DU DOCTEUR J. BENOIT
Messieurs ,
Chargé de vous présenter une analyse et une appréciation sommaires des titres de M. le docteur Benoît, j’ai été heureux de trouver ma tâche rendue plus facile par les rapports officiels dont la plupart de ces titres ont déjà été l’objet. Nos collègues, MM. les professeurs Eslor et Bouisson, ont été chargés d’une semblable appréciation dans les Concours auxquels M. Benoit a pris part, et je n’ai qu’à compléter leur œuvre , en vous parlant des titres nouveaux acquis par ce candidat, et en vous donnant un aperçu rapide de ses principales publications.
Afin d’apporter quelque clarté dans cet exposé, je suivrai l’ordre adopté par le candidat lui-mê.ne, dans la Notice qu’il a remise à chacun de nous : 1° Concours; —2° Services rendus et Enseignement ; —- 3° Titres et distinctions académiques; ;—A 0 Travaux et ouvrages publiés.
En débutant, je crois devoir vous prévenir que j ai vérifié avec soin tous les articles de celte Notice, et que , après les avoir comparés avec
les pièces officielles, j’en ai reconnu la parfaite exactitude. En outre, depuis la distribution de cette Notice, M. Benoît a terminé et même livré à l’impression des travaux qui n’y sont pas mentionnés, et dont je vous parlerai dans la suite.
Ainsi que l'a dit un de nos collègues dans son Rapport sur les titres de M. Benoît, le développement de la vie médicale de ce confrère s’est accompli sous nos yeux ; c’est dans notre Faculté qu’il a pris tous ses grades ; c’est devant elle ou devant le Conseil de nos hôpitaux qu’il a participé aux divers concours que je vais énumérer. Cependant, s’il est resté attaché à notre École et aux doctrines qui inspirent notre Enseignement , ce n'est point sans avoir préalablement et en d’autres lieux , étudié la valeur des enseignements qui peuvent différer du nôtre. Marseille, Lyon et Paris l’ont vu, studieux élève ou docteur déjà titré, rechercher dans les écoles ou dans les hôpitaux, tout ce qui peut servir à agrandir la science et l’expérience médicales.
Ce fut même dans les hôpitaux d’une ville voisine, sous la direction de deux maîtres habiles, MM. Fontaines et Pleindoux, chirurgiens en chef des hôpitaux de Nirnes, que M. Benoit commença en quelque sorte son initiation à la Médecine et à l’Enseignement.
En effet, après avoir été nommé par concours, élève de l’École-pratiqu e d’anatomie et de médecine opératoire, et après avoir fait dix-sept mois d’Externat dans les hôpitaux de Montpellier, M. Benoît se présenta à un concours pour l’Internat dans les hôpitaux de Nirnes, et fut, à Vunanimité , nommé le premier sur trois candidats élus, et sur sept compétiteurs.
En vertu de son rang de nomination, M. Benoît eut immédiatement le grade de Chef-Interne, et fut, comme tel, chargé d’un Cours public et du service de l’Hospice des vieillards et des enfants. Ce dernier service était assez important pour que l’on ait jugé nécessaire, depuis quelques années, d’y attacher un personnel médical particulier. Pendant toute la durée de son Internat, M. Benoît associa la responsabilité de ce service, à
celle de ses fonctions comme Chef-Interne à l’hôpital civil et militaire St-Joseph. Les attestations les plus honorables prouvent que, à son départ de Nimes, M. Benoît emporta les regrets sincères de l’administration et de ses confrères.
Le 20 décembre 1836, l’Internat des hôpitaux de Montpellier fut obtenu au concours par notre candidat.il fut nommé à T Hôpital-Général, à l’unanimité des voix, le premier sur deux candidats élus et sur cinq compétiteurs. Il remplit ses fonctions dans le service des syphilitiques et de la clinique d’accouchements, et fut enfin , au bout de l’année, promu, à la suite d’un nouveau concours, à l’Internat de l’hôpital St-Éloi et nommé le premier , sur six compétiteurs.
C’est là que plusieurs d’entre nous, ses condisciples et ses collègues, l’avons connu d’une manière toute particulière, et il doit nous être permis de joindre le bon témoignage de nos souvenirs à celui des pièces officielles qui ont été placées sous nos yeux.
Préparé par de sérieuses études et par l’enseignement particulier, à des luttes plus importantes, M. Benoît, devenu Docteur, se présenta au concours pour l’Agrégation en chirurgie, en 1842. On put prévoir comme très-prochain le succès qu’il n’obtint pas alors, car les suffrages d’une honorable minorité dans le scrutin de nomination furent un encouragement qui porta ses fruits.
Deux ans après, en effet, M. Benoît fut nommé Agrégé dans la même section, et classé le premier, sur deux candidats élus.
Dans le concours qui donna à M. Alquié, aujourd’hui notre collègue, la place de Chef des travaux anatomiques, M. Benoît sut s’élever à un rang honorable au milieu de six compétiteurs, tous Agrégés de notre Faculté. Le procès-verbal de la séance de clôture de ce concours renferme une mention particulière en faveur de notre candidat, qui fut placé en seconde ligne.
Deux concours pour le Professorat méritent maintenant d’être rappelés
d’une manière toute spéciale. Dans celui qui eut lieu en 1848, pour la Chaire d’accoüchements , M. Benoît obtint trois voix au scrutin et fut classé le second, sur quatre compétiteurs, tous Agrégés.
Dans le concours pour la chaire de Clinique chirurgicale en 1850, il toucha de plus près encore la palme qu’il ambitionnait, car. au premier tour de scrutin, il obtint quatre suffrages contre cinq donnés à son honorable compétiteur, un bulletin établissant Yex-œquo.
Permettez, Messieurs, à un de ses heureux rivaux de confirmer aujourd’hui par son propre témoignage, celui des hommes qui furent nos juges, et de dire consciencieusement avec eux, que «dans les diverses » épreuves qu’il a subies, M. Benoît s’est toujours distingué par l’é- » tendue, la précision de ses connaissances, non moins que par la jus- » tesse de son jugement ; . . . . qu’ il a donné des preuves irrécusables » et répétées de connaissances approfondies et d’une haute capacité, et » que ce fut une équitable manifestation de la part des juges du concours, » d'exprimer unanimement le regret qu’ils éprouvaient de ne pouvoir, » en couronnant le vainqueur, décerner aussi une semblable récompense » à celui qui avait montré tant de vigueur dans la lutte. » (Voyez les pièces officielles N os 8 et 9.)
Ce regret était sincère et bien senti, car la Faculté se hâta de saisir la première occasion pour donner à M, Benoît une preuve de sa haute estime et de sa confiance , en l’appelant au poste de Conservateur des collections de son Musée, poste que laissait vacant M Jaunies, devenu notre collègue. Porté le premier sur la liste de présentation , M. Benoît fut agréé par M. le ministre de l’Instruction publique, et obtint ainsi une place qui devait 1 associer à nos travaux, et lui permettre d’acquérir de nouveaux titres et de se perfectionner dans l’enseignement.