‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 52 sur 362 · Sa chaîne li estoitrotc (lacune d · texte numérisé non relu

Sa chaîne li estoitrotc (lacune d

main blanche qui tient une épée nue — à la cour d'Arthur et d'inviter les compagnons de la Table Ronde, en les saluant de la part du chevalier amoureux, à lui succéder en se rendant aux Destroiz de Soreloys, par devers Norgales : s'ils peuvent accomplir l'aventure de l'écu, ils acquerront beaucoup de gloire. — Aucun des chevaliers n'ose s'en charger; la lignée de Ban n'est pas présente. Le roi, très ennuyé, se décide à aller lui-même, quand Brunor lui demande un don : c'est de s'en charger; le roi se dit bien qu'il est trop jeune, mais il lui a déjà accordé son don (f° 105 ). La demoiselle trouve ce choix ridicule, car l'aventure donnerait assez à faire à Lancelot lui-même ; elle ne veut pas de ce chevalier nouveau et s'en va brusquement. Brunor dit adieu au roi, qui tâche vainement de le retenir; ses deux écuyers lui apportent ses armes; au lieu de son écu, il prend celui que la demoiselle a laissé et part. Le roi s'écrie : « Ha ! seignors chevaliers, deceù somes. Nostre chevaliers se part de nous, et encore ne savons nous rien de son nom '. Un chevalier court après le valet, et lui dit que le roi regrette de ne lui avoir pas demandé son nom pendant qu'il était chez lui. Brunor répond qu'il veut garder le nom que Keu lui a donné, jusqu'à ce que sa douleur et sa tristesse soient tournées en joie. Arthur ne veut pourtant pas l'appeler valet , car il « sait bien qu'il sera bon chevalier 2 ».

Brunor la suit. 69. Brunor rejoint la demoiselle, qui le reçoit fort mal : elle lui reproche durement sa jeunesse et le prie de retourner, mais il continue à la suivre. Apparaît Daguenet 3, le fou du roi Arthur; on s'amusait souvent à l'armer et à le laisser partir en aventures; il haïssait les chevaliers de Cornouaille et croyait en combattre partout. Brunor l'abat de cheval, naturellement sans le connaître : là-dessus la demoiselle le gabe infiniment. On rencontre ensuite un chevalier blessé ; son nain

1. Aussi 750, 12599, 103, dans lesquels le roi s'est cependant déjà fait dire le nom de Brunor (v. § 67) ; 756 et 334 donnent la même exclamation, mais il la motivent en disant que le roi ne se rappelle plus ce nom ; de même les autres, sauf 335, 99 et 100, où l'exclamation est toute naturelle, puisque dans ces mss. le roi n'a pas demandé le nom. (Lacune dans 759.)

2. Il semble donc que les mss. dans lesquels le roi ne demande pas le nom du valet aient raison.

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