Et la remuèrent a l
2. Ici 99 reprend après la lacune (voy. p. 341, note). Le récit probablement postérieur que donne ce ms. (f° 679-696) des nouvelles hostilités entre Tristan et Lancelot est beaucoup plus
long que celui de Rusticien, et en diffère par plusieurs détails. Le voici : qq . p.i. .t •
492 a. Blioberis parle de Tristan devant le roi de Norgalles et Lancelot, la veille du combat yy ■ yOnlDat sin" singulier ; il le blâme et dit qu'il ne peut être le bon chevalier que tout le monde porte aux nues, gulier. ayant tel vice en son citer. D'autre part, aux tentes du roi d'Irlande, Dinadan cause avec Tristan : « Maintenant, dit-il, Lancelot et Tristan , qui ne furent jamais saouli d'armes, s'en pourront saouler avant peu; je voudrais que vous vinssiez à bout aussi de cette aventure, sans qu'il en mescheûst à votre adversaire. — Il doit pourtant mescheoir à l'un de nous. — Mais Lancelot vous a toujours aimé. — Oh ! je sais à quoi m'en tenir sur cette amitié, » et Tristan expose longuement comment Lancelot, de pouvre chevalier déshérité, est devenu renommé en Logres, « mais il a agi principalement pour faire bien a soy mesmes de conquérir le loz et te pris qu'il avoit entrepris de conquerre, et l'amitié qu'il a témoignée à d'autres chevaliers n'a été dictée que par son égoïsme. Quant à moi-même, poursuit-il, Lancelot a été bien peu mon ami au fond, puisque , sans s'être guère renseigné sur les faits, il est venu m'attaquer à la Joyeuse Garde. — Mais, dit Palamède, il avait tout lieu de vous en vouloir, croyant que vous l'aviez combattu. — Non, s'il m'avait aimé, comme l'en va disant, il n'eût pas cru xi de legier les apparences, sans s'informer mieux de la vérité. » Lancelot va, avec Lionel, à une chapelle de Notre-Dame, y veille toute la nuit et se fist confès devant l'ermite de cette chapelle. Après un peu de sommeil, il entend la messe et retourne avec son frère a leurs loges, où on le fait meugler un peu. Tristan, accompagné du chevalier à la cotte mal taillée, va également veiller, se confesser et entendre la messe dans une chapelle. Ayant déjeuné a son logis, il monte sur le superbe cheval que le roi d'Irlande lui a donné et va à l'endroit du combat, où Lancelot arrive peu après ; tous les deux sont accompagnés de leurs amis, et une foule nombreuse de spectateurs entoure la place. Les rois regrettent d'avoir poussé les choses aussi loin et craignent la colère d'Arthur. Le roi d'Irlande s'avise de dire aucunes paroles au roi de Norgalles en envoyant prendre le serment de tenir les convenances qu'avoient esté promises quant les gaiges furent gectés : il veut proposer à son ennemi de lui laisser le château de Marchot, cause de la guerre, en promettant de pardonner, de son côté, les oustrages et dommages qu'on lui a faits. Tristan proteste un peu, mais le roi lui assure qu'une fois réconcilié on arrangera aussi l'affaire du combat, et quatre chevaliers sont envoyés porter le message. Le roi de Norgalle», voyant qu'on cherche à se descharger de la responsabilité, consulte Lancelot et fait répondre, par quatre messagers : « Je ferai cadeau du château au roi d'Irlande , s'il reconnaît publiquement que j'en suis le légitime propriétaire. » Celui-ci refuse, sur le conseil de Tristan, et les deux anciens amig entrent en champ. Ils brisent leurs lances, se heurtent front a front et s'abattent l'un l'autre avec les chevaux. Revenus à eux d'une longue estourdison, et après quelques mots de défi, Us engagent la lutte à l'épée ; la fatigue les force enfin de se reposer. Les assistants sont émerveillés de cette rencontre sans pareille. Un quart d'eure plus tard, le combat reprend : « C'est trop séjourné qui reult alcr loing, » dit Lancelot. Tristan ne demande pas mieux que de recommencer : « Puis que l'eu s'est mis a la dance, il fault dancert. — Et moi, fait Lancelot, je voys commencer la nocte; retenez-la bien vous qui savez jouer de la harpe. i> Après des efforts inouïs, ils sont encore obligés de cesser ; voilà déjà l'heure de vespres, et ils sont en champ depuis prime. Lancelot rappelle à son adversaire que tout appellant qui n'a mené sa bataille a fin dez respres est actaint du cas et doit estre prins au champ comme recréant. Effrayé, Tristan attaque de nouveau ; lorsque le troisième assaut a duré une grosse heure, Lancelot, qui, comme le dit ta vraie histoire, est non seulement le meilleur, mais aussi le plus sage et le plus ex périmenté des chevaliers, se borne à parer pour se reposer et laisser Tristan épuiser ses forces ; celui-ci lui porte des coups formidables et le fait reculer, ce qui ne l'empêche pas de se desconforter, car il ne suffit pas de se bien défendre : il faut vaincre, pour ce que de la soie part estoit venue ceste bataille. Dans l'assistance on trouve que Tristan a le dessus, mais le chevalier à la eotte mal taillée fait observer que ce n'est qu'une ruse de Lancelot, qui, dit-il, en a fait autant contre lui-même à Audebourc. Blioberis et Lionel rassurent le roi de Norgalles, inquiet de l'apparente infériorité de son champion : « Je lui ai toujours vu ceste contenance quand il combattait aucun bon chevalier, » dit Blioberis. Tristan, se méfiant enfin, recule un peu pour voir quel sr.mhlanl Lancelot fera; celui-ci croit son adversaire à bout, et fait pleuvoir sur lui de grands coups. Tristan se dit que, ne pouvant être vainqueur, il tâchera au moins de ne pas être outré lui-même .- ce sera toujours un grand hoimeur d'avoir égalé un tel héros. Les amis de Tristan comprennent qu'il vent épargner ses forces. Quant à la tactique de Lancelot, Blioberis dit ne l'approuver qu'à demi, car si on avait mis terme au combat au moment où Lancelot faisait semblant d'être lassé. l'honneur en serait revenu à son adversaire, comme c'a été le cas dans la bataille d'Andeboorc. Cependant, Lancelot fend d'un coup l'écu de Tristan et d'un autre l'envoie lui-même à genoux; Tristan mettant un coup terrible, et le combat ne discontinue point,
quoique Usaient tous les deux plus mestier de repoi que de combat re.
\ ee moment, atani et vaut tenir m<surr GÔuvain, envoyé par Arthur pour réconcilier les deux rois. Ayant appris ee i|iii se passe, il s'était tellement hâté que les chevaliers, ses compagnons, étaient remés par les chemins, l'un <;a l'autre la, et ceux qui l'accompagnent encore sent brisés de fatigue. Il se met parmy la presse, pénètre dans le champ et sépare les combattants. Les .leiix mis furent appelles, et G au vain les blâme, au nom d'Arthur, d'avoir permis, pour un maleureux château, le combat de ces deux grands chevaliers, auquel Arthur n'aurait
Réconciliation. Or avint (que 103, 1463) celui jor meesmes que la bactalle fu acreantee (commenchie 103) [que 340, 355] mons. Gauv. vint l, qe li rois Artus i avoit mandé por mètre pez entr'elz. Accompagné de deuxcents 2 chevaliers, il s'en vint entre l'un champ et l'autre , et fist commander aux deux rois de venir lui parler. Il leur ordonne, de par Arthur, de cesser la guerre, sous peine de perdre leur terre, et de se présenter devant lui dans un 3 mois : celui qui a droit au château en sera le possesseur. Les rois obéissent, et chascun s'en (re)tornerent en lorpaïs et (var. a) toute lors gens. Et mons. Gauvain blasme [moût] 4 mons. Tr. et mons. L. de ce qu'il avoienl emprise [la) bactalle mortel 5 ensamble. Puis s'en ala mons. Gauvain dedens 6 le chastel, et le fist garder de par le roy Artus, et puis il retourne à Gamaaloth, où il rend compte de sa mission à Arthur 7, qui, comme toute la cour, est vivement étonné d'apprendre que Lancelot et
1. Vint messire Gauvain. Car le roy A. lui (1. l'i) avoit envoyé 103, hi vint monseingnor Gauvain, que li r. A. hi avoit m. 1463, que li r. A. y avoit envoyé Gauvain 310, 355.