‹ Analyse des eaux minérales de Spa, avec des observations sur leurs propriétés médicinales; précédée de quelques notices topographiquesChapitre 9 sur 38 · PAR L’ÉVAPORATION · texte numérisé non relu

PAR L’ÉVAPORATION

Je cherchai ensuite à obtenir par l’évaporation 9 les principes fixes de l’eau du Pouhon , afin d’en déterminer la quantité totale, et aussi pour pouvoir plus facilement les soumettre aux opérations futures de l’analyse.

Le degré de chaleur auquel on achève la dessication des suhtances , se trouve tellement lié aux résultats des recherches chimiques , qu’il est indispensable de faire ici mention des limites de la température observée dans les opérations que je vais décrire , ainsi que delà méthode que j’employai pour la produire et pour la maintenir presque toujours égale. Je plaçai la substance qui devait être desséchée dans une capsule de verre adaptée à un petit vaisseau de fer-blanc presque rempli d’eau, que faisait constamment bouillir la flamme d’une lampe. De cette manière; la capsule était exposée à la vapeur de l’eau bouillante qui y maintenait , si on soignait de temps en temps la mèche de la lampe ; une température toujours à peu près égale et qui se bornait entre les i65° et les i8o° Far1. (69 et 65 Reaur. ) Les subtances y furent retenues jusqu’à parfaite siccité ce qui exigeait quelques heures de temps. Si quelquefois dans ces expériences, il m’est arrivé d’employer une température differente de celle dont je viens de parler, je ne manquerai pas de l’indiquer.

J’évaporai deux gallons ou 4 62 pouces cubes de l’eau du Pouhon , puisée le 21 juillet par un temps très-sec, où l’on croyait qu’elle était dans sa plus grande perfection. J’en poussai l’évaporation dans un vase de terre jusqu’à ce qu’elle fut réduite à dix pouces cubes ; alors je l’ai versée avec le précipité qu’elle avait déposé , dans la capsule de verre de l’appareil dont je viens de parler, où elle fut évaporée à siccité.

Le résida que j’obtins par cette opération pesa 54.2 grains ; il était en forme d’une poudre légère , de couleur brune orangée pâle.

Comme c’est l’opinion générale à Spa que la quantité des principes de l’eau du Pouhon varie considérablement avec les changemens des saisons et les différens états de l’atmosphère , je me déterminai à répéter plusieurs fois cette expérience, afin d’observer les variations qui pourraient y avoir lieu pendant mon séjour à Spa.

J’évaporai donc encore 4^2 pouces cubes de cette eau , puisée le ier. août après une continuation de temps très-sec et très-chaud, pendant laquelle le thermomètre avait souvent été à 86° Far1. (24 de Réaumur). Je répétai la même expérience le 7 d’août j quand les grandes chaleurs avaient desséché beaucoup de sources et de ruisseaux du voisinage. Je fis encore la même opération le 20 d’août, après quelques jours de pluie abondante. La plus grande différence entre les résidus obtenus par ces quatre expériences, n’alla pas au-delà de 1 . 1 grains par gallon. La différence étant si peu de chose , je mêlai ensemble les quatre résidus et divisai le mélange en quatre parties égales , chacune de 53.6 grains, quantité moyenne qui, d’après ces expériences , représente deux gallons de Feau. Je les destinai à être examinées séparément , afin qu’en prenant ensuite le terme moyen de tous les résultats , l’analyse pût approcher davantage de l’exactitude.

Le i5 septembre, après des orages et des pluies qui avaient continué presque sans intervalle pendant un mois , j’évaporai encore 462 pouces cubes de l’eau dn Fouhon , et j’en obtins une quantité de résidu plus considérable que dans les autres expériences , et qui allait à 64-6 grains. On peut conclure de ce dernier essai que l’eau du Pouhon devait être plus chargée de principes après des pluies continuelles ; elle Pest probablement encore davantage au cœur de l’hiver. Je réservai aussi ce résidu pour un examen séparé , afin de savoir , si la proportion relative , aussi bien que la quantité totale des principes était changée. Cette eau lors de la dernière expérience avait une odeur décidée, mais le produit gazeux , soumis à l’examen , paraissait de la même nature que dans les essais précédens.

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