‹ Analyse de la langue albanaiseChapitre 83 sur 109 · DES MODES · texte numérisé non relu

DES MODES

§ 1. — DE l'impératif.

La seconde personne singulier de Timpératif actif présente assurément toujours une forme très-courte ; mais on ne saurait affirmer, comme le fait de Rada, que cette forme est identique au thème. Lui-même fait une exception pour les thèmes ea*a et i accentués qui ajoutent unj à Timpératif. En effets friinj je souQle fait à l'impératif friij; ruanj je regarde, rua; /moanj j'engraisse, maaj. Je considère ce j comme le reste de la consonnance nj affaiblie en i à cause de la rapidité avec laquelle se donnent les ordres. Cej se retranche après a et o accentués : dreitonj je redresse, impératif dreitô; shcheljkmj je resplendis, impératif shcheljké. Lorsque, comme dans taxinj je promets, veshinj j'habille, la syllabe formative du présent et de l'imparfait n'est pas accentuée^ elle disparait à l'impé^ ratif ; par conséquent on dit tax promets, vesh habille. Le / lui-même est supprimé à l'impératif des verbes qui ont l'habitude de le prendre^ lorsque ce mode est suivi d'un pronom enclitique, comme par exemple dans Ijoa-mi lave-moi, rua-na regarde-nous.

Dans les verbes forts l'impératif se réserve le plus sou-

vent la voyelle la plus courte et la plus légère de réchelle apophonique^ c'est-à-dire Yi. Mais celte voyelle n'est pas nécessairement la voyelle primitive du thème. Ainsi dans les séries marr je prends, aoriste moia^ impératif mirr; doi; je sors, aoriste dola^ imi^érdiiiî dilj ; slies ']e vends^ aoriste shitta, impératif shit ; vras je tue, aoriste vràva, impératif vra ou vrit^ ce n'est pas l'i, c'est l'a (et une fois Yé) qui paraissent être les voyelles radicales. Dans des formes comme shtiir jette (présent shtie, aoriste shUmra)^ bjer^ tombe (présent &ie, aoriste rashe)^ Yr parait ou se rattacher à la troisième personne du singulier subjonctif ou être identique avec le suffixe ra que les Albanais de la Sicile placent quelquefois après les pronoms personnels : mira moi, nara nous, etc. (Voir p. 123.)

L'impératif passif se forme à l'aide de la particule oil qui vient se joindre au thème nu du verbe ; ainsi xcpxo cherche, xcpx»-ou soit cherché. Cette particule n'est que le (NTonom réfléchi qui sert à former le passif de l'aoriste. Elle se place avant l'impératif lorsqu'il est précédé de la négation mos^ par exemple mos ou Ijod ne te fatigue pas. Au pluriel passif, Yè mi-muet de l'actif devient un e ouvert, par exemple l/odéni fatiguez, Ijodéni fatiguez- vous. Cette seconde personne du pluriel est abrégée quelquefois par la syncope : mas trembi ne craignez pas, pour mas trembéni (1).

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