‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 18 sur 362 · Par mesch. pas dans les autres · texte numérisé non relu

Par mesch. pas dans les autres

neham.

et l'emmène à la fontaine brahaigne , ainsi nommée parce que l'eau en rendait les femmes stériles ; à côté de cette fontaine se trouve un bloc de marbre sur lequel il y a des lettres gravées depuis longtemps qui disent qu'à cette fontaine se réuniront un jour les trois bons chevaliers et qu'ils y parleront de la fiere beste * ; d'autres lettres donnent les noms : Galaad, Lancelot, Tristan. Merlin apprend à Gouvernai que l'héritier du Léonois sera l'un de ces trois ; il faudra donc avoir grand soin de Tristan. Puis ils vont à la demoiselle qui gardait l'enfant, et Merlin lui dit de porter Tristan à Albine, où elle trouvera le roi Meliadus délivré ; la demoiselle s'y rend. Le roi remercie beaucoup Merlin, qui exprime son amour pour Tristan, prédit sa gloire et défend au père de lui donner d'autre maître que Gouvernai ; puis il part immédiatement. Gouvernai, en effet, garde Tristan fidèlement toute sa vie.

21. Le roi Marc de Gornouaille assassine lâchement, à la Fontaine au Lion, son frère Perneham 2, qui lui avait reproché Mort de Persa poltronnerie et lui avait tenu des propos menaçants au sujet du tribut payé par la Gornouaille au roi d'Irlande ; ce tribut n'était pas réclamé tous les ans , mais les exigences étaient à l'occasion d'autant plus exorbitantes, et l'année même où nous sommes, le sort était tombé sur la sœur du roi. Merlin grave sur un rocher le récit de l'assassinat de Perneham. Plus tard, dit le romancier, Gaheriet trouvera l'inscription, et Lancelot, instruit par lui, accablera le roi Marc de reproches mérités •"'.

22. Meliadus a épousé en secondes noces la fille du roi Hoël de la Petite-Bretagne 4. La beauté extraordinaire de Tristan s'annonce déjà lorsqu'il atteint l'âge de sept ans : Tristan et Lancelot furent de leur temps les plus beaux chevaliers du monde. — La reine, qui hait Tristan, veut le faire mourir au profit de son propre fils : mais celui-ci, par suite de l'erreur d'une demoiselle chargée de sa garde, boit le poison destiné à Bon demi-frère : il en meurt, (f° 24 d.) La reine poursuit cepen-

1. De cela aucune trace dans la suite. La Tav. Rit. donne une explication d'après le Lancelot ; la fontaine y est appelée la F. du Lion, et Galaad y est remplacé par Galehout.

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