‹ Analyse de la langue albanaise: étude de grammaire comparéeChapitre 56 sur 114 · Ijagchenjen, 3. Ijagchen · texte numérisé non relu

Ijagchenjen, 3. Ijagchen

En effet, .dans les formes actives Ve paraît muet ; il est entendu dans les formes passives.

Il ne faudrait pourtant pas se laisser tromper par les apparences. La langue a, pour marquer le passif, les lettres x o^ ^ qu'elle insère entre le thème et les désinences pronominales; et si, aujourd'hui, on a laissé tomber quelquefois ces lettres dans des thèmes terminés par des consonnes, par négligence ou par paresse, Bopp a prouvé qu'anciennement on ne reculait pas devant le cumul des consonnes pour exprimer clairement sa pensée. C'est ainsi que les Guègues disent encore «juiuvxefA je tombe malade, I3av;^£|^ je suis fait fio, hptvx^^t ils se rongent {bpuy je ^ ronge) au lieu de «/Aupcf*, Pcvcjui, formes employées par les Tosques (1).

Le prétérit albanais paraît s'être formé sous l'influence simultanée du parfait et des aoristes grecs. Va de la première personne répond par conséquent quelquefois à l'a du parfait grec et à la même désinence du parfait

(1) Bopp, Ueber das Albanische, p. 22.

sanscrit, d'autres fois à un am sanscrit ou latin (comme dans les prétérits en va = latin bam). La seconde personne n*a conservé qu'une terminaison bien mutilée -^ 6 (1); — mais dans la troisième qui est i, les Albanais doivent reconnaître leur pronom démonstratif i^ puisque, à l'exemple de ce qui se passe dans la déclinaison, cet * se permute dans une foule de cas avec ou.

L'imparfait, à l'instar du prétérit, forme, d'après de Rada, sa première personne singulier en a et la seconde en e, A la troisième il se contente très-souvent du thème nu, par exemple vis il pillait, shchit il glissait. Dans les verbes à thème vocalique il prend un j à la troisième personne, par exemple rhiij il était assis, douaj il voulait; autrement l'insertion de Ye est requise, par exemple dans shitt-e-j il vendait. D'après Hahn, la troisième personne singulier de l'imparfait est formée soit par le thème, soit par l'addition du pronom démonstratif tc, par exemple xfpxov ou xcpxovTc il cherchait, irXjax ou -nrXjaxTc il vieillissait. La même formation se rencontre souvent dans les verbes irréguliers; ^ot' et Oo^'re il disait, «wre il donnait, |3?v et PcvTc il allait, etc.

(1) Déjà, dans rancien haut allemand, on trouve hugi = scr. hubâuQ^i^a, et dans le vieux slave hûdi = scr. ahôd*i$, de abôdHs'am.

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