pour les gouverner pendant la captivité du roi, les laisse maîtres du temps que cette captivité doit durer et leur fait jurer de ne point attenter à la vie de Marc. Ensuite Tristan et Iseut vont en Léonois ; comme ils pensent ne pouvoir « y rester en spectacle avec décence », ils se décident à aller en Logres et à n'y confier leur arrivée qu'à Lancelot. Ils marient Brangain à Gouvernai, que Tristan fait agréer aux barons pour son lieutenant et pour leur roi, dans le cas où luimême viendrait à mourir. Il passent, sur un esquif, en Logres. — Pour la suite, voy. § 338 à*.
1. Dunl.-Liebr. et l'Encycl. Britann. suivent la seconde version. Pour le récit bien différent que donnent 757 etc. des emprisonnements de Tristan et du voyage des amants en Logres, voy. plus loin. De même pour la Tav. RU., voy. § 317, note.
12599 283 a ' . En ceste partie dist li contes que quant (premier mot du f° 222)
Gaheriez (1. Guerrez) vit que la cose estoit a ce venue que si frère ne baoient fors a la mort de Gariet, il en fu moût dolenz ; il part avec un écuyer. Guerret 2, cherchant partout son frère Gaheriet, le trouve enfin chez un forestier, ou il gisoit malades molt durement, à cause des remords qu'il éprouve d'avoir tué sa mère. Guerret, qui l'aime beaucoup, le console, en lui disant que ceste chose n'est pas si merveilleuse que ausint merveilleuse ne soit aucune foiz avenue 3, le loge chez un chevalier ami et va lui-même à la cour d'Arthur prochacier la pès de son frère. En attendant, Gaheriet s'aloit joiant et esbatant et près et loing , einsint corn il voloit, une ore avant et autre arriéres. Un jour, il rencontre son bon ami Hector, qui le décide à aller avec lui au tournoi du Chastel cornoalois. Chemin faisant, ils rencontrent Gauvain, Agravain et Mordret. Com- Combat de Ga- bat. Agravain attaque le premier Gaheriet, qu'il haoit de lonc tens, et heriet contre est renversé par lui ; Gauvain, ayant jeté Gaheriet à terre, est abattu ses frères. par gector) ainsi que Mordret. Hector prie vainement les agresseurs de cesser cette lutte révoltante, et on se bat à l'épée avec acharnement. Gaheriet a le dessous contre Agravain, par qui il savoit bien que toute ceste haine estoit venue , et contre Mordret. Hector lui vient en aide et se bat victorieusement avec Gauvain jusqu'à midi, car a celle hore droitement creissoit tout dis la force de Gauvain et sum ar dément. Heureureusement pour les deux compagnons, Lamorat survient. Ayant renversé Agravain, qui s'apprêtait à couper la tête de Gaheriet, et Mordret, il arrête la bataille d'Hector et de Gauvain en leur rappelant leur serment de la Table Ronde, et représente à Gauvain que si Gaheriet a tué sa mère, on ne doit pas le faire mourir pour cela : si ce bon chevalier était tué, sa mort feroit moût plus a plaindre que la mort d'une dame. Gauvain reconnoist que cil ne li dit se vérité non et prie ses frères de pardonner à Gaheriet ; ils consentent à contre-cœur. Apprenant le nom de Lamorat, qui raconte qu'il cherche partout le meurtrier de son père , dont la mort a mis le royaume de Listenois en pourie et en essil,