‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 239 sur 362 · il abat dix des douze et en tue deux · texte numérisé non relu

il abat dix des douze et en tue deux

466. Les compagnons arrivent à la Tour du pin rond1. Un valet messager les avertit que s'ils abattent l'écu suspendu au pin il faudra jouter avec le seigneur de la tour. Il raconte ensuite qu'en se reposant sous le pin ~ il avait vu trois chevaliers s'arrêter pour regarder l'écu; l'un d'eux, qui portait un écu vermeil avec un lion d'argent rampant, s'en était allé en disant qu'il n'abattrait point l'écu, ayant trop allors3 a fere, L'un de ses compagnons abattit alors l'écu et fut renversé par le chevalier de la tour, ainsi que l'autre, qui avait voulu le venger. « Tous les deux, ajoute le valet, sont pourtant renommés à la cour d'Arthur ; je vous recommande donc de ne pas suivre leur exemple. » Sur la demande de Tristan, il leur apprend que les deux chevaliers désarçonnés sont Ivain et Guivret de Lambale 4, de fort bons chevaliers. « Et le troisième, dit Palamède, était-il là pendant la défaite de ses compagnons?

— Il était assez près pour les voir désarçonner, mes oncques n'en fis[t] semblant, ainzs'en ala oultre 5. » Le valet se retire, et Tristan demande : « Lequel de nous abattra l'écu? » Le chevalier de Léonois en obtient la permission : il est renversé par le chevalier de la tour. Puis Palamède et ce dernier s'attaquent si violemment que la secousse fait tomber morts les

deux chevaux; le chevalier est tué également. Palamède , Mort du chevagiïèvement atteint, reste avec le chevalier de Léonois, qui est a^ pîn^roncL blessé aussi, dans la tour, où Tristan les fait accueillir en menaçant la châtelaine de la mort; elle dit qu'elle haïssait le chevalier mort, qui avait tué son père 6 et son frère. Tristan veut rester aussi, mais se rend enfin aux instances de Palamède, après l'avoir prié de venir à la Joyeuse Garde quand il sera guéri.

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