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EXAMEN DES DÉSINENCES PRONOMINALES

Les trois personnes du singulier à l'indicatif.

Le tableau ci -dessus prouve, si nous ne nous trompons, que la ressemblance entre les formes de la conjugaison albanaise et celles des langues indo-européennes est sensible, surtoui à l'aoriste; au présent indicatif, à

(1) De Rada, p. 77.

l'impératif; au participe, au présent et à l'aoriste moyen, l'albanais paraît avoir suivi sa propre voie. En effet, lorsque le thème se termine par une consonne, les trois personnes du singulier restent invariables au présent. Dans trois verbes seulement Tm, exposant primitif de la première personne du singulier, a été conservé; ces verbes sont^am je suis, kam j'ai, et 9om je dis. Le latin, en vérité, n'a conservé ce même m que dans inquam et dans sum et ses composés. Lorsque la langue shkipe veut établir absolument une différence entre les trois personnes du singulier, c'est à la première qu'elle semble vouloir donner une certaine prédominance. Ainsi, dans les thèmes qui se terminent par une voyelle et s'allongent par l'insertion de la lettre n, ou dans ceux qui, terminés par une consonne, s'adjoignent la syllabe en, cet n se mouille à la première personne du singulier. On dit xepxovj je cherche, xepx^v tu cherches, xepxov il cherche (thème xcpxo) ; de même Ijipenj je demande, deuxième et troisième personnes Ijipén (1).

Dans d'autres cas c'est l'apophonie qui étabUt une distinction marquée entre la première personne et les deux autres ; comme dans ohnr je donne, deuxième et troisième personnes t^n tu et il donne; Oo/i ou Oc/i je dis, Ooua tu dis, OoTc il dit. Ce 9otc paraît être la traduction littérale de notre dit4l répondant au latin inquit, à en juger d'après la terminaison tc qui n'est, selon toute apparence, que le pronom démonstratif tc (pour art). Ajoutons, pour compléter la série, ïo^ je vois, deuxième et troisième

(1) Ce j, 8ig[ne de la première personne, a souvent tellement absorbé la nasale, qae les grammairiens ne la trouvant pas, l'ont omise. Hahn écrit constamment xc^xoiy, de Rossi xe^xot. De Rada seul a vu qu'il fallait conserver Tn.

personnes (nxi ^^^ j^ yeux, deuxième et troisième personnes d8; — enfin kam j'ai, ke ou chee tu as, ka il a, — jam je suis, je tu es, ishte ou eshte (ou ee) il est.

On pourrait dire peut-être que les désinences des trois personnes du singulier au présent ont fini par tomber à peu près comme en français, où elles se distinguent encore par Torthographe et où leur différence n'est plus sensible à l'oreille que dans les liaisons (par exemple je prends une plume, il prend une plume; vous loue-t-il)? (1). On pourrait même ajouter qu'elles ont dû être retranchées, afin que le présent de l'actif et celui du moyen ne se confondissent pas au singulier, car, quant au pluriel, c'est à peine si, dans des verbes qui, comme irXjax, ont un thème terminé par une consonne dure, une difiérence subsiste encore entre les deux voies. Que l'on compare :

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