‹ ANALYSE DE L'ENTENDEMENT HUMAINChapitre 4 sur 29 · VIII AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

VIII AVIS AU LECTEUR

précepte d'hier sera le précepte de demain, le précepte du présent comme de Tavenir.

J'ai pris, pour base de mon travail, la natureinvariablectbiendéterminéedeThomme; j'ai apprécié les divers milieux au sein desquels se déroulent se$ puissantes activités, et j'ai trouvé, dans l'arrangement admirable qui a présidé à la formation de sa tête. Tordre l)jérarchique de se3 difTérenls pouvoirs (1),

(1 ) Voici, dans la (Ote humaine telle qirdlc est sortie des mains de la créalion, la disposition respective de ses différentes facultés. G)fi(c h^calisaiinn générale et d'ensemble est acceptée saosoppo-*sitiou aujourd'hui par Tuniversalité des savants.

Les instincts de conserxation. les penchants bruts, en occupent les parties latérales et postérieures: .

Les sentin)ents moraux se montrent à la partie supérieure. * El les pouvoirs inlellcciuels se dessinent à la partie anté-' rieure.

A la première vue, sans inflexion et comme par instinct, la hiérarchie de nos forces diverses est mise à découvert.

La bêle reste et doit rester h sa place inférieure. La partie haute de l'encéphale, plus imposante et plus belle, reflète en quelque sorte sa propt*e puissance et son autorité suprême; elle révèle et proclame cl fait iresscutir que c'est là que la nature, a placé le siège du gouvernement , que c'est la que se trouvent 1^ instrttments.de l'âme.

AVIS AU J.ECTEQR. ix

ety par cela n^me, la loi positive de.St^9 manifestalion^» la loi intellectuelle et morale qui doit éternellemeQl les gouverner toutes; loi également invariable et en dehors de la* quelle il ne trouve que déceptions et malheurs.

. La Providence, à laquelle on prèle si gra-* tuitement tous les jours les mauvaises passions de rhumanilé, intervient évidemment de celte manière sur le gouvernement des in?

dividus et des peuples : avanlageet bieq-âlre, lobqu'an obéit à celte loi qui vienl d'elle; souffrance cl punition, lorsque Ton s*y soustrait.

Le Créateur a ainsi disposé les choses dans notre conslitiition; nous ne pouvons échapper à cette espèce de fatalité. Nous trouvons bien ce qui est bien, nous trouvons mal ce qui est; mal, et en raison de ces deux impressions si différentes et si contraires, . nous réagissons isolément ou collectivement tout à rheuce,:

A\tS AV LE4Ti:rR.

aajoord'hoi ou demain, tdt oa lard, eo on mot, mais toojoors ioéTÎtablement, en raison directe do tort qoe Ton nous a Ciit on de la satisfaction légitime que Ton noos a donnée. Toot s'inscrit dans la télé humaine, rien ne s'y eflace. Les générations font des legs aux générations , tel est Tarrét de Dieu.

Quelqu'un payera.

Puisque chaque homme, même dans la con* dition la plus simple et la plus obscure, a, dit-on, sa mission à remplir, je viens, dans la mesure de mes forces, m'acquitler de la mienne. Fort de convictions que j'ai établies sur des faits irrécusables et nombreux, je ne crains pas que, d'un bouta l'autre de mon ou* Trage, on me trouve une seule fois en contradiction avec moi-même ; les preuves des vérités que j'avance se trouveront dans les choses mêmes que je dirai, dans l'instinct de mes semblables, dans réchoque j'éveillerai dans le fond de tous les cœurs, dans le consentement

AVIS AU i.K(n>:rn n

unanime et forcé de tous les hommes debonne foi qui voudront vérifier par d6s études sévères l'exactitude de chacune de mes observa* lions*

Je ne me suis inspiré que des hautes facultés qui nous ont été départies, et qui constituent en nous Tamour du bien, du beau, du vrai, de l'honnête et du juste. Je relève, en môme temps, de l'esprit d'analyse et d'induction, et à ce double point de vue je crois pouvoir enseigner à mon tour, comme ayant puissance dans cette direction scientifique.

Je cherche à savoir ce que comportent, et la riche organisation que nous avons reçue, et les attributs de différents ordres qui y sont inhérents et qui en forment le caractère instinctif, intellectuel et moral.

Quiconque lira ce livre avec quelque attention y trouvera, j'en suis sûr, le cachet d'un homme droit et bien intentionné ; le style n'en est point travaillé , aussi est-il asfez

souvent incorrect; mnî-^ il e<l clair, laruc, net et positif. Si je suis h la hauteur de mon *«jcl» j'aurai posé sur les traces d'un de mes premiers maîtres , M. le docteur Georges Ferrus (l], les ba-es de la nouvelle philosophie , de la philosophie pratique ; j*auraî appris, à tous ceux qui veulent vi\re de la vie de I-homme, ce qu'ils doivent faire de leur temps et de leurs facultés pour eui-

(1) Voyez J'ooTragp remarqoahie qn*a publié en 1850 ce savant trop niodesle, a; a ni pf>ur liire : De*< pnsonmtfrg, de ('tmpritonnem^nt et dp$ pi î^ojis. Jusqu'à colle époque nous n'ai ions 'que des complaintes seniimentalcs .sur ics h'>!iiuies el 1rs choses de celoidrc ; c'élaii peiil-èlrc par là {\u\\ faiîail commencer pour Cxer !*a(len(i(M) des gouverneincnis. Mais, si jt'fai^» uiicexccpliun bienniériléc vu faveur lie M. <iii::rlrs Lucas, ancuuc «le ces nombreuses compo>i lions, qui foui d'ailUMirs rélrr^<»de Tespril el de Tâme de leurs auteurs, n*a le caclu'l *cienli(iqijc.

M. G. Ferrus seul Cî*l le preinirr qui, en di'lior> H indéjN-u* daminenl desiiinucMces de rinstrnction e( de rcducatif)ii, des hahilodes, des mœurs, ihs circfmsiaiurs exlMieures, lieux communs hal.i(u<!s des nuillenrs pliilaulhnipes, ail oubli cnlre les crimiii'.'ls des di5tiii( (ions foiiiièrs sur leur nature piopre, c'estk-dire sur l.i \ioleuce de Icuis instincts, sur le fxii de xivacttc de leurs sentiments moraux el sur In faihJose de leur intelligence. C'est lui qui a trouvé dans Ii's iiugaiités ni.')iqi:éesde leur esprit

AVIS AU LKCTEUR. lifl

hiêmes, pour leurs semblables, pour la nature extérieure, et parlant pour Tordre, lé bonheur, la plénitude et la moralité de leur existence entière.

A Rome, le grand médecin de Pergame, Galien, après avoir exposé à ses auditeurs les merveilles de l'organisation physique de rhomme , s'écriait , dans un saint enthou->

et de leur caractère les surfaces vulnérables de leur constitution'; qui a su apprécier les ressources partIciliiiTe!) que chacun d'eOK pouvait offrir à Faction des modificateurs, et qui a pu conséquemment indiquer de main de maître les moyens extérieurs à l'aide desquels il est possible d'éclairer, de refréner, de corriger ces natures incomplètes, ou désordonnées ou viciées par de mauvais exeiuples.

Les classifications qu'il a proposées sont établies sur leur véritable base, sur la nature de Thomme.

Je ne fais qu'un reproche à ce profond observateur : c'est d: n'avoir pas assez tiré parti des avantages que lui donnaient ^a science et sa haute position médicale; c'est d'avoir traité des administrateurs, gens respectables et bien intentionnés sans doute et qui ne sont pas sans mérite vrai, avec une gi acieuseté et une urbanité telles, qu'ils ne se sont pas doutés de la supériorité qu'il avait sur eux, et qu'ils ont, par suite de cette trop grande déférence, maintenu le statu qvo des choses dans leurs maisons pénitentiaires.

XIV AViS AU r.KcrErn.

siasme , qu*il venait de chanter un hymne à la gloire de rÉlernel.

En m'efforçanty sur un terrain plus élevé, de dévoiler les étonnants mystères de notre constitution intellectuelle et morale, j'ose es* pérer que les lecteurs apercevront chez moi le senlimenlheureuxqui transportait son âme.

Que n'ai-je eu pour peindre mes émotions sa brillante éloquence, je leur eusse mieux fait partager ma vénération pour l'Auteur Tout- Puissant de ces miracles I

ANALYSE

DE

L'E]NTE^DEMENT HUMAIN.

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