‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 40 sur 216 · ITA · texte numérisé non relu

ITA

de parler de l'importance du salut éternel de son âme, et de l'horreur du péché mortel qui en est l'unique empêchement, On fera de même avec ceux qui n'attendent d'autre fruit des Exercices que de retrouver l'état perdu par le péché mortel, et de se conserver dans cet état reconquis, sans volonté d'aller plus loin dans le service de Dieu. Aux retraitants de cette espèce, le Principe et Fondement montre la fin pour Taquelle ils sont créés : à savoir le salut de leur âme par un usage des créatures tel qu'ils ne violent aucun des commandements obligeant sub gravi. Par conséquent il leur suffira, à l'égard des choses créées, d'un degré d'indifférence qui leur facilite cet usage des créatures.

Mais de ceux qui, outre le salut de leur âme, ont en vue d'entreprendre le chemin de la perfection, on demande un degré d'indifférence suffisant pour les disposer à éviter au moins le péché véniel. Et pour les affermir dans cette disposition, il convient de leur faire éviter aussi les manquements volontaires qui ne contiennent pas la malice de péché, même véniel.

Les quelques exercices proposés dans la première semaine, sur les péchés et les peines qu'ils méritent, sont de grande efficacité ; et bien qu'à la vérité, dans la sixième addition de cette première semaine, S. Ignace ne mentionne que comme en passant le souvenir du Jugement et de la

Mort, cependant c'est une coutume très ancienne et universelle d'ajouter aux exercices proposés, d'autres exercices sur les peines des péchés selon que le directeur le juge utile pour le retraitant.

Cette coutume n'est pas blâmée par S. Ignace : il l'approuve au contraire, comme semble l'indiquer la traduction dite Vulgate ; et cette coutume est d'autant plus répandue qu'il est rare de donner les Exercices en entier ‘ et dans l'ordre même où ils procèdent. ”

Page 1