Appelée constamment ladem. mesdisant
2. Appelé dans 750 : le chevalier de Val Noire; d. 12599 : Demi;
dans les nutics : Tcn[n)or le noir (var. : T(h)anor, Canor). :i. Fin (au loi. 84 d) du fragment 759. \ . (leitr remarque pas dans 104.
chevaliers qui font toutes les misères possibles aux chevaliers de la Table Ronde. Lancelot avait vaincu le châtelain et envoyé ses six enfants à la cour d'Arthur ; celui-ci renvoya leurs têtes à leur père, qui en mourut après avoir ordonné à ses hommes de le venger ; c'est pourquoi les habitants de ce château attaquent et emprisonnent les chevaliers passants ; (ces mauvaises coutumes furent supprimées d'abord par Tristan, puis par Galaad et Blioberis d). Nos voyageurs sont donc arrêtés par deux chevaliers , postés sur la route. Brunor est désarçonné, ainsi que Mordret, et les agresseurs emmènent Brunor se déli- leurs chevaux ; Brunor monte alors sur le cheval de l'un des vrc et rejoint écuyers et court après eux ; il tue l'un et poursuit l'autre gnons. jusque dans la cour du château ; une demoiselle lui indique le
chemin pour sortir, et il se sauve.
La demoiselle mesdisant dit à Mordret qu'elle croit reconnaître le Château orgueilleux. Mordret ne veut pas risquer sa vie en tentant les aventures de ce château : tout cela ne pourra être terminé que par le bon chevalier, qui mènera à fin les aventures de Logres. — Les écuyers de Brunor le croient déjà mort, quand on l'aperçoit près d'une roche où il attend ses compagnons. Mordret suppose que la demoiselle est maintenant confondue ; mais elle lui apprend que, si un ehevalier vaincu par ceux du château jure d'abandonner l'hôtel d'Arthur, de poursuivre et de honnir ses anciens camarades autant que possible, on lui permet de s'en aller sans lui faire aucun mal. C'est ce qui, selon elle, sera arrivé à Brunor. Celui-ci nie formellement avoir prêté, de sa vie, d'autre serment que celui de la chevalerie, mais la demoiselle continue à lui dire des injures. A la fin Mordret, qu'elle respecte beaucoup, en a assez et lui commande de se taire, en disant qu'à la place du chevalier il se serait vengé depuis longtemps d'une si mauvaise langue. On va se loger chez Cologrenant (Var. Kaloguernant, Calogrenant), et on repart le lendemain 2.
1. Bliob. omis d. 334. Il n'est pas raconté, dans notre roman, comment Tristan fit cesser ces coutumes.
2. Ici se présente la première divergence importante : les mss. 750 et 12599 (f° 72 b ss.) continuent a s'occuper de Brunor, tandis que les autres manuscrits (756, 334, 335, 99, 94, 97, 100, 102, 104, to3, les imprimés, aussi Tav. Rit., Tressan et Dunlop-Liebrecht) reviennent à Tristan et racontent ses aventures dans la forêt de Damantes : Mes a tant lesse orez li contes d'eulz touz et retorne[n) a parler de Tristan, qi estoit encore en la Petite Bretaigne, ou il encore demouroit.
71 a. (75 6 , f° 113 b, et les autres). Dans la môme semaine où Tris-
71. On arrive (750, f° 35 b) à une croix d'où partent deux che- Brunor quitte la mins. Brunor prend, malgré tout le monde, le chemin droit1, demoiselle. bien qu'une inscription dise qu'il est réservé au chevalier
1 . Pour l'épisode suivant, rapidement développé ici, cf. le travail laissé par Brakelmann et publié en partie par M. Suchier (v. Zeitschr. f. deutsche Phil., XVIII, 81 68.).
tan avait avoué à Kahedin son amour pour Iseut la blonde, ils chevauchent ensemble au bord de la mer. Ils rencontrent une demoiselle que Tristan, à sa grande joie, reconnaît pour Brangain. Elle lui apporte la lettre (en prose) dans laquelle Iseut prie Tristan de revenir auprès d'elle (Amis T., en dolor et en tristesce m'avez mise, etc.) (a). Tristan part aussitôt avec Kabedin, Gouvernai et Brangain, pour le Léonois, à ce qu'il dit à Hoël. Une tempête les porte en Grande-Bretagne, près de la forêt enchantée de Damantes (b), située sur la frontière Tristan dans le de Logres et de Norgales ; c'est là que la dame du Lac avait empri- Damantes, sonné Merlin, et Tristan voudrait bien employer une dizaine de jours à trouver le tombeau du célèbre enchanteur. « Entrons toujours, dit Kabedin ; les chevaliers sont toujours sûrs de trouver des aventures dans cette forêt; allons donc voir ce que nous pourrons y trouver nous-mêmes ; nos compagnons nous attendront ici trois jours ou même plus, se mestiers en est. » Tristan dit aux marins de les attendre dix jours; après ce terme, ils partiront pour la Cornouaille, où ils attendront au chastel du Pas. Puis Kahedin s'en va avec Tristan, qui ne veut pas même la compagnie de Gouvernai. Il s'enfoncent dans la forêt; un ermite les renseigne et leur dit que le roi Arthur est entré dans cette forêt il y a quatre mois (c), et qu'il n'en peut sortir. L'ermite n'ose s'éloigner de sa maisonnette; s'il le faisait, il n'y pourrait rentrer. Il leur dit encore qu'on trouve toujours des aventures au Pin des deux (d) Darnes. Le lendemain, les deux compagnons partent, trouvent à une fontaine un chevalier portant des armes toutes noires et sont renversés par lui ; le chevalier escrime après avec Tristan ; pendant une pause, ils se font connaître : le chevalier est Lamorat ; il est, dit-il, en quête du roi Arthur, qui est entré dans la forêt il y a trois (e) mois, qui n'a plus été revu depuis et qu'on dit déjà mort. Tristan menace Lamorat, pour l'éprouver; comme celui-ci ne se montre point effrayé, Tristan fait cesser la bataille. Kahedin, blessé trop grièvement pour monter à cheval, reste chez un forestier. Tristan s'en va avec Lamorat à la quête d'Arthur. Tout à coup ils voient passer la beste glatissant, qui a des pieds de cerf, les cuisses et la queue d'un lion (/"), le corps d'un léo-
a, L'ordre des événements diffère un peu dans 103 : quand on est arrivé à la croix, Mordret prend à gauche, et lirnnor avec la demoiselle mesdisant a droite (comme dans 750) ; puis ils sont rejoints par Lancclot, comme nous le verrons plus loin (§ 8f>, note) ; alors seulement Brangain trouve Tristan en Petite- Bretagne ; à partir de là, 103 poursuit comme les autres.
b. 884 et 1. a., sauf 766 (Danatres), 99, 94 (l)arinentcs), loi (Darnentvs). Trcssan : d'Jrii a ut r s.
, moii :i7, loo, loi.
il. Troii (Imites 884, 835, 97, loo, LOS ; quatre loi ; pas de nom dans 103. 8. Pins haut, l'ermite disait quatre mois. /. Cuittei de cerf 103.
meschaant d'amors l et au bon chevalier. La demoiselle mesdisant et Mordret se séparent de Brunor. 11 arrive au châ-