N (a, b)j s(c)f (dy var. fém.), ils, elles
On ne i|ianquera pas d'observer ,* en comparant ces deux tableaux des formes anciennes des prononîs égyptiens avec les tableaux qui précèdent des pronoms de la langue copte , que, quant aux pix>noms isolés , les formes hiéroglyphiques sont parfaitement identiques aux formes coptes, à l'exception de la forme de la troisième personne du pluriel. Cette même forme trouve cependant un correspondant dans la langue copte parmi les variantes que j'ai indiquées pour les pro* noms affixes. Mais à propos des nombreuses variantes de ces pronoms affixes que j'ai cru utile de mettre sous les yeux, je doi» rappeler ici leur origine. t •
On sait que la langue copte fait un usage fréquent des pronomis pour la conjugaison des verbes. On trouve les pronoms isolés &KOK , ilTOK j etc., employés pour la conjugaison, par ex., du verbe abstrait primitif VXj TE^ KB, pour dire &KOK ITE, je suis; KtOK ITE , tu es , etc. : on en a des exemples nombreux dans les textes coptes de toutes les époques. Mais les égypto-chrétiens ont en même tems fait usage d'une seconde manière de conjuguer : elle consiste à ëm* ployer les formes simples des pronoms affixes à la place des pronoms isolés. Ces formes des pronoms affixes subissent dans ce nouvel em-r ploi quelque légère modification : par l'addition de la consonne euphonique HT) le pronom s, moij devient "^j le pronom féminin E ,
partie. Une circonstance fjfû. le prouTe consiste en ce «jne lorscpie cVst par exemple on dieu on une déesse, on roi on nne reine qm parle , notre image est remplacée par celle d*nn dieu , d'une déesse, d*nn roi, on d^nne reine y etc.
* Cf. ce ^e j^ai dit dans la ûole qui précMe relativement à la Ttriante orthographiqne c do pronom
isole de la première persomw du sngnKer &I\0 K -
toif devient '"t^; H, nous^ se change en t:^ ou T:Et^; TEK, vous y
prend la forme TETEtt. Le pronom de la troisième personne plurielle OY, ils ou elles ^ est remplacé par CE. Employés pour la conjugaison^ ces mêmes pronoms subissent encore dans Tusage une seconde espèce de modification : le verbe abstrait ITE) TE, NE,
qui accompagne toujours les formes pronominales isolées 2>K0K, î^TOK , etc. lorsque celles-ci servent à conjuguer les verbes, disparait lorsqu'on a fait usage de la forme des pronoms affixes : ces pronoms deviennent ainsi à leur tour des pronoms isolés. Il est cependant à remarquer qu'on rencontre dans les textes coptes un certain nombre d'exemples oii, pour la conjugaison de certains verbes, l'on a pourtant fait usage de nos formes des pronoms affixes en véritables affixes ; dans ces cas le verbe abstrait tte, TE, KE, n'a pas disparu *. Il ne sera pas inutile d'observer aussi que dans les exemples que je viens de citer, les pronoms affixes affectent la forme S, K; q, K, TEK, ot, qu'ils conservent habituellement en union avec les noms , plutôt que la forme ^, K ou t, q> TEK, tetESK, CE, que nous avons dit leur être propre lorsqu'ils servent à la conjugaison des verbes. Toutes ces variantes orthographiques alternatives des formes pronominales, soit en union avec les noms, soit dans la conjugaison des verbes, nous attestent, à mon avis, F existence simultanée des deux formes diverses , s, K, E, q, K, teK, oy, ou ^, K, TEj q, TESK, TETEK, CE. C'est là ce qui m'a été démontré, comme on va le voir^ par l'étude des textes hiéroglyphiques.
J'ai déjà dit que ce n'est que par l'union euphonique de h, consonne T que le pronom affixe \ prend la forme de '^. Or, je crois avoir découvert quelques exemples de l'emploi de cette forme ^ ^ dans les textes hiéroglyphiques eux-*mêmes : tel est celui que j'ai rencontré parmi les inscriptions d'une superbe caisse de momie
^ Ce Ycrbe précède alors le qualificatif ou nom d^agent exprimant Vattribuif les pronoiQS suivent immédiatement cet attribut Au reste , cette troisième forme de conjugaison , la plus ancienne , ne s''est conservée dans sa simplicité primitiTe que pour le qualificatif ^CU disant. Évidemment c*est là un reste de la conjugaison telle qu*ellc avait lieu dans la langue biérogljpIkiqiM.
( *i9 ) (celle de Soiimes) au Musée royal du Louvre , dans la légende dlsis pleurant sur le corps d'Osiris. Cette légende porte l'expression hiéroglyphique des idées suivantes : « Isis la puissante , mëre divine, fille du soleil, rectrice de l'occident, a dit : Je pleut^ [yavL-ri (en copte id.)y 41, 67.] sur toi f frère dii^in, etc., etc. m
Une seconde forme pronominale qui ofTre une variante remarquable est celle j^ j^ g^conde personne singulière au fém^inin , qui s'écrit tantôt B, tantôt HTE. Quelle que puisse être ici l'origine de la
consonne nr dans la syllabe nPB , il est certain (et la comparaison des Rituels m'en a offert mille et une preuves) que les Égyptiens ont toujours employé pour le féminin cette dernière forme de pronom de préférence à toute autre , par la raison sans doute que le ^ était le distinctif particulier et spécial du genre féminin. Je n'ai pas encore rencontré d'exemples assez évidens de la forme pronominale tl dans les textes hiéroglyphiques , et il est à remarquer que dans le copte même, cette forme n'est employée que dans un petit nombre de cas particuliers. Au reste, il ne faut pas oublier que la voyelle £ ou s est, dans le copte, une des marques générales du genre féminin et j*aurai occasion de faire voir dans la suite de ce volume qu'elle ne l'est pas moins dans les inscriptions hiéroglyphiques.
Les textes égyptiens ne m'ont ofi^ert aucun exemple de l'emploi de la variante copte rrEt^ pour exprimer le pronom de la première personne du pluriel : il n'a jamais été représenté que par la consonne n (le copte n) , tel que ChampoUion nous l'offre (cf. les tableaux de la planche 43) • Ç^ n'est que pour distinguer la forme habituelle du pronom de la seconde personne plurielle ^Tt^ de la forme précitée du pronom de la première personne (même genre),' que ce tbk est devenu ""TE^nrEit lorsqu'ils étaient employés pour la conjugaison des verbes. La variante la plus remarquable que nous rencontrons dans la comparaison des pronoms coptes avec les formes des pronoms égyptiens, tels que ChampoUion nous les offre, consiste dans le pronom de la troisième personne duplm*iel, en copte i^toOy ou ot, et en égyptien NTSN , ou SN, SEN : l'origine de cette variante a besoin d'être bien éclaircie. On aura sans doute observé que dans le tableau des pronoms affixes de la langue copte, que j'ai eu précédemment l'occasion de
présenter, j'ai enregistré une forme C^^ comme variante, dans le copte même y du pronom plus généralement usité OT , abréviation de X^^OOY, ils, ou elles : la variante dont je viens de parler ne m'a été offerte jusqu'ici que dans la conjugaison des verbes, mais il est vrai de dire que, dans ce dernier cas, elle est beaucoup plus usitée que la forme onr. Maintenant , quoi qu'il en soit de la fréquence de son emploi , la circonstance d'ailleurs réelle de cet emploi suffit pour nous autoriser à admettre sa coexistence dans la langue parlée des Égyptiens avec la forme onr. C'est ce dont les textes hiéroglyphiques eux «-mêmes ne nous permettent pas de douter. Parmi les variantes les plus intéressantes que j*ai recueillies dans la compa* raison des différens exemplaires du Rituel, je compte les suivantes : MR-SEN (41 , 68) , au chap* lo , VII* sect. (IP part.) , pap. R. C. , mrou (ib. 69,) , ils aiment (cf. le copte Jt^pp , aimer) y var. du pap. R. T. ibid, : som-sen (41 , 70) , cbap. 10 (X* sect. (H* partie) , pap. R. C. ; soM-ou (ib. 71), ils mangent (cf. le copte OTCUiu), var. du papyrus R. T. J'ai déjà eu l'occasion de citer un troisième exemple du même genre à la page 109 de ma Campagne de Rharnsès-le-Grand : il consiste dans la transcription égyptienne du pronom possessif de la troisième personne du pluriel. On sait que cette sorte de pronoms se forme dans la langue copte au moyen des articles mis en union avec les formes de pronoms ajffîxes : or, tandis que le pronom possessif en question se lit généralement, dans les textes en écriture hiéroglyphique , par pasen , l'exemplaire en écriture hiératique du grand Rituel conservé au Musée du Louvre m'a offert (fol. ^7) une transcription exacte du copte HOOY , poou , précisément Ik oii les autres exemplaires font usage de la forme ordinaire pasen.
Quant à l'analogie que je prétends reconnaître dans l'égyptien sen, avec le copte et f il existe toujours , il est vraii une différence entre ces deux formes; mais l'étude comparative des textes nous l'explique d'une manière évidente. J'ai déjà représenté dans le tableau hiéroglyphique des pronoms affixes (pi. 42) la variante notée c (6), parmi celles que ChampoUion a découvertes de l'orthographe du pronom de la troisième personne du pluriel : cette variante ne peut être lue que par se (en ajoutant la voyelle) , ce qui offre une transcription
exaete de la forme copte C£. Le chap. g, IX* sect. (ix* partie ), pap. R. C, m*a offert cette même variante du pronom sen (qu'emploie au même endroit le pap. R. T. ) sous une forme encore plus simple quant à son orthographe : c'est celle que j'ai rangée sous le n^ 7^ , 41* Le pap. R. C. m'a offert au chap. 9, viu* sect. (IP part.), une variante orthographique bien plus remarquable encore : cette variante (41 9 7^) est écrite sa : le pap. R. T. emploie k sa place la forme sen : j'ai déjà eu occasion de démontrer ailleurs * que dans les textes hiéroglyphiques la lettre r ( une bouche) est continuellement remplacée par la voyelle e ; il n'est donc nullement douteux pour moi que notre variante n^yi, 41i ne puisse être lue par 3B, ce* Maintenant l'existence dans les textes égyptiens de la forme copte exacte CZ, (se) étant indubitable, com* ment cette même forme a-t-elle pu s'écrire par sen ? En parlant, k l'article précédent H. L 4^ àes différentes manières dont on a marqué le pluriel des noms dans les textes égyptiens, j'ai oublié de faire observer, à propos de la forme du pluriel figuratif consistant dans irois barres j qu'on rencontre quelquefois ces trois barres remplacées par un groupe qui consiste dans la forme linéaire de la Ugne ondulée n, accompagnée ordinairement par les trois barres en question (41^ 74) • tel est le cas du pap. R. C. au chap. 10, VU* sect. (m* part.) dans l'orthographe hiéroglyphique du mot tor-eue(41, 75), adorations, que le pap. R. T. remplace par l'orthographe 76 , ibid. : il est bien probable que cette seconde orthographe ne se prononçait que comme la première tor-eue, outor*eu (en copte, id.). Quoi qu'il en soit, cette variante de la forme figurative du pluriel qui remplaçait la forme copte (forme quelquefois hiéroglyphique aussi) Ot » ou, ey, eu, ZTl, Eui, n^e semble jeter un grand jour sur l'origine de la consonne N (la ligne ondulée) y qui, dans la forme écrite du pronom sen, précède les trois barres, marque figurative du pluriel. L'emploi simultané des formes écrites précédemment citées (72, 73, 41 ), dont la première nous représente la forme exacte employée dans la langue
^ Cf . ma Campagne de SétosUis, page 781 seqq, Tvam occanon de reTenir tnr cette même question dane le courant de ce Tolame.
parlée (le copte CE) , démontre à mon avis que ce se ou CE n'est absolument qu'une abréifiation y ou tout au plus qu'il représente la prononciation ordinaire de la forme graphique pure sept. Il y a plus: la désinence ou (le copte Oy) ne paraît être elle-même que la prononciation de la forme graphique la plus abrégée du pronom sen. J'ai trouvé au cbap. 14, sect. iv, (IP partie), pap. R. T., l'abréviation toute figurative 77, 41i à la place de l'orthographe ordinaire sen (cf. 68, 41, etc.), qu'emploie le papyrus R. C. : or, j'ai démontré dans l'article précédent H. I. 4^ qu'une marque figurative identique (trois barres y cf. 77, 41) remplace ordinairement la désinence copte du pluriel oy , ou. Rien n'empêche donc de croire que les Égyptiens aient cherché à imiter dans leur IsLnQae parlée cette même abréviation *.
Les rapprochemens que je viens de présenter me paraissent jeter une lumière tout-à-fait nouvelle sur la question des pronoms égyptiens ; ils sont en même tems un appendice et un véritable commentaire du tableau isolé et dénué de toute démonstration , que Champollion a esquissé dans sa Grammaire hiéroglyphique. Mais l'étude des textes m'a démontré l'existence d'autres circonstances encore relatives à cette même question des pronoms : je dois en parler ici. Lorsque l'on compare les deux espèces de pronoms que nous venons d'analyser , les pronoms isolés et les pronoms affixes^ on est naturellement porté à reconnaître une analogie parmi les diverses formes de ces différens pronoms : les grammairiens coptes s'accordent même à voir dans les pronoms affixes la véritable formeprimiVfWdes pronoms égyptiens en général. Ils regardent les pronoms isolés ^itOK^i^^OK^ î^^Oq^ etc., comme des pronoms composés de la préposition h, du
* Le tableau des différentes formes des pronoms affixes coptes , que j^ai reproduit à la page précédente 1 16, nous offre pour le pronom affixe de la troisième personne da pluriel la Tariante CB au lien de OY > ils on elles, J^aurais touIu ajouter la Tariante du même pronom , COY j eos^ eas, ea (au lieu de CE)7 que j^aTais depuis long-tems remarquée à la page Sg de la Grammaire copte de Scholtz ; mais notre tableau était déjà imprimé lorsque j'ai pu Térifier Texistence réelle de cette forme CO Y dans les textes coptes ; aucun dictionnaire ne Ta enregistrée. On en trouTe pourtant un exemple incontestable à la page aSo des ^gyptiorum codicum reliquiœ de Mingarelli , et un autre à la page 13 de la Grammaire copte de Tuki. Cette nourelle Tariante confirme pleinement les rapprocbemens que je viens de soumettre.
( 1:^5 ) monosyllabe TO9 (qu'on a cru être une modification de 90 ou T^O^ nr^5, darefaciem) , et des pronoms affixes \^ K , q, etc. Quoi qu'il
soit de la dérivation des pronoms isolés y les textes hiéroglyphiques ne m'ont pas encore offert une preuve évidente de leur prétendue nature composée. L'analyse des formes pronominales hiéroglyphiques en général m'engagent à considérer les formes des pronoms affixes tout au plus comme étant Vabréçiation des formes isolées. On aura remarqué, dans les deux tableaux de la planche 42 7 que l'orthographe la plus ordinaire du pronom affixe de la troisième personne du pluriel affecte la même forme que Tabréviation la plus usuelle dans les textes du pronom isolé de la même personne au même nombre (cf. premier tableau 6, &.). La comparaison des Rituels m'a offert pour tous les pronoms affixes une nouvelle orthographe , dont il paraît que Champollion n'a pas eu connaissance , et qui démontre sans réplique, il me semble, que les formes plus généralement usitées de ces pronoms , telles que l'hiérogrammate français nous les a révélées , sont bien en effet une abréçfiaiion des formes pronominales [isolées. Les pap. R. T. au chap. 5, sect. 1'% repartie, au chap. 6, (ibid.), et alibi, m'a offert l'orthographe wi, nei, wai (41, 78), à la place de l'orthographe ordinaire i, moi (ib. 79), (cf. aussi le deuxième tableau, pL 42) qu'emploient dans les mêmes endroits les pap. T. P. et T. T. Le pap. R. T. , dans les Litanies du Soleil à la sect- m (I" partie), nous offre l'orthographe nk, nak (41, 80), à la place de la forme ordinaire du pronom affixe x, toi, que le pap. T. T. et d'autres portent dans ce même endroit. J'ai rencontré différens exemples du pronom affixe de la troisième personne du singulier écrit par nf, naf (41, 82) : le pap. T. T. m'en a offert un au chap. i5, sect. r* (I" partie) , et le pap. R. C. au ch. 35, sect. r* (II* partie) , là ou le papyrus R. T. porte l'orthographe ordinaire F, /la (41 , 83.). Le pap. R. C. au chap. 4, sect. viii (II* part.), nous offre Torthographe ntn (41 > 84), à la place de la forme affixe ordinaire tn (ibid. 85) , vous , qu'on trouve au même endroit dans le pap. R. T. Enfin je lis dans le papyrus R. C. , chapitre a5, sect. i'*, (!!• partie) , Torthographe nsn, wsen (41, 86), en qualité de pronom affixe de la troisième personne du pluriel, c'est-à-dire à la place de la
forme ordinaire sbn {U,Sj), que porte en effet le pap. R. T. '^^^ Il est a remarquer que la forme qu'adoptent en général les textes en écriture hiératique pour exprimer le pronom isolé de la troisième personne du pluriel est parfaitement identique à la variante que je viens d'indiquer (41 9 86) de la forme du même pronom affixe (cf. le premier tableau de la planche 42 » n'' 6, c). Maintenant faudra-t-il reconnaître un simple besoin d'euphonie dans la présence dé la consonne n des formes pronominales noi ou nài, nak, kjlf , etc., que nous voyons employées à la place des pronoms affixes i, k,t: , etc. , ou bien admettrons-nous que cette n n'est que l'expression ( ou Vabréifiation^ si Ton veut) de la syllabe nt des pronoms isolés correspondans ^IKOK , i^*TOKy i^TOq, etc. ? Quant a moi, je ne balance pas à regarder les nouvelles formes orthographiques que j*ai découvertes des pronoms affixes If 01, ou nài, ptak, haf, etc. , comme synonymes des pronoms ANOK, NTOK, NTOF^ ctc, ct par couséqucnt Ics formes ordinaires i, K, Fy etc. y comme de simples abréçfiations de ces derniers. L'existence dans les textes de quelques abréviations semblables des formes pronominales isolées elles-mêmes ** , me parait être une circonstance assez décisive en faveur de mon opinion. Mais ime autre observation la confirme encore : on remarque que Toi^hographe de notre forme pronominale affixe nai , moi, (41 9 78) , ne consiste pas exactement (de même que les autres formes nk, nf, etc., comparables aux formes isolées ntok , ntof) , dans la reproduction de l'initiale n suivie immédiatement delà finale qui serait un k (cf. anok, nok) , mais que l'initiale se trouve dans ce cas suivie du détermincUif générique du pronom de la première personne du singulier , F image dun individu assis, le bras leç^é*** : cette circonstance n'a pu avoir
* J'en ai tcowré d'aatret exemples dans le même pap. R. C, an entr^aatres an chap. aa, aect. i'* (U* partie].
** Je Tiens de les citer plus haut : ce sont les soivantes : Le n^ 6, ft (premier tableau de la planche 42], comparable à la forme affixe 6 , a,âa. deuxième taUean ; le n<* 6, e, (l*' tableau] , comparable à la forme affixe96,4i.
*** Tai déjà fait obserrer précédemment qne Templot de cette image dans Fexpresiion biéroglyphi(pie do pronom de la première personne asiok , moi , sert beaucoup plus à déterminer la signification du pronom en gestion , qn^à exprimer la Toyelle t ou e , dont il est un des représentans.
( "5 ) lieu que par suite du dessein prémédité de reproduire en abrégé la forme écrite la plus ordinaire du pronom isolé de la première per* sonne, telle que nous Toffre le preniier tableau de la pi. 42 9 sous le vP i. c. Au reste, quant aux formes plus ordinairement employées^ i, Ky F, etc., considérées comme de simples formes abrégées des pronoms ANOK, NTOKy NTOF, ctc. , cUcs rentrent parfaitement dans un même système d'abréviation que celui d'après lequel on emploie dans les textes hiéroglyphiques la contraction i, k, F, etc.) du pronom
possessif NEF , NËK , CtC. , '^.
(H , I, 8.)« Ce mot se lit R, ro, ou erg; c'est une préposition à laquelle je donne ici la signification de pour y et qui en a bien d'autres analogues y versus y à, adj iriy dans^ etc. On sait que la langue copte emploie, pour exprimer ces mêmes idées, une préposition dont la forme ordinaire est celle de È : aussi ChampoUion regardait-il l'expression hiéroglyphique dont il s'agit ici comme étant une forme ancienne de la préposition copte, que je viens de citer ^, versas , ad, contrày etc. J'ai déjà parlé de cette opinion du savant français dans ma Campagne de Bhamsès^le-'Grand **, oh j'ai eu la première fois l'occasion d'exposer mes idées particulières sur le véritable correspondant copte de la préposition égyptienne dont il s'agit ici. Il lui était permis de croire que la préposition qu'en copte nous trouvons écrite Zj s'écrivait anciennement par p ou Èp, car il est certain que les anciens Égyptiens ont attribué aux sons e et r une affinité non moins marquée que celle qu'ont reconnu les Indiens parmi ces deux sons mêmes. L'étonnement que l'on éprouve d'abord en vérifiant cette circonstance diminue lorsqu'on réfléchit que si la lettre r ne peut être à la rigueur considérée comme une voyelle , on ne peut nier qu'elle ne participe beaucoup à la nature de voyelle par la facilité avec laquelle elle se lie aux articulations sans voyelles intermédiaires : aussi les grammairiens indiens ont considéré I'r comme une semi-voyelle. Au reste , les variantes des differens exemplaires des
* Voir ma Campagne de BhaauèsAe-Grand, pag. 63 , teqq. Voir, aussi dans la saite de ce Tolmne , PartideH,!, i5.
Rituels établissent le fait d'une manière incontestable : au chap. 25, i" sect , (II* part.), pap. R. T. , on lit le mot te, (41 ^ 88), que le papyrus R. T. remplace par l'orthographe te (ibid. 89); le pap. R. T. au chap. 22 , i'* sect, (II* part.), porte le groupe phonétique kehou (41> 90)1 et le pap. R. G. le remplace par l'expression graphique rrhou (41 9 91)- De même j'ai rencontré dans quelques manuscrits^ le mot copte s^£.TTpE 9 grain ^ grains ^ transcrit par nape (4I y 92) ^ au lieu de NAPRE (ibid. 9?) , qu'on trouve bien plus habituellement.
Quant a moi^ nonobstant ce fait remarquable, diverses circonstances m'empêchent pourtant de partager entièrement, dans notre cas , l'opinion de mon savant maître. Au surplus » un rapprochement très-simple me parait démontrer que, sans supposer rexislence d'une forme plus ancienne de la préposition copte È, notre forme orthographique R , RO ou ERO , peut s'expliquer très-bien par la comparaison de cette dernière langue; j'en reconnais l'origine dans la préposition composée Epo ou Epoi , qui , en prenant les pronoms en
affixesy devient Eptll 9 EpcUK 9 Epaiq, etc. , vers moi^ vers toi, etc.
Cette préposition copte £ptn, se compose de È , versiis, ad, et de pO ou peu , bouche ** ; or , je n'ai pas vu qu'on ait exprimé une seule fois dans les textes hiéroglyphiques notre préposition hiéroglyphique K , par d'autre signe que celui d'une bouche. C'est là une circonstance
* Entre autres dans le pap. R. T. et R. G. au chap. a, tu* tect., II* part.
** Qa'il me soit pennis de rappeler ici que c^est moi qui ai le premier indique ce rapprochement, fiécond
en conséquences , du copte EDO > V^ >^ ^ ^^^^ rorigine el la Taltor de la préposition hiéroglyphique R : on peut Térifier cette assertion à la page ^éemm seconde UUre sur Us prinàpaUs expressions qui servent h la notation des dates , publiée depuis deux ans. Je me toîb obligé de relever ici cette circonstance , à la Térité fort peu importante pour la science, depuis que j V remarque que dans une note h la page 457 du deuxième Tolnme des Monumenii citnii deif Egitto , qui rient de paraître, M. Rosellini a cru pouvoir tout bonnement s^approprier mes obserratioiis, Gonmie tons les amia et disciples de feu Ghampollion n^ignorent pas que les différentes explications que M. Rosellini a publiées jusquHci sont très-souTcnt dues à Phiérogrammate français, et comme le savant professeur de Pise , apparemment pour ménager Pespace , a adopté le système d*j supprimer le nom de son illustre maître , on pourrait
croire qu*ii en est de même de Tanteur du rapprochement en question ('EpO 'vec a), que de mon cAté j'ai pourtant publié comme m'appartenant. Je ne pouTÛs m^abstenir de le réclamer ici , sans courir le danger d'essuyer les mêmes reproches que le savant toscan.
C "7 ) qu'il n'est pas permis de négliger en fait d'écritures égyptiennes. On ne doit pas s'étonner de voir la voyelle initiale e disparue dans l'orthographe hiéroglyphique de la préposition lE^pO^ nonobstant la présence de cet £ (versus) que semble réclamer impérieusement l'étymologie du mot (E-po? vers la bouche) : la comparaison des Rituels m'a offert une foule d'exemples oii la voyelle e initiale , suivie de la consonne r , a été omise dans Vécriture ^. On la suppléait dans la prononciation du mot; il y a dans ce fait quelque chose qui tient de la nature de Y esprit grec tracé au-dessus de Tp initiale qu'on voit souvent dans des mots grecs transcrits par les livres coptes, remplacé par un E , qui alors précède Tp. Au reste, nous avons déjà eu occasion d'analyser l'orthographe hiéroglyphique d'une autre préposition égyptienne composée , qui a pour initiale le même e dont il s'agit ici, et oii cette lettre se trouve supprimée. Voir H. I. 3.
Quoi qu41 en soit du correspondant exact de notre préposition r , que ce soit le copte Epo, ou bien la È qu'on trouve si souvent usité dans cette langue , il n'est pas permis de douter qu'elle n'en ait emprunté, dans les textes hiéroglyphiques, toutes les acceptions apud^ ad, in, contra , versus, pro, etc. , etc. : je n'en veux d'autres preuves que les suivantes. Il existe au Musée royal du Louvre un petit manuscrit funéraire en écriture hiératique appartenant à la momie d'un certain Arsiesi^ prêtre qui fut revêtu de hautes fonctions ^^, et renfermant un extrait de certaines parties du grand Rituel funéraire. Ayant collationné ce manuscrit avec celui de la momie de Petamenof, fils de Cléopâire Candace qu'on ti'ouve au Cabinet des Antiques , et qui reproduit en grande partie le même texte égyptien, j'ai l'emarque, soit à la ligne i6, soit à la ligne 17 du papyrus Arsiési^ le groupe ^ 94 (41) 7 que le papyrus Petamenof remplace par la forme hiératique (95, 41) de k préposition hiéroglyphique en question, r,
* Cf. par exemple les pap. T. T. et R. C. au chap. 7 (11* sect. (II* part.).
^* C^est le même maniucrit dont CbampoUion parle dans sa Notice sur le pap, hiératique et les peintures du cercueil de Pétamenoph. Paris, 1837. Tai découTert au mnsëe de Leyde un second papyrus appartenant an même individu , en écriture hiérati^e , et d'une étendue beaucoup plus considérable que celui du Lottyre : ce second papjros nous apprend que Arsiesi a vécu sous Auguste.
( 1^8) dans les phrases : u Tu as justifié le dire d'Osiris envers ses enne-mis », et « vers la région de Poun ». La lecture du groupe 94 (41) n'est pas douteuse; le roseau et la caille oa poulet ^ dont il reproduit les formes tach/graphiques , ne peuvent être transcrites que par oou, OF , ou bien ob et obb, en ajoutant la seconde voyelle. Or je compare ce mot au copte OY&B qui signifie'co/z/rà, versus , ad^ etc. : [telle fut donc aussi la signification de la préposition a qu'emploie à sa place le papyrus Pétamenoph.
La comparaison des diflerens exemplaires du Rituel m'a offert des preuves non moins concluantes de la véritable signification de la préposition hiéroglyphique a : tel exemplaire nous Toffre a la place de la préposition m (le copte h) qu'emploie tel autre exemplaire pour désigner le génitif des iioms ^; je Tai vue non moins souvent remplacer la préposition m ou hm (le copte j^m), dans y ad, etc. ^*. Aussi
il n'est pas rare de rencontrer dans les textes de toute époque notre préposition r employée en composition pour former des adverbes qui nous restent dans le copte , tantôt transcrits par i^.^ tantôt par È : tel est le cas de l'adverbe £9H, iBnr^H, (par analogie À5^9H)» de\^ant , qui
s'écrit en hiéroglyphes , tantôt par rthi (41 > g6) , tantôt par MTnl (i&. 97). Il en est de même de l'adverbe %x%M>^ MiUL&nr, A9TTU& (autrefois écrit EiUL& . ETTU&) hic, illic, ibi, à la place , qu'on trouve en égyptien orthographié par rma (41 , 98). En adoptant Topinion de Champollion que j*ai citée sur la nature et la véritable prononcia* tion de la préposition r , on pouri*ait lire ces adverbes par ethî , e^h (41, 96) y EMA, z%3l> (41 > 98) y etc. : cependant le texte hiéroglyphique que nous analysons semble faire une véritable distinction entre l'orthographe et la lecture d'sMA et de rma, puisque, tandisqu'k la ligne XI , 3o , nous le voyons employer cette dernière orthographe RMA à la ligne VII, 4^, il fait usage, pour exprimer la même idée, d'un groupe dont la lecture est bien exactement celle desMA. D'autre
* Cf. pap. T. T. et R. T., chap. a, V secL (I" part.) ; pap. R. C. etR. T., chap. a5, i~ sect. (1I« part.) , etc.
♦♦ Cf. pap. R. C. et R. T. , chap. ai, i" sect. (H* part.), etc.
C '^9 ) part , cette même inscription emploie notre préposition r isolée dans une acception qui lui prête une ressemblance remarquable avec le copte È : on sait que cette z dénote souvent le participe; nous allons rencontrer à la ligne II , i3 , un exemple de l'emploi de la préposition R pour remplir une fonction tout-à-fait semblable.
(H, ly g). Ce mot est Texpression d'un nom composé. Dans la langue copte, ce n'est que la réunion de deux ou plusieurs noms primitifs ou dériçds qui donne origine aux noms composés ; dans les textes hiéroglyphiques on trouve ces mêmes noms rendus de quatre manières distinctes par la diversité des élémens combinés, c'est»à-dire : l"* Par la transcription entière du mot en caractères phonétiques : ^^ Far Tuoion d'un caractère figuratif à un caractère symbolique : 5^ Par un caractère symbolique et un groupe phonétique : 4^ Enfin pai* un cavactère^^ur^i/*uni à im groupe phonétique. C'est à cette dernière méthode d'expression .qu'appartient le mot composé dont il s'agit ici. En effet, le signe initial de notre groupe est un caractère ^^ecra/^ représentant l'idée édifice, habijtaiion d'un ordre distingué; la marque habituelle des figuratifs * l'accompagne, vient ensuite un autre caractère figuratif représentant le plan dune maison ou dune chambre : enfin les trois signes qui viennent après se lisent snsgh ou en suppléant la voyelle médiale SANSCH **. Examinons maintenant quelle est sa signification.
Lorsque j'ai défini le caractère initial comme étant \g figuratif Ae Vidée édifice, demeure, habitation, c'était dire que telle est sa signification. Il est possible d'établir d'une manière authentique quel était le mot par lequel on remplaçait habituellement ce caractère-image dans la lecture : cette circonsta ce servira à démontrer sa véritable signification. En examinant à l'article H, I, 6^ l'orthogra'phe hiéroglyphique du nom de la nécropole de Thèbes, dont la traduction
* Cf. me» Lettres sur ia notation desdateSf etc. l'^Leltre, page a3 ; II* Lettre, page 56. Voir H. I. iS,
* Le paisage en question da texte hiéroglyphique de Roaette , td que sous TaTons reproduit à ta plandie I , porte SATacn an lien de sahscb ; niais d*après rînspectîon d^une seconde empreinte du nuMioment original que j^ai sous les jeux , le segment do sphère t doit Htt remplacé par Timage d*nn vase V. Cf. VErrata corrigé de TAtlas.
grecque du papyrus Casati nous a consenré la transcription exacte, on a dû remarquer que le caractère hiéroglyphique correspondant à la syllabe thy {3^) du mot t/ùnabounonn, d'uvaSbuvouv, consiste dans le même caractère idéographique , initiale du groupe que nous examinons ici : nous pouvons en conclure avec toute confiance que telle était sa prononciation. Or, cette syllabe 3t> est pour moi une transcription évidente du copte ^* m, la maison, la demeure^ qu'on écrirait à la manière thébaine par 9S^ tout-à-fait comme le traducteur grec la fait II est vrai que les textes coptes emploient le mot HS^ nuùson, avec l'article du genre masculin ir (iT* H^^, plutôt qu^avec l'article féminin *t (t« H^) 9 comme je le suppose ici; mais tous les exemples que j'en ai rencontrés dans les textes hiéroglyphiques confirment pourtant cette dernière orthographe. Du reste, je puis appuyer mon assertion sur des preuves irréfragables. J'ai dit plus haut que le caractère initial du groupe hiéroglyphique dont il est question représente l'idée d'habitation èiun ordre distingué : j'ai voulu indiquer par là son emploi particulier en comparaison de l'emploi du caractère un plan de maison ou à^une chambre (le troisième dans notre groupe) ^ qui sert aussi à exprimer, mais d'une manière générale, l'idée d'habitation. Maintenant je dois faire observer que le Rituel gnostique égyptien conservé au musée de Leyde nous offre à la ligne 20 de la colonne X, dans une phrase exprimant l'idée demeure des étoiles y le caractère dont je viens de parler, transcrit parles lettres grecques THI , la demeure. Je puis citer un second exemple non moins positif en fiiveur de la circonstance de l'article féminin T donné au mot H S , maison , dans les anciens textes égyptiens : une stèle royale du musée de Turin m'a offert l'orthographe hiéroglyphique du nom propre de femme que les Grecs ont transcrit par AdtipnQ , c'est-a--dire la demeure dA^ thyr^ habitaculum Venerisj c'est le suivant (42» 7) f 011 l'expression tropico-phonétique ordinaire du nom de la déesse égyptienne Atbor^ Adup ^, se voit accompagné de notre caractère le plan de maison pré-
* Que Ton obserre cette expreHÎon hiérogljpfaîqae.dA nom de U Véont égypticaiie : P)at«rqae now dit, dantion traita àe Isidû ei Qsiride f qae Hathor on Athor eigiûfiait littcnWuieiit la demwrû montlaine, Fhabitation d^Horut, En effet , notre expretnon connite dans le caractère figuratif repcéKotast M
( i5i ) cédé de la note des figuratifs , pour exprimer la sylid)e m ( le 9s 7 et le nrHS précédemment cités) de la transcription grecque Aduprn*
On rencontre souvent dans les textes notre caractère figuratif initial avec le signe le segment de sphère tracé à Tintérieur (4% 8) ; ce signe est Tabrégé de la note ordinaire des figuratifs (42f 9)^ qu'on y trouve quelquefois exprimée tout entière. Dans d autres cas^ comme à la Ugne If 24,etYly 28, du. texte que nous analysons^ au lieu de la note dont je viens de parler ^ on y voit intérieurement écrit le carac^ tère symbolique dieu (cf. H , II , 4) 9 ^^ ^^^^ slon à exprimer l'idée de temple, c'est-*k-dire habitation d'un dieu.
Gomme je Tai déjà fait noter , le signe le plan dune maison , le troisième dans notre groupe, a été souvent employé dans toutes les différentes acceptions ob Ton rencontre le signe figuratif habitation dun ordre distingué^. Msis, qnjànt au -premier de ces deux signes, il a été aussi consacré à un usage particulier : Champollion nous Ta déjà appris. On le plaçait presque toujours à la suite des noms figaratifs^ symboliques ou phonétiques des difierentes espèces d'habitations y d'édifices ou de partie d'édifices , comme déterminatif générique : tel est le cas du groupe précité de la ligne 1 , a4 9 et VI , 28, qui sert à exprimer l'idée de temple. Il y a plus : le caractère le plan dune maison remplace souvent dans les textes égyptiens l'expression JO^zM (le Heu de), qui, dans la langue copte, sert à former les noms
coupe d^tme chambre (Tariante calBgraphiqae dn signe mitial da groupe en question H, 1 , 9), et Véperyier, tymbole particulier dn dieu Borus, en e'gyptien nô», ^CUp- Maintenant il est érident que la syllabe BAT, ^S'^ , on at du mot Bathor, Athor , qui remplace dans la prononciation le carac> tère figoratirb coupe «Tune chambre, ngnifiait» sniwnt Plutarqne, habitation, ocx»(. Si ce mot HAT ^2^nr« i^^^î^P»^^ compare an copte ^BE\*^ > ^KyiXmVfjanua, etc., je ne crois pas
qn^on puisse le ramener à d'antre racine égyptienne mieux qu'an mot en question H \ , maison , qui , lu en «nion avec Fartide et à la manière égyptienne , c'cst-2i«dire avec cet article mis indifféremment avant ou après le substantif (cf. infra) , peut avoir été prononcé soit ^KS % «oit H S ^ •
^ Je dois ajouter ici que le caractère le plan t^une maison se rencontre souvent dans les stèles employé comme le mot français maison dans le sens de famille, gens qui composent la maison : :*est
dans la phrase suivante (42, 10) Hl-CJ pOT-K-JU XCEV-q JUlH, c'cst-à-dirc, sa maison, et la race de ses enfans posent ou ont posé (ce monument). Voir stèles funéraires passim.
( i50 de lieu et de tems de Faction : ainsi Ton trouve , par exemple , le groupe 42 > II > pour exprimer l'idée de sanctuaire; c'est le iU&Wr52^& des Coptes (le mot OYBE>& est exprimé par le vase qui verse de Veau ou, et la jambe b). C'est par cet emploi particulier du caractère en question que j'explique sa présence dans notre groupe à la suite de son synonyme le signe figuratif édifice ou habitation.
Il est facile de fixer le sens de l'expression phonétique snsch ou sansgh; son identité avec le copte c&t^aj? nutrire, alere] est complète : nous avons donc dans le groupe entier l'expression hiérogly* phique de l'idée complexe édifice, habitation, lieu où Von nourrit (le dieu Apis : nous allons voir qu'en effet il est fait mention u dieu Apis vii^ant , le bœuf Apis). Je n'ai guère rencontré dans les textes égyptiens le mot sànsch en union avec un déterminatif quelconque * : les inscriptions sculptées a Bet-oually sur un bas-relief qui représente la déesse Anouke nourissant le Pharaon Rhamsès II, m*ont offert l'orthographe n"* i3, 42? qui se lit toujours sansch.
(H^ I, lo). NTB, de, préposition qui remplace le cas génitif des Lvl* tins , et correspond au copte h*T , i^^TE , qui en est une transcription exacte, l^es textes égyptiens font bien plus souvent usage en pareille circonstance de la préposition n (43 i i4f ^^ ^^^ homophones), ou M {ib. iS), dont le copte ^ on sb^, de, sont aussi une transcription '^*. Les textes en écriture hiéroglyphique ont omis quelquefois cette marque de rapport lorsque deux noms sont en construction ; mais alors le terme antécédent précède le terme conséquent. Je connais fort peu d'exemples dans les textes hiératiques oii la préposition NTB ou N ait été omise.
Les textes égyptiens de toute époque m'ont offert de nombreux exemples des variantes i5 et i6, 4^, employées à la place de l'orthographe dont fait usage notre texte hiéroglyphique. Il est nécessaire
* Tn lu quelque part dans le Rituel funéraire le mot suschn, sBviciiiii (42, i%), ayec le déterminatif un enfant qui porte sa main h la bouche ; mais à part la petite différence qui existe entre snscnv
et SARSCH , CSÎ^ÇU 9 je ne sais pas sur qu^il ait été employé dans le sens de nourrir.
** Les variantes des manuscrits funéraires m^ont offert de nombreux exemples de ces deux prépositions employées indiflcremment l'uae pour Tautre , pour exprimer le cas génitif.
de ne pas confondre toutes ces différentes expressions de la préposition NTEy soit avec les expressions identiques dans leur forme du mot conjonctif nte, qui^ quœ^ quod(\e copto-thébain nn:E, t^nr) % soit avec Tortbographe hiéroglyphique du pronom dérivé , deuxième personne fémin. sing. ^ à toi (en copte ^z)y qui s'écrit souvent comme la variante précitée 42» i6.
(H , I y II .)• Nom du dieu Apis , divinité égyptienne , Tun des fils d'Osiris, le deuxième des quatre génies de TAmenthé **, Tun des ministres du dieu Thot psycopompe ***. Ce nom, tel que nous le voyons orthographié ici| se lit hap; autrefois il s'écrit api (42 f 17) : il est inutile de citer les divers passages des différens exemplaires du Rituel funéraire qui m'ont offert les deux orthographes employées Tune pour l'autre. Le savant Jablonski et d'autres ont déjà fait la re* marque que le nom hap ou api peut être dérivé soit du mot copte et égyptien CUIT, CUITS (au passif KITS ) » numerare ^ reputare ^ repen-* dere ^ soit du mot ^SIT , judicium, sententia. Les monumens
confirment cette étymologie : dans la scène de la Psjrcostasie , reproduite dans presque tous les exemplaires du Rituel funéraire k la fin de la II* partie 9 on remarque l'image d'un cynocéphale, symbole connu du dieu Apis ^^% assise au-dessus de la colonne qui porte la balance : dans plusieurs passages soit du Rituel^ soit des différens monumens funéraires, il est fait mention du dieu Apis, comme du génie qui préside à la pondération des actions des âmes sur la balance infernale. Cette terrible balance était confiée à sa garde.
L'orthographe hap du nom du dieu Apis que porte notre texte, est suivie de l'image de la croie cuiMe, expression symbolique ordinaire de ridée i^ie ou in^^ant (cf. infràïl, II, 8.). L'emploi de ce signe est sans doute en rapport avec la circonstance de Yimage ^ii^ante du dieu Apis qu'on adorait en Egypte; on peut même dans notre cas regarder la croix ansée comme expression absolue du qua-
* Voir les excmplci de c« aiot coqjonctif aux lignes VI , 38, et X, i5, de notre texte hicVoglyphique.
** Voir Jablon«ki» Panthéon /Egyptiorum , lib. IV, cap. a.
**^ Voir le Panthéon égyptien , par ChampoUion le jenne.
**** h» imagef de ce diea aont constamment figurées ayec nne tfétc de cjnocéphale.
( '54) lificatifpfVare/ plutôt qu'un déterminatif : la circonstance de Tindica-^ tion qui précède du temple oit Von nourrit le dieu Apis (H , 1 , 9) , parait le réclamer. Quoi qu'il en soit , j'ai pu remarquer que souvent notre caractère la croix ansée (a ou h) sert à exprimer, de préférence* à tout autre homophone , l'initiale hiéroglyphique du nom divin uap ou API (427 18). Telle est une des variantes orthographiques de ce nom que m'ont offertes les inscriptions d'un superbe sarcophage en basalte vert conservé au musée du Louvre , et appartenant à un fonctionnaire public nommé jipis. Parmi ces variantes , on en voit une seconde qui porte pour déterminatif l'image d'un taureau *. La même variante se rencontre souvent parmi les inscriptions de toute espèce. On remarque dans ce cas que le déterminatif le taureau est presque toujours figuré dans V action de fuir (42 9 19) • cette circonstance nous rappelle le taureau mystique Attcic, lequel était censé emporter la momie d'Osiris, et par imitation celle de tous les défunts , à la catacombe.
Les quatre génies de l'Amen thé, dont j'ai dit que Apis était le deuxième^ étaient censés présider aux quatre points cardinaux : Apis présidait au nord ^^. Considéré comme génie, son nom a pu être quel-
* Le nom au. dieu Apis (toujours ëcrit au moyen det mêmes homophones, entre antres le niveauy o on a,
qui est en rapport direct avec ridée de rependere , judicare , ^2>H « CUITS y n ne reçoit ordinaire- . ?. j j'« • Ate v^
ment aucune espèce de déterminatif.
**■ Cela est prouvé entre autres par les inscriptions qui accompagnent la Procession des rois peinte an palais de Medinet-Habou. Je m^abstiens de reproduire ici le passage de ces inscription» relatif à notre <piestion, puisque sa traduction a déjà été publiée à la page 347 ^^ Lettres écrites d^Égjrpte, etc., par CbampoUion le jeune. On trouvera dans cette traduction que lliîérogravmate firaneais a remplacé k nom de j4pts par celui de Sis : cette différence dérive de ce que Champollion ne a'^était pas aperça, à ce quMl parait, de remploi symbolique du caractère Voie ou earufrd. Ce caractère, considéré comme phonétique , a la valeur de s ; en le voyant doublé , il a transcrit le groupe entier par tu. Mab , à part tonte autre considération relativement an sens tropique particulier que de mon càU je prèle à Voie ( celui de génie • esprU), il ne me parait pas permis de douter dans notre cas de la natare de son emploî réellement symbolique : une circonstance qui le prouve, consiste en ce que les Rituels m'ont offert plusienrs exemples dn nom propre du troisième des quatre génies de FAmenthé (Soomantf) exprimé an moyen de f image de foie ou canard tripiiquée.
Au reste , un exemple frappant de Temploi dn canard pcrar représenter l*idëe ^esprit on génie , je Tfti rencontré dans Tinscription tracée sur la bannière d'an des rois dont le prénom nom a été conservé par la table d'Abydos, le quatrième de la seconde ligne. G^est nnè stèle calcaire dn musée de Leyde qui m'a offert cette inscription (42, a3) : je la traduis par ic ie grand des génies » , c*cit-À-dire le plus grand génie.
( t55) quefois exprimé sous une orthographe particulière qu'il ne sera pas inutile de rappeler ici. C'est celle que j'ai reproduite sous le n' ao, 42 î eDe consiste dans l'image accouplée de deux oies ou canards ; quelquefois cette représentation a été i*emplacée par celle de deux oiseaux d'une espèce qu'il n'est pas facile de qualifier (42, 21) *. Or , je dois fidre noter que cette orthographe ( deux canards ou oiseaux) est une expression toute symbolique , pour rappeler le second des quatre génies parmi lesquels Apis oecupait la seconde place. J'ai pu acquérir depuis long-tems la certitude que le caractère toie ou son synonyme 31 y 42 y servait à exprimer tropiquement l'idée générale de ame, esprit, génie ou dieuy car les variantes des manuscrits funéraires m'ont souvent offert k leur place, soit l'expression hiéroglyphique tonte pho* nétique du mot baï, le /3af qu'Horapollon nous atteste avoir eu en égyptien la signification de ame **y soit Texpressioii tropique ordi* naire de Tidée dieu (cf. in/nezH, U, 4)*
(H 9 I , I a). RO , ^^ , avec. -*- Voir ce que j'ai dit à Tarticle H , I , %.
(Hy I9 i3). Je regarde ce groupe comme étant l'expression hiéro* glypfaique du nom du taureau sacré Mné^^is^ dont il n'est pas rare qu'il «oit fait mention dans les textes égyptiens toutes les fois qu'il est parlé de l'autre taureau sacré Apis, au culte duquel il était en quel-* que sorte associé. Le texte grec aussi, k ta ligne 3i seqq, , où l'on trouve reproduite la partie du décret correspondante au passage du texte hiéroglyphique que nous analysons ici, fait mention d'Apis et de Mnevis à la fois t^ tc A^ctc xou T<p Mveuec. Ces deux noms divins sont de même rappelés l'ua a^ès l'autre dans le texte démotique à la li-
* Telle est forthognplie qa^emploieot les inscriptions du palais de Hcdinet-Babon que j*ai citées dam la oote qui pre'cède.
*^ Cf. Horapollon , Iît. I", 7. X*anrai Foccasion dans la suite d^examîner les différentes expressions hiâiogiyphiqnes que j^ai rencontrées du mot /3àf . Au reste y quant à celle que je crois reconnaître dans le caractère le canard , je puis en citer une preuve en quelque sorte authentique. En comparant Texpression hiéroglyplûqne des dirers noms des Decans, tels qn^on les voit sculptés sur le sodiaque de Deuderah , arec la lecture que les anciens auteurs nous en ont oonserré, j*aî dû remarquer entre autres le nom presque entièrement symbolique qnç je reprodub sons le n* aa, 42» et qu'on -deyrait lire, d'après mon inteiprétation du caractère tropique Voie ou canard. , par âpi-baï ou plutôt t-api-biov» t-apibooi (en mettant Tarticle devant Apa , caput» et en donnant la forme plurielle au substantif Mk'i), c'est-à-dire /« ^lefdeê esprits. Ce nom, t-âps-biou, est celui qui a été transcrit par Tapibiou ou Topibiau» L'image du Decan au-dessus duquel ce nom se trouve sculpté consiste dans une téie de bélier, qnadrapède qui rappelait lui-même l'idée de ame , esprit.
gne XV^III, qui correspond exactement à la ligne précitée 3i du texte grec. Nous aurons occasion d'examiner l'orthographe enchoriale du nom deMnevis a Tarticle D. XYIIL la. Quant à Torthographe hiéroglyphique dont il s'agit ici, il ne m'a pas encore été possible de m'en rendre compte d'une manière bien claire. Le premier des deux signes qui le composent est un s, et jamais, à ce que je sache , il n'a été employé que dans cette qualité de signe phoné-^ tique : celui qui l'accompagne représente une espèce de pique ou lance qui dans les textes sert quelquefois de déterminatif à un mot qui se lit ger , djer ou djor * , comparable au copte ':£Zpacuerej dissipare, excidere^ ou !2$0p ^ fortis, potensy solidus^ munitus^ etc. Il n'est pas impossible que l'expression hiéroglyphiquedu nom de Mnevis dont il s'agit ici, ait la valeur littérale Aefaciensfortiiudinent^ faisant être fort , car tel est le sens que donne l'articulation formative s, placée devant l'expression , soit phonétique, soit symbolique, d'une racine quelconque, elle lui donne une signification relaiii^e on transitii^e (Voir infrâH, I, 21 )• Je regarde cette étymologie comme d'autant plus probable, que l'expression toute phonétique mne ou uni (42^ ^4)f citée par ChampoUion **, du nom de Mnevis, rappelle par son orthographe même l'expression hiéroglyphique , la plus ordinaire dans les textes , du mot mn (43^ ^5) (comparable au copte iui£t^), qui signifie nianere, établir j et quelquefois aussi rendre penfianent, rendre solide , par analogie rendre fort *'^'^. En résumé, je ne balance pas à regarder notre orthographe du nom de Mnevis comme étant une expression phonético-symbolique en rapport avec une idée quelconque dont cette divinité dut être le représentant.
(H, I, i4)* EN, de la part de, par, 4, oh. Je regarde ce groupe comme exprimant une préposition ; son fréquent emploi dans les textes ne
* Cf. entre antres le pap. R. C., chap. 4, scct. m (II* partie).
♦* Voir Panthéon égyptien , i3« liTraiaon.
*** FYons aurons occasion de voir dans la suite de ce Yolnme que chex les anciens Egyptiens la Toyelle i employée h la Muite d^un nom, lui faisait subir dans la signification une modification qui correspond à peu près à celle qu^apporte le î tov ou o vnç {te^de) des Grecs : il serait par conséquent permis de traduire 1^ nom même Mvcvct; ou mui par o vn; fortitudinis , ou ^hxiàifaciens fortitudinem, etc.
( i37) permet pas de douter de la signification particulière qne je viens de lui attribuer. Soit que Ton en compare Torthograpbe^ soit que l'on en compare les différentes acceptions, on est tout d'abord porté à y reconnaître une transcription exacte de la préposition copte h ou ek. Mais Champollion regardait ce groupe plutôt comme une abréviation de la préposition copte ÈÊo^^W : en effet , cette dernière exprime
bien plus exactement les idées de par^ ab, de la part de, par lesquelles se traduit l'hiéroglyphique bn« Quant à moi y je ne puis nullement m'éloigner de l'opinion du savant hiérogrammate , car , à part la petite nuance qui existe entre la signification de la préposition h, Est^ et la signification de la préposition È&o^^h
(hiérog. en) % j'ai pu observer que les hiérogrammates ont constamment eu le soin de distinguer, au moyen de l'orthographe le véritable correspondant hiéroglyphique de la préposition copte h^ £i^ (employée plus habituellement pour la déclinaison des noms), et le correspondant de la préposition È&oT^^tt* La préposition h n'a été
presque jamais exprimée que par un des homophones isolés de la consonne n **, tandis que pour les cas où il s'agit d'exprimer exactement l'idée de la part de (È&O^^H) , la voyelle b n'a presque jamais été omise.
Très-souvent notre préposition s'écrit eh, (42i 26), au lieu de en. Nous avons dans le copte aussi la forme E&oT^iùt. ou e&oT^^jul synonyme de È&O^^xf. Il n'est pas rare de lire dans les textes égyptiens
des exemples de la préposition hiéroglyphique en ou eh combinée avec les pronoms affixes; elle rappelle alors les formes coptes È&0>v45LJt5tOS par moi , C&OX^^OK par toi, etc. On rencontrera dans presque toutes les stèles funéraires un exemple assez remarquable de la préposition bm. L'inscription ordinairement tracée sur cette
* Le mot E&O^^S^ est compoaé de la prépontîon E « do mot uQ^ 9 monosyllabe ^î ngnifie ce ^estaui-^teiàf extérieur^ et de la pr^poûtioii ^ tl (analog h )•
♦♦ Je n'aî gnère reocontrë jmqn'ici qn'nn exemple de la î^ , £K ^ da cai gënilîf, transcrite en hiéroglyphes ayec Texpression de la Toyelle £ devant la î^; c^est au chap. 19, sect. 1^ JI*part), du pap. T. I.
( iS8)
espèce de montimens consiste dans un formulaire qui renferme une sorte de prière au dieu Osiris , et à d'autres dieux de rAmenthé, pour qu'il s'accordent au défunt des bœufs^ des oies^ du vin, du lait , des pains et d'autres biens purs^ la vie diçine (procédant) deux y ônkh- TIR EM-SENOU {h% ^y)- Or, il n'cst pas rarc quc le pronom affixe de la troisième personne du pluriel senou, que réclame le sens général de la pbrase , ait été supprimé, et la préposition ônkh-tîr em-se- Nou réduite aux termes suivans : ômkh-tîr em , c'est-à-dire la ne divine (procède) de (sous-entendu eux). Elle correspond à l'expression française <r dont (procède) la vie divine^
(H, I, i5). Groupe symbolico*phoné tique : le premier caractère de ce groupe représente une forme particulière de vase qui parait avoir été destiné plus particulièrement à des usages sacres *. ; on trouve des vases de cette même forme dans plusieurs musées d*£u-^ rope ; la planche LXI^ i3 (/tfon. civ.) des Monumenti delV Egitto, etc, en offre aussi l'image peinte.
Ce caractère^ le plus souvent employé comme signe tropique, était l'expression des idées /^ur, purifier ^ et plus généralement de ridée de chose sacrée , sainte^ respectable. Parmi les peintures d'arts et métiers dessinées par Facbo en Egypte, on trouve au-dessus d'une représentation d'individus qui lavent des toiles, le groupe 29, 4t% où notre vase (déterminé par le caractère Veau) sert évidemment à exprimer l'idée de laver ^ purifier (le linge), le ITOYÊO des Coptes.
L'identité du sens tropique du vase en question avec celui du copte OT&O ou Othh^f pure^ est bien mieux démontrée par la collation des deux textes égyptiens de notre inscription. Ce vase reparaît dans le courant du texte hiéroglyphique à la ligne IX, 3o, où il est parlé des prêtres des temples de l'Egypte qui devront s'appeler /^n^/r^j du Dieu épiphane. Nous aurons occasion de voir que dans le passage cori^spondant du texte démotique (D, XXX, i4* ) ^^ ^ ^^^pl^^é notre signe par un mot qui se lit exactement ouab , le copte 0V5B^&. Les variantes que j'ai recueillies dans la comparaison des Rituels funérai-
* C'est une forme de vase h libations : on en a la prenye dans Tcxpression de Tid^ de prêtre spon- (liste que les textes représentent ordinairement par Thiéroglyphe n^ iS, 42.
( >59) res nous permettent de fixer de même la valeur du signe tropique le i^ase à libation. Ces Y ariantes m ont offert de nombreux exemples de son emploi à la place du groupe phonétique pou (3o , 43) ou poui (3i| 42)9 groupe trës-usité et qui sert a rappeler l'idée de sainty véné- 7'able^ respectable , etc. '*'• Ainsi le rapprochement de tous ces divers exemples établit Texactitude du sens que j'ai d abord prêté a notre caractère. Ilsfont voir enmême tems que son emploi avait lieu généralement en qualité à' adjectif {saint, pur^ respectable ^ etc.). On ne manquera pas de remarquer que, dans notre cas, je Tai cependant traduit comme étant unnom substantif abstrait, sainteté (le JUtK*T0T2>&ft. des Coptes). Je ne puis justifier ma traduction qu'après avoir établi la nature du signe dont on voit ici accompagnée l'expression tropique en question. Ce signe , l'un des homophones habituels de la consonne F **f sert à reipTésenleT ici t article possessif àe la troisième personne du singulier. La langue copte exprime cette espèce d'articles par la réunion de t article détemiinatifj\, le^^y la, K, les , avec les pronoms aflGixess^Kyc:^) etc. (cf. supra), ce qui donne, p. ex. , les formes ttek ton, c'est-à-dire le^-de toi, nrtK, ta, la-de toi, hEK, tes, les-de toi^ Les textes égyptiens font souvent usage d'une transcription exacte de ces mêmes formes pronominales coptes pour le même but; j'en ai déjà cité des nombreux exemples à la page 63 , seqq. , de ma Campagne de Bhamsès-le^Grand. Ces formes complexes à'articles possessifs, ITEK9 ITEq 9 etc^, se placent toujours devant le nom dont elles restreignent l'application, de même que les articles déterminatifs dont elles sont formées.
Dans récrit précédemment cité, j'ai aussi eu l'occasion de discu-
* On troQTc par exemple les expreisionf ou^itB-^ov , £'e9t4i-dirc OsirU saint ou vénérable, hoocrou , le jour saint (en parlant d'an jour quelconque consacre par les rites religieux ) , et maintes autres expressions semblables. Quelquefois notre groupe remplace le signe figuratif dieu^ dctominatif des divers noms de divinités; néanmoins il n'est pas moins vrai de dire qu'il sert de préférence ^ rappeler en général Tidée de chose sainte ou respectable. Aussi trouve-t-on quelques exemples de son emploi , soit à la place du mot mbtâouo, justifié , qui accompagne ordinairement les noms propres des défunts, soit ft la place du caractère symbolique aaa, seigneur, mattre. Au rteit on peut voir Tarticle suivant H. I. iS.
** Cf. supra , pag. 1 8. J'ai oublié d'indiquer , dans l'artide relatif à cet bomophone, la variante calligrapbique 3a , 42 , assez souvent employée pendant la basse époque : elle représente un individu portant un boisseau sur la tête , mais debout , aa lieu d'être figura assis.
ter quelques renseignemens relatifs à cette même question : il est nécessaire de les repéter ici. Ghampollion fait rcmarquerdans sa Gram-maire hiéroglyphique que j si les formes d^ articles possessifs précités ITEK, lIEq 9 (en hiérog. id.) sont assez fréquentes dans les grandes inscriptions monumentales, elles ne paraissent qu'assez rarement dans les manuscrits et dans les inscriptions hiératiques; qu'en un mot la présence de ces formes caractériseles textes sacrés^ rédigés avec la plus rigoureuse exactitude. Les écrivains égyptiens se dispensaient^ en général , de les introduire dans les compositions ordinaires, en usant de la méthode suivante : au.lieu de transcrire dans toute leur intégrité les difierens articles possessifs, et de les placer devant les noms dont ils devaient modifier l'application, on se contentait de tracer à la suite même du nom les pronoms simples des trois personnes. Ces affixes font alors réellement fonction d'articles possessifs. Ainsi on trouve pour Tordinaire dans les textes , p. ex., le groupe rcgu* lier PEK-si (33, 43)i en copte iV/., ton fils^ remplacé simplement par si-K (34; 43)- La découverte de ce fait grammatical est entièrement due à feu Ghampollion ; au reste, quant à l'existence réelle de cette forme ahrégée des articles possessifs dans les anciens textes égyptiens, elle parait être mise hors de doute par les nombreux exemples incontestables qu'en offre Tinscription hiéroglyphique que nous analysons. Son usage , dans d'autres textes égyptiens de toute époque , n'est pas moins fréquent , et par cela même il ne peut pas manquer de surprendre loraqu'on sait que dans le copte il n'en existe pas de trace évidente. J'ai cru, nonobstant cela, pouvoir m'abstenir de citer les preuves nombreuses qui viennent à l'appui de l'assertion du savant hiérogrammate , puisqu'il m'a paru qu'en envisageant d'une manière un peu différente de celle qu'il a adoptée la question de Torigine des formes d'articles possessifs dont il s'agit, il ne serait pourtant pas difficile d'y reconnaître l'expression hiéroglyphique des formes coptes tout entière. Je crois qu'en dernière analyse les articles possessifs K , F , etc., que Ghampollion regardait comme une abréviation réelle des articles pek, pef, etc. (le copte HEK, TiZ^p etc.), n*est vraiment une abréviation que iUms T écriture y et non pas dans la langue elle-même. Rappelons-nous ce que j'ai eu occasion de
démontrer ailleurs ^^ « que le système d'écriture sacrée semble avoir eu pour rëgle d'exprimer d'abord en première ligne l'idée principale , en rejetant h la suite tous les signes des déterminations particulières et ceux des modifications qu'elle pouyait subir; de sorte qu'il est évident que la lecture des textes rétablissait , soit les articles^ soit tout autre déterminatif de genre , de nombre ou de personne h sa véritable place ^ celle d'augment. » D'autre côté, Champollion a établi lui-même dans sa Grammaire hiéroglyphique que tout nom dénué d'article déterminatif est toujours censé appartenir au.genre masculin , et qu'on suppléait cet article à la lecture. En rapprochant toutes ces circonstances , il est devenu évident pour moi que le groupe 34 9 42 n'est qu'une abréviation graphique^ et qu'il se prononçait 1TEKC5 9 comme s'il eût été réellement écrit comme sous le n^ 33, 42- Je me suis aperçu qu'il pouvait en être ainsi lorsque j'ai comparé la forme abréviative des articles possessifs en question^ dans les cas où elle afiecte des noms appartenant au genre féminin. Dans ces cas , comme r article déterminatif féminin n'a pu être omis dans t écriture , on voit que les groupes renferment l'expression entière des articles possessifs ^S, TBK, TT;qj T^C, etc. On trouve, p. ex., t-si-f (35, 42) ou bien si-tf (36, 42). Pour moi, je considère ces noms féminins comme des groupes hiéroglyphiques dans lesquels on ne s'est point astreint a conserver l'ordre rigoureux de chaque élément, et je ne doute point que, dans le premier cas (35, 42) 1 on rapportait par la lecture le pronom affixe et on le changeait en préfixe, comme l'article déterminatif, et , dans le second cas (36, 42), on agissait de même pour l'article déterminatif et le pronom affixe ; ce qui donne TF-si ou TBF^^si, safiUef de même qu'on le dirait en copte, ^Eq-Cs
* Voir mef LeUreM sur les expnssUmt qui sentent h la natation des dates, etc. Ptris, i83a.
**" M. RoieUîm (page ai 5 de sod i" Tolnme dei Monumenti storici), en expliquant le groupe précité' 35 y 42| et tout en lus accordant la signification de sa fiUe, donne pour aon eorre^ndant «l ^ f
le copte le mot 1TEC\nrC^* On serait tente' de croire que le sayant pro£esMor de Piie non salement
n*a jamais tu une grammaire de la langue copte, mais qnll ignore complètement le sens des premien
âcmens de cette langue ; dans son prdtendn mot copte If^CinTCS» le substantif C\ $ fil*t m tronre
précédé de Tarticle délenmnatif du genre féminin ; ^ , la^ea même tcms que de Tarticle possessif du
La signification et l'emploi de la consonne f, qui accompagne notre signe tropique le vase à libation, une fois expliquée, il sera aisé de comprendre pourquoi j'ai dû traduire le signe tropique en question^ expression primitive de l'adjectif ^am/^/7ur, respectable^ comme étant dans notre groupe le représentant du substantif copte abstrait, ^iULÎ^*T0Y^2>^ ) sainteté : il est logiquement impossible de donner à un adjectif quelconque j employé en union avec un pronom posses-^ sif , d'autre sens que celui de nom Ji/i^/a/z/i/*abs trait. En effet, dans la langue copte les substantifs abstraits se forment toujours des adjectifs : le plus souvent cette formation a lieu au moyen du monosyllabe u nnr ou l'adjectif juE^ , qui, placé devant, parait avoir le sens d'attribution, qualité; mais plusieurs fois aussi les adjectifs coptes eux-mêmes ne prennent une signification de substantif abstrait que par l'union du pronom possessif. Cette dernière méthode, la plus simple et la moins compliquée , est la seule qui a été suivie dans les textes en écriture sacrée : au surplus je dois avouer que je n'ai pas encore rencontré un seul exemple dans les textes hiéroglyphiques de l'emploi du préfixe iUiK«T.
Notre expression hiéroglyphique H, I, i5, Sa Sainteté, que je lis en égytien par ^T.^OtBhÉï, a été employée dans les textes sacrés de toute époque, mais le plus souvent sous une forme orthographique un peu plus compliquée : voir n"* 37 et 38^ 42 • Nous allons rencontrer l'orthographe n** 5j à la ligne YI du texte hiéroglyphique même que nous analysons : cette première yariante ne diffibre du groupe H, I, i5, que par l'addition du caractère un éperçier. Ce caractère était le symbole ordinaire de l'idée esprit y dieu, divin (voir H I II, 4)9 ^^j^ '^ regarde ici comme étant un déterminatif tropique du substantif qui le précède, sainteté : les manuscrits AiVra/i^ru^j le remplacent presque toujours par la forme hiératique du signe la hache, autre expression tropique de l'idée dieu ou diçin (voir H, II, 4)*
On rencontre non moins souvent dans les textes en écriture hiéro-
genre masculin, TTE^ > U-de-lui, de lorte qne le mot TTE^TCS repreiexite & la lellrc les expretsiom suivantes ix-de-lui-i.k-fiUef au lien de la^e-lui-file, que repr^ente le Tëritable mot copte ^"ECI- C^* A part la grammaire copte, on ne conçoit pas comment H. Rosellinî ne sVst pas aperça an moins qu'un tel assemblage d^cxpressions est logicpiement impossible.
glyphique la variante n"" 38, 42 * la nature du caractère qu'on remarque dans cette variante a la place de Véperçier dont je viens de parler, confirme pleinement mon assertion relativement à la nature de simple détermincUifqne j'accorde à ce dernier. Ce caractère représente un homme accroupi, le front orné du serpent ureus et tenant le fouet , emblème de la direction : on le voit souvent employé comme détermi- /t^^iydes divers groupes phonétiques exprimant l'idée de roi^ directeur. Il n'est pas douteux pour moi que tel ne soitaussi son emploi dans notre cas : comme par le titre de Sa sainteté x^n désignait le roi, on a pu trèsbien accompagner l'expression hiéroglyphique de ce titre par le détepminatif en question. Je crois cependant que par l'orthographe 58, 43i dont il s'agit ici, on a voulu exprimer plus exactement la locution française Sa Majesté ou Sa Majesté sacrée^ tandis que l'orthographe Sy ibid.y qui reçoit pour déterminatif r^/>^mer, ne doit être traduite, selon moi, que 'ÇBxSaSainteté.. Telles sont aussi à peu près les nuances que m'a paru subir la signification de notre groupe lorsqu'on le voit employé dans l'expression des dates de règne* Dans cecas, l'indication de Vannée est toujours suivie par la phrase hiéroglyphique , n^ Sq , 43 9 ou 40, 42* La première partie de cette phrase se lit schare, mot identique à la préposition copte ajB>p£ , suh : ChampoUion traduisait le groupe suivant par sacerdoce de ^twKt^Oî^t), ou sacerdoce royal du
(roi tel, etc.). Peut-être serait-il bien plus exactement traduit, dans le dernier cas (4o, 43)) p^r ^ous V empire sacré (du roi tel) ; je préfère cett« dernière traduction, puisque l'orthographe du groupe en question, celle même du n"* 3g, 42^ peut être prise comme phonétique; elle se Ut sans difiGlculté par bon, mot qui reproduit exactement le copte ^ci^XT, 4>n/;mam. Les scribes égyptiens ont pu donner la préférence, parmi les homophones de la consonne h, à notre vase à libation y expression tropique ordinaire de l'idée saint , sainteté, prêtre f etc., pour représenter l'initiale du mot hon, à cause surtout de l'idée d'union des deux pouvoirs spirituel et temporel dont la personne du roi était pour eux le représentant '*'
* Les monumeos ne permettent pas de douter que telle ait été dans Tanciennc 'Egypte la nature de la royauté. Les Pharaons étaient kt yéritablea préUes : on les voit occuper le premier rang dans toutes les
fH, 1, 16). Ce caractère phonétique très-*souvent employé, comme ici 9 isolément, exprime, selon moi, une préposition. C'est aussi la valeur que lui accordait Champollion : sa valeur de M fait naturellement penser à la préposition copte ^h^. Il ne faut pas s'étonner de l'omission de l'aspiration douce ^ (h) dans l'orthographe, hiéroglyphique; au reste, les variantes des manuscrits funéraires m'ont offert plusieurs exemples de notre préposition h, remplacée par le groupe RM (419 43)> transcription exacte du copte ^iù^. D'autre côté le copte offre lui-même quelques exemples de la préposition ^i^. (hm) réduite à l'orthographe de i% (m); tel est celui de l'adverbe «ITUTO (jui-TI-WTO), coram, deç^ant, c'est-a-rdire dans la pré^ sence. Notre texte hiéroglyphique nous offre un nombre considérable d'exemples de l'emploi de la préposition m, toujours sous la même forme et avec la signification évidente de dans ^ entre ^ parmi , etc., qui est celle du copte ^is» Nous allons en rencontrer plusieurs exemples encore dans le texte démotique : et ces exemples sont remarquables par rapport à la signification de dans^ parmi, etc. que nous venons de lui attribuer, puisqu'on en voit le sens déterminé par le caractère tropique la coupe dune chambre *. Ainsi il n'est pas pennis de douter que notre préposition h n'ait primitivement le sens du
cérémonies relîgîeuaet *, iU y remplitteiit toi^oiirfl l«s principales fonctions et dépotent enx-mémes les offrandes. On sait qaVn Chine Pempereur est anssi le chef de la religion y et le seul tpÀ sacrifie à ITÊtre- Suprême , le Tien. Au reste , quant à Fancienne Egypte , le titre même de Sa Sainteté qn^on prodiguait , comme nons Tenons de le Toir , aux rois senlcmen^, atteste à Ini seule Texactitadc de mon assertiooy et je ferai obserrer que parmi le nombre considérable de titres et fonctions que j'ai recueilli jusqu'ici snr les monumens égyptiens , je n'en ai pas rencontré on seul qui poisse fkire croire à Pcxistence d'un dwf de la religion chez les Egyptiens , autre que le roi. 11 ne parait donc pas permis de douter que cette fonne de gouyernement , qoi fit du peuple égyptien un des plus grands peuples qui ait existe sur la terre , consistait justement dans l'union la plus formidable pour la liberté des nations, celle du trâne et de l'autel !
D'après ces différens aperçus que nous fournissent les représentations des monumens et les testes hiétoglyphiques eux-mêmes, il est pennis de douter , ce me semble, de l'exactitude de l'opinion lànise dans le tems par feu Champollion sur les différentes rérolutions du gouTemement égyptien. (Voir V Appendice aux Lettres écrites dEgjrpte , etc.) , opimon qui a été dernièrement reproduite par M. Champollion- Figeac dans son Egypte ( Univers pittoresque , Paris, chez Didot , i835 ) , compilation serapolense de divers écrits de Tillustre hiérogrammate. Cette opinion consiste à croire que la nation égyptienne, soumise d'abord à un gouTemement théoeratique, passa sous un goutemement purement monarchique , à l'époque oh le roi Menés monta sur le tr6ne.
* Voir texte démoUqne , lignes VII, XI, XIII, XIV, etc.
grec ceç : les textes sacrés de toute espèce en offrent des exemples non moins certains pour exprimer les idées de au moyens à came de y pour, etc. C'est par suite de cette dernière signification qu'on le voit souvent employé devant les verbes pour exprimer une espèce de gérondif en dum. Champollion a noté ^ je crois , ce fait dans sa Grammaire hiérogljrphique ; ainsi on lit, par exemple, dans une stèle du musée de Berlin Texpression m scha hît [^Hy 42) y pour dilater le cœur. Je connais quelques exemples de la préposition égyptienne m remplacée par un des homophones habituels de la consonne n : cette variante nous rappelle la préposition ^1^ ^ orthographe la plus habituelVe dans les textes coptes de la préposition ^45^ précitée. L'orthographe N remplace quelquefois la forme m , même dans les cas ou il s'agit d'exprimer cette espèce de gérondif en dum^ dont je parlais toat«-à*rheure : tel est l'exemple de la phrase m. iiebui->ho n keio Ho (43 , 42) (en copte id.) , don {de) miroirs pour se regarder la/ace y on le lit parmi les inscriptions du temple d'Hathor à Philé dans un bas-relief représentant l'empereur Tibère qui offre des miroirs aux déesses Saté et Anouké.
Le chapitre a^, i''*seot. (IPpart.) du pap* T. T. m'a offert l'exemple d'ime préposition hi (44 f 4SÙ9 (le copte ^\^ m,adj super^ etc.) employée à la place de notre préposition hm (4i f 43) dans, que porte au même endroit le pap. R. C« La préposition hi remplace bien plus souvent la préposition hm ou hn dans les cas où il s'agit d'exprimer le gérondif en dum»
(H) I, ry). Ce groupe hiéroglyphique nous oSîre l'expression d'une seule et même idée par deux procédés différens, le mot et Y image. Les deux premiers signes kt représentent le mo^;.je compare ce mot au copte KCUnr. édifice, construction, bâtisse. Gomme on le voit^ l'analogie de l'expression hiéroglyphique kt, kot avec le copte KCUT^ est parfaite; mais on la trouvera bien plus incontestable lorsque nous aurons établi la véritable nature des caractères qui raccompagnent *.
* Les tnetai é^f^ûtOB. da toute espèce m^ont offert le mol mût «viploj^ pbv pacticmUèremcot pour exprimer lldëe de hdtisse on construction, tandis qn^ils emploieiit le mot uèh (ooBiparabkrm eopte Ml^^ étabUr) ponr représenter Hdce ^édifice, étabUstcment.
Le premier de ces caractères est une reproduction de cette même image (un individu portant un boisseau sur la tête)j que nous avons vu dans le groupe précédent H, I, i5 , employée pour exprimer le pronom possessif F. Ici elle devient le représentant d'une tout autre note grammaticale : nous avons dans ce fait un exemple remarquable de rheureuse flexibilité du système des écritures sacrées. Champol* lion a déjà noté dans sa Grammaire hiéroglyphique que l'image d un individu portant un boisseau sur la tête est le déterminaiif h^iineX des noms ou verbes exprimant des actions qui exigent le transport d'objets quelconques, et il est à iremarquer k ce sujet que l'image en question est aussi le déterminatif perpétuel de l'orthographe hiéroglyphique du ve^:be copte qz^î, (faï, 42> 45)> porter. J'ai déjà eu ailleurs * l'occasion de fixer la nature de l'objet que représente le caractère qui vient après l'image en question : c'est une forme de maillet, telle qu'on la voit habituellement employée en qualité de déterminatif k la suite de l'orthographe hiéroglyphique (42, 4^) ^^ "^o* copte JUiOKK, fahricare. Je n'hésite pas k regarder ce dernier signe de notre groupe comme un second déterminatif dix mot kot, bâtisse, que nous y avons déjà reconnu.
J'ai eu plusieurs fois l'occasion j dans le courant de cette analyse, de parler de l'emploi dans les textes de cette espèce de signes que ChampoUion a nommés signes déterminatif s ^ puisqu^en effet ils ser«vent k déterminer le sens des mots auxquels on les trouve constam* ment liés. La circonstance assez singulière de deux détermxhatifs kla fois que je prétend reconnaître dans le groupe hiéroglyphique qui fait le sujet de cet article, m'oblige désormais k une exposition succincte des règles générales qui président k l'emploi de cette sorte de caractères sacrés **•
Voir Campagne de Bhonuès-^e-Grand , page loi-ioa.
Quant k rcxistence elle-même des caractères déterminatifs dans les textes sacnfs, les nombreux exemples que nous allons rencontrer dans le courant du texte que nous analysons en ddmontceront la réalité. An reste on peut en citer la preuve suivante : le pap. R. T. auchap. 1 1, i** sect. (l'c part.) , noos
offre Portliograpbe 4? » ^^ o^b» ûtxb du mot copte 0YCL\*T& j venare f fundere ^ accompagne de la forme linéaire du Date qui ver»e du liquide ; le pap. T. P. ( même cbap. ) porte la variante 48 1 42 y oii le même mot otb est suivi du caractère nn bassin ovl puits à la place du vase précité'. Les pap. R. T. et K. G., chap. a5| i^ sect. (U* part. ), offrent les variantes 49 et 5o, 42 d^un même mot shb (le
L'emploi des déterminatifs est réglé d'après les deux méthodes primitives d'expression adoptées par les Égyptiens , c'est-k-dire la méùioàe figurative ou mimique et la méthode symbolique ou tropique. Lorsque le nom ou verbe était l'expression d'une action ou d'une manière d'être qu'on pût aisément figurer au propre ^ on joignait au nom ou verbe la représentation même de l'idée dont il était le signe oral.
On faisait usage d'un déterminatif tropique pour les mots qui rappelaient des objets ou une manière d'être qu'il était très-difficile ou même impossible de peindre directement par un caractère mimique.
Les déterminatifs tropiques peuvent être séparés en deux classes :
i** Les déterminatifs tropiques d espèce ou spéciaux ^ qu'on ne joignait qu'à tel nom ou tel verbe en particulier '^.
n' Les déterminatifs tropiques génériques^ c'est-à-dire que par un caractère semblable on déterminait telle série de noms ou de verbes exprimant des actions ou des manières d'être qui différaient entr 'elles, mais se trouvaient cependant en rapport direct ou indirect avec un même objet physique : c'est Timage de cet objet qui devenait le déterminatif commun de la série **.
%S OOttE copte) appeUere ai litiu t Vnat est inme de rînuge d'une barque; Paatre, de Tioiage d^im lit
IwoLt lequel on conchait les momies : il est question , dans le passage cit^, da transport de la momie du d^lmit). Un pareil échange entre des ngnes très-diflerens de nature ne peut s^expliquer qn'en admettant remploi des différentes espèces de déterminatifs que nous allons indiquer.
* Tel est, par exemple , le mot mhi (5i , 42), en copte JULB^l^S , nmuriee^ dëtenniné par me mamelle , et maintes antres exemples semUables qu'on rencontre à diaqne pas dans les textes de tonte espèce. Les déterminatifs à'espèce représentent ordinairement des objets dont Hdée est tantdt dans un rapport, tantAt dans un antre avec celle que représente le mot qu'il s'agit de déterminer : tantôt le déterminatif représente le moyen on Finstrument de l'action que rappelle le mot, tantM il repr^ente l'objet sor lequel tondM l'action , etc. Cf. Grammaire hiéroglyfhiqne.
** L'nn des détemûnatifs génériques que Gbampollion a indiqués consiste dans le caractère Si, 24, représentant les deux pattes postérieures et la queue d^une peau de quadrupède : selon l'himgrammate français, il est le déterminatif générique de tous les noms de quadrupèdes, c'est-à-dire qu'on le traçait indifféremment k la suite de ces noms k la place de l'image particulière du quadrupède que chaenn d'eux sert à indiquer. Gela m'a été démontré entre antres par la Tariante suirante : àahi, singe (53, 42) (dcterm. l'image d^nn singé) , chap. lo, sect. i**, (I** part), pap. R. T. ; 54> 42 , yar. du pap. T. P. Les Rituels funéraires offrent des Tariantes semblables pour une foule d*autres noms de quadrupèdes. Un très-grand nombre de mots qui rappellent l'idée d'actions qui exigent nn certain déTeloppemcnt de force, reçoivent, selon Gbampollion, pour déterminatif générique le caractère un bras humain tenant U easse-téle (55, 42), c'est-à-dire que ce caractère remplace en général les déterminatifs d'espèce de noms on Terbes d'action ; c'est
C'est la Grammaire hiéroglyphique qui noas a fourni ces courtes indications relatives à la théorie des détermincUifs i les différentes applications que j^ai déjà faites de cette théorie , de même que celles que j'aurai Toccasion de faire dans la suite, y trouvent naturellement leur justification. Mais elles ne reçoivent une démonstration com* plète que par Texposé de l'origine et des diverses circonstances de remploi des signes déterminatifs en général.
Champollion ne semblenullement douter que les Égyptiens n'aient recours à l'emploi des signes déterminatifs dans les textes que par suite de l'admission des caractères phonétiques dans leur écriture sacrée, et de l'omission habituelle, soit des i^ojrelles médialesj soit des voyelles ^Aza/^^, eou i : pour Thiérogrammate français un déterminatif n'est qu'une espèce de note qui sert à la fois à indiquer Vaccepiion du mot et sa prononciation* Cette opinion m'a paru inexacte depuis que j'ai réfléchi que le plus grand nombre des mots égyptiens ne reçoivent et ne sont susceptibles de recevoir qu'un déterminatif générique: il est évident, d'après ce que je viens d'exposer sur la na* ture des déterminatifs de cette classe, qu^un seul et même signe tracé a la suite d'une foule de mots différens ne peut avoir été employé dans l'intention d'indiquer leur diçferse prononciation. Four moi le fait de l'emploi des déterminatifs, c'est-à-dire de l'emploi des images en même tems que des mots, dans la langue égyptienne (tout en admettant qu'il ait eu lieu dans le dessein prémédité de contribuer à la clarté des textes) n'est qu'une circonstance dont Torigine est dérivée du génie particulier des écritures sacrées. Après avoir adopté les caractères phonétiques, les Égyptiens^ par attachement à leur plus an-* tique méthode graphique (primitivement idéographique) ^ se plurent à exprimer les idées par la combinaison des deux genres d'expression, l'ancien (J idéographique) et le nouveau (le phonétique) : pour eux cette étrange manière de représenter une idée n'était au fond qu'une reproduction simultanée des procédés fondamentaux de leur écriture^
ce qai est démontré entre antres |Mr k Tirianle 56, 42 mcbarb, renvener, foe nous offre le pap. R. C. au chap. i , sect. m ( H* part. ) oomparativcment à la tariante 67 , 4S » stciàms ( i^impge d^un individu rentfené pour détertthiatif) cpie porte le pap. R. T. aa même endroit.
( i49) XimUation directe et V imitation indirecte. Les signes phonétiques rejn^ésentent indirectement le mot signe de l'idée^ et le signe idéographique peint directe fnent y ohlei même de l'idée exprimée par le mot auquel ce signe se trouve lié. Aussi arrive-t-il souvent que les scribes, apparemment pour ménager l'espace , n'ont fait usage que de l'une ou de l'autre de deux expressions ( l'une phonétique , l'autre idéo« graphique), qu'on rencontre plus ordinairement employées simultanément. Ainsi il n'est pas rare de remarquer dans la comparaison de deux exemplaires d'un même texte que y tandis que l'un d'eux fait usage d'une expression phonétique accompagnée du déterminatif idéogi*aphique , l'autre n'emploie à sa place que le déterminatif isolé '*' : on pourrait k la rigueur considérer ces expressions idéogra» phiques isolées (wmme des archaïsmes.
La comparaison des Rituels m'a offert des exemples fréquens de groupes phonétiques qui dans un exemplaire . ont été employés avec deux déterminati& à la fois, tandis que dans un second exemplaire ils n'en reçoivent qu'un seul , conune cela se pratique ordinairement. J^ai obsei*vé que dans cea cas l'un des deux déterminatifs appartient à la classe des déterminatifs spéciaux^ l'autre k celle des déterminatifs génériques. Tel est le cas du groupe H,I, 17, dont il s'agit dans cet article '^; tel est aussi le cas des variantes suivantes : sghtm (621, 42), (en copte id.), claudere^ fermer {wi cachet f ont déternïinBtif), chap. i5, 1*^ sect., P* part., pap. T. P. ; (63, 49)^ v«r« du pap. R^ T. (un cachet déterminatif spécial ^ et un bras tenant le cassette déterminatif
* Voici qaelqnas. exemples incoiitestablet deces Afléreoscw t le pep. R. T. (cbAp. ao, ii* tcct., II* part.) i^t «Mga de rexprcs^on phouéCîcpie iiolee w ($8, 49) { le copte iUEC ) P^^ repràenter rid«Se naùre; le pep. R> G. offre an même endroit le caractère uoU , une fomme qui accouche d'un enfant ($9 , 4') f déterminatif habitael du mot hs y qne porte le pap. R. T. Le pap. R. G. (chap. aa , i'* sect., n* part) , exprime lldée nuit par le caractère tsol^ le tiel avec une étoile (6o i 49 ) , signe dont le pap. R» T. fiât anssî osaga aa mime endvnty Aais à la soite da mot cmm » coasn (6i ,42), le copte SOph'^ • 11 serait iaciie de citer d^aulres exemi^ semblables tirés de la comparaison des mannsccits.
Les Tariantes que je Tiens de mettre sons les yeux ( 58, Sg, 6oy 6i , 4S ) sont une nouTcHe preuve de Texistence des caractères déterminatifs dans les textes e'gjptiens. Voir la deuxième note de la page \^6» • ** L'individu portant un boisseau sur la tête est un dtfterminalif générique , le maillet est un dctcr* minatif spécial»
générique) : cf. aussi les var, 64 et 65, 42 (schnem), des pap. T. P. et R. T,, chap. I , i'*sect., repartie, etc., etc.
Si Ton s'en tient aux règles que feu Champollion a cherché à établir dans sa Grammaire hiéroglyphique, relativement k Temploi des signes déterminatifs , ces signes ne se rencontrent absolument qu*k la suite des noms ou des verbes exprimés phonétiquement; mais je crains que cette assertion ne soit qu'une déduction tout simplement tirée de l'opinion, qu'il admettait à priori, que Fusage des déterminatifs n'avait d'autre but que celui d'indiquer la prononciation des mots. L'examen comparatif des textes de toute époque m'a offert de nombreux exemples de noms et de verbes égyptiens exprimés tropiquement, et qu'on voit nonobstant accompagnés d'un déterminatif. Je me contenterai de citer les exemples suivans. Le pap. T. P. (chap. 6, i'* sett. , II* part.) m'a offert Texpression tropique 66, 42» écritures (l'image d'ane palette de scribe, en union aç^ec F encrier et le roseau), accompagnée par le déterminatif générique des noms relatifs k l'art de l'écriture , l'instrument destiné k tailler les roseaux k écrire, espèce àe canif i le pap. R. T. au même endroit fait usage du signe tropique isoXéj écritures (67, 42). Le pap. R. C. (chap. 10, sect. viii% Impartie) porte l'expression tropique du verbe soutenir (68, 42)» (une espèce d'instrument servant à sou^ tenir ou suspendre les objets ^ ; ce verbe est accompagné du détermi-* natif générique des verbes d'action, un bras humain tenant le casse-téte: le pap. R. T. au même endroit fait usage du mot ts, tos^ soutenir, accompagné du déterminatif générique le bras au casse-téte, (69, 42) . Le pap. R. C. (chap. 55, i" sect.. Il® partie) nous offre le groupe 70, 42; pour exprimer l'idée de fonder, établir, 9^' établir: ce groupe consiste dans l'expression tropique ordinaire de l'idée précitée , une oie plumée, accompagnée de Timage d'un individu portant sa main à la bouche, déterminBlK générique de plusieurs verbes égyptiens**. Le pap. R. T. porte au même endroit l'expression phonétique snt (71^ 42)9 le co^te C^^ffundare, qu'accompagne comme déterminatif spécial Voie plumée dont je viens de parler. Ces divers exemples
* Voir le n« 30 dans rinlroduction.
** Voir la Grammaire hiéroglyphique an chapitre dei Terbet.
démontrent, ce me semble, incontestablement que^ contre Tassertion de rhiérogrammate français, les noms ou verbes idéographiques euxmêmes peuvent recevoir à leur suite les .mêmes détcrminatifs dont on fait usage ordinairement pour les noms ou verbes exprimés phonétiquement '*'. Il résulte aussi de ce fait remarquable une dernière preuve de Tinexactitude de l'opinion émise par le même savant relativement à l'origine de l'emploi des détermînatifsj que nous avons précédemment citée.
Les scribes tirèrent de l'adoption des signes déterminatifs un avantage réel pour la rédaction des textes, celui de ménager Tespace en se permettant des abréviations dans Texpression phonétique des mots de leur langue. Il n*est pas r^re de trouver dans les .manuscrits, par exemple, le groupe n"" 72, 42»^ !& place de Torthographe complète, yS, 42» nreou, vaincre (une tête de çauiour , et le brcts au casse-tête, pour déterminatif **); on troU' vera aussi le groupe 74> 4% a la place de Forthographe yS, 4% SCHARE, ren(^erser (un individu renversé ^onv déterminatif). Comme on le voit, ces abréviations avaient lieu ordinairement au moyen de Texpression de l'initiale du mot, immédiatement suivie du signe déterminatif : j'aurai occasion dans le courant de cette Analyse d'examiner avec plus de détail cette espèce d^abréviations.
Les déterm^inatifs se placent ordinairement à la suite immédiate du mot qu'ils affectent; les pronoms affîxes ou autres notes grammaticales relatives au même mot ne viennent qu'après. Toutefois les divers exemplaires du Rituel m'ont offert divers exemples d'anomalies de cette règle générale : on doit les regarder comme dépendantes du caprice dies scribes. On observe bien plus souvent des déplacemens dans certains déterminatifs: ces transpositions n'ont lieu d'ordinaire que par une idée de respect. Je m'abstiens ici d'en citer des exemples ».. ■ ■ p .i.i .1 I ■ , — ■ ..i.. Il I ..1 .. ■ I ■ I . .. I I
• * n n*ett pas peimis de fiippoter que noc TarÎAntes 68, 70» etc. de la pU 4% soient, de même qne Je» .vacianleè prëcitées ^ et 6oi 42 , des simples abre>iatioosde Forthogniphe des groupes phonétiques par lesquels on peut les remplacer , car , en effet, le signe qne je désigne comme e'tant Texpression idéographique du nom ou vcrhe, on ne le Toît nullement faire partie de ces groupes ( cf. par exemple le n* 68 uTec 69). Cette circonstance n^annonce-t-elle pas FintentioD de la part desscribci de nous aTertir d'une différence essentielle dans la nature des deux expressions? ^ Voir Coinpagne de Bhamsès'U-Grand f page go.
(>uisque nous allons en rencontrer dans la suite du texte même que nous analysons.
Un certain nombre de mots hiéroglyphiques ne reçoivent ordinairement aucune espèce de déterminatif : on les voit cependant accompagnés de l'hiéroglyphe un rondeau de papyrus Ué ai^ec des bandelettes. hajfrésence dans ces casd^un pareil signe trouve son explication dans les faits que nous allons exposer sous Tarticle qui suit.
(H, I, 18). Ce groupe est l'expression toute phonétique d'un nom composé. Laissons k part pour le moment le dernier signe qui lui sert pour ainsi dire de base, et dont nous examinerons bientôt la nature: restent les trois signes nme, ou, en suppléant la voyelle initiale, anme, onme. Ce mot offre une analogie parfaite avec le copte &î^z>JUiK^9 cill^tUitlE, qui désigne les pierres précieuses, les perles j les pierreries : tel est donc le sens que j'accorde à notre expression hiéroglyphique anme. Les textes sacrésde toute espèce, et surtout les inscriptions historiques relatives aux conquêtes des Pharaons et aux tributs imposés par les Égyptiens aux nations vaincues > m^ont offert plusieurs fois la variante n"" i , 45 9 anm : tel est le passage n"* 2 , 45, extrait d'une inscription statistique d'un mur de Karnak conservé au Louvre; je le traduis par u pierres précieuses , onces miUe sût cent quatre-vingt-cinq, n La différence la plus remarquable parmi cette variante et l'orthographe anmb du texte de Rosette consiste dans le double déterminatif qui l'accompagne , trois grains , ou molécules arrondies , et le disque du soleil lançant sa lumière. Le premier de ces déterminatifs est le déterminatif générique des divers noms d^objets ou matières appartenant au règne minéral; ainsi on le voit à la suite des noms des métaux^ des parfums, des gemmas, pierreries ou matières précieuses employées par les Égyptiens dans les objets de costume et omemens de luxe : ChampoUion Fa déjà tioté dans sa Grammaire hiéroglyphique. Le second des déterminatifs en question (le disque du soleil) est de même un déternûnatif tropique» qui nous donne la certitude qu'il s'agit là d*un nom d'une matière luisante ou susceptible de polissage : le sens des deux déterminatifs est donc pai*faitement d'accord avec l'idée de perle ou pierre précieuse ^ que j accorde
au mot ANME, ou ANM.
J ai dit que le mol dont il s^agit dans cet article est un nom composé : son analogie avec le copte ^IK^JUK^ une fais constatée ^ mon assertion reste par cela même pleinement justifiée. Le savant Rossi , dans son Eiymologîcum ^gyptiacum^ a déjà cherohé à reconnaître la véritable étymologie du mot bî^sxjiH^; comme je ne me trouve pas d'accord ayec ce célèbre égyptologue sur cette question, je vais exposer mon opinion. Rossi traduit le mot h^h^ns^M^M lapis pcrcupUuseïi\e dérivant du mot tuiTC y lapisy et UE^ y desiderare » cupere^ En réflé* diissant sur l'orthographe hiéroglyphique de notre mot composé , tel que nous le lisons ici dans le texte de Rosette ^ il m'a paru qu'il était permis de douter de l'exactitude de cette étymologie : je crois que le mot AN MB , 2>t^^u H s signifie à la lettre pierre vériiable ou ile vérité (cuî^t i(5^ U£ )• Sans supposer dans la syllabe MHS du mot &n&uHS une corruption de la racine AStS) désirer, le me hiéroglyphique, et le jt^HSou UE copte (aît^E ix A5t) est plutôt comparable au mot JUE , autrefois écrit as HS, qui dans cette dernière langue signifie vériié. Au Teste , mon étymologie n'est pas une simple conjecture : que l'on remarque l'homophone qu'on a choisi de préférence dans notre orthographe hiéroglyphique anme pour représenter l'initiale du mot en question me; c'est le même homophone qui sert perpétuelle-ment k exprimer l'initiale de l'orthographe du nom de la déesse Me * (3^ 45), la P^érité. Je ne serais disposé à accorder le moindre poids a cette circonstance sans l'appui d'une variante du mot atime que m'ont ofiert quelques textes, et qu'on trouvera citée dans la Grammaire hiéroglyphique elle-même'*'* : je la reproduis sous le n*4» 45* On y observe d'abord l'expression figurative une pierre, xjAWz***p que suit im-^
* Le caractère la coudée nW qoe le détcnninatâf du Biot.
** Voir le chapitre des noms,
*** Ce caractère ne dén^pie ordinaircmflDt ^e les pierres cmplojéct pour la constmctioii des édifices : oa le Toît toujonrs tracé comme détennînatif k la suite da mot aaa ou oaa (5 > 43)9 orthographe hiéiogljpUqae du copte tUI^L*
Je ne puis citer cette expression hiéroKljphiqne 5 , 43, sans parler eu même tems de la manière dont
• Bosellint {Mon. êtorieit toi. I, page 195} Fa traduite « il la lit par les mots eoptea CUKB pWttl^ i lien de oxm , et il 7 trooTe par consëqncnt rexprcsâoo des idées pmno dutOé Cette «rreor peut
an , ^ ^ ^ ^ ^
médiatemcnt le mot me orthographié de manière a ne pouvoir se ti*omper sur son véritable sens , puisqu il est accompagné de deux déterminatifs , l'image à! une coudée , et celle de la déesse Vérité^ caractérisée par son enseigne spéciale la plume dautruclie.
Je dois justifier maintenant la présence du signe un rouleau de papyrus lié avec des bandelettes , par lequel se termine le groupe hiéroglyphique qui fait le sujet de cet article. Ce signe tel qu'il est employé ici ^ et considéré sous le rapport grammatical^ n'appartient ni à la classe des caractères idéographiques , ni à la classe des caractères phonétiques. On compte dans les textes sacrés nombre de signes et même de groupes hiéroglyphiques dont on n'a souvent fait usage qu'en qualité d'explétifs : notre caractère eu est un. J'ai pu depuis long-tems m'assurer que Fusage de ces explétifs est de la plus grande fréquence : aussi la détermination exacte des circonstances auxquelles on les reconnaît , et l'exposé des règles qui président à leur différent emploi, devient du plus haut intérêt pour l'explication des écritures égyptiennes. La Grammaire hiéroglyphique ne nous offre que des indications très-courtes et même incomplètes relativement a quelques-uns seulement parmi eux ; il faut même avouer que le chapitre des signes explétifs ^ l'un des plus importans/ y manque totalement. 'Je vais essayer de suppléer à ce défaut par un exposé sommaire des faits que l'étude comparative des textes m'a révélés relativement à cette question. Je commencerai par le signe explétif dont il s'agit
dériver de la forme canigraphiqucrfaatiTe qa'on a adoptée, dans le dessin de Tinscription citée par le saTant toscan, pour le caractère une pierre , ^^on y Tott remplacé par une forme très-analogue , celle de notre
signe 188 (Introduction) sch (6, 43) : la circonstance même de la a ( osa ), cpii remplace la voyelle £ du mot CUÎ^E» circonstance pourtant assez fréquente dans les textes sacrés (cf. H. I. g), parait en (*tre la cause. Quoi «juHl en soit, il sera curieux d'observer que dans un essai inédit de dictionnaire égyptien, rédigé par ChampoUion, essai que M. Rosellinî parât t avoir eu souvent sous les yeux , on trouve notre expression hiéroglyphique 5 , 43 , reproduite sous la même forme viciée que celle citée par M. Rosellini lui-même (6,43), et traduite par les mois sui vans que je lis sur une copie que je possède tirée
de Tautographe « O^E P^UCU 7 tUÎ^E P^^^ ' pierre dure^ pierre a hdtir^ pierre de taille (suit tm exempte tiré des inscriptions du Propylon de Nectanebo ii Philé) . » L*hiéiogrammate français , dans son dernier ouvrage , la Grammaire hiéroglyphique^ oii il a refondu presque entièrement Fessai de dictionnaire égyptien précité, est revenu de sa faute, et il reconnaît, loi aussi, dans le mot ona (5, 43} la simple expression de Tidée pierre.
^rticuliërement dans cet article. (Voir notre Tableau des signes et groupes hiéroglyphiques explétifs à la planche 45)*
Ce sig;ne (numéroté i dans le Tableau) représente nn papyrus lié aifec des bandelettes : sa forme hiéroglyphique pure est celle que j'ai rangée sous le n"" 7 de la planche 45* ChampoUion ne parle, a ce que je sais y de ce signe que comme d'un signe calligraphique généralement employé , soit pour garnir la hauteur de la ligne , soit pour ne pas laisser de vide , en un mot pour carrer le groupe. Quant à moi^ la comparaison du grand nomhre d'exemples de son emploi que l'étude des textes m'a fourni ne me permet pas de douter que le véritable usage, c'est-à*dire, l'usage le plus général auquel le signe en question était destiné p ne fût plutôt celui de remplacer le délerminaiif habituel de certains noms ou de certains verbes. Ainsi , par exemple , le pap. R. G. (chap. 8, ix^sect., II' part.) nous offre Torthographe n*8| 45^ du mot smn, le copte Ctu^KE, à la place de l'orthographe n* 9 , 45» que porte le pap. R. T. , et dans lequel le rouleau de papy^ rus est remplacé par l'image d'un instrument déterminatif habituel du mot en question '*'. Il me serait facile de citer une longue série d'exemples semblables tirés de la collation des divers exemplaires du Rituel : ainsi il reste bien démontré pour moi que le signe en ques» tion n'est véritablement qu'un disjonctif; il n'a été employé en qualité d^ explétif cfVie par analogie. Je l'ai vu remplacer le détemiinaêifdans les cas surtout oii le caractère initial de l'expression phonétique à
laquelle ce déterminatif se lie est en même tems le signe tropique de r-
l'idée que cette expression rappelle, circonstance qui a lieu trèssouvent dans les textes hiéroglyphiques : il est clair que dans tous ces cas notre signe est, comme nous l'avons dit, un véritable disjonctif , et qu'il ne sert qu'à isoler le mot. Il sert de même à isoler un mot lorsque celui-ci, par abréviation , n'a été exprimé qu'au moyen de son initiale. Je dois citer, d'après Champollion, une dernière destination de notre signe dans laquelle aussi il ne figure que comme disjonctify c'est celle de séparer deux lettres semblables appartenant
* Voir rarllclc H. II. S.
h deux mois différeus. Enfin» il existe dans les textes égyptiens uiji certain nombre de nw>ts , dont on fait ordinairement usage sans qu'aucune espèce de détermina tif les accompagne ; on voit presque toujours ces mots suivis du caractère un rouleau de papyrus*
Un second signe ou gi*oupe hiéroglyphique dont l'emploi m'a paru tout-4-fait identique à celui du précédent, et qu'on doit par conséquent regarder aussi comme un véritable dUjonctif, est celui numé*« roté 2 dans notre Tableau (pi. 45)* U sert à remplacer le déterminatif des noms ou verbes; je me contenterai d'en citer un exemple remarquable. C'est celui numéroté lo dans la pi. 45: je Tai extrait du chap. 10, via* sect. (Il'' part.) du pap. R. T.; le pap. R. C. le remplace par l'orthographe 1 1, 45^ oii le même mot (toschr, rouge) est déterminé pai* l'image d'un oiseau > signe tropique ordinaire de ridée rouge. 11 est à remarquer dans cet exemple que l'on a &it usage du signe disjonctif même devant les marques figuratives du pluriel trois heures. Bien plus souvent le disjonctif dont il s'agit a été usité sim.uUanément et en union du précédent , un rouleau de papyrus : y ai transcrit , sous le n^ 5, les variantes calligraphiques que j*ai eu occasion de rencontrer de ce groupe. Je puis en citer entre autres l'exemple iik, 45 (eaou, en copte id.j gloire, adorcUiori), que m'a fourni le chap. 5, sect. ii" (P* part.), pap. T. \.\ le pap. R. T. porte à sa pkce la variante i3 , 45 y dans laquelle on remarque, à la place du groupe disjonctif, Timage d'im indi^^idu dans faction d adorer. Lorsque le disjonctif n* a est employé à la place du déterminatif d'un mot qu'on a voulu exprimer au pluriel , il n'est pas rare de voir la petite barre perpendiculaire y qui , en union avec le segment de sphère j donne origine à ce disjonc tif ^ se tripler (cf. :2, a). Tel est l'exemple n"* 14» 45 (scHAFTB, copte id. ennemis) que j'ai rencontré dans le pap. au chap. i , sect. a* (11* part.) : le pap. T. T. le remplace par l'orthographe i5, 45) ou figure le déterminatif un indii^idu frappé de la hache sur la téie, suivi des trois barres , marque figurative du pluriel.
Le disjonetif n^ s a été très-souvent employé sous une forme plus simple, celle du n^ 4> ^^ signe un segment de sphère isolé. Je dois avouer cependant que je n'ai rencontré guère d'exemples de cette forme qu'après le signe i6, 45? abréviation habituelle du mot tat
{ij et 18 y 45) t faire. On a employé notre disjonctif dans tous les cas oh labréviatioa pf éciUe est dénuée des signes de la personne et doit être suivie de hf, nef (ig^ 43) ou de j«s « nas ( ao ^ 45) y pronoms (masculin ou féminin), complément indirect qu'on pourrait confondre avec K4F ou jias^ naarque de la troisième personne du passé singulier : ChampolUon a déjà &it noter quelque part, à ce qve je crois me rap* peler, cette circonstance du disjonctif n® 4 employé dans certains ' cas pour séparer le pron<mi iiàF du verbe qu'il suit. Quant aux cas particuliers que de mon côté je viens de signaler, on pourrait en citer de nombreux exemples rendus évidens par la comparaison de plusieurs exemplaires d'un même texte; dans r4ia de ces exemplaires o& remarque l'usage du disJQrmtif en questioUf dan« l'autre ce même disjmictif a été épargné : tels sont les exemples que m'ont offert les pep. T. P. et T. R. au ckap. 7 , sect. i** (l*^ partie).
J'ai rencontré également des exemples oii le disjonctif n"" 4 a été pkcé entre le verbe (toujours le verbe lai ffacere, 16, 45) ^t la préposition if (ai, 4S)f qui y étant mise après, pouvait être confondue avec une abréviation souvent usitée de la forme hiéroglyphique du pronom de la première personne du {Mrésent f. {Juriei commun (Voir wfrà).
Ou peut considérer comme dérivé , soit du signe disjonctif n^' 4 » soit de celui n"" a, le groupe n* 5 de notre tableau^ que j'ai vi^ employé souvent comme explétif. Le pap. R. T. , au chap. 11, i""* section (P* partie), m'a offert L'orthographe 91^ 4S du verbe m (en copte id.)^ frapper , dans lequel on renuirque notre explétif n^ 5 pkeé presque pour remplir l'espace entre les deux délerminatifs que reçoit le naot Bi : le pap, T. P. porte la variante 25, 45* Les variantes a4 ^^^f. 45> que m'ont offertes les pap. R. T. et T. P. au ehap. ig» x^ sect. (P* part.), noaa montrent les deux signes 4 ^ ^ de notre Tableau , tous les deux employés en qualité d'explétifs, et l'un à la place de l'autre. Il serait Sscile de multiplier les exemples de l'emploi du signe en question n" 5 i parmi ceux que m'a offerts la comparaison des Rituels, je dois citer les n*"* a6 et riy, 45» qui nous prouvent l'existence de l'explétif n<* 6. Je lire ces deux derniers exemples de la section vi (I'* partie), qui renferme des Jm^ocaiions au soleil (pap. R. T. et T. L).
Les textes hiéroglyphiques font usage d'un autre groupe en qualité à' explétif OVL plutôt de disjonciifx c'est celui notéy, ou son homophone n" 8. Le pap. R. T. (chap. 7, sect. i**, P* part.) m'a offert^ par exemple, le groupe 28, 45 (mrr-sen, ils aiment) ^ dans lequel notre signe 7 est employé^ devant le déterminatif, dans le dessein évident de remplir l'espace : le pap. T. F. porte la var« ag^ 45. Un exemple tout aussi évident de l'emploi 9 en qualité d*explétif , soit du groupe 7, soit de son homophone 8, est celui que nous offrent les pap, R. T. et T. L au chap. 5, 11* sect. (I*"* part.) (Voir 3o et 5i, 45» eaou, gloire^ un indi-^ i>idu dans r action d adorer, pour déterminatif). Mais il est vrai de dire que le groupe en question (7 ou 8) est bien plus souvent usité en qualité de y^v\\.'si\A^disjonctif, Tels sont les cas dans lesquels on le voit em-* ployé dans l'intention évidente de séparer soit le pronom complément direct, soit aussi les marques de tems ou de personne, du verbe avec lequel elles sont en rapport '*'. Exemples : nn meio«f (3:i, 45)^ il ne voit pas (chap. 27, i" sect., Il* part., pap. T. L); 35, 45, var. du pap. R. C. où le pronom F, il 9 lui, est séparé de la consonne u, abréviation du verbe meio , voir, au moyen de notre groupe 8. Un autre cas dans lequel ce même groupe fait les fonctions de disjonctif, est celui dans lequel il remplace le déterminatif d'un nom ou d'un verbe : tel est l'exemple 34^ 45 que le pap. T. I. au chap. 21 , 1^ sect. (Impart.) m'a offert il la place de l'orthographe 35, 45 9 où le verbe sschai, faire dominer, reçoit son déterminatif ordinaire , un bras tenant le fouet. Un pareil emploi de ce groupe ressemble tout*à-fait à celui dont le n *i a été, comme nous l'avons dit, particulièrement affecté; mais j'en connais d'autres exemples qui en rendent l'analogie encore plus frappante. J'ai fait remarquer, à propos du n® i, qu'on le rencontre sou* vent employé devant un déterminatif lorsque le mot qu^accompagne ce déterminatif n'a été écrit que par abrégé et au moyen de la seule initiale. Tel est le cas de l'orthographe 56, 45 que le pap. T. L m'a offert au chap. 36 , i"^ sect. ( W part.) , à la place du mot nhm , nohm ( copte id. ) (37, 45 )> sawer, que porte au même endroit le pap.
* ChaojpoUion aussi a signale ce c:is particulier.
R. C. J'ai renconiré quelque rare exemple du groupe 7 , a^ employé comme cUsjonciif: Tabréviation 8, a^ est bieu plus usitée.
Le signe numéroté 9, qui parait être une abréviation du n* 5 , remplace quelquefois soit le n^ i ^ soit le n^ a ^ lorsque ces deux signes ont été employés comme explétifs * Mais il faut faire attention que non moins souvent peut-être il n'est usité que comme marque de redoublement *.
On peut donner aux neuf premiers signes ou groupes de notre tableau dont j'ai parlé jusqu'ici, le nom de signes disjonctifs ou expié-iifscommunsy pour les distinguer de ceux qui suivent (lo^ \\y\%f etc.), qu'on pourrait appeler spéciaux y puisque , comme nous le verrons bientôt, chacun d'eux n'est usité qu'à la suite d'une certaine classe de noms ou de verbes. Je ne puis passer à Texamen des disjonctifs spé^ cioK^r, avant d'avoir signalé un emploi particulier auquel ont été destinés quelques--uns parmi les disjonctifs communs. Ici j'aurai l'occasion d'ajouter divers rapprochemens qui me paraissent servir à confirmer d'une manière authentique le fait en général de Texistence de ces derniers.
Champollion nous apprend dans sa Grammaire hiéroglyphique qu'un certain nombre, de caractères sacrés étant susceptibles d'être pris, suivant le cas , dans une acception ^^ttr<z/2V^ ou dans une accep* lion phonétique ou symbolique, on indiquait l'acception ^^ur^^/^V^ au moyen d'une note qui consiste, suivant Thiérogrammate français , dans le signe que nous avons enregistre sous le n"" a. dans notre Tableau de la planche 45* Ainsi l'hiéroglyphe une bouche, qui dans la méthode phonétique était le représentant ordinaire de la consonne R , devenait l'expression de l'idée bouche , lorsqu'on l'accompagnait de la note précitée : l'hiéroglyphe une main, t, devenait par l'union de la même note l'expression idéographique du mot main , etc. De même, par exemple, l'hiéroglyphe k/z^ branche de palmier, signe
''' Dans des cas semblables à Tezemple suÎTant : ascHKiff (43 , 80) , orthographe complète du nom du lotus f \t yyjJLif Bastchnin des Arabes d^Egypte ( MssU hii'roglyphique du musée de Genève rea-
lemiant la sect. tu*, !!« part, da Ritael) ; (43, 81) scbr, rar. du pap. R. C. Oa emploie aussi quellefois comme marque àt redoublement rexpWtif n* 6. Voir H. X. 19.
tropique ordinaire de Tidée armée ^ se change dans une esipression tout-à-fait^^ra/iV^ (celle de palme ou branche de palmier) , si la riQie en question vient s'unir à lui '^.
L'étude comparative des textes de toute époque ne m*a pas une seule fois démenti Tassertion de mon savant maître ; je n'ai januiis vu qu'on ait fait usage d'un caractère hiéroglyphique quelconque dans uhe acception Jiguratiçfe , sans quUl fût accompagné de la note pré*citée , excepté quelques cas oii cette acception ne pimvRit absolument devenir l'objet du moindre doute. Ainsi , par exemple, tandis que le pap. R. T. au chap. 34 , i'* sect. (IP part.) fait usage du groupe 38 , 43 9 qui signifie œil du dieu soleil, le pap. R. C. emploie Fortho* graphe Sg^ 45 > ou la note du figuratif ari7 a disparu. Or^ il est évident que dans tous ces difl*érens cas l'emploi du signe n^ a de notre tableau rentre entièrement dans les règles de l'emploi auquel nous avons déjà dit que ce signe a été primitivement destiné , celui de séparer deux expressions qui se suivent, celui en un mot de disjonctifl Ce qui le prouve, c'est que j'ai découvert plusieurs exemples soit du groupe disjonctif n* j ^ soit du groupe n^5, employé à la place du n^ a pour noter l'expression toute figurative de certains hiéroglyphes : tel est celui que je transcris sous le n" 4^^ 45 f ^t qui m'a été oficrt par le pap. R. G. (chap. sa, sect. i'% II* part. ) à la place du groupe 4^ 9 45> ^Hf que porte le pap. R. T. J'ai rencontré dans le pap. T. I. (chap. 5, sect. ii, P* part.) l'orthographe 4^ » 45 pour exprimer figuratiç^ement l'idée générique pajrs ou région.
Lorsque l'on réfléchit sur l'emploi des signes i, s, 3, 4» ^f ^> 7» ^f bien plus fréquemment usités en qualité de disjonctifs que ^explétifs, on est tout naturellement oonduit à se demander si la présence de ces signes n'était motivée que par l'intention de donner un avis à Finter-prête pour la séparation des mots , ou si Ton traduisait les mêmes
* Champollîon indique «mn comme fiole non teaSement dce eantkkwjigumti/s 9 maie qnelqnelbis des caractères symbolique* eux-mêmes, le signe 43» 43, une petite barre , qui parait être mie abréviation de la note que nous Tenons de signaler comme pins généralement osîlée. I^ea manwcrita faién^phiqnes m^ont offert quelque exemple de cette dernière ( n^ a) tneée à la eoHe d*ai camelèfe tro^qoc. Tel est osloi da pap. R. G., chap. S» tx* sect. (U* part.) o2i Tidée /ludcecsteipiûiiée anmojrcn du caractère Tîmage d'une coudée (44 1 43) : le pap. B. T. emploie le mot Tst en tontes lettres.
signes dans la langue parlée : la comparaison des textes coptes vient a Tappuide cette dernière opinion..Que Ton observe que^ soit le groupe n* 2f soit les signes ou groupes qui suivent jusqu'à 9, ne consistent que dans la reproduction d'un des homophones les plus habituels de la consonne t, tantôt isolé ^ tantôt en union avec une simple voyelle. Or^ il est certain que la langue copte fait usage de la même consonne <T en qualité de disjonctif dans un assez grand nombre de cas , surtout devant les affîxes 5, K, q, C, t^, OT, TEK, etc. On trouve , par exemple, le mot ^xnrK, jette " toi ^ pour ^x-K : cette dernière orthographe aurait induit en erreur et causé amphibologie , car ^\y^ est une racine égyptienne qui signifie veneficus. On lit encore EV&Knrq à la place de E^fiHq qu'on aurait confondu avec È^&Hq, tumulcUre : t9&Hn:q signifie de lui, sursonpropre compte. On rencontre iUiRiTiyr pour wHS-OT donne-Aes, etc.
Mais il est tems de passer à Texamen de la suite de notre Tableau (pi. 4S)« On rencontre le n^ 10 (ifou) seulement à la suite des mots terminés en n : je ne connais pas un seul cas qui fasse exception à cette règle. Ainsi le pap. T. P. offre, par exemple» l'orthographe oufr-Nou (45^45) à la place de l'orthographe oun (46, 45) que porte le pap. R. T. (chap. 5, !'• sect., T* part.) : les pap. R. T. et R. C. comparés m'ont fourni des exemples nombreux du mot h an (47, 45) le phallus^ écrit par HAN-Nou (48, 45)* C'est dans le pap. R. C. que j'ai trouvé l'orthographe 49> 45 (han-n) du même mot : cette variante suffira pour nous attester l'existence de la foi*me n"* 1 \, dont je connais des exemples nombreux. Les signes paragogiques nou, ou n(ioou ii) employés à la suite des noms ou verbes en if , disparaissent entièrement dans les dérivés.
Lorsque les noms ou verbes se terminent en t, il n'est pas rare de les voir accompagnés de la syllabe paragogique ou explétive rt (n"" la). Il me suffira d'en citer la preuve suivante : sot (déterminatif dewc jambes humaines en marche) (So, 45), pap. T. P., chàp. 5, sect. i'*, I** part.; sot-nt (5i , 45) var. du pap. R. T. Champollion n'indique points que je sache^ l'existence de cette dernière syllabe paragogique; il ne fait remarquer que la précédente nou (n"* 10), qu'il persiste k regarder comme un simple signe graphique explétif
ai
( i6a ) quine se prononçait pas. Quant k moi , je suis persuadé qu^au contraire il se prononçait : on pourrait citer ici plusieurs exemples que les textes coptes eux-mêmes offrent de Texistence de la syllabe paragogique Nou ou n; au reste, je ne sais trouver d'autre motif pour son emploi qu'un besoin de l'euphonie : j'explique par le même motif l'emploi de la syllabe nt (n"" 12) à la suite des noms en t.
L'emploi du signe n** i3 offre des circonstances bien plus singulières : je.donne a ce caractère explétif le nom de signe explétif d action. En effet, employé comme explétif, je ne l'ai guère trouvé qu'en union du caractère un hras tenant le casse-té te, détermina tif générique perpétuel des groupes hiéroglyphiques exprimant des noms d'action; ainsi on rencontre, par exemple , l'orthographe 5^ , 45 du mot scha. , dominer, à la place de l'orthographe 55 , 45 (cf. pap. R. T. et T. T., sect. r% P' partie). La comparaison des textes fournit une série trèslongue d'exemples semblables et tout aussi comprobans. Il est si vrai que le signe n'' i5 ne s^unit qu'avec les groupes exprimant des noms ou verbes à* action ^ que dans quelques cas on le voit employé seul à la place du déterminatif lui-même , le hras tenant le casse^téte. Tel est l'exemple, 54» 45 9 qui nous est offert par le pap. T. T. (chap. II, sect. viii% II*" partie), a la place du groupe 55, 45 > dont fait usage le pap. R. T. Quelquefois on voit le signe explétif en question, rejeté après le déterminatif le hras au casse-téte, au lieu d'être placé aidant, comme cela se pratique ordinairement : Ex. sphou (56^ 45), chap. XXVI, 1" sect. 9 II' partie, pap. T. L; 57, 45» variante du pap. R. C. Il est à remarquer que cette circonstance pourrait a elle seule suffire pour démontrer en thèse générale la véritable nature à!explétif que j'accorde au signe n"" i3. Ce même signe se joint non seulement aux noms ou verbes à! action exprimés phonétiquement, mais aussi à ceux exprimés tropiquement. Il est vrai de dire cependant que plus souvent , dans ce dernier cas , on voit à sa place le groupe explétif n* 14 (du tableau). On trouve par exemple l'orthographe 58, 45, expression tropique de l'idée combattre (l'^sect., I^p^irt, pap. R. T.) employée de préférence à l'orthographe 59, 45.
Mais parmi les signes ou groupes explétifs d'un emploi particulier, on doit remarquer surtout les n^ i5 et 18 de mon tableau avec leurs
variantes (16, 17^ 19 et 20). On trouvera dans la Grammaire hiéivgfy^ phique notre explétif n® i5 , qu'on peut lire par sou , enregistré parmi les formes pronominales. L'opinion de GhampoUion , quoique vraie dans le fond , doit être y selon moi , modifiée ; au surplus , m'étant proposé de reproduire ici les différens renseignemens que Tétude comparative des textes m'a fournis par rapport k l'usage des groupes précités i5 et 18^ j'exposerai ma manière particulière d'envisager la question du groupe sou dont il s'agit. Je commencerai par rapporter les expressions de l'faiérogrammate français à ce sujet : ic Les textes hiéroglyphiques, dit*il, font habituellement usage d'un />ro/iom affixe de la troisième personne y masculin singulier , représentant le complément direct du verbe , dont il ne reste aucune trace , à notre connais^ sànce du moins y dans les textes en langue copte i et ce pronom parait avoir été employé presque exclusivement pour tenir la place des noms propres des souverains de P Egypte : cette espèce de pronom royal y phonétiquement exprimé par le groupe sou (celui noté 18 dans le tableau de la planche 4$)i M place à la suite du verbe, ou immédiatement après les marques de tems et de personnes jetées après le verbe selon la méthode hiéroglyphique, n
Ghaknpollion cite k ce propos des exemples qui ne font que confirmer son assertion ; mais ils ne montrent pas la question sous tous ses différens aspects. Examinons d'abord les motifs par lesquels j'ai cru de mon côté pouvoir ranger le mot sou (n® i5) parmi les explétifs plutôt que parmi les formes pronominales^. Mon opinion est appuyée parles considérations suivantes : i* dans tous les exemples dans. lesquels j'ai rencontré jusqu'ici la syllabe sou en question , dans ceuxmémes que cite GhampoUion , sa présence (tout en supposant qu'elle ait véritablement la valeur que ce savant lui accorde ), n'est nullement nécessaire. Cela est si vrai que , dans les mille et une occasions dans lesquelles les divers manuscrits des Rituels m'en ont offert d^s exemples, j'ai observé que presque toujours , dans l'un ou dans l'autre des exemplttires que je comparais, elle était omise. Tel est entr'autres le cas du pap. R. T. au chap. YI, vf sect«, I** partie, oh il est dit^ en parlant du dieu Soleil, que les dieux se réjouissent lorsqu'ils ie voyent venir (dum i^ideni illi Uhan (sou) vetùentem) (60, 45) ; le pap. T. ï., dans
l'expression de la même phrase, omet le sou que nous voyons figurer dans l'orthographe du pap. R. T. Deux autres exemples pareils nous sont offert par les mêmes pap. R. T. et T. L, au même chapitre. Si la syllabe sou devait être regardée comme une expression purement et exactement pronominale, on ne devrait la rencontrer qu'employée en qualité de tel ou tel pronom , celui par exemple de la première , de la seconde , ou de la troisième personne soit du nombre singulier, soit du nombre pluriel, selon qu'on s'accorde à le fixer : on a vu que ChampoUion a regardé notre syllabe comme étant un pronom affixe de la troisième personne^ masculin singulier, et les exemples que moimême j'ai cités jusqu'ici me permettraient de lui accorder une autre signification. Or c'est ce que l'analyse des textes ne confirme pourtant pas toujours : on trouve par exemple au chap. 22 (sect. r*, IP part. ) 9 pap. R. C, la légende 61 , 45^ relative aux quarante-deux juges parédres d'Osiris dans le tribunal de l'Amenthé, ers tototensou NHO ousiRE, etc., c'est-à-dire sont les Tototen (nom des 4^ juges), en face d'Osiris, etc. Il est bien certain que le nom (tototen) auquel la syllabe sou se rapporte est au pluriel, d'abord parce que le sens général de la légende le demande, ensuite parce que entre autres le pap. T. I. porte au même endroit le nom tototen déterminé par l'image figurative dieu suivie des marques habituelles du pluriel (62, 45) •' nous aurons occasion tout à l'heure de citer d'autres exemples semblables.
Mais ma manière d'envisager la nature de l'emploi du mot sou ne peut être mieux justifiée que par la détermination de la véritable origine de ce dernier dans la langue égyptienne. ChampoUion nous a dit quelle était son opinion sous ce rapport; la syllabe sou est pour lui un pronom dont il ne reste aucune trace dans les textes en langue copte : pour moi , ma conviction est qu'au contraire ce pronom y existe. J'ai démontré, à l'article H. I. 7, l'existence dans l'égyptien, non moins que dans le copte , d'une forme primitive du pronom explétif de la troisième personne du plureil sbn , se , ou sou , en copte CE ou COT* Hs^ (voir la note de la page laa); je regarde notre affixe sou (p? i5) comme ime transcription hiéroglyphique exacte de ce dernier pronom. Il est vrai que dans le tableau des formes pronominales affîxes
Cpl. 42) précédemment cité, on ne voit point figurer parmi les diverses variantes orthographiques du pronom affixe sen, se ou sou, ilsj une forme exactement identique (pour les homophones qui la représentent), k la forme n* i5 (tahleau de la pL 45); mais une pareille circonstance (qu'il ne faut jamais négliger en fait d'écri-^ tures égyptiennes) dérive , selon moi , de l'intention évidente de la part des scribes de marquer la différence entre l'emploi de notre sou (n^ i5, tab. de la pi. 45) » et l'emploi des formes orthographiques ordinaires du pronom sbn, se ou sou (tableau de la pi. 42). Au reste, parmi les variantes ou abréviations * de la syllabe sou (i6^ 17, if a. tab. de la pL 45) 9 nous devons remarquer l'abréviation 17 et 17 a les mêmes, quant aux homophones qui servent à les représenter, que les abréviations 6 c et 6 ^, que nous avons reproduites dans notre Tableau des formes pronominales affixes a la planche 42* D'après ce rapprochement , il devient naturel pour moi de regarder la syllabe sou.en question^ comme étant dans les textes sacrés un simple explétif de respect. Son origine, telle que j'ai cru pouvoir l'admettre, celle de pronom de la troisième personne du pluriel, ne peut que confira mer mon opinion sous ce dernier rapport. Personne n'ignore que trèssouvent, même dans nos langues modernes, on emploie le pronom de la troisième personne du pluriel , au lieu de celui de la troisième personne du singulier, pour marquer honneur ou respect *\ Au reste les divers exemples et les variantes que j'ai déjà cités pour l'expression de notre sou (n"* i5), achèvent de démontrer qu'il ne pouvait être qu'un explétif de respect. On ne le voit jamais employé qu'en parlant , soit d'un dieu , soit d'un roi, soit d'un défunt : parmi les variantes que j'ai rencontrées à sa place , dans le cas , par exemple , oii il est parlé d'un
* GhampoUioD aiusi a indice cet abrériatioiM graphiques de la syllabe sou en question. Quant à moi leur existence réelle m'a été démontrée par la coUation des diTcrs exemplaires da Bitnel : FabréTiation n* 16 , par le pap. T. I., comparé entre antres an pap. R. C. (II* part., z** sect.) ; les abrériations n^ 17 et 17 a» par les pap. R. C. et R. T. (z* sect, II* part.)» et par les pap. T. H. et R. G. (i** sect, II* part).
^ Cest le plurale majestatù on excelientiWf des grammairiens : il est très-nsité ches les Orientanx» il Ta été chez les hébreux eux-mêmes (cf. W. Gesenios Lehrgehtiude der hebr. S proche ^ J 17' )• En Egypte il était encore en usage du tems des Ptol^ées : on peut consulter à ce propos les Papfri graei regil TaurinêHsi* musm €fgjrptu, par M. Fsyron (Pars prima, page i4o}.
( »66) OU de plusieurs dteux ou demi''dieux , les Rituels m'ont offert un grand nombre de fois , soit celle qu'offre le groupe précité 6a^ 43, Tototerty dieux (c'est le nom des quarante-deux g'^nii^^^ juges parédres d'Osiris), soit aussi celle portée sous le n" 63 ^ 45 ^ ^t que j^ai rencontrée dans les pap. T. L, sect 1" (II* partie) , et R. t., sect. ii* (II* partie). Ces deux variantes dans Tune desquelles le signe figuratif dieu remplace la syllabe sou (18 ^ 63 , 45) f à^'^s l'autre le même signe sert de déter^ minatifk l'abréviation usuelle (n^' 16 du tableau) de la même syllabe, ces variantes , disons-nous , ne peuvent s'expliquer qu'en admettant la nature à* explétif de respect, que je prétends reconnaître dans l'emploi du mot sou en question. Quant k Y origine pronominale de ce mot , comparée k son emploi^ tel que je viens de le signaler, on ne manquera pas de remarquer que dans plusieurs langues orientales, dans l'arabe surtout, c'est aussi le pronom Lui! qui, isolé^ sert souvent à rappeler ridée de dieu.
Les diverses réflexions que j'ai soumises jusqu'ici relativement à la nature du signe n* i5 de notre Tableau àe^ explétif s ^ trouvent une application, et par conséquent une confirmation complète dans l'examen du signe n^ 18 et ses variantes. Ce dernier signe n^esl aussi qu'un explétif de respect. Tâchons d'abord d'établir en thëse générale sa véritable nature à^explétif. Ici viennent k notre secours des preuves non moins authentiques ^ et peut-être plus frappantes en<îore que celles que nous avons produites au sujet du signe n* i5. En effet, le pap. T. I. (chap. 20, 1" sect., II* part.) m'a oftert lé groupe 64, 45, que les textes emploient assez souvent, et qui m'a paru représenter une variante orthogi^aphiqne du xkùm des Totonen précédemment cité : ce groupe se termine par la syllabe pou, que le pap. R. C. (même chap.) remplace par Y explétif OTàm^ire n"* i de notre tableau {^cf 65, 45). La conséquence que je crois pouvoir tirer de ce fait me paraît positive : je suis persuadé que le groupe pou était, de même que le groupe précité sou, un explétif de r^^/^ec/, et voici le fait qui ië démontre. Notre groupe, ordinairement employé a la sviite des noms auxquels il s'unît , se rencontre très-souvent dans les textes de toute espèce. La comparaison des différens exemplaires du Rituel m'a offert plusieurs fois k sa place le signe figuratif dieu ou
( i67) diidn : tel est^ entr'autrea^ Texemple 68^ 4Sque j'ai rencontré dans le pap. R. C. au chap. 3a, i'' aect., IP partie. Cet exemple ne consiste que dans une variante de Torthographe précédemment citée (64 9 4S) du nom des Toioten, orthographe que le pap. R. T., k Tendroit correspondant à celui en question du pap. R. G. (chap. 1 5 , etc.) , repro* duit sous la forme 67,459 TOTOTsif-POU. Un troisième exemple de l'image figurative cUeu ou divin employée k la place du groupe pou existe au chap. X, viii* sect., II' partie, du pap. R. C. comparé au pap. R. T.
Dans les exemples nombreux du groupe n"* 18, pou, j'ai remarqué les variantes n° 18 a, poui, ou pa.i , poé, et n"" ig a, pai, poi, pfi. A la place de la var. n? 19^ le pap. R. T. comparé au pap. R. G. au chap. VI., 1^ sect., II* partie, m'a offertle groupe n® 20, qui se lit pn, pen. Mais ordinairement celui-ci ne remplace le groupe pou (n"" 19 ou 18) que loi*sque ce dernier est employé k la suite des noms propres des défunts. J^ai même pu acquérir la certitude que le véritable em* ploi, l'emploi le plus général, auquel était destiné le mot pbn, était celui de remplacer l'expression hiéroglyphique mbtaouô (68, 45) > iH}catus in veritate , ou son abrégé 69 , 45 9 qui n'accompagne d'ordinaire que les noms propres des défimts. Tels sont, entr'autres, les exemples que m'a fournis la comparaison, soit des pap. R.G. etR. T. au chap. 19, i'* sect. (IP part.), soit des pap. R. T. et T. I. au chap. 6, !!• sect. (I*** partie).
Maintenant il est naturel de se demander enfin quelle est originai-r rement la nature, soit du mot pou (n® 18), soit du mot pen (n"* 30), dont nous venons de constater l'emploi en qualité à* explétifs. Je dois rappeler d'abord que l'explétif pou , ou ses variantes , ne se trouve ordinairement placé qu'k la suite , soit d'un nom propre de divinité ^ soit de l'expression même de l'idée dieu y soit enfin à la suite des noms des défunts : quant k Texplétif pen , nous venons de faire observer qu'il n'accompagne que les noms des défunts. Or, je regarde le mot POU comme étant primitivement (a l'instar de Texplétif sou , précédemment cité), l'expression égyptienne de l'article démonstratif cey celui^i, et je considère le mot pen comme représentant de même cette expression. Ici il faut savoir que, suivant la Grammaire hiéro-
( 168) glyphique, les articles démonstratifs préfixes p tels que nous les trouvons dans la langue copte^ ne sont que des simples transcriptions d une forme antique de ces mêmes articles employée dans les textes en écriture hiéroglyphique. Cette forme^ pour le singulier masculin , est hahiHiellement la suivante^ pai ou poi (70, 45)* Mais la* Grammaire hiéroglyphique nous révèle aussi Texistence dans les textes égyptiens d'une seconde forme d'article démonstratif. «A la place des articles démonstratifs préfixes , qu'on rencontre assez rarement dans les textes hiéroglyphiques^ on employait plus habituellement, nous dit Ghampollion, des articles qu'on inscrivait toujours à la suite du nom, c'est-à-dire en affixes. » L'article démonstratif affixe^ pour les noms du genre masculin au nombre singulier, était pn , pbn (71, 45). Cette dernière forme de l'article démonstratif n'existe point dans le copte ; on trouvera dans la suite de ce volume une discussion par«ticuliëre relative k son véritable emploi, il suffit pour la présente discussion d'en constater l'existence. Maintenant , c'est en comparant l'orthographe de notre explétif pou (n^ 18), a celui de l'article £2^'/no/i^« tratif préfixe masculin 70, 45» que j'ai acquis la conviction que ces deux mots n'en font réellement qu'un. Je dois faire obser* ver , pour ce qui concerne la petite différence orthographique qui paraît exister parmi les deux formes n^ 18 du tableau et 70, 45, que souvent les textes hiéroglyphiques font usage , pour l'article 70, 45, surtout lorsquHl se combine avec la préposition nt (pe-nte, en copte iT^î^T^); qu'ils font usage, disons-nous, d'une orthographe qui ressemble davantage k celle de l'explétif, n^ 18 ; c'est le 73 , 45* Il y s^ plus; les exemplaires du Rituel funéraire en écriture hiératique nous offrent souvent pour transcription^ soit de l'orthographe 70, soit de l'orthographe 72, 45» pm^ la forme yS, 45 y transcription exacte de notre explétif n"" 18 ^. Au reste les variantes 18 a, 19 et 19 a, de l'explétif pou lui-même, achèvent de
^ n faut remarquer cpc la circonstance de la forme orthographicpe de Texplctif n* i8, en qoelqne sorte distincte de la forme habituelle de \ article démonstratif tLjee lequel cet ezple'tif est originairement identique , est comparable h la circonstance dont nous avons parl«S {supra f page i65) , relatirement à la forme de Tcxplctif sov.
( »69) mettre en évidence l'identité que je prétends reconnaître dans sa forme et dans sa signification primitive, avec Tarticle tlémonstratif préfixe masculin. Ces variantes, parfaitement analogues aux variantes usuelles ya, 74 et 76, 45» de Tartide précité, ne peuvent se lire que par poi, ou pai, le copte, HM^ ce, celuurci.
L'origine de Texplétif pou (n"" 18 et 19) une fois fixée, il n'est plus permis de douter de celle de l'explétif pm, pbn (n^ 20), puisque, comme on en a vu des exemples, celui-ci sert quelquefois à le remplacer. Au resté nous avons déjà indiqué, sur l'autorité de la Grammaire hiéroglyphique 9 la communauté d'origine des deux mots pou et pbn: ce ne sont que deux formes différentes d'un seul et même article; Tune (pou) représente l'article démonstratif-/7r^/!ir^ , l'autre (pbn) i-eprésente l'article démonstratif- o^^re *. A propos de l'explétif POU, dans lequel je prétends reconnaître la forme de l'article démonstniif --pré fixe f masculin singulier, on ne manquera pas d'observer que tous les exemples que j'ai cités jusqu'ici de son emploi en qualité d'explétif nous le monti*ent au contraire toujours placé en iijffîxe (cf. 64, 67, 45). Mais cette circonstance peut dériver , soit delà difi<érence même de son emploi , en passant de l'état d'article à celui ii explétifs soit de Tusage perpétuel chez les Egyptiens, usage que j'ai déjà rappelé plus haut, de tracer indîfiëremment avant ou après le mot Texpr^ssion des différentes modifications grammaticales qu'on lui faisait subir. Au reste je puis citer dea exemples dans lesquels l'explétif en question , pou , a été employé . auanij et d'autres dans lesquels il a été employé après le nom auquel il se joint : tel est celui que je transcris sous le n"" 77 , 45» pou-ousieb, lui! Osiris; on le lit au chap. 9, 1'* sect. (II* part.) du pap. R.G. Lepap. R- T. porte au même endb'oit la var. 76, 45) ousire-^pou, o'€st«4^dire Osiris^ lui! J'ai rangé sous le n* ai de notre tableau un ^x/^/^^ij^dont l'uaagei n'est pas aussi
* Tftî d^jà fait rcmarqMr ipc In Uxtet cofitM «6 oDnMnrent poiiil. d^ezcisplat des fonaft d*artlclM clciiioiittniti£M{^!jrej doot ChampoUicm prétend aroir décoarert Texulence , et aa nombra detqneb on compte le mot fm ; mais j^anrai dans la soîte de ce rolame Poccasion d'examiner cette qoestion. An reste, la cireoQstanoe qne j*ai citée ici , de Femploi dn mot rov à la place da mot rm , nous offre di(jà une confirmation anthcnli^iM de Tassertion de l*hi(frogrammate français.
( '70 ) fréquent que celui des expléti£| précédemment cités, mais dont on trouvera pourtant des exemples incontestables*^, Tel est celui qu'on trouve reproduit sous le n*' i, 44» ^^ ijue j'ai extrait des nombreuses inscriptions du tombeau de Rhamsè&V existant dans lavallée.deBihanel-MoIouk: il se lit ((OUONrvsBiiDjRiscBOHEQÔsxHTaENPSOUo, c'est-à-dire ils-oni (suit Texplét^ djr ) des faucilles j ils moissonnent le. blé , .eta Si Ion se rappelle ce que jai déjà exposé plus ^ haut, relativement au changement perpétuel , de la voyelle e dans la .consonne R , . soit dans les textes coptes, soit dans les textes hiéroglyphiques^ on ne tardera pas à reconnaître dans notre explétif, n? 21, djr, une simple transcription dé monosyllabe !2C1& (djb)., très-souvent employé dans les textes coptes e^x-mèmes en qualité d'^aiip/^/^
(H. i. ig. ) Ce groupe peut êtce regardé, comme Texpression, soit d'un n(t>m,' soit d'un qualijiccotif^ selon les .circonstaDces déter^ minées dans lesquelles il est employé: je L'explique ici comme étant un véritable qualificatif k caifse ^e sa position immédiate après le nom ôNBMfi) getnm^s^ qui le précède. >
J'ai déjà. dit, à 1 -article ISSderintrodttetion, que l'initiale de notre groupe représente un t^or^, inst|:uikient de musique* Employée comme caraetère phonétique, cette iqaage. a .la. valeur ^4e JSj[.« . lie théorbe doit être considéré coname un. d^s signes de l'uaagê. le plus ancien dâtis les' éçHtures égyptiennes, puisque sa valeur comme signe alphabétique: ne patutt être, déliée, cpie.de la* aignîfi^ïttioD tropique qW'oh lui avait acc9iidée d'abord, . et. qil'oQi lui > a i sofUivenjt accordée dé même dans la f uite.Gctte signifioatiop primitive esA^elle d^ bon y ' hiùk , tàile , ' graeietuc , etc; ,. copime il pMit 4tK prfluré par cette sëUlé ciiicotistanqe ^què aouveat: fions , .noyoUB La théorbe placé cotmne détei^minàtif à la^ smte àxu mo*.iiFR ^ nos|£, (a , .44)» knot farfait ementi^etttiqiM au CN>]rtè«Oq[p^ m^l^dù.KOi(rci(Sy ton, uAjfe) etc. *.
Les textes de toute espèce m'ont offert des exemples bien plus fréquens du signe le théorbe employé comme initiale du groupe 5^ 44. n n'est pas nre de rencontrer ce groupe ea unioB avec la dési-
* Tel est un exemple cpi nous est ptiTert par les inscriptions (Tim rue de 'broniie éa Ibusife de Turin : ces inscriptiont font mention d^nne dame nomm^ rofei-rompx , littér. la hiUeallàéemita bohne armée'
l i7« ) nence. du pluKÎel (cf. IL I. 4-)'^ tA.eàlïéximople^^^ 44 » qu'on trouve au éhap. i§, i>« sect. (P' partie) dtt pap* T* P. zU pap. R. T., au même endroit, remplacce cette ilemière orthog^raphe parlé groupe 5^ 44* Cette ?ariante, combieon le voit, est une rëproduGtion^Mef:.e4u groupe H. I. 19, que nous analysons : elle représente le signe i^glé le lA^rfo.accoBàpagné de la: syllabe ont, le OyS copte, "une dfs mSsirques habituelles du pluriel. Maintenant il ert étid^it qtiâ là variante préoilée dit pâp; Tl P. 4, 4ii^^ peut, se lire que nofrbhoui : c'est tont^-a^fait la forme plurielle KOqp^Y^, du copte sxoog^Z^les biens ou tes to/Lf/la variantes, 44, qu^emploie le pap. R. T^^ doit donc être expliquée de ^iantémé- manière. Dans le premier cas (4» 440 ^^ signe symbolique primitif de Tidée bohôu Bien, le théorbe, par un pYooédé bien approprié au génie des écritures égyptiennes, est'devenii Yex*pmsiôn phonétique ellé^^méme dû mot nofrb, qui dans la langue parlée servait à remplacer eé symbole : dans le second cas on s'est contenté d'employer le symbole isolé, en y joignant les signes exprimant la désinence du nombre pluriel auquel on a voulu faire appar* tenir Fidée qu'il s'a^ssaitt de représenter.
. Ces* diverses variantes montrent déjà d'une manière assez évidente, ce me senible, quelle signification il convient de donner au groupe H. I. ig. * , mais je vais indiquer encore un rapprochement qui nous fournit une donnée en quelque sorte authentique, relativement à la nréme question. IL n'est pas rare de rencontrer sur les stèles et autres monumens provenant du sol de Memphis le groupe hiéroglyphique n"" 6 , 44^ qu'on doit regarder comme exprimant* un nom de mlie ou pays, ce que le signe déterminatif par lequel il se teimine ne permet pas de révoquer en doute ^. \jt% deux premiers signes de ce groupe Se lisent kn , ou man; 'suit le ikéorbef expression symbolique^ ou même ^ si l'an veut ^ abrégée, du mot ifdFRc, horqpE Itoqps ou Kônrqs, tel qu'on le rencontre dans les. différens. textes coptes. .Deux .déterminatiis .accompagneot
* U déMOnee da sombre plorisl pw tkiqadlftcei.adlieBtifM teimine» ttrat îndiqiic (qpi'U laut ftossi tisdwve oemmc ctanl m jàoaM le tobsluitîf armb (H. I. tS.) qû le ** ¥etr OÊmpagna de Mmm$ès'h^randf €tc. » pag. i>4
( Ï72 ) ce groupe, une pyramide p et le caraetère générique région : nous avons là, à coup sûr, l'expression hiéroglyphique dil nom vulgaire de la ville de Memphis : le mot man^-nofr, ou isàn-noufrb, en copte jUL&itl^OYqSj se traduit par lieu du bien, ou Ueu des bons. C'est eflec* tivement le sens que Plutarque attribue au nom égyptien de Memphis , Opf&oç cefoBîih. Nous allons rencontrer plusieurs autres exemples de l'emploi du théorbe dans le courant du texte hiéroglyphique que nous analysons ; on le verra toujours employé dans la signification évidente de bon y ou bien^ etc : le texte démotique le remplace dans ces différens cas, par une transcription en toutes lettres, du copte ivOYq!^ et le texte gi*ec le traduit constamment par oyodov, ou otyotdoç. (H. I. so.) Ce groupe hiéi*oglyphique doit être séparé en deux par* ties bien distinctes par leur nature, quoique l'une et l'autre exprimant une seule ei même idée. Les deux premiers signes reproduisent d'après leur valeur phonétique particulière le mot expression de cette idée dans la langue parlée ; l'un des caractères qui vient après en est une expression idéographique, quoiqu'indirecte ; une espèce de qualificatif accompagne ces deux expressions. Le mot se lit sm , ou , en suppléant la Toyellé médiale , sem , som : le copte ne m'a pas encore offert une racine qu'on puisse liii comparer d'une manière plausible. Heureusement la seconde expression , l'expression idéographique , c'est-k-dire le déterminatifj est là pour nous apprendre quelle signification on doit lui attribuer. Cette seconde expression consiste, comme on le voit, dans l'image d'un Uen^ ou plutôt d'un /^a^u^^ noué. La Grammaire hiéroglyphique 'uons apprend que ce caractère sert habituellement de délernumztif générique aux mots qui expriment une idée en relation avec celle de lier, ou enveloppe : tels sont, par exemple, le mot hbs, hobs (44 > 7) j en copte ^d\&C, coui^rirj enuelopper, habiller /habillement^ veste, le mot kols (44? S), en copte Kdx>k, embaumer, entourer de bandelettes , et maints auti^s exem)plés^. Notre expression sbm . appartient évidemment à c^te même
* La comparaîton des Ritnels m^a démontré ^'<m remplaçait qœlqiiefois le tiéêerminaiifirùpkfu an paquet noué soit par le •19069 , 44, un paquet renfermant un ùifet embaumé mtieuré de bandeleUes, soit par le signe n* lo, 44, un fil entortiUé ^ scit par les signes ii, 44)Oii I9i5ûi. ^pie je ne pais d^nir
(>75) classe de mote; sa signification ne peut donc être que celle de vêtement , toile, enveloppe y on autre semblable. Ainsi ,. d après le passage que nous analysons du texte Hiéroglyphique de Rosette , les dons faits par le roi consistaient en or, argent, pierres précieuses , et toiles, ou véiemens. En effet nous voyons , dans le texte démotique et, dans le texte gi*ec lui-même, qu'il est fait mention plus d'une fois des toiles de byssus, dues par les temples^, et dont le roi Ptol^ée a décrété la remise.
Mon opinion relativement au mot sem , hakillemeni, ou toile destinée à P habillement, opinion que je me contente ici d'appuyer sur la circonstance de l'hiéroglyphe un paquet noué^ qui lui sert de détérminatif, recevra une pleine confirmation, lorsque nous rencontrerons à la ligne X et XVII du texte démotique le mot odovcayy du texte grec , traduit en égyptien par la forme démotique isolée du caractère hiéroglyphique en question, le paquet noué. Je renvoie de même le lecteur aux articles suivans H. IV. i5 et 3i, pourj'examen de la signification tropique primitive qu'on attribua au caractère la plume d autruche , dont l'image redoublée ^^ figure à la fin du groupe, en question. Ce caractère fut d'abord le symbole de Tidée justice ou vérité:*, on rencontre habituellement l'idée de temple, représentée par les hiérogly^ phes réunis maison de vérité '*'^^; les habillemens ou omemens sacrés étaient appelés ornemens de vérité ou de justice **** : c'est ainsi que dans les peintures et bas-reliefs on voit les hauts fonctionnaires de la classe sacerdotale , de même que tous les individus en général de la classe militaire , parés d'une ou plusieurs plumes d'autruche flottfintes au-dessus de leur coifi'ure *♦***. L'emploi dans notre groupe du caractère une plume dautruche se rattache à un seul et même
avec exactitude. Les exemples ^ m'oot de'nioiiiré ce fait sont tirés soit des pap. R. T. et R. C, soit des pap. R. T. et T. I. comparés entre eux.
* Voir D. X. et XVU. et le texte grec, ligne 17.
^* Cf. V Errata corrigé de Tatlas : un troisième calqiw du monument original ^^il m'a été panais d'examiner dernièrement ne m*a pas laisse la moindre incertitude sur la nécessité de cette lectificatioa.
*** Cf.H. VIII,i4, etc.
**** Cf. H, IV, x5.
*'^'^** Voir les diverses peintures et bas-relieU publics dans les planches des Mwamtnii iUtV EgUto, elt.
inotif;»btikf ap)H>rte,'8elod*iAoï, vLfké ftignifleadott âlifllogtt«. Pureoiiséqueat'f explique 'le' groupe éMier'ptir hid?illéM»hs db ^nié et de justice i b'eat-iMiire , hdbtiknkens sût^s ' oh saterdmaux. L'image de \9LpiUme d'auiruefien'hèiè^ffàtMkmeùt répétée 'q^e pour indî^er le sens^auT^ftiniiff/i qu'il fàlItfildoBiiéi*tia mdt^HM^qfuî Te préoèdet les textes hiéroglyphiques fâ'oiit'offet*tqùelqued'6Xettiple8 da redouble^ ment adopté à la place du triplement (cf. suprà H. L 40 » P^^u^ iudi^ quer le pluriel d'un nom. J'aurai occasion de citer ^tê exemples dans la suite de ce même vbluittë. - • ■ - ' r. • t ...
(H. L 2^}i Cette ex^me^sièii'; tetitièrattiêût pb^ttétii^fuè^ se lit ë-sclSA- NAF :r la lettres qui lui sert d'ittitiale, et-la^^yllabe iiP'Ou'ivikF par laquelle «lie se ' termine /ifte ëont pdur'nioi que- dés formes-gram*^ maticales^ le 'mot «radical est sgha; cherchons quelle peut être la significatioDrdece^mot. i v . .. . »
Les textesieoptes nous ont coMervé plusieurs formes radicales qu'on peut oomi^i^er^^toUt' d'ubord', à la fortAe ^ba : le Lexique de Al. PeyroB eité eUtre auf rés lés expressions ujfr ,- dierf estas, ^s, ou ojM I nascii oriri^j iïrfUs^ st>tts,' splehdefe, cireuA^fidgere, et le savant professeur de Turin remarqué,' b propos de cette i^dnë, que, en composition, : elle prend la • signification 'dé invtiumj prihaipium (ex. : mB'^iX^Ct 9 primog^nitus) : on trouve dans le même lexique
le mot âgcUï', pars supeHàr ^['pars sàmma, etc. ' Il né me paratt pas permis de doutet* que la premiëre des fotmes radicales copte)» que je viens de citer, cy&> àiesfestusj ne soit une véritable trahscrîption de notre' mot hiéroglyphique sôha : en éfi^t^ tel que nous le voyons orthographié ici ; tc mot réparait encore quatre ou cinq fois idans le courant de notfe texte hiéroglyphique , et toujours dans la signification évidente àt/éte, diesfestus, puisque, comme nous le verrons, il est employé k la place de l'expression grecque copr^v '*'• C'est ce même sens à^féte que je lui accorde dans l'expression dont il s'agit dans cet article. '
Avant de piassér h l'examen des formes grammaticales s et np qui
itli.*i >.
♦ Voir H. Kgnef V, VU, X, etc.
( '75) aocempagnènt ioi notre racine scHà, fé^^ 9 qWil me soit permis d'i^o«ter quelqwes nrpprôefiemena rèlatifa aui^^ différ^eotes.acçep^ tiens sous lesqueUes nous avons vu qu'elle a été jslnpk^y^ cUqis les teifttes coptes • : oea rapprochemens - établiront ^ 8«r ritous ' Jpa » points l^identilé dii '8CVA.'Iuérogiy|»hique: et. duicg&^oepte»; Quelle que soit la fréquence dans laquelle ob rencontre ^ ^ «oit ^ tdajas notre inscriptidn^, SMt dans d autres textes » Je mot éoiiJi' employé pour dénoter l'idée àtf4ie, diesfaskiSy je crois^ qu'il est permit^ de< douter que ce s^t là M signification véritablemenb prt«iitir«e«*. {jes textes sacrés de toute espèce en font usage bien plus souvent pour rappeler généralement les idées qui tmt rapport àeeUer de^^Molibn^ supériorité, domifuoiùn^ grandeur. Que tel- ait pu ètrej le. sensidu moti scua, je puis le démMilMr par fine preuve incontestiible» En é^Adiant les divera exemplaires* du igrand Rituel funéraire ^yptien^îl iv'est pas rare de rencoutreiv tantèt dansTun^ tantôt dans^rautre de cc^ exempiairea^ oertaiuea phrases ou mota dont ies scribeaM sont plu à fixer av«c exactitude» et «d^unie manière, particulière, le véritable sens au moy^Ei >d'une espèce de^ pléonasme^ Ge pléonaame consiste a. accompagner le mot dent il «'agit d'im.aecond mot «tei^ sfnonyiUie^. en plaçant entre les deux une eiq[>re8sion égyptienne qui correspond à Texp^es* sion française i;W-à^dlin0^ ou plutètye dis ou diias 4Xutr»mentT : cette habitudedeaeeffibas égyptiens m a servi à.fixer d'une manière certaine la signifi[catMn d'un grand nombpe de* signes pu groupes, hiéroglyphiques^. Or, j'ai'tromvé «u.chap» 4» ii^seet. (U* part») .du pap; A. T. la phrase^ iS, 44> qui se lit aGiii^ mis lUA» en copt)e u(B.:jSSC sxi^h^
* L*oHhograplîe U pliM^ooflipfuBS de rexfnMikm hiétçfjijTskiqfBtie doat J6 ptrk c^ odk qae Je traoaccU
^^•fhd^pmw)fBi^£a^ijUknt^Mtjaeni,k9ÊL place i de^rexpresnon i5, 44,fonne hiératique du sroupe hîérogijphîqiie 16 , 44 , jli, os oa i>ji (liies djis) : cette dernière expretsion ett le corretpondaiit
exact da copte :^^C ^^ B-S2SSC « ^9 dtUs, ou bien c'est-h-dire : Voir l'exemple qae fènai d^ cité denf une note à le page io3. ^e dob.faMre remarquer 'ici qoé dmia k^ fmam9è»»hi^^0§iypffi^i¥es eaaHÉiidM tm.-tttU U fimno U^nicigii0 <m te^^ flo» eouTcnt employée
^ U Sxme hîér^Tphiçue 16» 44. Cette eirconatuice démontre Tanalogie, même loui le rapport de l'orthographe, de lliiéroglyphique nna (i5» 44) aTcc le francftîé c'ett-h'^rc, f]Q*on remplace ordinaire» ment par iVxprebion graplm{Qe abrénattte ou (âchygraphicpie q. è. d.
( '76) et se traduit à la lettre par scha ^ c'est^dire^ naa ; 8Chà est donc synonyme de NAA qui , en copte , de même qu en égyptien , a la signification de grande éle^é. * ,
Il ne m'a pas encore été possible de déterminer ayec certitude la nature de Tobjet que représente le caractère initial de notre mot scha, tel que nous le voyons ici orthographié. Une pareille détermination deviendrait très-utile dans la question de la signification véritablement primitive du mot en question : car je suis très-disposé à croire que ce caractère ne fut d'abord que le signe tropique de l'idée dont le mot scha
étaitlereprésentantdanslalangue parlée. Deux circonstances mêle persuadent : la première consiste en ce que je ne connais qu'un très-petit nombre de cas où le caractère en question n'ait été point employé de préférence k tout autre homophone de la consonne sch pour représenter rinitiale du mot scha; souvent même ce mot n'a été exprimé que par cette initiale isolée. Une seconde circonstance qui m*a frappé, c'est de voir ordinairement et dans des textes de toute espèce notre groupe SCHA dépourvu de toute sorte de déterminatif ^ surtout lorsqu'il a été employé pour dénoter l'idée d'éléi^aiion. Toutes ces circonstances n'ont lieu dans les textes égyptiens , que dans lesoas ou l'un des caractères hiéroglyphiques employés pour la représentation des sons ou consonnes d'un mot est lui-même le signe tropique de l'idée que ce mot sert à exprimer. Au reste, quant au mot scha ; il n'est pas permis de douter qu'il n'ait servi dans les anciens textes égyptiens^ aussi bien que dans les textes coptes, k rappeler un grand nombre d'idées différentes , les unes par analogie dérivées des autres. J'ai déjà cité ses principales significations dans le copte, celles de fêter , naître^ oriri, 'splendere ^ circumfulgere , pars supe-rior, etc. : je crois que , d'après les données mêmes que l'examen de cette langue nous fournit^ il est permis de regarder la signification de éleiféf pars superior, initium, principium , comme étant la véri«> table signification primitive du mot u|& ou cg&S ; c'est en effet ce qu'il est permis de conclure, en voyant que, comme je l'ai fait remarquer, tel est le sens qui lui reste ^n composition. J'ai cité, comme étant aussi une des acceptions du mot scha dans les textes coptes, celle de pj^tus soHsj le lei^er du soleil : les textes égyptiens ne m'ont jfimais
( «77 ) offert d'autre mot pour Texpression de cette même idée *. 11 est évident que dans ce cas le mot en question conserve toujours sa signification générale d*éleçfé ou éléifotion : ce n'est peut-être que par suite de cet emploi particulier pour indiquer le leuer, c'est-à-dire^ la naissance du soleil, orius solis, qu^on lui a accordé le sens général de naître, naissance^ ortus, oriri. Il a pu en être ainsi chez les Égyptiens d'autant plus facilement que^ comme les monumens le montrent, ils étaient habitués à assimiler la vie humaine a la course du soleiL Au reste ce rapprochement me parait confirmé par la comparaison du copte même : en efiet^ si l'on examine dans le Lexique de M. Peyron les différentes acceptions dans lesquelles ce savant atteste avoir rencontré parmi les textes coptes le^,mot uj&y nascij on y trouvera celles de splendere, circumfulgere ! Il est inutile d'insister sur l'analogie trop évidente qui existe entre l'idée d'^/^po/îb/i et l'idée de /ëlr^r ou ^/^, dont nous avons vu que le mot scha était aussi l'expression ** ; je me hâte de passer à l'examen des formes grammaticales qui accompagnent ce mot dans le passage du texte de Rosette^ dont il s'agit dans cet article.
J'ai déjà eu l'occasion, à la page ii4 seqq. de ma Campagne de Rhantsès^le-^Grand, d'examiner la nature de l'articulation s, qu'on voit souvent, comme dans notre cas, placée en initiale devant un verbe, et quelquefois aussi devant un nom. C*est Champollion qui le premier m'a indiqué ce fait; il l'a consigné dans sa Grammaire hiérogfy'phiqiie^ oii il se borne à signaler l'usage de la s préfixe comme donnant au verbe une signification relative ou transitive. Comme il n'en a pas rencontré, à ce qu'il parait, aucune preuve directe dans le copte, je me suis attaché de mon côté , dans l'écrit précédemment cité , à
* On lit , par exemple , à U ligne première cTnn papyms hiératî^e appartenant au de'fnnt Arrieu et conaenré au mnsée da Lovrre , nne phraie qui exprime les idcet anÎTantct : « Je sois Pbré ( le soleil à Torient) dan» son ie^er {m tciA-r , 17. 44) , je sois Atmoo (le soleil k rocddent) dans son déclin, »
*^ La longue inscription qni accompagne la statue dn roi Horus et sa fiemmei an mosée de Tnrin , m^a offert plusieurs exemples dn mot scia eaxçivjé pour dénoter le diadème royal : il est alors accompagné dn dëterminatif une coiffure royale ( 18 , 44 ). Cette nouTcUe signification accordée au mot scua offre elle aussi une analogie incontestable avec son emploi primitif dans le sens de supériorité , élévation.
approfondir davantage l'examen de ce fait important; j'espère être parvenu k rétablir d'une manière incontestable par la découverte que je crois avoirfaite de sa coexistence dans le copte : yoici quelques exemples qui prouvent mon assertion. 11 n'est pas. rare de rencontrer dans les textes égyptiens le groupe phonétique 19, 44 9 mn, men (^déterm. un instrument inconnu) ^ dans la signification évidente de matière y établir , et dont le copte jui^ ou JUEI^^ qni a la même signification, est incontestablement une transcription. Ce même mot men prend très-souvent le sens de rendre stable ^ manere ^ facere ^ par l'addition de la s pvéformative^ SEMN (ao, 44); nous allons en rencontrer des exemples dans le courant même de notre inscription. Or, on sait que les lexiques coptes nous ofirent une fc^^me identique, CEiUlt , avec la même acception de rendre stcAle , disposer^ constituerez xaroered^; évidemment nous avons là un exemple de l'emploi de la C transitive. Les textes hiéroglyphiques font usage du groupe 21, 44» moue, briller^ dont le copte a^Oyb , splendor^ est une transcription exacte : ce même groupe accompagné de la s préformative, smoue (:ia, 44) prend la signi* fication àe faire briller ^ polir , orner. C'est là le copte Cnxytp celebrare, kmdarey c'est-à-dire rendre resplendissant ^ autre exemple incontestable de l'existence de la C préformative chez les Coptes. Il serait facile de citer une longue Jiste de mots coptes qu'on a envisagés jusqu'ici comme des mots primitifs , et qu'on est obligé, par suite de la comparaison de leur orthographe hiéroglyphique, de regarder comme des formes dérivées. Maïs il est possible de constater Texistence de la C préformative transitive dans le copte par un examen isolé de cette langue elle-même. Je prends pour exemple le mot Ctnw^f ligdrey vincire, coercère; est-il possible de ne pas reconnaître dans ce mot la racine Oi^^, sepimentumj septwuj sepire, en
union avec la lettre C qui lui donne un sens transitif? Le mot COLYOY^ 9 COOnr^ , congregatio ^ ne se forme-t-il pas, par le même
procédé, de la racine OyO^, addere, adjicere? On peut ramener à la
mêqae étymologie les mots COYSn, insigniSf illustris, dérivé de la racine oyOESK^ lumen, splendor, COOYK, cognoscere^ scire, dérivé
de OYOtVi aperire, COt tSS,/rumentum, dérivé de OYOI, cUere, CojE,
( »79 ) oppofiei, Ucet, par est, dérivé de ^Z,par, œqualis, C5pft'^ ^ rendre
tranquille, mettre en repos, dérivé de Sésph^ , noT, etc.
Au reste y je suis persuadé que , parmi les formes grammaticales coptes que les érudits ont déjà reconnues comme étant propres de cette langue , il en existe une dont l'usage rappelle directement celui de la c transitive dont nous venons de constater Texistence dans Tancienne langue égyptienne; je veux parler du monosyllabe CB» que les grammairiens désignent comme servant à la formation de certains noms (tagent : tels sont les noms C2^1^K2^1T tisserand j décrive de K&IT Jil^ C&t5E«î^0Y2S menteur, dérivé de ju^«R0Y2$ men^ songe y etc. Mon opinion est pleinement confirmée par la comparaison de l'orthographe hiéroglyphique des noms de la même espèce : que Ton examine le dessin d'un ba»-relief égyptien, reproduit & la planche XLI des Monumenti deir Egitto, elc. ( Mon. cii^.), et représentant des femmes occupées a tordre des fils; on a tracé au-dessus d'elles l'expression 23|449 stgb, stogb, évidemment formée du mot copte ^KSJiSZj ^tutf^ réunir, unir, tordre des fils , que précède la forme ordinaire de la s transitive , correspondant ici exactement au CB copte, C&TCU^; tordeuse de fils.
Il est nécessaire de ne pas confondre dans les textes hiér<^yphiques les cas oii la s préfixe donne aux verbes un sens transitif ou relatif, avec les cas dont j'ai rencontré quelques exemples, oU cette s, par une simple euphonie, est ajoutée au commencement de quelques mots lorsqulls ont pour initiale une voyelle. Tel est celui du motoM (^5, 44 )# manger, le copte OYCUjul, qu'on rencontre souvent sous la forme de son (a^f 44)* Quant à la s transitive, je dois ajouter qu'elle n'a jamais été employée qu'en préfixe, c'est-à-dire placée en initiale devant les verbes auxquels elle s*unit * .
* J^îoôate lor celle dernière circoaitaiice t qooiqae M. Roieliini , à It page 376 da wcond Tolume des Monumenti delf Egitto {Mon. êtoriei) oh il (ait wage de ]a dccooTerte de fini Chanqpollion rdatÎTemeiii à la • prétonnatÎTe transitive ^ ne donle point d^asrarer que cette • pouTait être placée en qffixe* Il iSonde ton aïKrtion wu Paatorilë dn texte du Roeette loi-mtee , et il cite à ce propos le gronpe H. III. S, dont il a^one quHl ne sait le rendre compte , en ignorant toa*-à-fait la Talenr plionctiqne
( '8o ) Reste à expliquer dans notre groupe H. I. 21 la syllabe nf, haf^ qui accompagne le mot scHAcn qualité d'aflGb^e. La présence de cette syllabe s'explique ici d'une manière tout-a-fait évidente , par les doctrines que ChampoUion a tracées dans sa Grammaire htérogfy" phique^ relativement à la conjugaison. La conjugaison des verbes égyptiens , nous dit l'illustre hiérogrammate , s'effectue principalement au moyen des pronoms simples (c'est-à-dire, les pronoms affixes dont j'ai précédemment donné le tableau, cf. H. L 7.) : ces pronoms font connaître la personne et indiquent en même tems le genre et le nombre. Dans ce cas , les Égyptiens considéraient les pronoms comme emportant avec eux-mêmes l'idée dî existence de la personne *. Lorsqu'il s'agit d'exprimer le lents présent du mode indicatif, les pronoms précités se combinent sans aucune marque de tems, avec un yevhefiguraiif^ symbolique pu phonétique : ils constituent ainsi un tems présent qui équivaut à la rigueur, soit ^vl présent défini de la langue copte formée également des pronoms ^ , K ou ^ , TE, qj C, ^K, TET^ et CE placés avant le verbe, soit au/ire-
des caractères qoî le composent (Voir notre article H. III. S). Dans ce groupe rarrangoiient des signes a en lieu de manière que celai qai représente la s transitÎTe a dû, à cause de sa forme particnlièrei être place'
uu-dessos dn mot ka (transcription da copte K^y placer) , auquel il sert de préfixe; on sait que cette position, en qualité d^initîale du mot, ne lui était point interdite par les règles ordinaires qni présidaient à la disposition des signes dans les textes égyptiens (Voir Précis du système fUérogljrpk.f page 817 seqq,). Mais il est arrivé que Tartiste chargé de sculpter le texte hiérogljphique de rinacriptioa n'a pas fût attention aux proportions nécessaires à donner à chacun des caractères qni font partie du groupe ; il en résulte que le caractère représentant le x du mot xâ Tient se présenter à Tceil presque comme étant le premier du groupe en question. U parait que cette fausse apparence en a imposé au savant profiBsaenr de Fîse , nonobstant sa longue habitude des textes et ses connaissances sur la paléogr^hie égyptienne. An reste, puisqu^il insiste à regarder la s trûnsitiye du groope H. III. 8, comme affixema. mot xa , placer j qu'elle affecte, je ne conçois pas comment il n^a pas tu au moins que dans l'orthographe de ce groupe , tel qu'il le reproduit lui-même , la s en question , en admettant arec lui qu'elle ne repr é s e nte réellement pas l'initiale , ne peut d'antre c^té être en aucune manière regardée comme affixe , on, pour me servir de ses expressions, comme venant après le mot , puisqu'elle se trooTerait placée entre les deux lettres du mot xa, le x et le A, et non pas a la suite dn mot même. Cf. le n° 26, 44 qui reproduit le groupe H. UI. 8. dont il s'agit* * C'est ainsi que dans la langue copte il existe une forme de verbe abstrait , qui ne consiste que dans les pronoms affixes isolés auxquels on a donné la faculté d'exprimer à la fois l'existence avec relation à un attribut quelconque. L^nsage très-fréquent de ce verbe abstrait me dispense d'en citer des exemples en particulier.
( iSi ) sent indéfini composé du rerbe et d'une partie de ces mêmes pro-* noms que précède la voyelle E ( ES , EK, ^^^ EC, etc.) par un simple besoin d'euphonie^ selon toute apparence. Il n'existe sous ce rapport d'autre différence entre les deux langues , si ce n'est que dans les livres coptes le pronom précède le verbe , tandis que dans les textes hiéroglyphiques les pronoms sont constamment placés à ta suite du verbe comme affixes.
Les pronoms qu'on emploie comme marques des personnes du présent expriment aussi celles du tems passé , mais ils se combinent alors en affixes k un des homophones de la consonne n , qui ^levient ainsi la marque de tems. Cette forme répond exactement à celle des passés vagues ou imparfaùs de la langue copte ttES j KEK j ftEq j etc , ou ItM) tt&Ky IXh^ etc. C'est cette dernière que représente notre HAF affixe du mot scha; ainsi je n'hésite pas à traduire le groupe entier, s-scHA-NAF, par U fit fêter.
Mous en avons déjà vu des exemples, et j'ai déjà eu plus d'une fois l'occasion de le dire , le système d'écriture sacrée semble avoir eu pour règle d'exprimer d'abord en première ligne l'idée principale, en rejetant à la suite tous tes signes des déterminations particulières et ceux des modifications qu'elle pouvait subir. C'est d'après ce même principe que nous devons expliquer ici la circonstance de la syllabe naf, marque de personne et dé tems, i^cèe^ à la suUe du verbe scàA, tandis que dans le copte nous voyons son correspondant tiBK\j ainsi que les autres formes de la même espèce, ^h\ , It&K, etc. , toujours placées avant le mot auquel elles se joignent. Au reste , quant au fait en général de cette espèce de déplacement des pronoms, marques de personne que nous observons dans les anciens textes égyptiens, je crois en reconnaître des traces évidentes dans la langue copte elle-même. En effet , on sait qu'il existe dans cette langue une forme particulière de conjugaison, qui consiste dans l'expression du qualificatif ou nom d'agent , précédé du verbe absolu et primitif ITE ^ et accompagné des pronoms x^ K^ q^ €> etc., toujours en qualité à' affixes , tout-à-fait comme on a pratiqué dans les anciens textes égyptiens : on trouve, par exemple, les formes 1IE^5>K tu dis , HE^&q il dit , HESiS&C elle dit, etc. , dérivées de la racine ysxss dire. Il faut
( '80 même remarquer^ à propos de cette manière de conjuguer dans la langue copte 9 qu'on ne la trouve guère usitée que pour la racine précitée ^tu j et que sa simplicité , nbn moins que la comparaison de la manière adoptée dans la langue hiéroglyphique , nous oblige à la regarder comme un véritable reste de la forme la plut ancienne de la conjugaison égyptienne. Un autre exemple des pronoms coptes placés en affixesj k Tancienne manière égyptienne , est celui que Tuki a signalé à la page ^19 et 3o de sa grammaire copte, dans les mots OYOXtt&K 9>œ tibi, OYOSt^&q V€S illi, etc., et dans
tVMXZ^nriC becUus tu, tM>l,\hri^ beat us ille, etc. , et dans d'autres noms quoiqu'en très-petit nombre. On pourrait citer dans le copte bien d'autres exemples des traces qu*on y reconnaît de l'usage pri«mitif des pronoms K , q; C , etc. , en qualité d'affixes \*) t il'pa(ratt que souvent il était indifférent de les placer ai^cmt ou après le qualificatif , peut-être même faut-il croire que, tandis que les règles qui présidaient à l'orthographe dés textes hiéroglyphiques les rejetaient a la suite , la lecture les rétablissait k leur véritable place , celle d'augment. C'est là au moins ma conviction particulière ; au reste , la comparaison des divers exemplaires du Rituel funéraire m'a offert pourFemploi des pronoms, marques de personne dans la conjugaison des verbes y quelques exemples d'après lesquels il n'est pas pennis de douter , ce me semble , que , si l'usage était généralement consacré dans la rédaction des textes en écriture sacrée de placer ce^ pronoms en dfixes , soit que dans la langue parlée on eût rhabitudë du contraire , ce que la comparaison des textes coptes nous fait croiiré, soit d'après tout autre motif, rien ne s'opposait à ce que leë mêmes fussent placés en préfixes , c'est-k-dire en augment. Tel est l'exemple de l'expression 27 , 44 ^ f-tor (le copte c\-^ttïp) il perce, employée k la place de l'orthographe ordinaire tor-f (a8, 44) que m'a oflRert le pap. T. 1., comparé au pap. R. C. chap. a6, i'* sect. (II* part.}.
* Tel paraît être le C9s de la lettre CI fgoutce k la fin de certaîoet racines afin de leur donner un sent réfléchi. Ex. : '^Otf^ unir, 'TCU tfq, s'unir, efc.
(H« L 22). Nom da dieu ApU : Voir supràj H. L 1 1.
(H. L âS). Je lia oe groupe pur r-sôsi«nap, expression qui, d'a(n*ës Ja langue copte, se traduit par iZ ajaù ériger ou il a érigé : je vais jus* tifier cette traduction. Le signe initial du groupe, tel que je Tai fait dessiner à la planche 1 , représente une bouche, % ; mais les différens calques tirés du monument original de Rosette, que j'ai pu avoir sous les yeux, ne m'ont pas permis de décider si c*est réellement le signe une bouchej ou plutôt son homophone un œil (n® 95 9 Introduction) , qu'on a voulu représenter. Au surplus cette différence ne fait rien à la signification que je orois reconnaître ici dans ce caractère initial ; je le regarde comme l'expression hiéroglyphique du verbe copte Ep^ p ou ^ps , facere, esse, etc. : en supposant que notre signe représente la houche, sa valeur phonétique est toujours celle de a, et nous aurions , pour ce cas , dans le copte p une transcription exacte : il en serait de même en admettant qu'il nous représente le caractère un œil. Si ce caractère avait la forme du n^ 95 de notre Introduction , nous savons déjà que sa valeur alphabétique est celle de r; si, au contraire, il avait la forme du n* 48 (Introd.)# j'ai déjà eu précédemment l'occasion de dire que ce signe était souvent employé dans les textes , soit comme expression tropique , soit comme abréviation du verbe iply/acere, esse (voir n®* 16, 17 , 18, 45); au reste, j'expliquerai en détail cette expression à l'article H. IV. 14 {ij}frà). Ainsi, dans les deux hypothèses possibles sur la véritable forme du caractère initial du groupe dont il s'agit, tout nous persuade à regarder ce caractère comme étant l'expression du copte Ep^ p ou \p\jfacere , existere. Quant à la véritable analogie que je prétends reconnaître dans notre a initiale et le verbe copte Ep^ p> etc. , on sait quels sont les différentes manières dont on emploie ce verbe dans cette dernière langue. Très-souvent, comme par exemple dans la conjugaison il remplit des véritables fonctions de verbe substantif ou auxiliaire ; tous les lexiques lui accordent, entre autres significations, celle de esse, être- Il n'est pas rare non plus de trouver le verbe Ep • p employé en composition pour former des racines composées dissyllabiques; on peut même dire que les verbes Ep j "^^ faire, esse, et ^ ou T£>9 donner, sont les deux verbes que les Coptes ont employé
de préférence a tout autre, pour leurs expressions composées. Or les textes égyptiens m'ont offert des exemples en grand nombre des mêmes verbes, [Ep ou p sous la forme précitée une bouche ou un œil, et ^ ou T& 80US la forme :i9 ou 3o (pi. 44)], employés dans le même but. Tels sont les exemples que nous offrent les expressions suivantes comparables avec autant d'expressions coptes : rsgh ou rasche (3i, 44), se réjouir, le copte p5a)£ composé de ^j faire, être, et de hi^Zjjoie, ou l>tXil>\ , féie (anal. UJM) *; tôwkh (5a, 44f abréviation de l'orlhographe 53 ib.), vinfiant, en copte T&tl^o de OIK^,
vie, et '^ ou ^5^, donner; tieou (54, JîJî), glorifier, en copte ^^^pe&Y
de ^ et ihrty gloire, etc. Il est si vrai que les deux verbes R ou t,
Ti (p ou ^) servaient, dans les anciens textes égyptiens comme dans les textes coptes , a la formation des verbes ou des noms composés , que la comparaison des Rituels nous montre continuellement l'un employé k la place de l'autre. Ainsi , par exemple , il n'est pas rare de rencontrer l'expression r-rime (55, US) fficUre pleurer (en copte id.), remplacée par l'orthographe ti-rime (56, ^i) : le pap. T. T. à la viii'' sect. (ir part.) m'a offert même la locution entière n*" Sy , 44 , une Ti-RiME DJis NNE R-RIME (en coptc KKE '^pSUE !2[SSC t^KE ppsuE) , ne DONNE /lo^ d pleurer , je dis ne tais pas pleurer. Quant à l'emploi du verbe égyptien r (une bouche ou un œil) en qualité de verbe sub^ stantifj emploi que nous avons vu être souvent celui du copte Ep^ p, c'est un fait qui ne pourrait être constaté ici que par l'analyse d'exemples nombreux tirés des inscriptions hiéroglyphiques : on en trouvera quelques-uns au chapitre des verbes dans la Grammaire hiéroglyphique de Champ'oUion, à laquelle il suffit de renvoyer mes lecteurs. Je me hâte de passer k l'examen du mot avec lequel notre verbe égyptien R se trouve en composition dans le groupe hiéroglyphique que nous analysons.
Ce mot se lit sos ; je le prononce sosi , en y ajoutant la finale i habituellement omise dans l'écriture. La racine sosi ne peut être mieux
* Aucun leitique copte n*a enragîstit; cet mots arec U ngnificatkm que Je Tient de leur aoeonler % tel est pourtant le sens qnUU reçoirent, soit dans FApocalypse XI » rcrset lo^ soit Lev. XII, aif qf< ▼«
isomparée qu'au copte CcnCXf qui me parai t.en être une transcription exacte : les textes accordent à ce dernier la signification à'ériger. L'endl*oit du texte grec qui correspond à la partie que nous analysons du texte hiéroglyphique nous donne la certitude que dans cette phrase du décret il s'agit d'une mention ile temples ^ autels, etc., que le roi Ptolémée avait fait ériger ; il est dit à la ligne 34 > ccpa xae voeouç mx ^cofAOuç c^suaaro : la difiiérence qui existe entre la signification de la racine grecque tèpôto^/onder, et la racine égyptienne CCOCS, ériger, n'en fait pas réellement une pour l'expression de l'idée générique que le scribe chargé de la rédaction du décret de Rosette avait à reproduire. La racine sosi, de même que la racine scha du groupe précédent H. I. ai y reçoit en affixe la syllabe naf, marque de la troisième personne du singulier au tems passé : on observe entre l'expression de cette syllabe et celle du mot sosi , des traces d'un caractère déterminatif qui accompagnait ce dernier; mais il ne m'a pas été possible d'après les difiérens calques du monument original , de bien fixer la forme de ce caractère. Cependant le dernier de ces calques que j'ai eu k ma disposition m'a fait acquérir une certitude complète sur deux points : le premier » le plus important , consiste en ce que ce caractère, aujourd'hui à demi effacé, représentait réellement, comme je l'ai dit , un signe tropique ou idéographique, c'est-a-dire un déter^ minatif au mot sosi qui le précède. Cela est démontré par la présence de la note ( le disjonctif v^ a du Tableau de la pL 43) $ qu'on y voit tracée au-dessus, pour avertir l'interprète de la différence entre la nature de son emploi et la nature de l'emploi des caractères (sosi) qui précèdent. La seconde circonstance que j'ai pu relever consiste en ce qu'il ne m'est plus permis de douter que la forme du caractère en question, telle que j'ai cru pouvoir la reproduire, à la planche 1, n'est pas exacte : cette forme m'a paru devoir être plutôt celle que je représente sous le n"" 38, 44; j'en ai presque la certitude. Cela étant, ce dernier signe représente une petite pioche, telle qu'on en voit la forme plus en grand (Sg, 44 ) ^ la planche XLIII et XLV des Monumenti deU Egitto {Mon. civ.) : on conçoit très-bien que l'image de cet instrument ait pu être employé comme déterminatif tropique à la suite d'une expression qui rappelle l'idée de la construction
C i86 \ d'un édifice. Ainsi ma traduction du groupe r-^sosi-naf reste mais justifiée : si Ton veut regarder Texpresaion qui sert d'initiale , R , /acere., esse , comme formant un véritable nom composé avec la racine sosi, on traduira par il a fait ériger i sî au contraire on persiste à ne voir dans ce même a qu'une forme de verbe substantif comparable au copte Ep^ p; etc. , on traduira par il a été érigeant, c'est-à-dire , il a érigé.
( H. L 24* ) Ce groupe n'est au fond qu'une reproduction de celui H. I. g, que nous avons précédemment examiné; il consiste dans la représentation de l'idée édifice ou habitation dun ordre distingué ^ en union avec le caractère symbolique Dieu (voir infrà^ H. 11^ 4)9 c'est-à-dire qu'il exprime l'idée habitation d'un Dieu , t^nple , ou plutôt temples , car le groupe se termine par les trois barres, marque habituelle des pluriels figuratifs.
(H. 1. ^5. ) Voir Y errata corrigé de Tatlas; l'inspection d'une nouvelle empreinte du monument original m'a permis de reconnaître les traces quoique faibles de l'homophone habituel de la lettre t après le scH qui» dans le dessin de la pi. 1 , figure isolé comme initiale du groupe que noua devons examiner ici. Ce groupe doit, donc être lu par scHTM, SCHTAM : deux déterminatifs raccompagnent; le dernier nous avertit qu'il s'agit ici du nom d'une demeure ou emplacement quelconque ; c'est le signe un plan de maison ou coupe dune chambre ( voir suprà pag. 129» seqq. ). Le déterminatif qui suit immédiate^ ment le mot représente deux bras humains ou^rts en signe de négontion. Ce signe» employé isolément» eat d*un usage très-fréquent dans les textes hiéroglyphiques. Tantôt il indique V absence d'une chose, le EJUi^» sans, de la langue copte : tel est le cas de l'expression 40» 44 qu'on lit parmi les inscriptions du tombeau de Rhamsès V» dans la vallée de Biban-el-Molouk^ dans un texte qui se rapporte à l'image d*un individu figuré sans tête; cette expression signifia en efi'et sans tête y ou qui fia pas de tête, le Eustnr£^&-1TE des coptes. Plus généralement notre signe exprime une négation » et Champol*^ lion Ta en efi'et signalé dans la Grammaire hiéroglyphique comme employé pour exprimer la forme négatiife des verbes égyptiens , qui correspond à la forme négative des verbes coptes iù^-lTE^ h^. ••h^ y
î<K.«.sR, hq...£^s^9 etc. y ou it^EX^ hil^K^ stttEq etc. Démon côté, j'ai eu précédemment ( pag. 3i ) , l'occasion de démontrer qu'il sert dans ce cas à représenter réellero^t l'initiale d'un groupe hié** roglyphique dont k forme copte \xrxz n'est qu'une transcription. Maintenant , quel peut être d'après ces déterminatifs le sens du mot scsTAM ? D*abord il me paraît impossible de ne pas reconnaître dans ce mot la forme ancienne du copte cy^Sit^ y clauderé , ùnpedire. Nous allons rencontrer à la ligne X^ 8, de cette même inscription un autre exemple du groupe hiéroglyphique que nous analysons ici ; on verra que dans ce second cas , le mot sghtam reçoit pour déterminatif le signe «n ctichei , objet dont il sert à rappeler l'idée. Ce même signe lui sert habituellement de déterminatif (4< > 44) dans un trës^-grand nombre de cas oh je l'ai tu employé pour exprimer l'idée de Jèrmer^ daudercj signification qui est celle du copte <gnrB>l5L *• Quant au caractère hiéroglyphique (deax iras ouverts en signé de négaÊion)^ expression habituelle de la forme nigathe des v^bes y qui sert ici à déterminer la signification de notre mot scHTAM , il est h remarquer que dans la langue copte ce mot n'est lui-même qu'un dérivé d'une particule négaii^e ou profuhùwe «ta^9 non^ au nioyen de la consonne <x{^ (abréviation de Ocg ou tUcg^ beaucoup), qui^ ajoutée aux racines primitives, leur donne une valeur plus énergique et plus absolue. Ainsi il n'est pas permis de douter I ce me semble, que notre groupe entier H. I. ^iS-n'exprime ridée d'un édifice ou partie d édifice quelconque dont l'entrée était défendue à la généralité des personnes , l'idée en un mot, d'un lieu le plus sacré. Le texte grec ( lig. 34 ) nous parle de ccpoc x« imbouç xoc jkifAouc; nous avons déjà trouvé dans le groupe précédent (H. I. a4) le correspondant égyptien du mot npa; il nous est donc permis de voir dans celui-^ci le véritable correspondant égyptien du mot voouc. Cle mot grec a été employé plusieurs fois dans le courant du tente de
* Das oc derolcr caf les testes m^oot sourent offert Torthographe 4^ , 44 , où le mot schtah se moatre accompagné de deux dëtenninatifii à la fois : le premier cVst le rac/ief , le second représente nn hra» tenant le easieAête déterminatif perpétuel des verbes d^action.
Rosette, et toujours d'une manière un peu vague; les lexiques le traduisent communément par temple ^ mais ce sens ne lui convient pas ici y puisqu'il est précédé justement par le mot (Vpa. M. Ameilhoo a cru devoir le traduire par chapelle : Texpression égyptienne par laquelle nous venons de voir qu'on Ta remplacé lève^ ce me semble, toute espèce de doute sur le véritable sens qu*on doit lui accorder dans le passage dont il s^agit. Il parait désigner proprement le lieu qu'habitait le dieu, la partie principale du temple, la cella. * Ce n'est que plus loin, k la ligne 4^9 que le mot vocoç a été employé pour désigner particulièrement Tidée de chapelle portatif p le tabernacle dans lequel on plaçait les statues des dieux ; le texte hiéroglyphique se sert dans ce dernier cas d'une expression tout-4i-fait différente de celle que nous venons d'analyser.
( H. I. a6. ) Les signes dont ce groupe se compose sont en partie détruits, mais, d'après la signification du mot /SoDfcouç, euitelSf que porte le texte grec, il nous est permis de croire en toute sûreté qu'ils nous offrent les restes du mot schoui (4^1. 44 ) 9 autels , le copte WjHaTTE. cyHOYS, tel que je l'ai rencontré dans les textes hiéroglyphiques de toute espèce. Souvent le mot schoui ( 45 , 44, ) ne reçoit comme ici aucune espèce de déterminatif ; d'autres fois , il en reçoit un entièrement^g'ara^^ tel que, par exemple, un autel chargé dl offrandes , ce qui est le cas de l'orthographe 44 ) 44 9 schbou, t , a)KOYS**T* qui m'a été offert par les inscriptions d'une stèle du musée de Turin. J'ai déjà eu l'occasion de citer, a l'article 195 de r Introduction, deux autres variantes du niot schoue, oMely tirées de la comparaison des Rituels '*'^.
(H. II. I.) La mutilation de la pierre ayant fait disparaître la phrase qui se trouvait au commencement de cette ligne de Tinscription, il m*a été impossible d'établir avec certitude la signification des caractères que j'ai réunis souis ce numéro, et qui en faisaient partie.
* Les IWrcs sainU emploient le mot yaoç pour désigner le sanctuaire du temple de Jvnualem.
** Les inscriptions de la cour de Tédifice de droite à Philé m'ont offert le mot sschf (45 9 44) comme nom d'une espèce particulière d^autel y V autel h foyer ^ (4^)44). Dans les bas-reliefs, auxquels ces inscriptions se rapportent, il est parlé de l'offrande d'un autel d^une forme semblable faite par Plolémëe Philometor h la déesse Pascht.
( H. IL 2p ) Cette expreftsioii » entiàrement phonétique , se lit rtb ou ATI, BRTi ; je la traduis par donner ou accorcler. Ma traduction peut être justifiée tout d'abovd par les variantes que les divers exemplaires du Rituel funéraire m'ont offert à la place du mot rte. Ces variantes ( et elles sont très-fréqu^ites ) consistent généralement dans le caractère symbolico-phonétique un brcu qui présente une offirande solide (ITO de Tlntrod.) ^ expression du verbe copte '^^ donner ( 47» 44» ) : telle est celle que nous offre le pap. R. T. eom-^ paré au pap. T. T. au chap. i3 , v* sect. ( II" partie )^ etc. Quoique dénuée de toute marque de tems et de personne , j'ai regardé notre expressioa rtb comme devant être traduite à la troisième personne plurielle, du tems présent^ ce que réclame le sens général et la construction même de la phrase dont elle représente le verbe. Il n'est point rare de rencontrer dans les textes hiéroglyphiques des verbes employés dans la proposition sans recevoir aucune marque de tems ni de personne. U est clair que dans ces cas le verbe doit être censé an iems présent^ et que c'est le sujet exprimé qui indique la personne et Je nombre y soit que ce sujet précède le verbe , soit que le verbe lui^-même précède le sujet de la proposition ; comme dans le cas de la phrase que nous analysons ici du texte de Rosette. Le sujet est exprimé par les groupes 4 et 5 ( H. II, ) les dieux et les déesses.
Notre traduction du groupe rtb restant ainsi justifiée par la seule collation des textes hiéroglyphiques entre eux, il serait presque superflu d'en chercher de nouvelles preuves dans la comparaison du copte. Mais nous allons rencontrer dans le courant de cette inscription d'autres exemples du même groupe, avec une acception qui n'est pas tout^à-fait la même que celle sous laquelle il figure ici ; cette circonstance ne trouve, une justification que dans Tétymologie elle-même du mot rtb, étymologie que je suis parvenu à découvrir à l'aide dn copte j il ne sera donc pas inutile de voir ici quelles analogies nous sont offertes par cette langue. Je suis persuadé que l'expression égyptienne rtb existe dans le copte sous la forme du verbe ^pE qui û^^^ faisant être, essefacere. Laissant à part pour le mo« ment la question de la différence qui existe entre l'ordre ^es articulationset des voyelles dans le mot rte, et l'ordre desmêmes élémensdans
le mot nrpt 9 voyons d abord si les deux expressions se ressemblent toujours sous le rapport des divers usages auxquels elles ont été des-* tinées dans les deux langues. On rencontre dans la langue copte le mot ^p£ employé pour donner origine à une espèce de forme transiUife du verbe abstrait auxiliaire : on ne trouve guère d'usité qu'un seul tems de cette forme , mais il suffit pour nous montrer la combinaison des élémens dont elle se compose. Cette combinaison consiste dans l'expression du verbe qui dénote Yexistencef suivie par la racine précitée ^pt , faisant être; ainsi par exemple , k la voix du tems passé indéfini (le seul que nous avons dit exister) , on dit Sî^piB fui éiéfaimnt être , c'est-à-dire je fis être : le mot h\ exprime le yerbe être au passé indéfini. Une combinaison analogue a lieu dans la langue égyptienne , au moyen du mot rtb en question. J'ai déjà fait remarquer, à Tarticle précédent H. I. !i3y qu'un caractère représentant Vœil est très-souvent usité dans les textes , soit comme abréviation, soit comme expression tropico-^jdionétique d'uuTerbe eopte et égyptien , qui a la signification àefcdre , mais qui plus souvent, dans l'une comme dans Vautre des deux langues , sert à représenter le verbe substantif ou abstrait étre^ Or nous allons rencontrer à la ligne IV, 14» du texte que nous analysons le groupe etb précédé du caractère un œilj (48 , 44) ^^^^ 9 exisiere, pour exprimer justement Tidéé de feàre être, de même que la forme transitive copte dont j'ai précédemment cité l'exemple MTp^ foi été faisant éùre^ jê fis être : c'est-* à*dire l'endroit oii il est dit que les prêtres seront faisant être (c'està-dire ^ronf être ou feront afin que soit) T ornement ^acré deimnt les images (du roi Ptolémée) : cette cxmcordanoe me paraît frappante. Mais il y a plus : le verbe copte n^pz faire être, se joint très-finéquem^ ment à la préposition k^pour, ad, etc., et devine par là origine à Tad-^ verbe È^p^ qui signifie u/, afin que, c'est-^indire pour fmre -être . Maintenant qu'on se rappelle ce que j'ai eu l'occasion d« fai» voir précédemment à l'article H. I. 8 , oii j'ai tâché de démontrer que la préposition copte z,pour, a été constamment et exacteoMnt remplacée dans les textes hiéroglyphiques, par le caractère une bouche,^, ou ER. Or, l'inscription de Rosette va nous montrer^ à la ligne Y. du texte que nous analysons, deux exemples du mot en question aTi;
( igi )
précédé de la préposition a pour (4g, 41) y et employé dans la signi-* ficatioa évidente de afin que , de même que le copte C^p^ ^ c'est dans la pbrase < afin que, soii connue cette chapelle (du roi Ptolémée) » • L'adverbe eopte ETpt a'écrit quelquefois par une espèce d'abréviatimi soms la forme de nrpE ; cela arrive surtout lorsqu'il sert à expri* mer une espèce de iems Jutur, dans lequel on le voit aussi tantôt écrit par Tp^ ou Tp£-> et tantôt par nrs^p; les pronoms personnels s'y joignent en affixes, et Ton dit par exemple TB^pEKOlit^ ^T^^pB-K-^nt^^ ) I tuvwra^ , c'est-a-dire tu es pour vivre. L'inscription de Rosette nous offre un exemple de cette même abréviation (rte, 5o, 44) pour Tad verbe rrte (49 9 44); c*est à la ligne XL 16 dans la phrase « afin que Von place elle ( la stèle ) » . Une pai'eille abréviation n*offre rien d'extraordinaire dans aucune des deux lan-* gués f soit à cause de la nature de la c , ou R , soit même à cause de la place que cette voyelle ou semi- voyelle occupe dans l'expression tTpE) ou RRTB. Ainsi nous voyons que, comme je l'ai d'abord assuré, le verbe égyptien rtb a été employé en composition, pour donner origine à des expressions exactement identiques^ soit dans leur forme, soit dans leur signification , à autant de mots coptes dans la compo*sition desquels entre l'expression nrpB* U nous reste à parler de la différence orthographique qui existe entre le copte nrpE 9 et l'hiéroglyphique rtb; mais cette différence s'explique par l'étymologie du mot ^pB lui-même. Ce mot se compose du verbe p^ pE, ou
EpE ^ faire ^ ou être, et de la consonne ou syllabe nr 5 ou tb. *; or,
il me sufl^ de faire remarquer que la racine p^ Ep^^ etc., faire, être , etc. , si souvent employée dans la langue copte pour former les
* H. PqrroD {Lexicon linguœ copticm, page a5o) regarde oe ^ oa ^T^ comme repréientaDt de farticU du genre féminin ^ employa k la place de rarticle do gco^Q neatre , que la langw ^SJptlcoiie n*a pas. Ponr moi , je peniate à croire que le ^ on ^& dn mot ^p£ (aatrefois écrit ^^DC on ^T^PJ) '<y" M P tc la ndne copte et égyptiflone ^^ ^S ) ^ composition r^^ donner, accorder, de sorte que le yerbe ^p£ on «T^p» ^'^ faeere, ezprimey selon moi, à la lettre Tîdce de accorder d'être TT-p^) » c'est-à-dire yiire être.
( '9^ ) mots composés f ne se trouve pas toujours, comme dans le mot Ttp; placée à la fin* ^ mais qu'on la voit aussi figurer au commencem^U ^"^^ et que c'est même la le cas le plus ordinaire, comme le plus naturel, celui qu'on a suivi en effet dans le» anciens textes. Il reste démontré par lobservation que je viens de soumettre , qu'il était indifférent pour un Égyptien d'écrire ou de lire le mot en question par p-TC • comme dans les textes hiéroglyphiques, ou par nr-pt 9 tel qu'on le trouve dans les textes coptes.
(H. II. 3.) NF, NAF. Nous avons déjà eu l'occasion , à l'article précédent H. I. :2i., d^examiner un groupe, ou mot tout-à-fait identique à celui-ci : nous lavons expliqué comme étant l'expression de la marque de la troisième personne singulière du verbe au tems passé, le it&q des livres cOptes. Il est impossible de lui accorder ici la même signification, puisque, comme nous allons le voir dans Tarticie stiivant, le sujet de la proposition est représenté dans cette phrase par un nom au pluriel {les dieux et les déesses). Sa position immédia*^ tement après le verbe ne nous permet ici de \e regarder que comme pronom , complément indirect de ce verbe même : il représente le é/a^^ singulier des pronoms affixes que j'ai déjà fait connaître, et cette forme trouve un correspondant exacte dans la grammaire copte. Jetons un coup d'œil sur la déclinaison des pronoms en général , dans cette dernière langue. On sait que ce qu'on entend rigoureusement par déclinaison dans la langue grecque et latine n'exista point dans la langue égyptienne : Yarron Ta déjà observé ''^^. La lan-^ gue copte ou égyptienne supplée à la déclinaison par une série de prépositions qui remplissent les mêmes fonctions que les cas. ChanipoUion a indiqué dans sa Grammaire hiéroglyphique une série de ces
* Ex. : ^KOj misère f ^OKEO « étant mûérabte , ayant la misère ^ c^eai-k-àire paui>re. Ces exemples sont très-nres.
♦* Ex. :. SC^ ancien f P^C^ de%»enani ancien, c^est-k-Hire vieiliissant : ^S?v , ôoileiur,
PÇXI&7^ , étant boiteux, boitant»
De Lingud latind, lib. VU.
( 195) prépositions, dont la lecture démontre tque celles qu*on a employées daàs les textes coptes sont absolument les mêmes qu'il a trouvées usitées dans les textes hiéroglyphiques. Au reste, voici en général les faits qui me paraissent résulter, soit de la nature même de ces prépositions, soit de la théorie de leur emploi, relativement à la déclinaison des noms ou des pronoms égyptiens. Les prépositions qui remplacent les cas dans la langue égyptienne sont de deux espèces : les unes, isolées j se placent immédiatement avant les noms (tels sont les exemples H. I. lo; H. L x4; H. YL 27, etc, etc); les autres s'unissent au nom ou pronom dont elles indiquent le rapport, demaaièreàfieformerqu'unseulmot(ex,:H. YL i7;H.II. 41? etc.): on peut donner à ces dernières prépositions le nom d inséparables. 11 est rare de rencontrer les prépositions isolées employées pour la déclinaison des pronoms ; les prépositions inséparables, celles qui servent plus habituellement à exprimer le cas de ces dernières , sont en grand nombre : CbampoUion, dans sa Grammaire hiéroglyphique y en indique quelques-unes qui donnent origine à des expressions analogues à autant de formes coptes, telles que, par exemple, ^&po^
à moi y pour moij Eps-TK à toi, K^m de moi, KTOTq de lui, etc. , et maintes autres qui représentent soit le datif, soit le génitif, soit Y ablatif des pronoms. Mais, parmi toutes ces prépositions, il y en a une qu'on a employée plus habituellement et de préférence à toute autre, soit dans les livres coptes, soit dans les textes égyptiens, pour la déclinaison surtout des pronoms, lorsque ces derniers expriment le complément indirect des verbes; c'est la préposition n (5i , 44 ou ses homophones ) , le copte H, de. On peut dire qu'elle remplit à la fois toutes les fonctions des autres prépositions séparées ou isolées dont je viens de parler ; elle est commune aux deux nombres singulier et pluriel. Ainsi, par exemple, les pronoms personnels \^ K^ etc. au cas datif des langues grecque et latine s'expriment dans le copte par les syllabes ttM à moi, xt2>K à toi, t^2>q à lui, etc. Les textes sacrés de toute espèce font usage , pour le même cas, de groupes qui offrent une transcription exacte de ces syllabes coptes : tel est celui dont il s'agit dans cet article, nf, ou naf, le copte SKs^q à lui.
(H. II. 4) ^^ groupe consiste dans l'hiéroglyphe la hache, trois
( 194) fois répété : cette dernière cireonstance noua dit que , quelle que soit l'idée dont on arrivera à reconnaître la représentation dans ce caractëre, nous devons ici considérer cette idée comme exprimée au nombre pluriel : je traduis par dieux. Je puis justifier ma traduction par deux moyens également infaillibles : Tun consiste dans la comparaison de synonymes que les Égyptiens eux-mêmes ont employés habituellement à la place du groupe en question, je veux parler des variantes qu'en offrent les différens exemplaires d'un même texte hiéroglyphique ; l'autre consiste à déterminer par quel mot on exprimait, ou on remplaçait ce signe ou groupe dans la langue parlée. La variante la plus fréquente que j'ai remarquée dans les textes sacrés , à la place du signe la hache j consiste dans l'hiéroglyphe un personnage dans un état complet de repos^ sans bras et sans enseignes (5^, 44)» expression figurative la plus habituelle de Tidée dieu : ChampoUion a déjà constaté {Précis y chap. vi) la valeur que j'accorde ici à ce dernier signe; il est le déterminatif perpétuel des noms propres des divinités égyptiennes y quelquefois même on voit cette image parée des enseignes particulières au dieu dont elle détermine le nom. Le pap. R. T. à la i**^ sec t. (r* partie) m'a offert la phrase n<> 53, 44f qui consiste dans l'image figurative dont je viens de parler, accompagnée des trois petites barres j marque de pluralité, et suivie de l'expression phonétique djis c'est-^z-dire y que j'ai précédemment expliquée, et à laquelle s'unit le groupe même dont il s'agit ici, la hache trois fois répétée^* D'après cet exemple , la synonymie de l'hiéroglyphe la hwhe avec le 'figuratif dieu, 52, 44 9 1^^ peut désormais plus , à mon avis, devenir l'objet du moindre doute. J'ai eu occasion de remarquer (et ChampoUion l'avait remarqué aussi) que souvent les noms propres des divinités sont déterminés par un groupe formé de l'union de la hache et du figuratif dieu, 5^, 44; quelquefois l'expression du substantif lui-même, dieu (le signe la hache isolé) est remplacée dans les textes parle groupe que je viens de citer : tel est Texemple que
* Le mot KBET , qui précède ce groupe, a déjà été précédemment ai§iialc comme exprimant le pluriel des noms aoxquels il s^onit. Voir rarticle H. I. 6.
(195) m'ont offeit les pap. T, P. et R. T. au chap, 5^ i'* sect. (1'* partie). Mais les variantes qu'il s*agit d'examiner ici , et que j^ai rencontrées en coUationnànt soit les Rituels funéraires , soit les textes égyptiens de toute autre espèce^ ne se bornent pas à celles que je viens de signaler. Non moins souvent le caractère la hache^'on son synonyme le ca* ractère figuratif 62 > 4Aj ost remplacé dans les inscriptions par l'hiéroglyphe un épervier (55 , 44 9 ou sa forme linéaire 56 , 44) : il serait facile de citer de nombreux exemples d'un pareil remplacement; je me contenterai de signaler celui que nous offrent les pap. R. C. et T. L au chap. 7» i'* sect. (II* partie). Nous savons en effet ^ parle livre d'Horapollon , que l'image de Vépen^ier pouvait être employée dans les écritures égyptiennes, comme symbole de Tidée dieu; il y
est dit textuellement que âânt ^t>Abfi£Voe (jv^iT^fau cepaxa Çaiypotxpoïkre '*'.
Les textes font quelquefois usage de l'image de Vépervier symbole de l'idée dieu, figurée debout sur une enseigne : une stèle du musée égyptien de Leyde m'a offert, à la place du groupe même la hache trir plée, la variante 57 , 44 dans la répétition du nom du défunt auquel la stèle appartenait I et qui apparemment s'appela nenoutb (litt. Us dieux). Il n*est pas rare de rencontrer aussi notre image symbolique ornée d un fouet (58 , 44) , emblème de la direction et de la suprématie divine : Ghampollion avait déjsuremarqué ces mêmes variantes.
Nous allons rencontrer quelques exemples du symbole Vépervier dans le courant du texte que nous analysons; nous le verrons toujours employé pour rappeler l'idée de diçfinité. HorapoUon nous parle d'une autre idée dont les Égyptiens s'accordaient à reconnaître le représentant dans le caractère Vépervier : c'est celle de ^myri**. Soit que l'on prenne ce mot grec dans le sens général d'esprit , soit qu'on le prenne dans le sens particulier d'ame humaine , les monumens confirment pleinement aussi cette nouvelle signification. Quant à moi , je crois même que la signification véritablement primitive de Vépen^ier fut celle d'esprit ou Génie en général, d'oii sont dérivées les significations de Génie dii/in ou dieu^ etc. A ce propos , qu'il me soit permis
♦ Lib. 1,6.
** En yî fùjy x«( avr) «f'^X^^ ^ '(f»$ tx99txau» Lib. I. 7.
( «96) de placer ici quelques observations ^ quoique en grande partie étrangères au sujet de cet article. U est à remarquer que^ comme les monumens et les anciens auteurs nous l'attestent^ l'image d'un épervier servait habituellement à représenter dans les textes le nom du dieu Hôrus^ le ^tup des livres coptes, que les Grecs ont transcrit par fipoç *. On sait par l'auteur du traité è!Isis et dOsiris que le nom Horus signifiait esprit ou même esprit actif** : or, rien de plus naturel, ni de plus facile à admettre , que le signe tropique qui remplaça de tout tems ce nom sacré dans les textes égyptiens , ait été ckoi&i de préférence pour cet emploi, par la raison surtout qull était justement le représentant symbolique général de l'idée esprit ou esprit actifs que le mot Horus exprimait dans la langue parlée. D'après la manière dont HorapoUon s'exprime, on pourrait croire, il est vrai, qu*il n'ait voulu désigner Véperçier que comme étant un symbole de Tam^ humaine; mais les textes égyptiens sont là pour nous autoriser à regarder, dans le passage que nou^rétendons expliquer ici, si nous voulons, la signification de ^yri que notre auteur accorde à Véperçier, dans un sens général. En effet, le texte du Rituel funéraire nous offre quelques centaines de fois
* Je ne dois pas oublier d'^aTertir kî qu^il ne fant pas confondre dans les textes le cas oh Timage isoiée de l'éperrier est employée pour dénoter Vidée générale dieu, aTec le cas dans leqnel cette iaiageméme remplace, comme nous venons de le dire, le nom particulier du dieu Horus. Dans ce dernier on Toit presque toujours Timage en question en union avec la petite ligne perpendiculaire que j^ai précédemment signalée comme note des caractères tropiques (5g , 44) . An reste, il est rrai de dire qne , dans les manoscrits surtout , on ne trouvera guère V épervier uûté pour exprimer Tidée générale dieu^ que lorsqu^il s^agit de représenter cette idée au nombre pluriel : dans ce cas la tiiplication de Timage elle-même de V épervier, ou les marques babituelles du pluriel qui accompagnent cette image isolée , ne permettent plus de se tromper sur sa Ycritable signification.
** Presque tous les noms des divinités égyptiennes consistent, comme celui-ci, dans un moi dont U signification primitive est en rapport direct avec les attributs qu^on reconnaissait dans la divinité qu^il s^agissait de désigner. Ainsi , par exemple , le nom de Toth donné à THermès égyptien signifie parole, verbum ; Toth était en efiet pour les Egyptiens une incarnation du dieu suprême desccndoe antrcfois su la terre, et qui leur avait appris lei arts , les sciences, ainsi que le moyen d^exprimer la pensée, soit pai écrit , soit par transmission orale. Quant au nom d^Iiorus, Topiuion des auteurs anciens, relativement aa sens caché esprit actif, qu^ils y reconnaissent , est pleinement confirmée par les renseignemens qne les textes égyptiens eux-mêmes m^out fournis relativement aux attributs de ce dieu. Dans la triade terrestre formée SOsirii , Itii et Horus , Osiris est considéré comme la cause physique de Finondation du Nil, his était regardée comme étant Hnondation elle-même , et Horus est le représentant du principe aetif de cette même inondation.
l'exemple du signe 6i ^ 44> forme linéaire du caractère hiéroglyphi-^ 60, 44> employé pour exprimer Vidée de ame humaine , en parlant de Tame d'un défunt : ce signe, comme on le voit, ne représente autre chose qu un éperçier à tête humaine . Or, évidemment dans tous ces cas, la tête deToiseau n'a été remplacée par une tête humaine qu'avec l'intention d'avertir l'interprète de la modification que le caractère sym-* bolique Véperçfier subissait dans sa signification générale d'esprit, génie, ^^njyri * , dans laquelle on le trouve tant d'autres fois : on pourrait presque dire en se servant des expressions d'HorapoUon lui-même, que , dans les cas particuliers que je viens de citer, Yépervier a la signification de ^{ni^rn^ êyxacpj^av ( l'égyptien. BAIH6) , et que dans les cas où le même caractère est employé dans un sens général, il ne représente réellement que le mot BAÏ, 4^1^^ esprit.
Je ne dois pas négliger de parler ici d'un dernier synonyme du signe la hache ^ que la comparaison des textes m'a permis de reconnaître t ce synonyme consiste dans le caractère un canard» Le papyrus R. C. au chap. g, x* sect. (ir partie) porte la locution que je reproduis textuellement sous le n^ 65, 44 : il n'est pas permis de douter, d'après ce passage original^ que le signe un canard^* n'at pu avoir dans les textes hiéroglyphiques la même valeur que le signe la hache ^ puisque dans cette locution ces deux signes se trouvent, l'un mis en rapport avec l'autre au moyen de l'expression DJis, dont j'ai précédemment expliqué la valeur et l'usage habituel dans le sens de c'est-à-dire ^ ou je dis. Cette analogie entre le caractère un canard et le signe habituel de l'idée dieu nous rappelle la signification de Génie j esprit^ baï , que nous avons déjà eu Toccasiou de découvrir (suprà, page i35) dansée même caractère. J'ai fait re-
* Les Ritneb jEbnënîres, de même que d^autrei textes, m^ont offert plnstears fois le groupe n* 63 , 44 à la place da caractère isol^ Vépeivier à tête humaine (61 , 44 ). Cette Yariante ne consiste que dans Taddition d^un des homophones de la consonne a placé derant Timage de TeperTier : cette consonne lepr^nte très-probaUement Tinîtiale du mot baï qoi , en égyptien , signifiait ame,
** Le caractère qui accompagne ici le signe le canard , représente un instiumcnt dont Timage est dans les textes le déterminatif perpétuel des mots exprimant des idées en rapport avec celle de sculpture ; il est donc certain qu^onayouln îndiipier dans la locution dont il s^agit les canards sculptés, ou, en termes plus génériques, les oiseaux sacres, images des dieux.
marquer k la page précitée que quelquefois le canard j signe de ridée esprit ou génie , est remplacé dans les textes par l'image d'un oiseau (pi. 43 ^ :2i) , qu'il n'est pas facile de qualifier : il est probable que cet oiseau ne représente qu'une espèce d^éperviery le même peut-être que le n"" 56 , 44 > dont nous venons de constater la signification symbolique de dieu et aussi d'esprit.
La signification du signe la hac/ie restant ainsi démontrée par la comparaison matérielle des textes, et par l'examen des caractères que les Égyptiens eux-mêmes ont cru pouvoir employer à sa place^ je vais ajouter quelques considérations relatives à la question de savoir par quel mot on remplaçait, dans la langue parlée , le caractère dont il s'agit. Cette question a déjà été en quelque sorte résolue par M. Peyron 9 dans un écrit faisant partie du vol. XXXIY des mémoires de TA* cadémie de Turin : le caractère la hache se lisait ter *. La preuve sur laquelle le savant philologue s'étaie à cet égard est incontestable : il s'agit d'un monument bilingue , conservé au musée de Turin , et sur lequel il a lu en grec le nom et le titre divin AiiwpomanfOrip , dont la partie égyptienne du monument ( en écriture démotique ) lui a offert la transcription 64 » 44* On peut lire à la page 94, seqg. de ma Campagne de lihamsès-le- Grand, une analyse grammaticale détaillée de cette transcription égyptienne : il résulte de cette analyse que les caractères démotiques qui correspondent à la syllabe ter de l'ex-*pression amonrasonter ( Apovpoaaivdy^p ) , amn-ra-sout-ter, c*e8t«'à-dire Ammon'-ra^ créateur des dieux , consistent justement dans la forme enchoriale du groupe hiéroglyphique la hache trois fois répétée , représenté par le texte de Rosette que nous expliquons ici. Au reste, les monumens de toute espèce confirment pleinement la lecture que nous adoptons : sans citer les nombreux passages en particulier du grand Rituel funéraire, qu'il me su£Gise de dire qu'on y trouve à chaque pas le groupe phonétique 65, 44 9 tr, ter, qu'accompagne en qualité de déterminatif notre signe la hache. Champollion cite, dans sa Grammaire hiéroglyphique y plusieurs exemples de ce même
* lUustvazione d'una stela greca dcl museo di Tor'uto, di Amcdeo Peyron.
( 199 ) groupe *; mais il le lit un peu autrement. Il parait qu'il considère le signe la hache ^ qui figure en initiale du groupe , comme expression phonétique de la consonne n : j'ai cru , de mon côté, pouvoir regarder ce même signe , nonobstant la place qu'il occupe , comme étant le déterminatif An mot ter ^ et voilà les considérations sur lesquelles ma conviction se fonde. D'abord, je dois faire remarquer que la longue comparaison d'inscriptions de toute espèce et surtout de manuscrits que j'ai eu occasion d'étudier, ne m'a pas encore offert un seul exemple d'après lequel il soit permis de croire que le signe la hacJie ait jamais eu une valeur phonétique quelconque dans les écritures hiéroglyphiques : il est possible cependant que l'opinion de Champollion, qui pourtant lui en attribue une, se fonde sur l'autorité de quelque inscription qui ne soit pas encore parvenue à ma connaissance. Quoi qu'il en soit, pourquoi veut-on se refuser à reconnaître dans notre groupe 65, 44» une pure et simple transcription hiéroglyphique du mot ter , d'y^? Que ce mot ait réellement existé en Egypte, qu'il ait eu réellement la signification de dieu , la même dans laquelle on trouve constamment employé le groupe en question 65, 44, ce sont là des circonstances qui , comme on l'a vu, sont mises hors de doute par un monument bilingue : on cherchera peut-être à nous opposer la circonstance du signe la hache qui figurerait, selon moi, comme déterminatif dans notre groupe^ et qui cependant est placé avant ^ et non pas après le mot, comme cela se pratique ordinaireniient. Mais c'est là un fait dont on observe des exemples nombreux dans les textes hiéroglyphiques, et qui chez les Égyptiens a eu pour motif une idée de respect. Champollion lui-même nous apprend l'existence de circonstances pareilles , qui ont eu lieu par des motifs semblables, dans l'orthographe des cartouches, noms propres ou prénoms des rois égyptiens ^^. Quant au signe la hache, en particidier, je puis même afiGlrmer que son emploi se fait remarquer
* Cette .feaille yeiiaîl d'être mite foiv ppeaie lonqa^OB » ùî\i paraitre enfin une première lÎTimiaoa cU cet oaTnge da «âTaot hîàx>graiimiate : il porte le titré de GranuiuUre égyptienne , ou principes généraux de VécritMÂTt sacrée égyptienne ^ etc. Je faii remarquer ce titre, pour aVertir le lecteur de la manière nn pen différente ( Grammaire hiéroglyphique ] par la<jiieUc j^ai , par haUtude, d^gné le même onTrage.
^ Grammaire hiéroglyphique, page i45| teqq.
dans les textes plus que celui de tout autre caractère hiéroglyphique, à cause des déplacemens fréquens auxquels sa présence donne lieu. Pour faire voir jusqu*à quel point mon assertion est vraie, il me suffira de citer ici les variantes 66 et 67 , 44 de l'orthographe d'un des titres ordinaires d'Osiris, ounnofre, Onnophris, que m'ont offertes les pap. T. P. et T. I. comparés entre eux au chap. 5, r* sect. (I" partie ). On remarquera dans la var. 67, que , en dépit de tous tes principes de la langue, le signe déterminatif la hache ^ dieu (la var. 66 le remplace par le figuratif dieu ) a été figuré comme infixe dans le mot ounnofre, les yeux dévots du scribe n'ayant pas souffert de le voir rejeté à la dernière place , celle que les règles de l'écriture sacrée lui assignaient! Au reste, quant à l'opinion d'après laquelle je persiste à considérer la hache comme signe déterminatif dans le groupe 65, 44> elle me parait mise hors de doute par l'observation suivante. Lorsqu'il est parlé d^une déesse , il n'est pas rare de voir dans les textes les groupes 68, et 69, 44 7 terî, forme féminine du groupe précédent ter , employés indifféremment Tun à la place de l'autre. Comme on le voit , dans la variante 68 le signe la hache est remplacé par l'image d'un serpent ureus. Or, ce remplacement démontre, à mon avis, l'emploi réellement tropique du signe la hache ^ dans toutes les formes semblables à la forme 6g : nous verrons dans l'article suivant que le serpent ureus dont on a fait usage à sa place, n'est, en effets que le signe tropique de Tidée déesse. Au surplus, l'opinion de Champol* lion, relativement à la valeur alphabétique n de 2a hache (dans le groupe dont il s'agit ici) , tombe en présence du fait que je viens de citer, puisque, comme je l'ai déjà démontré à l'article 72 de l'Introduction, le caractère Yureus^ qui deviendrait ici son homophone, n'a d'autre valeur phonétique que celle dé k.
L'inexactitude de la lecture ntr , ntbr *que Champollion a adoptée pour le groupe 65 , 44 m'a paru encore plus évidente depuis que les textes égyptiens m'ont offert quelques exemples, quoique rare^, d'un mot réellement écrit ntr, nter (70, 44)# et qu'accompagne en même tems le signe la hache toujours placé en initiale. Tel est celui qu'on rencontre parmi les nombreuses inscriptions du tombeau de Rhamsès Y à Biban-el-Molouk. Cette nouvelle orthographe ou plutôt
cette Douvelle variante du mot ter ou NTEsmequiert ici un second degré d'importance pour nous. Onneseseraitguère douté qu'il existât entre le mot Tznydieu, et l'expression qu'emploient les livres eoptes pour exprimer la même idée^ iU)ytE9 une étroite analogie; c'est pourtant ce. que je crois pouvoir désormais mettre hors de doute. La variante 70 y 44 peut à la rigueur être lue comme le mot copte KOV^B, en suppléant )a voyelle médiale OY f ordinairement supprimée dans récriture, ^uant k l'hiéroglyphe la bouche n, qui remplace ici la voyelle e, nous avons déjà dit précédemment que ce remplacement a lieu assez souvent dans les textes égyptiens , et nous en avons indiqué les motifs. D'autre côté^ rien ne s'oppose a ce que nous regardions I si l'on veut^ cette r comme paragogique : il existe dans la langue copte elle*-méme des exemples nombreux de la lettre p ajoutée comme paragogique k la fin d'un même mot ; ex. : ^cuts. et Tcnup^ tups^s et a\p!2£^.p, etc. 11 ne nous reste qu'une dernière remarque à présenter relativement au signe la hache ^ tbr^ dieu. Le lexique copte de M. Peyron porte un mot nr'ep , ou TB-p 9 comme nom d'un instrument, espèce de hache; et feu Champollion m'a assuré avoir entendu les babitans actuels de la Haute-Mubie donner ce même nom de ter au même instrument. Je fais remarquer ici cette circonstance ^ puisque, à l'article suivant H. IL ig, j^aurai occasion de m'en servir; c'est dans ce même article que je me réserve d'expliquer l'origine de la valeur symbolique du caractère dont nous venons d'examiner la signification et la prononciation.
(H. IL 5.) Le caractère que nous venons d'expliquer dans l'article qui précède, comme étant l'expression ordinaire, dans les textes en écriture égyptienne, de l'idée dieu, n'est employé comme tel qu'en parlant d'un dieu mâle. Lorsqu'il s'agit d'une déesse ^ on faisait usage plus habituellement d*un caractère qui consiste , pour ainsi dire, dans laforme féminine (7 1 , 44) du figuratif dieu (Sa, 44) décrit à la page précédente 194; cette nouvelle forme représente un individu femelle sans brcu et sans enseignes et dans un état complet de repos. Champollion a depuis long-tems désigné le caractère 71, 44 comme déterminatif du nom propre des divinités femelles : les textes égyptiens de toute espèce offrent aussi des exemples de ce même caractère em-
ployé isolément pour expi*iincr l'idée de déesse, il n'eyt pas i*are dans ces cas de le voir accompagné des marques du genre féminin^ : tel est l'exemple j2f 44 tiré dupap. R. T. au cliap. a3, r* sect., (Il* part.). En comparant , dans ce même endroit du Rituel , le pap. R. G., j'y ai trouvé la variante j5, 44) dans laquelle le figuratif déesse est remplacé par l'image du serpent Vreus , la même dont il s*agit dans cet article : cette variante place à elle seule hors de doute la signification que je lui ai attribuée. Les manuscrits m'ont offert grand nombre d'exemples de Vureus employé à la place du figuratif déesse pour les cas où ce dernier sert aussi de déterminatif 9l\xil noms propres des déesses égyptiennes : ainsi, par exemple, le pap. R. C. et T. T« comparés entre eux au chapitre i, u* sect. (Il" part.), m'ont fourni les variantes 74 , 44 et yS, 44 pour le nom propre de la déesse Tafné.
La signification de déesse accordée à l'image de Vureus dans les textes égyptiens , nous fait songer aux expressions d'HorapoUon **, concernant cette même image hiéroglyphique. Ces expressions s'accordent parfaitement avec les faits précités; car Vureus ^ suivant HorapoUon, était en Egypte à la fois et le symbole de la diçinilé, et l'emblème de V immortalité , etc. Quant aux textes hiéroglyphiques, je dois cependant ajouter une remarque : elle consiste en ce qu'on ne rencontre guère Timage du serpent ureus, employée comme signe de ridée diifiniiéy que pour les cas oii il s'agit des di\nnités femelles.
L'image de Vureus employée avec la signification de déesse ^ a été accompagnée quelquefois d'emblèmes et d'ornemens particuliers. La Grammaire de Champoliion (page 26) nous désigne ces emblèmes pour les cas dans lesquels il s'agit d*exprimer l'idée, soit de déesse de la région supérieure ( la haute Egypte ) , soit de déesse de la région inférieure (la basse Egypte). Le savant hiérogrammate ajoute que l'image 77 > 44 9 un weus , la tête swmontée de deux cornes et du disque du soleil^ désignait une déesse mère et nourrice. Comme l'exemple qu'il cite pour prouver son assertion est bien loin^ ce
* Voir la Grammaire hiéroglyphique ^ page t^S. ♦* Ut. I. 1.
( ao5 )
me semble, de remplir ce but, qu'il me soit permis d'ajouter ici de mon côté une preuve réelle que la comparaison des textes m'en a offerte. Ejle consiste en ce que jamais je n'ai rencontré Timage précitée 77 , 44f qu'employée pour désigner la déesse mère dans les différentes triades qui forment le Panthéon égyptien ; ce sont, par exemple, les déesses Moutb, Hatbor, Isis, Selk, etc.
Quant au mot qui, dans la langue parlée, servait à représenter Tidée à^ déesse y j'ai déjà cité (page aoo) son orthographe terî (68, et 69, 44), forme féminine du mot ter , dieu (67 , 44)* On aura occasion de voir quelquefois dans les textes hiéroglyphiques l'image de XureuLS^ signe de YvdÀ^ déesse , montée sur une enseigne (78, 44) à l'instar du signe tropique cAii^ii (57, 44) dont nous avons précédemment parlé. Quelques textes m'ont offert des exemples du groupe 7g, 449 à la place de l'image isolée de \ureus\ ce groupe, comme on le voit, consiste dans l'hiéroglyphe la hache , signe de l'idée particulière dieu mcUe^ employé comme expression de Tidée de dii^inité en général, et suivi du signe tropique de l'idée déesse : on le rencontrera entre autres parmi les inscriptions du Pronaos d'Esné (paroi gauche, deuxième tableau du second rang) , k Tendroit où il est parlé d'une certaine déesse Menhi.
Le caractère hiéroglyphique Vureus a été quelquefois employé aussi pour désigner Tidée de roi ou de reine/ je me réserve à parler de cette seconde signification k l'article suivant H. III. x x, oii nous aurons occasion d'en examiner l'origine.
(H. II. 6.) GN, ou GNE, xparoç. Telle est rigoureusement la signification qu'il convient de donner k ce mot gne, celle que le texte grec lui donne en effet *. Le mot égyptien gne trouve un correspondant exact dans le copte S^z^ soumettre ^ courber (sous le joug); il est accompagné de l'hiéroglyphe le bras tenant le casse-^tête, déterminatif habituel des verbes d action; on remarquera même, dans Tortographe que porte notre inscription, r^:r/)/^/i/*des noms d'action dont j'ai eu précédemment Toccasion de signaler l'usage (page 162). Les inscriptions du propylône du Pharaon Nectanebo k Phile, m'ont oITert
* Cf. lîg. 35 da texte giec.
la variante 80, 44, dans laquelle le déterminalif générique le ira* tenant le casse-tête est précédé d'un autre déterminatif qui représente un lien ou quelque chose de plié; on voit sans difficulté dans quelle relation ce second déterminatif se trouve avec l'idée de courber sous le joug qu'exprime le mot gne. En comparant le chap. aa, v* section, II* partie du Rituel funéraire du musée de Turin avec dilTérens autres exemplaires du même texte, j'ai remarqué l'orthographe 8 1 ,44 de notre mot ONE, remplacée quelquefois par une expression hiéroglyphique phonétique , dont la racine copte KhT^ ou MTv, qui a parfois le sens de fiectere, plier, est une transcription littérale. Il s'agit, dans le chapitre précité , d'une énumération des diffërens membres du corps humain, dont chacun était censé appartenir à une divinité différente ; or, j'ai remarqué dans quelques-uns des exemplaires que j'ai compulsés , l'expression phonético - figurative 8a, 44 kl-(bn-keh), le copte K&?^'KKt Ji, la flexion du bras, le coude, cubitus, que d'autres exem> plaires replacent parle groupe 8S, 44, gn-(en-keh). Cette variante s'écrirait en copte par fl^tHKE^.
Notre expression hiéroglyphique H. II. 6, toujours suivie, comme dans notre texte , par les groupes H. II. 7, et H. II. 8, se rencontre constamment parmi les grandes inscriptions qui couvrent les parois des temples et des palais égyptiens. On lit aussi souvent cette phrase parmi les hiéroglyphes qui ornent le bas-relief de la partie supérieure des obélisques : c'est une formule dont on a fait perpétuellement usage en Egypte. Dans les inscriptions que je viens de citer, ce sont généralement les divinités qui sont censées dire au roi qui leur fait ses offrandes qu'elles lui accorden t/orc« , wc/oiVe , santé, etc. Les simples particuliers, dans leurs pétitions adressées au roi, commençaient toujours par lui faire un semblable souhait : nous en avons de nombreux exemples même en langue grecque pour l'époque des Ptolémées*. Diodore de Sicile ** nous parle d'une ancienne formule de prières que le grand-
♦ On peut voir entre autre» lexemple dont parle M. ReuTem dam ta Lettres à M. Letronne, etc.,
III* Uttre.
♦♦ Édit. Pctri Wesselingii. Amttel. 174S, p- 81
( :io5 )
prêtre des Egyptiens faisait touâ les matins pour le roi : dans cette formule on remarque la même phrase dont il est question ici.
(H. II. 7.) NSCHSCHT, NASCHS€HT| la victoire. Ce mot, (m pourrait le ]ire simplement par nascht, en supposant que le second sch (le-signe un crible, 187 de Tin trod.), représente, dans Torthographe^ue porte notre inscription, la consonne t plutôt que la consonne sch. J'ai démontré, dans l'Introduction^ que ces deux consonnes étaient quelquefois employées Tune pour Faulre , aussi bien dans le copte que dans l'ancien égyptien *.'En admettant cette dernière lecture, le t {le seg-^ ment de sphère) qui figure k la fin du groupe hiéroglyphique en question, devrait être regardé comme un simple signe eayfeVj^ euphonique (voir l'article précédent H. I. 18). Dans tous lés cas notre mot ifASCBscHT, ou NA8CHT ne pout être comparé qu'au copte K^ojnr. qui nous reste avec la signification entre autres de vehemens, prœstans, prœpotens, c'est-à-dire d'être plus /art. Ces différentes significations sont on ne peut plus analogues k celle d'être vainqueur, victoire, qu'on lui prêtait dans l'ancienne Ég^te. Toutes les diverses circonstances que l'étude des textes m'a fait connaître, relativement a Fem* ploi du mot égyptien naschscht , confirment pleinemedt la signification d'être plus fort ou diêtre vainqueur, que je viens de lui attri* huer. Je me borne k citer celle que m'ont offerte quelques variantes recueillies en Egypte pour le nom propre du Pharaon naschsoht-neb , le Nectanebo des historiens (voir l'orthographe hiéroglyphique la plus ordinaire de ce nom au v!" 86, 44). On sait^ ou , pour mîeuis dire, il est évident par la langue copte elle-même, que ce nom propre signifie littéralement w le maître vainqueur » ou a le maître fort » y au reste , il est bien certain que le naschscht dans le nom propre NAi)GRSCHT--NEB (86 , 44) est employé avec le même sens que dans le texte de Rosette et dans les autres inscriptions , puisqu'on le voit accompagné du déterminatif des noms d action , le hra^ tenant un casse^tête. Mainte-
* On trouTC, par exemple, dani les anciens textes égyptiens Torthographe 84, 44, fst, pôst (t«/i oix ponr détenu.) et Torthographe 85, 44, rôsscu, employées iodifleremmcnt Tane pour Tautre, pour exprimer l'ide'e à^étendre.
liant je dois faire observer que parmi les variantes du nom en question^ NASCHSCHT-MEB, Gbampollion me fit remarquer la suivante u"* 87, 44 f qu'il avait recueillie pendant son voyage en Egypte. Dans cette variante le mot naschscht a été remplacé par la simple image d'une espèce de chasse^mouche , formée d'une longue plume d^^utruche richement emmanchée , insigne ordinaire des princes de race royale et symbole perpétuel de Tidée victoire, comme le démontre l'expression hiéroglyphique du titre aihlophore *. Ce remplacement n a pu avoir lieu que par suite d'une identité de signification entre le mot et le symbole dont nous venons de parler. Dans une seconde variante (88 9 44) du même nom royal égyptien, j'ai remarqué le mot NASCHSCHT représenté par le seul déterminatif , le brus tenant le casse-téte : ce dernier caractère (qu'on ne voit ordinairement employé qu'à la suite des mots auxquels il sert de délerminalif ), je l'avais déjà rencontré plusieurs autres fois dans le courant des inscriptions, avec le sens évident itétre fort, vaincre, ou autre semblable. Cette singulière circonstance s'explique sans difficulté , ce me semble ^ en réfléchissant que le caractère déterminatif spécial des mots qui ressouviennent l'idée éT action, de force ou de violence ^ a pu très-bien, employé isolément, devenir l'expression particulière de la plus vio^ lente des actions^ Faction par excellence , celle de vaincre.
(H. II. 8. ) La signification que j'accorde à ce groupe symbolicophonétique, ne peut être justifiée que par une analyse partielle de chacun des signes qui le composent. J'ai déjà eu Toccasion , à l'article précédent H. I. 11, d'indiquer la signification de vie ou vivre que je reconnais dans le signe initial , la croix ansée. Des témoignages nombreux de Tantiquité pourraient être invoqués ici pour démontrer que tel a été en effet de tout tems en Egypte le sens , selon toute appa^ rence, symbolique, qu'on recoiinais8ai( dans ce hiéroglyphe^^. Pour
* Oa peut Toir Torthographe hieroglyphi<]ue de celte expre«ioD à la planche X, i la , /*. da premier volume (M. stor.) des Monumenti deW EgittOy etc. par M. RoaeUini. J^aurai rocceftion, dans la suite de ce Tolume, d^analyscr ce titre.
^ On peut consulter à ce propos les pages 56, 57. seqq. des Opuscula Pauli Emetti Jahlontki. Edit. 1
de Te Water, Lngduni BataTorum, iSo4'
( ^07 ) moi, je préfère de m'en tenir tout simplement au témoignage irrécusable des monumens égyptiens , c'est-à-dire aux données que l'étude comparative des textes hiéroglyphiques eux-mêmes m'a offertes. J'ai déjà fait remarquer à la page précédente 54 que notre caractère , la croix ansée , figure souvent dans les manuscrits comme abréviation d'un groupe phonétique 89, 44y qui se lit ônkh. J'ai cité^ à la même page 9 la variante go, 44» que les inscriptions d'une caisse de momie du musée de Leyde m'ont offerte à la place de l'orthographe 89, 44, qu'on rencontre parmi les mêmes inscriptions dans la répétition d'une formule. Dans cette dernière variante 90, 44^ Isi croix ansée a été rejetée à la suite du mot ônkh comme déterminatif de ce même mot, ce qui démontre l'emploi primitivement symbolique du caractère en question. Maintenant le mot ônkh dont ce caractère représente, comme nous venons de le voir, tantôt l'initiale, tantôt le déterminatif, n'est qu'une pure et eiacte transcription du copte tUt^O, vie^ vivere. La comparaison des divers exemplaires du Kituel funéraire m'a offert des exemples en grand nombre du groupe 89, 44 9 employé à la place du signe isolé la croix ansée ^ ou vice versa; je crois inutile de les rapporter ici. Je ferai plutôt remarquer une variante orthographique dont cette même comparaison de manuscrits m'a permis de relever Texistence. Cette variante est celle que je reproduis sous le n"" 91, 44; je l'ai rencontrée entre autres, dans lepap. T. T., dans deux différens endroits, le chap. a4 et le chap. Sot, v* sect. (II* partie), où le pap. R. T. fait usage de Torthographe précitée 89, 44. Au reste cette variante , qu'on lit par ônkhk, n'offre rien d'extraordinaire; l'addition d*un x après la consonne finale aspirée kh de l'orthographe ordinaire ôt^XH , n'est due évidemment qu'à un simple besoin d'euphonie.
Je passe maintenant au signe qui, dans notre gi*oupe H. II. 8, figure après la croix ansée. Ce signe représente une espèce d'instrument dont il ne m'a pas encore été possible de déterminer la nature ^. Il
* Ce caraclèrc affecte tantôt la fonne qiie nous Toyons employée dana notre texte; tantôt b forme encore pku simple ^oe j'ai dgh rapportée sont le n° 169 de Tlntroduction.
n'en est pas ainsi quant à sa signification dans les textes égyptiens* Nous le rencontrons très -fréquemment et presque exclusivement employé comme déterminatif à la suite du mot mn, men^ gn, 44? comparable au copte MS^^ xxz^j et qui a toujours été employé avec la même signification que ce dernier , celle demaneref store ^ durare^ etc^ Il n'est donc pas permis de douter que notre image hiéroglyphique ne soit le symbole de la même idée. En efi*et les différens exemplaires du Rituel funéraire m'ont ofi*ert plusieurs exemples de son emploi isolé à la place du groupe précité (91 , 44 ) ^^^ • tels sont ceux que j*ai rencontrés dans le pap. T. T., soit au chap. 6j ii* sect. II* partie, soit au chap. 11 , vi® sect. , II* partie, oti le pap. R. C. porte toujours Porthographe 92, 44* Ainsi nous pouvons désormais établir quel est le sens général à donner au groupe en question H. II. 8; nous y avons trouvé d'abord l'expression de l'idée vie ; on vient de reconnaître à sa suite celle de manere, durare, etc. La place de cette dernière, après un nom j nous permet de la regarder comme.représentant un qualificatif de ce même nom : l'examen du signe par lequel le groupe se termine va nous montrer de quelle manière nous devons définitivement le traduire.
Ce signe est un des homophones les plus habituellement employés pour représenter la consonne s : nous l'avons déjà vu figurer parmi les formes hiéroglyphiques des pronoms affixes de la troisième personne, genre féminin; je suis persuadé qu'il représente ici la forme féminine du, participe présent. On sait que, dans le copte, ce sont jus* tement les pronoms de la troisième personne q ^ pour le genre masculin, et c pour le genre féminin, qui, sous les formes euphoniques de £q, EC , donnent origine au participe présent. Les participes présents pluriels des deux genres sont formés dans cette même langue au moyen de la syllabe ey. GhampoUion donnedanssa grammaire égyp« tienne, pour toutes ces différentes formes, des transcriptions hiéroglyphiques exactes. L'étude des textes ne m'a pas une seule fois démenti , sous ce rapport , l'assertion de l'hiérogrammate français ; quanta la forme du participe présent féminin-singulier, l'exemple que nous en offre ici l'inscription de Rosette me parait on ne peut plus évident. Ainsi je traduis le groupe entier H, II, 8, par vieper-
( ao9 ) manenie^ vie durable j ou vie stable; c'est h ooup 5Ùr le correspondant du mot vycKxv» sanié, que porte dans Fendroit correspondant le texte grec.
Je ne dois pas terminer l'analyse du groupe H. IL 8, sans ajouter quelques réflexions relativement à un emploi tout-à-fait singulier dans lequel on le trouvera usité , surtout parmi les inscriptions bisto riques des palais de Thèbes. Il sert quelquefois dans ces inscriptions à désigner le Pharaon régnant. On rencontre, par exemple, l'expression Q5f 44 1 qui se traduirait à la lettre par les grandes demeures de la vie durable^ pour rappeler le palais du roi, et maintes autres expressions semblables. Ce sont les inscriptions d'une petite statue du musée de Leyde qui m'ont d'abord démontré que » par Texpression hiéroglyphique vie durable ^ on a voulu quelquefois indiquer le roi. Dans ces inscriptions, les noms et titres de l'individu que la statue représente s'y trouvent répétés plusieurs fois. Cet individu était préposé à une partie des demeures du roi; et, dans l'expression hiéroglyphique de ses titres, l'idée de roi a été tantôt exprimée par notre groupe la vie durable , tantôt par le groupe g4f 44^ ^H & ^UT ^^le seigneur des deux mondes (la Haute et la Basse Egypte), expression ordinaire pour indiquer le roi régnant. Au reste, ce fait n'offre rien d'extraordinaire. On sait que chez les orientaux, des expressions semblables ont été usitées de tout tçms , et avec un sens tout-a-fait pareil. Dans les drames indiens , nous voyons toujours le roi interpellé au moyen du mot âjuschman , qui , en sanscrit , signifie à la lettre vie durable , ou dont la vie soit longue. Une expression semblable a pu être employée en Ég]^te d'autant plus facilement, que, comme je crois l'avoir déjà fait noter précédemment, elle faisait partie du souhait habituellement adressé aux Pharaons au commencement de tout discours qu'on avait occasion de leur adresser.
( H. II. g. ) HR , ou HRA, avec y et, etc. Voir H. L 5.
(H. II. lo.) KHET-NiBEN OU KET-NiB, tout autre. Voir H. I. 6.
(H. II. II.) NOFRE, bien. Voir H. I. 19.
(H. II. 12.) R-HA-sEN, eorum gratiaj pro illisj à cause if ^m? (c'est-àdire à cause des bienfaits du roi dont il est parlé dans la ligne pré^
cédente). Cette expression égyptienne correspond à l'expression copte
( -210 ) ^E.-pO-Ov , pro illis : je vais essayer d'expliquer les différences qu'on
remarque entre l'orthographe des deux expressions. Je regarde comme représentant de la préposition copte ^s le second signe phonétique
(h) de notre groupe , signe qui n'est autre chose qu'une variante calligraphique du n^ 208 , (h) de l'Introduction *. Le pronom de la troisième personne du pluriel sn, sen, (identique ou synonyme du copte OY, voir H. I. 7.) s'unit immédiatement à cette préposition : on n'observe dans ce fait rien de contraire à la marche ordinaire de la langue égyptienne; au reste, les élémens de l'expression HA-^SEif ne sont au fond que des élémens purement coptes. Il nous reste à expliquer la présence de la consonne r qui figure en initiale du groupe devant la préposition ha. Il n'est pas douteux pour moi que cette consonne ne représente aussi une préposition^ celle que j'ai déjà eu précédemment l'occasion d'expliquer (voir H. I. 8.) comme analogue dans ses différentes acceptions à la préposition copte È ^ et identique dans sa forme^ non moins que dans ses différens emplois, à la préposition Ep ou tpo . qui n'est qu'une dérivation de cette dernière. J'ai en effet remarqué plus d'une fois cette préposition employée, comme ici, dans les textes hiéroglyphiques devant une autre préposition ou un adverbe, d'une manière pléonastique, et sans que sa présence soit réellement nécessaire. C'est ainsi que le pap. R. T. au chap. 5, sect. i. (P* partie) m'a offert l'expression r-hna-sen (97, 44) avec eux, à la place du simple hna-sen (en copte id.) (98, 44) que porte au même endroit le pap. T. P. Un exemple pareil, je l'ai rencontré dans la comparaison des pap. T. I. et T. P. au même endroit du Rituel que je viens de citer pour le pap. R. T. La formation de notre expression r-ha-sen reste ainsi justifiée dans tous ses élé-
mens **
* J*ai onUiéde citer cette Tariante calligraphique àrartide SOS de riatrodaction. Son emploi , quoique race, est iudobitable; j^ai obterrë, par ezcmplo , sar une stèle double du musée de Turin, les Tariantes 95, 96, 44, d^un seul et même mot , aa, manifesté.
**\a syllabe pQ qui figure dans la forme copte ^^-OO-OY « ponrrait faire penser, an premier
abord, k la consonne a qui fait partie de la forme correspondante égyptienne a-iA-siir. Mais, h
(H. II. i3.) Ncms avons dans ce mot un nouvel exemple de Temploi de la préposition égyptienne r (analogue au copte È » Ep^ ^p^? ^^^0 » mentionnée dans Tarticle précédent , et dont j'ai déjà expliqué Torigine dansTarticle H. I. 8. Je traduis ici la préposition r par afin que^ ai : tel est le sens dans lequel souvent on rencontre aussi le copte È^ Ep ou Epo.
(H. IL i4*) Ce groupe est moitié symbolique et moitié phonétique : c'est ridée principale qui est représentée symboliquement. Je reconnais Texpression de cette idée dans le signe qui figure le premier dans le groupe en question. Ce signe consiste dans un hiéroglyphe déjà signalé sous le n^'^fiO de l'Introduction, surmonté de deux grandes cornes. Ici, je dois rectifier d'abord la définition que j'ai donnée, quoique d'une manière douteuse, de l'hiéroglyphe lui-même 230 de rintroduction dans l'article qui s'y rapporte. L'inspection de plusieurs dessins de difiërentes inscriptions et bas-reliefs exécutés en grande m'ont permis de revenir de ma faute : le caractère 320 ne représente qu'un autel égyptien^ analogue dans sa forme à celui en basalte vert, qui existe à Paris, au cabinet des médailles. Maintenant, pour revenir à la question du groupe que nous devons analyser ici, quelle expression a-t-on voulu figurer par l'alliance de l'image d'un autel avec l'image de deux cornes ? Le texte que nous analysons va nous rapprendre lui-même : le caractère un autel surmonté de deux cornes, se montre plusieurs autres fois dans le courant de ce texte, entre autres à la ligne IX, 35, où il est précédé par l'expression hiéroglyphique-phonétique du mot qui lui servait de prononciation dans
part U circonstance de la place différente qoe les denx lettres ou sjUabe pQ ^ ^ occupent dans la fonnation da mot, il est indubitable, pour qaiconqoe a ëtadie' la grammaire copte, qoe la préMnce de la syllabe pO àaau Texpression ^SpOOY i>'^t due qn^à nne simple loi de Teaphonie. Si en copte on eût fait usage de la forme pronominale sm , de préférence k la forme OY on y tronTerait la simple expression ^^^CEÎ^ (identique au biëroglyphîqne ■a-bih) employa
s la place de ^&pOOY qne les mannscrits ne cesicnt de nous offrir.
la langue parlée *; ce mot doit se lire baou (gg, 44) ** : la langue copte n'offre d'analogie que dans le mot thOt (ou eoqy j selon les dialectes) qui signifie gloire. Dans les nombreux passages d'inscriptions hiéroglyphiques dons lesquels j'ai eu l'occasion de lire le mot EAOU^ je l'ai vu en effet souvent employé dans le sens évident de titre ^ titre glorieux f titre honorifique : c'est même le sens dans lequel il est employé dans le passage précité, H. IX. 35, du texte de Rosette, oii il sert à remplacer l'expression générique grecque ovofcoot (texte grec I. 5i .) dans la phrase u les prêtres seront aussi appelés prêtres du dieu Epiphane Euchariste, outre les autres noms (ou titres) des dieux dont ils sont prêtres. » Ce passage de l'inscription de Rosette ne permet déjà plus d'élever aucune espèce de doute sur l'identité du mot égyptien EAou, et du copte E50Y gloria; l'analogie qui existe entre les idées que les deux mots représentent, gloire et titre^ ou titre honorifique^ est par elle-même trop évidente.
Mais le nombre considérable d'autres monumens sur lesquels se lit le mot hiéroglyphique eaou va nous offrir des données bien plus positives encore relativement à Tanalogie avec le copte E&OY que je prétends y i*econna!tre. L'inscription qu'on traçait ordinairement sur les stèles (f adorations ^ ou Proschinema , consiste dans un formulaire qui commence toujours par les mots ti-eaou etc. ( loi, 44)^ c'est-àdire glorification ou adoration (à tel ou tel dieu, etc.); c'est le copte ^EBOY^ donner la gloire^ action de glorifier. On aura remarqué le déterminatif, un individu les bras levés en acte dadoraiion^ qui remplace, dans ce deipier cas ^ Le déterminatif XoMjUel surmonté des cornes dont nous avons vu qu'on a fait usage, lorsque le mot eaou n'était point employé comme ici, dans la simple et exacte signification de gloire. La circonstance de ces différens déterminatifs employés à la suite
^ L'exemplaire dn grakid Bitael funéraire en^ritare hiératique conierYë au mnatfe de Tùrtu m'a offert au ckap. 7, tect. x (II* partie^, Forthographe 10a, 44, iâov, tranacriptioii exacte de Tortho^phe hicrogljphique 100, 46, k la place du caractère ifolë un autel avec deux comeê que portent au même endroit soit le pa'p. R. T., soit d^autres papyrus.
** Je reproduis, sous le u* 100, 44, son orthographe la plus ordinaire et la pins complète (iaoo) telle ({lie les iascriptionrdcs bas -reliefs historiques et religieux nousTofirent à chaque pas.
d'un même mot^ va nous expliquer maintenant le fait des différentes significations que les Égyptiens ont accordées au mot Eiiou^ qui dans la langue parlée, le copte, ne conserve que le scn&primitif g^/b/r^, honneur. Tel qu'il est orthographié dans le passage du texte de Rosette dont il s'agit dans cet article, ce mot, ou notre signe symbolique, son correspondant, on auiel surmonté des cornes, a été employé dans un autre sens encore que celui de ^^>^, honneur, ou titre glorieux. Je veux parler de celui de daminaiion, suprématie ou puissance, que le traducteur grec (lig. 56.) lui donne en effet en remplaçant ici par le mot ^cxacAc^cxc, regia potestas , notre caractère symbolique qu a la ligne IX il a rendu par la simple expression ovofuc. Quelle que soit l'analogie qu'on peut toujours admettre entre l'idée que ressouvient cette nouvelle signification, et l'idée de la signification primitive gloire , ou titre glorieux , il est devenu incontestable pour moi que le mot eaou , ou le caractère symbolique son correspondant, a pu réellement être employé en Egypte pourd^oter l'idée de pouwir, ou de suprématie quelconque, depuis que j'ai rencontré, soit dansle pap» R. T., soit dans lespap. T. T. et R. C . la variante 103,44^ ^ la place de l'orthographe loo, 44* Comme on le voit, dans cette nouvelle variante le caractère symbolique r autel a été remplacé par Fimage cPun homme debout tme canne à la main , ex^ pression tropico-figurative la plus ordinaire des idées che/, suprématie, pouiH>ir,eUi. *. On trouvera cette variante dans les pap. précités au chap. lo, sect vu. (II partie.) **• Maintenant, de tous les faits dont je viens de constater l'existence dans les textes hiéroglyphiques^ il me semble résulter la preuve évidente que les Égyptiens , qui employèrent le mot BA.OU dans une signification tout-*a-*fait identique à celle de son correspondant copte e^ot , gloire , crurent pouvoir faire usage de ce même mot dans diverses autres significations ( analogues dans
* Voir ma Campagne de Bhamêèê-4e^Grandf pag. 106.
** On anra aans doate remarqué que dans le pataage que nons analysons , Fone des doux corne» qni snnnontent le caractère tautel est lnaTersëe par le signe le iitutu on enrouiemerU ou (cf. Introd. 59).Ce signe , qm songent manque, n^a été trace ici qae par on caprice dn scribe qui a Toola , par abréviation, rappeler le mot iaov par lequel on derait remplacer, dans la langue parlée, le symbole. Nons aurons dans la suite ToGcasion de parler de cette espèce d^abrériations /^r^Sna/em.
( ai4 )
le fond) en changeant seulement le signe qui lui servait de déterminatify et en le remplaçant par un caractère tropique ou figuratif qui fût plus directement en rapport avec l'idée qu'il s'agissait d'exprimer.
Il ne nous reste que quelques observations a ajouter, relatives à l'origine même du caractère symbolique dont nous venons de reconnaître la signification. On conçoit très-bien quelle relation on a pu trouver entre l'idée de autel et celle de gloire ^ puissance^ etc. Quant à l'emploi de Fimage de deux cornes ^ il suffira de rappeler ici que l'idée de corne ou cornes a été employée autrefois dans tout l'orient pour exprimer l'idée de force, puissance^ etc. ; aussi, cette expression est commune dans les écritures '^. On lit, par exemple, dans le deuxième cantique de la mère de Samuel, un passage qui se traduit littéralement : i< Mon cœur s'est réjoui dans le Seigneur, ma corne a été élei^ée (agrandie) par le Seigneur**. » Cette même manière de parler se retrouve dans TÊvangile de saint Luc : tt Et erexit cornu salutis nobis, in domo Da^id pueri sui ***. » Le texte copte de cet Évangile a rendu par le mot. 'tSIT, eo/vi^, l'expression cornu du texte latin. Enfin, il sera bon de remarquer auasi que le nombre des cornes des animaux, dans les visions de Daniel , dans V Apocalypse de saint Jean, exprime emblématiqucment la puissance plus ou moins grande de chacun d'eux. Tous les rabbins s'accordent aussi à entendre par corne^ pris au figuré, la^brc^, la puissance ou la
grandeur.
Le signe un indii^idu portant un boisseeuA sur la tête, f, dont nous voyons accompagné le sjnïbole puissance^ est l'expression de l'article possessif correspondant au copte T\\x\ de lui. J'ai déjà justifié cet emploi du signe en question, à l'article précédent H. L 1 5, pour un cas tout-à-fait pareil à celui dont le groupe H. I. 14 nous offre ici l'exemple; j'y renvoie mes lecteurs.
♦ Deut. XXXllI. 17. — Pialm. XXVII. 6, «te.
** Samael. 1. chap. U. i .
♦** Luc, chap. 1. V. 69.
Je ne puis terminer cet article sans ajouter quelques réflexions, relativement à la manière un peu différente dont M. Rosellini prétend expliquer le dernier signe du groupe hiéroglyphique que nous venons d'analyser. Comme on a pu le voir jusqu'ici, le caractère un inrdiindu portant un boisseau sur la tête^ n'a jamais été employé , selon moi (et c'était aussi l'opinion de Champollion) , que soit comme représentant phonétique du pronom masculin de la troisième personne du singulier, F, ou pef, soit comme détermina tif du verbe fai, z\z>\ porter (voir H. I. 16.)^ ou de tout autre verbe exprimant l'idée d'une action qui exige le transport d'objets quelconques. Maintenant, voilà que le savant professeur dePise prétendre connaître, dans le caractère en question, l'expression égyptienne de l'idée royauté^ poui^oir royal^ que nous n'avons reconnue que dans le signe précédent Vautel en union açec des cornes; il se fait fort de Tautoiité du texte de Rosette, et cite précisément le passage qui nous occupe. * Selon M. Rosellini, c'est là le sens dans lequel le caractère en question a été généralement employé dans notre texte. Quelle que soit la surprise qu'on éprouve d'abord en voyant timage dun portefaix considérée comme emblème de hi puissance roy aie ^ il me semble qu'une analyse, même superficielle, de l'inscription à propos de laquelle M. Rosellini a émis l'opinion précitée , conduit à un résultat tout-à-fiiit contraire à cette opinion. Il s^agit d'une inscription existante à Qosseir : le savant Toscan en a extrait le passage 1 y 45> <iu'il lit par melek (n) saris (auo n) sanemhit; il le traduit par « le melek (le roi) de la Haute et de la Basse Egypte. » Selon moi, et j'ose le dire, selon tous les principes des écritures égyptiennes, tels que Champollion a cherché à les établir (si c'est le système de l'hiérogrammate français que M. Rosellini adopte dans ses explications, chose dont il est permis de douter ) , cette inscription hiéroglyphique , dans laquelle le savant Toscan trouve le souvenir d'un roi d'Egypte, n'est ni plus ni moins que l'expression des titres d'un simple individu , dont le nom propre doit se lire après la phrase précitée^ et qui fut, de son vivant.
^ Voir / MomaneniU deU Egitto e délia Ifubia, etc. Ptrte primaf Mon. itor. Tomo U., pag. i34, a44-
(ai6)
inspecteur des édifices (ou monumens) de la haute eitiela basse Egypte. Les deux premiers signes de la phrase i, 48 représentent le mot mr ou MOUR ( le copte uOYp attaché), que M. RoselHni lui-même^ diaprés Champolliouy explique très-souvent dans le courant de son ouvrage par VincombensatOy le préposé p etc. ; suit un mot qui se lit kt, KOTy identique au copte KaT^ édifice. Si M. Rosellini , qui aime à se fonder sur Tautorité de Tinscription de Rosette^ se fût donné la peine de jeter les yeux sur les premières lignes de cette inscription, il y aurait vu ce même mot kot (H. I. 17.) suivie comme ici, du déterminatif un individu portant un boisseau, employé de même qu'en copte , pour représenter Tidée X édifice ou bâtisse. * Je I>orae ici mon analyse du passage en question (i^ 48); I^^ faits ^^ j^ viens de soumettre me paraissent assez concluans contre Topinion du professeur de Pîse. Au reste, je ferai observer aussi que, d'après sa prétendue lecture, on est obligé d'admettre dans une inscription égyptienne un mot qui ne fut jamais égyptien : c'est le mot melek, roi. Ensuite, M. Rosellini ne tient aucun compte de la lettre t qui figure après le K du mot eot, selon ma lecture, ou du mot mstEK, d'après la sienne : cette omission ne peut d'aucune manière être justifiée^
(H. IL i5.) OER-T ou TE-OBR, la suprême (la puissance «opjrême) : voir pour l'analyse de ce mot l'article précédent, H. L 4» L'adjectif oER, grand, éle^é^ etc. , est accompagné ici de l'article du genre fé^ minin t ou te, le copte nt , auquel appartenait, en égyptien de même qu'en copte, le substantif eàou qui précède. Cet article est placé ici à la suite, et non pas devant le mot auquel il s'unit, comme cela se pratique ordinairement dans les textes coptes. Mais j'ai déjà eu Toc* casion ** de justifier cette espèce d'anomalie , à laquelle les anciens Égyptiens ont généralement donné lieu^ non seulement dans leur écriture , mais aussi quelquefois , à ce qu'il parait , dans la langue parlée elle-même. Quant aux articles en particulier, je puis citer en faveur de mon assertiop.un fait authentique : il consiste dans l'ortho-
Voir Tanalyse détaillée qae j'ai offerte pour ce mot à Tarticle précèdent H. 1. 17. ' Voyes supràt l'article H. 1, 11 « pages iSi et iSi.
( ai7 ) graphe du mot Moud 9 mot qui nous a été transmis par Plutarque comme égyptien , et signifiant mère^ forapa*. Dans le mot Moud on reconnaît tout d'abord le mot copte aiOy^ uOOy, ou iU&Y, qui signifie en effet mère, et qui, étant du genre féminin, se lit ordinairement avec larticle ^txz/Tj la mère: or, ce même article dans l'orthographe rapportée par Plutarque figure à la suite du mot ^i>.TBj tout-k«fait à la manière de Y oer*t (a la place de t-oer)i dont il s'agit ici ; aussi les textes égyptiens nous ofiVent-ils perpétuellement l'orthographe màct (2, 45) t analogue au Moud de Plutarque, pour exprimer l'idée de mère.
(H. H. 16) La détermination de la nature de l'objet que représente rimage, dont la forme hiéroglyphique linéaire figure redoublée dans notre groupe, a été pour les savans le sujet de plusieurs discussions. Les uns ont cru y reconnaître la représentation d'un autel; d'autres l'ont regardée comme l'image du nilomètre. L'examen comparatif des monumens égyptiens ne permet pas d'admettre la première de ces opinions, puisque parmi toutes les formes diverses d*€ii£tels qu^on y a observées, aucune ne ressemble à l'image en question . On s^accorde donc en général à y reconnaître réellement une image Aunilomètrei Champollion suivit cette dernière opinion. Aujourd'hui il n'est plus permis, je crois, de méconnaître la nature de Tobjet en question; j'ai le premier fait observer, à la page précédente 4^ (article 171 de l'introduction), qu'il ne représente autre chose qu'une espèce de colonne, dont on se servait, par exemple, dans les ateliers des sculpteurs, pour soutenir les petites statues, vases ou autres objets, lorsqu'on était en train de les travailler» La planche XLIK {mon. ci9.) des Monumenii deir Egùto ne permet pas le moindre doute à cet égard.
Il était nécessaire de bien fixer la nature de l'objet que le signe initial dé notre groupe représente, car c'est par là qu'on arrive à se rendre compte du sens dans lequel il a été employé. Ce caractère, image d'une espèce de colonne^ exprime l'idée en général de stabilité : je me contenterai de citer en faveur de mon assertion une seule preuve.
* Voir le Traité d^Isii et itOsins.
tuais iiTecusable. 41 est souventfaît mention^ dan^* le courant du Rituel funéraire égyptien^ d'une région 'mythi^e, à laquelle était eensé présider le dieu Phtba (la divinité qui présidait à la stabilité et à la coordination *); oette région FeçoitJe nom de tôt, tat (3, 4g), ou plus souvent TATOU (4» 45)*'C!e nom propre doit être traduit, selon toute apparence y-par région de stabilité ** : ce qui le prouve , el qui démontre en même teros l'exactitude de la signification que je prétends reconnaître dans le groupe H. II. i6 dont il s'agit, c'est une variante que le pap. R/T. au ckap. i6, 8«ct. .viii (II* partie) , m'a oF* ferte de Torthographe du nom de région tat, 3, 48; que portent au même endroit soit le pap. R.C., soit d'autres papyrus. Cette variante consiste dans le groupe numéroté 4 bis^ 489 qui ne peut se lire que par ka ou ko, suivi par le déterminatif région. NouS'auroiis bientôt occasion, à TaHicle H. III. 8, dedémontrer que oe motégyptien KA ou KO n*a jamais d*autre signification dans les textes, que celle de durabilité, stabilité ^ etc. : il suffira ici de faire obserrer qu'en effet ce mot est parfaitement identique au copte^Kiu ou K&^ , qui a. la signification de ponere, constituerez établir, et maintes autres sem^ blables.
Maintenant quelle est Torigine de la syllabe, out^ par laquelle «e termine notre groupe H. II. 16? J'ai ti*aduit ce groupe aymbolico*phonétique par établie ou étant établie ( la puissa|ice suprême) ; on peut le lire par le mot copte «Tfr^KpHOnrx . oxpression dérivée de la racine ^h'i^'pKSS firmare , firmum reddere. D'après cette asserr tion il est facile, pour quiconque connait la grammaire copte, de s'apercevoir que je regarde le groupe aymbolico«-pbonétique:en ques«tion comme étant une forme de participe passif présent, analogue aox formes coptes du même participe en HOV^ ou onrr ^ transcription exacte de l'ancienne terminaison en pvT dont il s'agit ici.
* Voir le Panthéon Egyptien de feu Champolli«ii , passim»
** 11 est à observer que ce nom de re'gion tôt on tatou n^a ordinairement été transcrit dans les textes égyptiens qae par Fimage de colonne , dont il s'agit dans cet article , on par cette image d^un instrument inconnu dont j^ai eu occasion de parler à Tartide H. Il* S, et qui est le déterminatif perpétuel
et exclusif du mot saii5i, CE U K^ ^ consUtuere , étabiir.
( "9 ) J*ai dit qu'on pourrait lire le groupe H. II. i6 par nr&!2îpH0Y^, établi: cette lecture suppose que Ton admette que la partie du groupe (Pimage redoublée de respëce de colonne) qui sert à ex^ primer Tidée éîïtblit^ est entièrement symbolique. Mais une circon* stance parait pouiiafnt s^opposer à une pareille admission^ o^eat que le prétendu camctère symbolique se montre redoublé. Une pareille circûtistatioe , je dois l'avouer, m'a été rarement offerte- pour un caractère hiéroglyphique , lorsqu'il est employé symboliquement ; ausm, comme' on l'a vu, j'ai lu* par tat où tôt le nom de région (3, 45) que j'ai précédemment cité^et qui ne consiste que dans une reproduction es^icte de la première partie du groupe dont il s'agit ici. Pour moi, nonobstant la lecture quej'ai en quelque sorte praposée, ma conviction pai*ticulière (conviction que je n'ai pas voulu exposer tout d'sibord comme n'étant pas pleinement justifiée) est que, tout en admettant la signification tropique du signe image d'une espèce de' colonne^ notre groope-H. IL i6est entièremenl phonétique. J'ai' démontré à l'article 171 de l'Introduction la valeur de T dont Fimage hiéroglyphique en question pouvait âtre affectée en qualité de signe de son; cette valeur se rattache même- à la valeur primitive' symbolique du signe lui-même. Âinsiy en- suppo«* sant que notre groupe soit entièrement phonétique , nous aurions dans: la première partie Texpreasion d'une racine égyptienne, qui se lirait TOT oui tat, et qui aw«it, d'après les faits que nous avons précédemment exposés , la signifioatiom dùéiablir^ rendit siable , firmum reddèrej etc. Dans la conviction de l'existence réelle de ce mot égyptien dans les anciens textes hiéroglyphiques (sa signification telle que nous venons de la constater no pouvant être pour moi l'objet du moindre doute) , j'ai dû chercher si dans les lexiques coptes il nous reste une forme radicale analogue dans sa forme non moins que dans ses diverses acceptions. Je crois qu'il est en effet possible de démontrer l'existence, dans la langue copte, d'une racine qui s'écrirait par nr£>T ou ^a^T « et qui aurait la signifia cation de rendre stable^ fixer , etc. Je la reconnais, par exemple, dans la racine dérivée ^a\TC infigere^ etc. : on sait- que dans, la langue copte, une c ajoutée à la lin de la forme primitive d'une
( 2ao )
racine lui donne une signiScation plus énergique *. La forme primitive de T:aiTC infigere , clouer, ne peut donc être que ^tUT avec la signification de fixer, établir^ etc. Mais il y a plus^ à mon avis du moins ; cette forme Ttin primitiçe de tcutC j qu'aucun dictionnaire copte ne nous montre^ et que je ne fais que déduire d^abord d'une forme dérivée, existe pourtant isolée dans les dictionnaires coptes eux-mêmes. Je regarde comme telle la racine ^cucu ou nrz^oj, statuere, constituerez firmarey etc.; j'ai démontré k la page précédente, yS et 76 (et ceux même qui ne se sont occupés que de la langue copte ne peuvent l'ignorer) , que les Égyptiens ont trèssouvent confondu les deux articulations Oj et nr • c'est là un fait incontestable **. Cette circonstance m'a depuis long-tems persuadé que le mot égyptien tôt ou tat est réellement représenté dans le copte par la i-acine précitée tUJoj ou Têcy. racine dont le mot tcittC n'est, selon moi, qu'un dérivée
(H. II. 17.) HARO-FOU HiRO-F: telle est la lecture que j'adopte pour ce mot. Du reste, la valeur phonétique individuelle des signes qui le composent est certaine ; le signe initial que je transcris par h représente, il est vrai, plus généralement la consonne sch, mais les consonnes sch , ch , h , et kh ayant une étroite affinité entre elles, ont pu être souvent représentées par un seul et même signe; on peut en voir des exemples dans l'Introduction (cf., entre autres, le n* 199)* Maintenant je regarde notre expression harof comme une pure et simple transcription de l'expression copte ^&pOq à luiy vers lui,
dans lui, etc. On sait que le mot ^&poq se compose d'abord d'une préposition ^& ou ^s, qui a la signification de in, dans, et plus généralement celle de suprà : cette préposition est représentée dans le groupe H. II. 17 par le signe initial dont je parlais tout-à-l'heure. U est à remarquer que ce caractère n'a été généralement employé
* Ex. : nf CW U former, r^^js W C ^^euelir ; HtU^ fondre , TTtU^C f^eUte en pièces; ITCWOJ ditnser, TTtUOjC hrùer, etc.
Voir aussi U note de la page prëeédcnte 9o5.
^comme j'ai eu roccasion de le démontrer à l'article précédent H. I. 2 1) que pour la représentation d'expressions qui ressouviennent l'idée de supériorUéy élévation^ idée analogue à celle de suprà^ qu'exprime la préposition en question ^£. ou ^s "^^ La syllabe po^ qui figure
dans ^&pOc](9 a généralement été regardée par les grammairiens
comme n'étant autre chose que le substantif copte po bouche; l'i* mage d'une bouche humaine suit immédiatement dans notre groupe le représentant de la préposition ^h^ ha. Enfin, vient le pronom
affixe de la troisième personne singulière q j qui est représenté dans le groupe H. II. 17 par son expression hiéroglyphique la plus habituelle 9 la céraste.
(H. II. 18.) — HO et , aussi, ainsi que. Ce mot a déjà été expliqué k l'article précédent H. I. 2.
(H. II. ig.) — RT, ROT, la race ; c'est une transcription exacte de la racine copte ponr ou p{ix^oriri,producef^fgerminarefetgermen: dans cette dernière langue le mot po^ est employé plus généralement en parlant des végétaux ; tandis que, dans les anciens textes égyptiens, je ne l'ai presque jamais rencontré que comme expression des idées rizce ou génération, etc., toujours en parlant de la race humaine. Ainsi , par exemple , dans les inscriptions relatives aux conquêtes des divers Pharaons, il n'est pas rare de lire que a le roi a amené en captivité les hommes, les femmes (de tel pays) avec la race (rot) de leurs enfans ** i) : cette dernière idée, on la voit toujours rendue par lesmémes signes hiéroglyphiques que nous avons dans les groupes ig^ et 20 II. H. du texte de Rosette. Souvent aussi on trouve, soit dans les inscriptions historiques, soit dans les manuscrits, le groupe phonético-
* C*ctt sans demie dans rîntentimi formelle de rappeler d'nne mamère en même tems symbolîqoc et phonétique ndée de $uprh on super ^ que le scribe chargé de la rédaction de notre texte hîéioglyphiqoe a choisi de pr é f é r e nce, parmi les signes dont il ponTÛt se serrir poor représenter la consonne ■ , le ca* ractère initial (expression pins habitodle de la consonne son ) que nous remarions dans le groupe H. n. 1 7. Cette espèce d'affecUtion a toujours été à la mode en Bgypte , surtout pendant Fépoque grecque et romaine. Dans les textes appartenant aux époques pharaoniques, Tinitiale de notre expression a^aor , surluifti été perpétnellement représentée par Timage d'une Ute humaine (5, 48).
^ Voir entre antres les inscriptions reUtives aux conquêtes de Toutmosis III, sur un mur du palais de Xamak consenré au mnwe du Louvre.
figui^tif 6^ 4S» pux^*(« KtptUt5^ &Yttî ^\OUi«) o'est'k-dire Immce des hommes et des femmes^ pour désignera race humaine*:
Le mot égyptien Rot* a été presque condtamment accompagné comme ici d'un déterminatif, l'image d^un instimment qu'il nem^est ptfs possible de Inen qualifier**. Quoi qu'il en soitde la nature de l'objet que ce caractère déterminatif représente^ j'ai remarqué, dans les nombreux exemples du mot ROT dont je parlais tout-à-l'heure, qu'il se trouve très-fréquemment placé , comme ici^ au commencement, au lieu de l'être à la suite du mot qu'il détermine , comme cela se pratique ordinairement. J'ai déjà fait observer précédemment une pareille circonstance , mais pour des cas où elle n'a eu lieu que par une idée de respect y ]e ne pense nullement qu'il en soit de même pour l'exemple dont il s'agit ici. Je crois que le déplacement du déterminatifdans le groupe ROT n'est dû qu'à un caprice des scribes, sorte de caprice dont la comparaison des manuscrits m'a offert plus d'un exemple : tel mot, dont l'orthographe se lit dans tel exemplaire du rituel avec son déterminatif à la suite , se présente souvent dans un second exemplaire ayant ce même déterminatif en tête, ou ^^ice versa. Au reste, il'n'est pas permis de douter que le caractère hiéroglyphique dans lequel'je prétends ici reconnaître un déterminatif symbolique du mot rot, race , germon , ne soit réellement un signe tropique de cette dernière idée. Je n'en veux d'autre preuve que le passage que je vais citer, extrait du chap. 2a, sect. v. (IP partie) du rituel funéraire. Dans ce chapitre (et j'ai déjà eu maintes fois l'occasion de le citer) , il s'agit d'une énumération des différens membres du corps humain , dont chacun y est désigné comme appartenant à une divinité particulière. Ainsi, on y trouve l'expression des idées suivantes (le défunt est censé parler lui-même) : (f Mon dos est au dieu Sousou , mon phallus au dieu Osiris , mes testicules au seigneur de la contrée de Ghel (nom d'une région mythique).
^ Il est curieux de noter qae souvent, par cette même exprcs&ion, (6|45) on a voulu déiignt*r plus spifcialement les liahitans de V Egypte , les hommes par excellence. C*est aî/isî qtlfe'sotit nommée los Bgyp*tiens par opposition aux peuples étrangers, dans un bas-relief du lombe&ti ifOnsl^et ; dessinif par Bëlcomi'. '
** Je me rappelle avoir émis quelque part, dans une de m^s ptibK'(*a€!6ntf , Topiniôti qu« le caructire dont il s^agit ici représente une espèce de racine a bulbe; muis rien nV&t'tetiti depuis me ctmfifttier pleinement cette opinion.
(aa3)
et mon sperme et mes reùis à la déesse Pasohi (j, 45) *• v Oo remarquera daBs ce deraier» passage hiéroglyphique (dont Tinterprétatioa ne peut pas être douteuse) que Tidécde sperme ^ germen , est repré-* senlée par un caractère Isolé , le même qui sert de déterminatif au groupe dont il^'agit dans cet article : quelques exemplaires du rituel ** m'ont offert, au môme chapitre et dana la? même phrase que celle que je viens de oiter (7, 46)> le mot aoT lui-même , arec le ca<» ractère en question pour déterminatif, tel que l'emploie rinacription de Rosette.
LemotH<n* n'a pas toujours été employé avec lemême déterminatif : il n'est pas rare dans les tentes égyptiens de le voir paraître sous la forme orthographiques, 45« dans laquelle le déterminatif habituel est remplacé par l'image d'un objet dont il m'est difficile de déterminer la nattire^ quoique j'en connaisse le nom. Ce nom se lit aoT ou rôt ***^ lecture ansolument identique k celle du mot rot, germen , rooe, auquel nous venons de voir qu-il sert quelquefois de déterminatif. Je fais remarquer cette circonstance de Tidentité de la lecture du nom propre de Timage en question, avec la lecture du mot auquel la même image sert de déterminatif, puisque je suis persuadé qu'elle n'a été employée dans cette dernière qualité (celle de déterminatif du mot rot) que par le motif de l'identité de son nom appellatif rôt avec la
* X«i extrait ce paiMge hiéroglyphique, tel qa^oo le roit orthographié ici , d'un papyrus apparicnant aa Cabinet des antiques à Paris , et renfermant un extrait du grand Rituel funérure pour le défunt Sontîmet deThèbet.
** Sotre antrea un irxwnplaire hiéroglyplûqiie da iBOiée duLonne.
*** On aura sans doute remarqué à Tarticle 242 de rintrodnction la double Talenr de o et a , que j^ai prétendu reconnaître dans Timage en question? La valeur de a, que je donne comme douteuse , peut rece- ▼oîr «ainiepantune eottfiimatîon dana la dccouTerta du nom propn aot que Je Tiens d^indiquer. Je ferai noter à oe pvQpoa m nouYean prât ff analogie qui nous esloffert par les deux caractères dclerminatiis habituels du mot aoT, germen. On peut roir à Tarticle 49 de Tlntroduction les faits qui établissent que le premier de nos deux caractères, celui dont fait usage finscrîption de Rosette, employé comme signe al« phabétique ,'neaert génémltoiant, da mime que le signa 242, qu'à rfpiçéseiiler la Toyeileo. nqpws Tim* pression de mon IntrodoçtîoQ, J^ai dÀ acquérir la oouTÎction intime que dans quelques cas le caractère 49 exprima aussi la consonne a : tel est, p. ex., le cas du groupe 8 hitf 45, qui m^a paru esprimer dans les textes
la même idée que le copte DCU^^Q ^ ac€umbere^ accumbert facerCf &vT(ir(imiy, etc. (déter. une hache d^anneê, et le bras Umani un casse-téu.)
(aa4)
racine rot, germen. Je dirai plus : Temploi du délerminatif ordinaire (le premier que nous avons indiqué , celui dont fait usage le texte de Rosette) n'a pas lui-même d'autre origine , à mon avis. Les monumeus ne m'ont pas encore offert , il est vrai / pour l'image de ce dernier comme pour celle du détermina tif du groupe 8, 45» nn nom propre qui se lise par rat, rot, rit, ou quelque autre mot semblable ; mais diverses circonstances me font croire pourtant à une origine identique de l'emploi des deux différons signes déterminatifs en question. La plus remarquable de ces circonstances consiste en ce que l'étude comparative des textes m'a démontré que, pour Tun non moins que pour l'autre des deux caractères en question , on ne s'est pas borné, comme pour la plupart des caractères symboliques, à en faire usage soit comme expressions symboliques spéciales du mot rot, race^ germe , soit comme signes tropiques génériques d'idées analogues à celle de race ou germe y mais que leur présence a été adoptée indistinctement pour l'expression hiéroglyphique d'idées tout-à-fait distinctes les unes des autres, et que dans cette expression ils ne jouent évidemment d'autre rôle que celui de représenter la syllabe rot ou RAT. C'est ainsi que les scribes, toutes les fois que le premier de nos deux caractères se trouve employé isolément , ont eu soin de nous avertir qu'il n'est là que comttie signe idéographique servant uniquement a rappeler certains sons. Que l'on observe, dans l'exemple du n"" 7 , 45 (et le même fait, je le répète, on le remarque constamment dans les cas de l'emploi isolé du caractère en question), que Ton observe, disons-nous, que notre caractère, qu'on a vu remplacer l'expression phonétique rot , sperme , germen , est accompagné des noies des caractères idéographiques. Évidemment dans cet exemple, comme dans tous ceux dans lesquels le même fait se renouvelle, nous ne devrions, d'après la ^ammaire égyptienne, reconnaître d'autre expression que l'expression idéographique du nom de l'objet que le caractère en question représente. Or, le sens général du contexte dans lequel se rencontrent les exemples dont je parlais s'opposant invinciblement à une pareille interprétation, il me paraît impossible de méconnaître l'intention des scribes égyptiens dans l'adoption de la note des caractères idéographiques a la suite du
( aaS )
caractère signe de rexpression kot^ germe; ils ont vouln nous dire par là, qu'ils ne venaient de l'employer que comme représentant occideniel de la syllabe ou mot rot.
L'admission^ de ma part, d'une opinion telle que celle que je viens d'émettre relativement k l'origine de l'emploi des deux différens ca* ractères tropiques de l'idée r€ice ou germe , ne manquera pas de siirprendre au premier abord ceux qui savent qu'elle a été constamment désavouée par mon illustre maître» Si l'on s'en tient aux dogmes qu'il a cherché à établir dans son dernier ouvrage, les signes tropiques employés par les Égyptiens se réduisent , quant â leur origine , aux quatre procédés suivans déjà signalés par Clément d'Alexandrie : le premier par sjmecdoche, le second par métonymie ^ le troisième par métaphores f le quatrième par ^'m^7?2^^ '^. Mais je dois avouer, d'après ma propre expérience, que , pour peu qu'on avance dans l'étude des textes hiéroglyphiques , on sent bientôt l'insuffisance des quatre méthodes précitées , pour l'explication de cette foule de caractères symboliques que les Égyptiens ont employés sans cesse. Le savant hiérogrammate lui-même^ qui, à lépoque de la publication de son Précis ^ avait déjà reconnu pour la formation des signes symboliques les quatre procédés qu'il vient d'annoncer dans la Grammaire hiéroglyphique , avoue dans la suite de son ouvrage ^ « qu'il ne resterait plus qu'à trouver une méthode pour reconnaître la valeur des caractères sjrmboliques j et c'est là l'obstacle, ajoi^te-t-il , qui semble devoir retarder le plus l'intelligence pleine et entière des textes hiéroglyphiques. » Or, je suis persuadé que cette méthode que feu Champollion désira qu'on découvrit pour reconnaître l'origine du grand nombre parmi les caractères tropiques égyptiens, qui n'ont pu être expliqués par les procédés signalés par Clément d'Alexandrie , que cette méthode , disons-nous , se trouve justement dans le nouveau principe que je viens d'appliquer à l'explication des carac-
* Voir Grammaire Hiéroglyphique, p. i3 ; voir ausai le lir. V. des S ti ornâtes. ** Voir Précis du système hiéroglyphique, p. 338 et 463-3. i* «dit.
( aa6 )
tères déterminatifs 4u mot rot., ^rme. Voici du reste comment je formule ce principe :
« Gomme toute image hiéroglyphique a son terme correspondant dans la langue » parlée , il en est un certain nombre qui ont été prises comme signes des sons aux- » quels elles répondaient , abstraction faite de leur signification primitive. Les carac- » tères hiéroglyphiques appartenant à cette singulière méthode d'expression , de même » que tous les autres signes tropiques qu'employé l'écriture égyptienne , ont été em- >» ployés, soit isolém&U , soit à la suiiedes mots. »
On a déjà pu remarquer , d'après les faits consignés dans Tlntro* duction, que les Égyptiens ont adopté quelquefois pour leur méthode alphabétique un procédé dont les Chinois ont pu faire un usage hien plus étendu, celui de représenter des syllabes entières par des caractères représentatifs d'objets dont ces mêmes syllabes étaient les signes oraux dans la langue parlée, abstraction fait^ de leur signification '*^. Il est facile de voir que ce procédé que j'ai découvert (quoique usité avec la plus grande réserve) dans la formation de Valphabet hiéroglyphique , se rattache au même principe que je prétends maintenant avoir été adopté aussi pour l'expression écrite des idées. Pour ce qui regarde la méthode des signes alphabétiques ^ la réalité du fait que je viens de faire remarquer reste démontrée, j'espère, par les preuves que j'en ai oCTertes dans l'Introduction de ce volume. Je me flatte que l'examen attentif et approfondi de quelques exemples tirés des textes eux-mêmes suffira pour mettre en évidence l'existence du même fait relativement à Texpreission aussi des idées.^
J'ai déjà fait noter ailleurs, dans le courant de ce volume, que le mot
"^ Tels sont dans notre Introduction les soiraDs : le a* SO , am; ce caractère représente un' œil awec le sourcil; le Ritnel gnostiqae du musée de Lejde nous offre deux fois, k la première colonne du verso, la preuve que Tidée <oiirc<7 s'exprimait par le mot ah. Nous y lisons deux mots égyptiens , dont Tun porte înterlinéairement la traduction grecque ofpitvyiXiw , sourcil du soleil ^ et Paotre, of^y^-etlinmi , sourcil de la lune : le mot ofpvç est toi^ours rendu en égyptien par le groupe phonétique démotique 9, 45, a5. (Voir aussi Fartlde 20 de Tlntrod.]. Le n^ 106, ma, a été employé conmic signe de cette syllabe , parce que ordinairement il serrait à rappeler tropiquement dans les textes Pidée de offrtft en égyptien ma. Les valeurs alphabétiques, n"* 231 , mh; 257, m, im; 252, ia; 259, Aa; 260, ak, etc., ctc , ont toutes une origine semblable : je m^abstiens d^en offrir ici la démonstration , pabqu'on la trouvera dans les faits que jai rapportés dans les articles particuliers qui s^ rapportent.
( 327 ) i^i Jkire, le copte \p\ , a été babituellement représenté dans les textes égyptiens par Timage isolée d'un ceil. Piutarque nous assure qu'en égyptien l'œil se disait ipt, iri* ; est-il possible , en rapprochant ces deux faits , de méconnaître le motif de l'emploi de Timage isolée de Yœil pour exprimer le mot ip\ , Jacere ? On pourrait m'opposer ici l'opinion de quelques savans, entre autres celle de Jablonski, qui prétend que l'interprétation donnée par Piutarque au mot epe est fausse ; ' mais les monumens sont là pour démontrer au contraire toute l'exactitude de cette interprétation i en voici les preures. Il n'est pas rare de i*encontrer dans le Rituel funéraire égyptien un nom de divinité (une des formes d'Horus)^ nom qui signifie littéralement rc9i7£r^on<tf, et qui s'écrit tantôt sous la forme symbolico-fignrative, i o, 45? tantôt sofus la forme symbolico-figurative aussi 1 1 , 45» l'image d'un œil accompagnée de la note des caractères figuratifs, plus l'image d'un épen^ier^ symbole du dieu Horus'^'*'. Or le pap. R. G.« au chap. 6, sect. X. {JLV partie) m'a ofiert pour ce ménie nom de divinité la variante I %i 45^ dans laquelle Texpressioâ figurative , Vœil de l'orthographe ordinaire lo , 45 9 a été remplacée par un groupé tout phoné** tique y qui ne peut se lire que par lai. La comparaison des Rituels m'a offert une foulé d'autres exemples semblables ; le pap. R. G. au chap. 1O5 sect. x (II* partie) porte l'expression la-TÔ ou mieux iri-tô (i5| 45) ) ^il d^ monde; le pap. R. T. exprime cette même idée par l'orthographe 14» 45» où le mot ir, ou iai a étéremplaoé par Vimage dfi Vœil accompagnée de la note dès figuratifs.
Les inseriptions du sanctuaire de Dakkë nous offrent encore un exemple évident de F image de l'œil enaployée à bi place du mot iRi ou ARi; dans ces inscriptions il est fait plus d'une fois mention du dieu Mèuï auquel on donne le surnom de Arihosnofre ou Irihosnofrb (littér.^ celui qui /ait les chants agréables) {\5, 45)* Or, parmi les variantes de ce même surnom divin , nous rencontrons la suivante, 16, 45» dans laquelle l'expression toute phonétique ir, ou iri^ ari de
* Voir le Traité et Isis eittOsins,
** On peut voir ces yariantes daos lei pap. R.T. et R. C, an cli^ 33» lect i. ( H* partie) et alibi paêêim.
la variante iS, 45^ est remplacée parla simple image de FœU. Mais, à propos du surnom divin Arihosnofre dont je parle , les inscriptions de la cour de Tédifice de gauche à Philé vont nous montrer une variante qui offre la preuve la plus évidente qu'on puisse chercher pour le principe que je prétends établir, concernant l'origine d'un grand nombre de signes tropiques égyptiens. Je disais tout-à-l'heure que le surnom Ari-hos*nofre (i5, 45) se traduit à la lettre par celui qui fait (ou rend) les chants agréables. Dans la variante que nous offrent les inscriptions de l'édiGce de Philé, le mot kKi^faciens, est représenté par une image (17, 45) qu'on ne rencontre dans les textes , (surtout dans les manuscrits funéraires qui l'emploient trës^souvent), qu'en qualité de déterminatif à la suite d'un mot qui se lit ari ou ARE (x8, 45) 9 et qui n'a que la signification de custos , gardien, le 2>pE^ des coptes.
Parmi les signes tropiques égyptiens dont il a été impossible à ChampoUion lui-même de soupçonner l'origine , il faut remarquer surtout le caractère n"" 19, 45» qu'on rencontre avec fréquence dans les textes , soit employé comme déterminatif à la suite d'un mot qui se lit SGHA (20 , 45) 9 et qui a la signification évidente de naître , le cyi^B., ou m& des coptes, soit isolé; mais toujours à la place du mot en question. Notre caractère , tel qu'il est possible de le reconnaître parmi les inscriptions dessinées en grand , nous a paru représenter une cuisse de quadrupède préparée *. Il serait diiBBicile , ce me semble^ de deviner le rapport que les Égyptiens ont pu voir entre l'idée de cuisse préparée et celle de naître, quoiqu'il paraisse que feu ChampoUion a cru pourtant dans ses derniers tems Tentrevoir , à en juger
* M. RofeUmî (Momunenii delt EgiUo , roi. II des mon, storiei, pag, 336), t reconim, lai wun, dans riiiérogljphe ig , 45, ane cuisse préparée ; mais, plus heureux que moi , il a pa aller pins loin ; il y a ▼a précisément nne cuisse de bœuf II Cette déconrerte Ini sert à menreiHe ponr déterminer la leetnre dn caractère en qnestion qn^ voyait «mploy<S isolément dans on grand nombre de cartouGhfli noms propras des Piolém^ : car , à ce qn^il pandt, il ignore totalement et la rëritaUe leetnre scia, cpie nons fonmissent les monomens , et la signification dn natus , nattre, qnî est propre de Hûëroglyphe en qnestion* Mais comme le sarant professeur de Pise avait appris de ChampoUion que le hiéroglyphe nne cuisse de £eeu/* exprime dans les textes Yïâée âe force, en égyptien scbopsch , il ne tronre ancnn inconvénient à traduire aussi par /orce lacuiMe de hmaf, quoique vaiFAaBB (ce lont ses propres expressions! ) ; par con> »cqnent il n^ésite pas h lire notre hiéroglyphe par scrofscb , an lien de scia.
( 239 ) par la manière dont il traduit presque toujours les différens exemples qu'il a eu occaçion de rapporter, dans sa Grammaire hiéroglyphique^ de notre mot scha, naître (20, 4S); il 1^ rend par né de la substance de (tel ou tel). Quant à moi je suis persuadé qu'il n'y a aucun rapport à chercher entre les deux idées : la véritable explication du fait, nous la trouvons dans les sculptures d'un superbe autel égyptien conservé au musée de Leyde. Ces sculptures consbtent dans l'image en grand d'une foule d'objets ou substances dont on se servait pour les offrandes ; l'expression phonétique des différens noms de chaque objet a été tracée à côté de son image : on lit au-dessus de notre image de cuisse préparée le mot scha n"" ao, 45* L^s monumens conservés au musée de Leyde m'ont offert deux autres exemples de ce même nom de scha donné à la cuisse préparée ^ et toujours inscrit au-dessus de son image figurant parmi des objets d'offrande.
Mon opinion sur l'existence des signes hiéroglyphiques, représentans accidentels des mots dans les écritures égyptiennes , reçoit une nouvelle confirmation par les exemples suivans. J'ai déjà indiqué a l'article 128 de l'Introduction l'orthographe hiéroglyphique habituelle (2tj 45) du pronom conjonctif démonstratif pbutb, le copte ITEi^T , cehU qui est à ^ ou dans : les manuscrits nous offrent souvent cette même expression pronominale déterminée par l'image d'un museau de veau (22, 4g) *. Il y a plus : ces mêmes manuscrits emploient non moins souvent l'image isolée (26, 45) du museau de veau, accompagnée de la note des figuratifs, à la place de l'expression phonétique entière pente (ai, 45) '^'*'* Si je fais observer que l'image précitée a3 , 45 , dans le chapitre déjà tant de fois cité du Rituel funéraire relatif 11 rénumération des divers membres du corps humain , sert de déterminatif au mot fnt, fbnt^ nasus , nez , le qhn' des coptes , on concevra tout de suite le motif de son emploi habituel, soit conune déterminatif, soit comme synonyme du pronom pente, iteik^.
Le caractère la hache (a5, 45)> dont j'ai chercphé à établir, dans un
* Cf. pap. T.l. et R. G. ta chap. 19, •eeti<»i I'*(n* paitie.) ** Cf. pap. R. C. et R. T. ta chap» i3« lect I. (n* partie.)
des articles précédens » le sens tropique dans les écritures hiéroglyphiques, celui de dieu, en égyptien ter, Af]p, n'a reçu évidemment cette valeur que par suite de la consonnance du mot "^tp on ^&p qui était le nom de la htiche elle-même '*'. Les inscriptions hiéroglyphiques recueillies à Silsilis nous fournissent un nouvel exemple des plus frappans'en faveur du principe que je cherche à établir ici. On remarque, parmi les has*reliefs encore existans sur cet emplacement , une image du dieu Toth androcéphale , devant laquelle le Pharaon Horus de la XVIII* dynastie est représente faisant une offrande de fleui^ et de tiges de papyrus. Au-dessus de l'Image du dieu Toth on lit son nom orthographié de la manière suivante, a6, 45« Nous aurons occasion de voir, dans la suite du texte hiéroglyphique que nous analysons, plusieurs exemples de ce même groupe ^6, 45 constamment employé pour exprimer Tidée de statue^ le (oovov du texte grec. Or, Ti^ dée de statue s'exprimait ordinairement en égyptien, et nous en avons aussi des exemples dans le copte '*'*, parle mot ^onrcUT : nul doute pour moi que l'expression hiéroglyphique (une statue) 26, 45 ^^ ^o™ divin Toth, Tout^ ou Taitt, que nous offrent les monumens de Silsilis, n'a d'autre origine que l'analogie de son qui se passe entre le mot TOnra^T > statue 9 et le nom propre Toth.
Le dieu Toth était regardé dans Tancienne Egypte comme le protecteur de la ville d^ Hermopolis magna , VAschrhuneïn des Arahes ; dans cette qualité il reçoit partout dans les inscriptions le titre 27, 45^ qui consiste dans le caractère symbolique StH& , seigneur ^ suivi du nombre huit : le caractère déterminatif habituel des noms de villes égyptiennes termine le groupe. Pour faire comprendre l'origine de remploi du nombre huit dans Texpression de ce titre divin , il me suffira de rappeler que le nom égyptien XHermopolis, Aschmunein , tel que les Coptes eux-mêmes nous Font conservé, se lit o^uonrit. et que dans lé copte, aussi bien que dans Tégyptien, un mot identique à ce nom , cgutOYi^, indique le nombre huit***. Parmi les noms
* Voir le Lexicon lingua copticœ, par M. VejroOy pag*a49"5o> Cf. le LexUon Egyptiaco-LaHmun , par H. TattanHf pag. 63o. Le pap. T. L, an chap.3, aeet. f* (II* part.), m^a offert, à b place deTorthographe ordhiairc du nom
.hiérogly(rfiiqueg de divimté je puis oiter un second exemple : on sait que rorthograpke du nom de la déesse égyptienne que les Grecs ont transcrit par N<î6, Neiik, tel que feu Champollion le cite dans ses différons ouvrages» consiste {Hresque toujours dans l'hiéroglyphe isolé n^ a8, 4tt accompagné du déterminatif dl^^i^^ . Or, j'ai déjà eu Tooca» sion de démontrer, à l'article 116 de l'Introduction , que cette image hi^oglyphique représente un iextonum ou Ucium , une Uce , et que son nom en égyptien » non moins que dans le copte, était î^snr. Est-il possible f avec l'étroite analogie de son qui se passe entre le nom di^ vin iVi^iVA et le mot iXBrg$ texirinay de se dissimuler les véritables moti& de la préférence constante donnée au signe le textorium pour représenter le nom de la Minerve égyptienne * ?
Les exemples» tds que ceux que je viens de signaler à l'appui de l'opinion que je soutiens ici » sont trës-fréquens dans les textes égyp^ tiens de toute époque. Je vais en citer encore quelques-uns des plus évidens, qui achèveront, j'espère» d'établir en fait le principe que je prétends avoir découvert dans le symbolisme égyptien. A la planche XXXI (ilfo^. oiV.) des Monumenti deW Egitto^ etc.» on remarque plusieurs fois , au-dessus de l'image d'un médecin vétérinaire figuré dans l'action de soigner tantôt des bœufs» tantôt des chèvres^ etc., l'image n^* ag» 45 suivie tantôt de l'expression de l'idée bœuf, tantôt du nom de la ehàinre : il est impossible de ne pas reconnaître dans l'emploi constant et répété de cette image ime expression hiérogly^phique de l'idée médecin. M. Rosellini nous avertit k ce propos que le nom de cette espèce d'oiseau aquatique que représente l'image en question âg» 45» s'écrit sur plusieurs monumens égyptiens par sIn ou stifi (3o» 45)* U me suffira d'avertir ici que, en copte» le médecin se dit CHvm ! I Parmi les différentes variantes hiéroglyphiques que Champollion cite à la page ^i de sa Grammaire hiéro^yphique pour l'ex-
de la ville de Schmun (le nombre futU mûtî do détenmnatîf région , ou vUU) , Texpreition toute phonétiqiie du nom Ini-mé&M.
^ Je ne me diwimnle (mi le tent tjmboliqne cjoî peut être autei caché tooi le signe ia liee^ textrina , employé partienlièrement pour rexpremon du nom d'une déesse dont la Minerre grecque parait être une reproduction fidèle ; mais cela m peut nullement nous empêcher de croire à Torigine primitÎTe de son emploi , tdk que je prétends la reoomiattre.
pression de l'idée heure , le copte OYi^OK, on doit remarquer la rariante Si, 45, consistant dans l'image isolée d'un instrument qu'il est difiBicile de qualifier, accompagnée du déterminatif habituel des différentes expressions des divisions du tems , le disque solaire. Je ferai observer a ce propos que les peintures d'un superbe sarcophage de la collection Passalaqua, conservé a Berlin, nous apprennent le nom égyptien de cette espèce d'instrument dont l'image sert dans les textes à exprimer le mot OYS^Oi^ ^ heure : ce nom se lit oun (5a, 45) au pluriel ouni. (Je ne dois pas oublier d'avertir que son orthographe hiéroglyphique que je viens de citer, tirée des inscriptions du sarcophage Passalaqua, se trouve inscrite devant l'image r^c/ouhlée de l'instrument en question.) Il ne faut pas confondre le caractère hiéroglyphique, expression de l'idée heure, dont je viens de parler, avec le signe numérique des dixaines de mille , 33, 45> dont ChampoUion cite aussi des exemples k la page ^Sy de sa Grammaire égyptienne. Ce dernier représente un doigt de la main , et sa valeur numérique ne me paraît aussi avoir d'autre origine que celle que j'ai cherché a établir pour les exemples précédens. Le nombre dix mille s'exprime en copte par le mot e&£> ou ^&£^, selon les dia^ lectes; il me semble que, entre ce mot et le mot 9n& ou ^H& qui dans la même langue désigne le doigt j il se passe une étroite ana« logie. Mais je vais compléter cette série de citations par l'analyse de l'expression hiéroglyphique d'un mot qu'on rencontre avec fréquence dans le texte du Rituel funéraire , et qui offre un exemple des plus frappans de l'existence réelle, dans les écritures égyptiennes, du principe que nous nous sommes proposé d'expliquer. Je veux parler du mot scHNE ou SCHIRE (34, 45) 9 qu'on rencontre tantôt orthographié comme ici, tantôt sous la forme 35, tantôt sous la forme 36, et tantôt aussi sous la forme 37, 45 *• Lesdifferens passages du Rituel funéraire, dans lesquels j'ai eu occasion de lire ce mot, ne m'ont pas laissé le moindre doute sur l'identité de sa signification, non moins que de sa lecture.
* Ces rariantes de Forthographe hiéroglyphiqne d^an seul et même mot sont tirces des manascrits soivans comparés entre eox. Les p^. T. T. et R. T. à la r* sect. de la l'* partie ^ les pap. T. P. et R. T. au chap. I ., sect. r* (I'* partie) ; et les pap, R. C. et R. T. au chap. 4, sccl. ii ;II* partie).
avec.Je/GoptejcgU^C^ querere, inquirere , enquérir, enquête f etc« Son orthographe hiéroglyphique ordinaire, telle que nous venons de Tindt* quer (54» 48)9 0^ voit toujours accompagnée du déterminatif généri^^ que .de& noms. ^Toc/ion : deux autres déterminatifs l'accompagnent en même tems» .L'un est , tantôt un canard, tantôt un museau de veaùf caractère dont nous avons parlé dans ce même article comme réprésentant conventionnel du nez. Ces déterminatifis appartiennent évidemment k la classe des signes tropiques par énigme; au reste, on conçoit trës^en quel rapport les Égyptiens ont pu voir entre Tidée de enquérir, et. celle du nez* ou celle du canard, oiseau aquatique dont l'attitude la plus habituelle est ée chercher tn fouillant, le cou plongé dans le fond de l'étang. Il n'en est pas de même pour le troisième des déterminatifs que nous avons dit accompagner habituellement notre mot sghnb(34,45) • <^t ici il est nécessaire d'observer que la variante ^7 y 45 « ne permet pas de douter que le signe dont je parle ne représente réellement un déterminatif plutôt que la consonne m, consonne dont il est un des homophones lorsqu'il est employé comme signe alphabétique. D'ailleurs l'origine de la valeur tropique que reçoit ici Je caractère en question deviendra évidente , si je fais observer que nous avons dans cet hiéroglyphe Fimage d'une espèce de plante ou arbre **f et que l'idée de plante ou arbre s'exprime en égyptien par le. mot.ujltH ^ mot dont la lecture offre une étroite analogie avec, la lecture de Texpression ojKE^ ajS^E bchub , inquirere, enquérir.
Je ne sais pa3 si le petit nombre d'exemples qne je viens de sou* mettre au lecteur, en preuve du nouveau fait dont je crois avoir découvert l'existence dans le système des. écritures égyptiennes, suffira pour le faire, admettre. Quant k moi , dans mon intime conviction de
* Cet emploi de rimage conTcntionnelle du nez, pour âétannner Texpresnon de Pidce chercher, en' quérir f etc., est comparable , aux ezpressiona figurées de la langue françaîee , telles que, par exemple, avoir h<M ims ,' c'Ml«^-dirè wHn!t de la aagacitd ; mettre U ne» lioiff .. ., c*et^f-din et mêler de... , et maÎBtc^ autres scti|blabl«tf. : . ' . '
,** Cela peut être prouvé par ta simple comparaison de Phicroglyphe 38 , 45 , qui représente un champ planté éParhretr unjariUn ,' et qui est en effet' dani'les textes TexpresMon figuratire habituelle de cette deruèfe loee*
W jréalîté 4u priocipe cpie j'ai ckeftché ici à établir, conviclioii qui w ftmde sur l€8 résultat» obtenus de lapplicaticNi de ce pviBcipe à Vht* terprétatioa d- un très-grand nombre de textes^ je dois avouer fr»i^* chement, que depuis le moment ok j'ai pa soupçonner son eziatence > la partie symbcdique des écritures égyptiennes*, partie que Clram'* poUion a laissée^ on peut dire, intacte, et qui pourtant, j*oser le dire, eat. la plus nécessaire à connaître, m'a para enfin dana son réri^ ti^le jour.
(H. II. ao.) M iBBU-p, ses enfans. Ce groupe consiste dans le carae-» tère^^ura/iir représentant un jeune enfant portant la main a sa bouche, soit pour indiquer le besoin de manger, soit pour indiquer Tétat privé du don de la parole , infans* Cette expression idéographique est suivie des marques de pluralité : le groupe se termine par L'expression phonétique du pronom possessif masculin singulier de la troi-» sième personne , p ; le substantif avec, lequel il est en rapport étant au pluriel, ce pronom correspond exactement au eople itiB^, tes^-de^ luiy t^tq-uSCW les enfans de lui. Voir l'article H* I. i5, pour la question àt». pronoms possessifs égyptiens.
(H. II. 2i.) DjTif, à toujours. Tel est le sens qu'on est obligé d'accorder h ce groupe phonétique , d'après la manière dont le rédacteur du texte grec l'a rendu* dans les différens passages oil on le voit paraître^ Sans parl^ des nombreux exemples que la comparaison du texte démotique peut nous fournir, on ranarquera qu'à la ligne 36 du texte grec le groupe hiéroglyphique en question correspond exactement aux expressions tiç ^rov airxyra ^povov , et qu'aux lignes suivantes 38 et 49f on a traduit par le mot ouo^vofioç, immortaUs, le groupe, H* III, i3 et i^y ^' B* ^^* ^m ONKH-ojTif , wani à toujours, que porte le texte hiéroglyphique , et dans Porthographe duquel on voit reparaître le mot en question djtn. J'indique ces divers rapprochemens , fondés sur l'autorité irrécusable de la version grecque du texte que nous analysons, puisqu'ils m*ont paru propres à établir, mieux que les autres preuves que je possède, Texactitude du sens que je viens d'accorder au mot djnt, et puisque la comparaison des lexiques coptes ne m'a pas encore fourni un seul mot dont l'orthographe et la signification puissent être plausiblement rapprochées de l'orthogra^phe
et de k si^ifimilMm du mot égyptien en question. lia comparaiftoii des textes égyptiens entre eux ne m'a pas plus aidé que celle des textes coptes à découvrir Yorigine de ce mot* Le seul passage remar* quable que j'aie rencontré jusqu'ici, relatif à cette question, consiste dans la phrase djtf djsf djis djtn (Sg, 45), qu'on lit au chapitre 33> sect. f (II* partie) du pap. R. T. (Voir la page précédente 176 pour l'emploi dn mot mis que je traduis par c^esuà-dure , et par lequel on se rendra compte de cette phrase. ) Ma» les mots djtf , et djsf que ce passage nous apprend être synonymes* de djtn , ne trouvent, pas plus que ce dernier, de correspondant dans le'copte. J'ai été un peu pdus keureux quant aux données que cette même comparaison des textes hiéroglyphiques entre eux m'a fournies relativement au véri* table sens à donner à notre groupe, quel que soit d'ailleurs son origine. Les inscriptions sculptées sur différentes stèles , soit du musée du Louvre , soit de celui de Turin ou de Leyde , inscriptions qui , pour le dire en passant, consistent dans un formulaire, m'ont offert quelques exemples du gi*oope 40» 45 > employé à la place du mot DiT«T dont il s'agit ici, dans l'expression de titres divins, tels que, par exemple, celui de ynaùre éêemel^ etc. Or, le groupe 40» 48, que j'ai déjà eu l'occasion d'expliquer k la page ^9 de ma première Lattre surins estpressions qui servent à la notation des dates , etc., etc., se traduit à la lettre par un grand nombre de jours : c'est une transcription du copte ^^^ î^ ^OOnr.
CH. II. 22.) ^tU . et, aussi, de même. Voir l'article H. I. 2.
(H. IL a3 et :i40 Ces deux expressions hiéroglyphiques correspondent à r&yoOii Ti^x^ de la ligne 36 du texte grec. On doit remarquer la tournure tout-^k-fait diflKreiite que le rédacteur du texte égyptien a donnée à la phrase H. IL 22, a5, 2^9 26^ etc. Le texte grec s*arréte tout court à la fin de là phrase précédente relative aux rébompenses <|ueles dieux accordent au roiPtolémée Epiphane^et reprend ensuite le prononcé du décret qui fait, en quelque sorte, la troisième partie de l'inscription , en commençant par cette formule si souvent employée dans les inscriptions grecques, aefadfj tuxij, â la hwmefor^ tune ! Les Égyptiens n'ont jamais fait usage d'une pareille formule ; aussi le scribe chargé de rédiger la partie hiéroglyphique, oUigéde
rendre l'idée exprimée dans Tori^nal grec , à tourné la phrase en laissant suivre, sans interruption, la troîsièitoe partie du décret, de la manière que nous allons voir en analysant le restant de la ligne tl *i Examinons maintenant quelle peut être l'origine de Fexpréssioii que nous prétendons reconnaître dans les hiéroglyphes H. il. a3 él 34» dont il s'agit dans cet article. La valeur du caractère hiéroglyphique H. II, 24, le théorbe , a déjà été fixée dans Tarticle précédent H. I. 19 : il a la signification du substantif bÈerif ou de Tadjectif bon, utile f gracieux ^ etc., selon qu'il se trouve placé avcuU ou après un nom : on ne peut donc mettre en doute , dans le cas dont il s'agit ici, le sens de bon ou bonne , par lequel je Tai traduit en le rapportant au substantif H. II. ^"i. fortune qui le précède. L'origine de l'expression accordée au groupe qui représente ce dernier est bien moins claire; pour moi, je ne doute pourtant pas qu'il ne soit de nature tout-à-fait symbolique. Au surplus^ voici la manière dont on pourrait , d'après moi , envisager l'origine de cette expression hiéroglyphique : je n'ose la proposer que comme une simple opinion dont le lecteur tiendra le compte qu'il voudra, la comparaison des textes ne ni'ayant offert aucun renseignement relativement au groupe dont il s'agit. Le caractère, un rouleau dé papyrus^ qui lui sert, pour ainsi dire, de base, ne doit être considéré, comme nous l'avons démontré ailleurs, que comme un simple explétif: reste le signe deux bras qui se rapprochent y au milieu desquels figure l'image d'un vase. J'ai eu plusieui*s fois roccasion de rencontrer dans des textes hiéroglyphiques le signe isolé deux bras f tels que je viens de les décrire; le plus souvent je l'ai vu employé à la suite et comme déterminatif d'un mot qui se lit HPT , HOPT (4^^ 45) avec la signification évidente de réunir, joùi-dre^ etc. * : c'est le copte ^Wlinr^ qui, dans cette dernière langue,
s'écrit plus souvent par '^at ^IT avec une signification très^-onalogue,
celle de conjungere, unir, réunir, etc. Les inscriptions historiques,
* Le (kit qiM je Tiens àt ngoaler est ooe preuve éridente , à mon mê} entre ploaieoi^ totret ^ne la compaçûaon dei trois testes de notre inscription noos fournit /qn« la pi;ei|iî^ rfSdaçtion dn défcrét de Ro- •ctt» a été faite en langne grecque.
** On le Ht entre antres sur nn cercueil en basalte do mniée de Turin , et appartenant an dvTunt Obr.
( a57 ) relatives aux conquétea des divers Pharaons m'ont offert d'Autre e^é plusieurs exemples de l'image d*un case , tantôt d'une forme pareille à celle qui figure dans notre groupe (43» 45)? tantôt d'une forme qui paraît être plutôt celle d'une espèce de boisseau (43, 45) , employée d'une manière évidente pour exprimer l'idée de richesse dans des phrases oii il est parlé des chefs des pays étrangers a amenés en captivité avec leurs femmes , leurs enfans et leurs richesses , ou biens *. ;> D'après ces divers rapprochemens, je soupçonne que nous avons, dans notre groupe représentant l'idée de fortune, le Tuyri du texte grec, l'expression hiéroglyphique des idées accumulation de biens.
(H. II. 25.) La traduction que j'ai offerte de ce groupe hiéroglyphique doit être regardée comme douteuse , la forme de quelquesuns des caractères qui le composent n'ayant pu être bien déterminée , nonobstant la comparaison attentive que j^ai faite de plusieurs empreintes tirées du monument original. La dernière de ces empreintes que j*ai eu occasion d'examiner ne m'a laissé presque aucun doute sur un changement qu'il faut introduire dans l'orthographe de notre groupe , telle que je l'avais adoptée dans le dessin de la planche n"" 2. Il s'agit du dernier signe qui figure dans le groupe en question; Y angle k ou h doit être changé en un t , le segment de sphère. (Voir Verrata corrigé des planches.) La forme du signe qui figure en initial, quoique douteuse, m'a paru indubitable : le restant des signes est parfaitement reoonnaissable. D'après toutes ces données, j'ai cru pouvoir lire, avec quelque confiance, le groupe entier par ahb«rat-s m het, mots qu'on reproduirait en copte par Texpression ^^EpSTC ^i%
^H^posuit (illa) in corde ^ ratum essefecit in corde. Je vais tâcher de
justifier cette traduction. La transcription des deux premiers signes de notre groupe donne la syllabe ak , ok ou ah , oh \ il m'a paru qu'on ne pourait mieux comparer ce niot qu'au copte &^E^ O^S^ store ^ manere,
^ On troare coni Umment dans lei imcriptioiis do méine genre cet différantes images de vaseê êmployëes indificremment à la saite d^nn mot qai se Ut nu on hra (44» 46), et qni paratt correspondre à notre mot mine, puisqu'il sert en effet à exprimer Tidce de mcMure, en parlant soit des hlés, soit de \% poudre d'or, soit des aromate* dont k tribnt a iU imposé par les Égyptiens anx nations Taincnes.
ponere , etc., à cauie surtout do àèXenûxasûî dBux pkds bu jambes 0n marche qui lacoompagnent. l'ai déjà fait remarquer ailleurs, daiM le courant de ce volume, que ce dernier signe hiévoglyphique ettk déterminatif habituel de tous les noms ou verbes exprimant wie màr> nière déire quelconque. On doit dana notre cas en tenir 43ompte, d'autant plus qu*il nous reste dans le copte l'expression t>^\:çfÊn ou
0^\ EpB^T qui sert bien plus souvent que le simple t>%\ ou o^\
pour rappeler Tidée de store, ponere, siarefajcer$, etc. * , et avec laquelle nous voyons entrer en composition le mot pB-T, pes , pied^
presque comme correspondant du cwvLCthvt deux jambes ^ ou deux pieds , qui accompagne l'expression hiéroglyphique ahb , B^E.
Le mot ÂHE est accompagné aussi -d'un des homophones habituels de la consonne s ; je suppose quele mot qui correspondait, dans la langue parlée, à Fexpression hiéroglyphique symbolique /or^une (H. II. aS) qui régit ici la phrase , était du genre fièminin **, de sorte que le a qui accompagne le verbe ahe n'est pour moi que le correspondant du pronom copte EC ou Ci elle, qui sert dans la conjugaison à marquer la troisième personne féminin singulier '*'^^. L'interprétation des trois caractères qui suivent ne peut pas être douteuse, en admettant leur orthographe telle qu'elle m*a paru devoir être rectifiée : Vu représente la préposition copte ^t^ ou jb- dwiss bous en avons déjà rencontré d'autres exemples dans le courant de notre texte. On peut regarder, soit comme phonétique^ soit comme ^figurative, l'expression des deux derniers signes l'image du oœur (n), survie du sepneM-de
* Vàîr le Lexicon Mgyjftiaco-Latinum de M. Tattam , page 43 » <t le LexUon Ungnct copUeœ de X.Pfjroa à la pise i6i»
**" LeoMl ^f>&^ ^Ifatt&tct copiai énpIoieBt qnchpieftla pour exprimer Filëe de j^iVhm pinll aa eoQtimue aroir app«rteira an genre miaenlin. Qooi qo^fl en aoit de cette drconatance , tt aéra diantre cM coricia d'obaerrer ( cooaparatÎTeBMnt à Fidée d^aecumutmtion de bien» ou WcAeaMf, qna j^ai en reoonnattre dana le cocraapondant faUrogljrpliKpia dn mot tv^ti) » qne le mot ^ t^&^ ae liMme de la ncme 4^5.^ tpà aîgnîfie ^•Mûlare, et dn Teibe ^ dare^ t^eùrder,
*** Tù d^à en roccasion d^expliqner, dans un dea artidea ^i précèdent, cette manière de conjugner Mit daoa la langue égyptienne , aoit dana la langue copte.
sphère (r) ; en y appli^piant la méthode phonétique, nous y ligon§ en toutes lettres le mot HT^ bet^ transcription exacte du copte ^Kt,
coeur; d'après là méthode figarative , le signe idéographique le cœur se trouTerait accompagné du segment de sphère, parce qu'il est la note hahituelle des signes de cette espèce.
(H. IL 26.) N, de, à, etc. : préposition correspondante au copte !t qui a là même signification.
(H; II. 3j.) Expression tropique de Vidée prêtre représentée au pluriel. Cette expression se traduirait à la lettre par homme pur, ou purifié. HbrapoUon nous apprend (liv. 1 1 4^) ^^^ po^i* exprimer l'idée de /iii/v/^ les Égyptiens peignent le/èu et Peau : les monumens, en confirmant pleinement cette notion , nous montrent que l'expression égyptienne dont parle Horapollon consiste dans l'image tTun case dont Peau s* échappe et traverse une flamme (45 , 45) *• Cette même image du i^iue reparaît dans l'expression tropique dont il s'agit ici : à la place de hi flamme on voit l'image €tun indiindu agenouillé, les bras kî^s dans Faction de prier, et au-dessus duquel l'eau du vase est censée couler. Le sens de cette représentation ne peut, ce me semble, être Tobjet du moindre doute; mais il deviendra incontestable, lorsque j'aurai placé sous les yeux du lecteur une des variantes les pins remarqua^ blés que la compai*aison , soit des manuscrits , soit de toute autre espëce de monumens égyptiens, nous fournit à chaque pas. Cette variante consiste, soit dans le groupe 461 soit dans le groupe 47 ou ^B , 4S, qui , employés l'un pour l'autre , se lisent , par exemple, sur une stèle du comte Malaspina à Milan , de même que sur une stèle du mu* sée des Studj à Naples. Or , il est à remarquer que dans ces groupes nous avons une transcription phonétique entière du mot qui, dans la langue parlée, servait à exprimer Tidée de prêtre/ c*est le mot copte OYH^ • Le vase dont teau Réchappe figure en efiîst dans notre alpha* bet comme homophone de la consonne Onr; là Jambe hmnaine est. le représentant perpétuel de la lettre fik ; le signe eoirrontionnel de teau
*J€ m'ahitieiift.ac dter ea patticnUêr les îmeriplioiit lliéros^rplil4«>e> •«' lo^iuBet ma wic rti o n feadt, raii^'dlwtaidc>Mi«ppQrltepvfeaOlMiBpoUmdnfa0
accompagne en qualité de déterminatif ce groupe hiéroglyphi()uc. Dans la variante 47i 45» on a fait usage d^un second déterminatif, le signe figuratif /lomm^ y quelquefois on le voit lui seul placé immédiatement après le mot oub , OTH& (48, 45)* Dans toutes ces expressions phonétiques, nous n*avons aussi que la représentation de Y idée homme pur oM purifié ^ idée que j'ai d'abord reconnue dans l'expression tropique dont il s'agit spécialement dans cet article. 11 est à remarquer que lasignification primitive du copte OYH&9 par lequel on exprime ordinairement ridée àe prêtre, est aussi celle de purus^ purifié.
(H II. 28.) NA , appartenants à, oî rou, ot T^Vt ^tc. C'est une transcription exacte du copte sXh, article possessif vague du nombre pluriel. Voir la Grammaire hiérogl/phique, page 19a.
(H. II. 29 et 5o.) Nous avons dans ces deux groupes la représentation de deux emblèmes par lesquels les Égyptiens avaient Tuisage de symboliser la partie haute et la partie basse de leur pays^ que nous appelons ordinairement la Haute et la Basse Egypte. Ces emblèmes consistent, pour la Basse^Égypte^ dans trois tiges de papyrus, et pour la ffaute-Égypte j dans trois tiges de lotus. On conçoit très-bien quelle relation les Égyptiens ont pu voir entre l'idée de ces deux différentes plantes et la partie de leur pays dont chacune devint le symbole pour eux. Le papyrus était le sujet d'une culture toute particulière pour les habitans du pi^ys marécageux de la Basse-Egypte » et le lotus-lys ne se trouvait guère , dit-on, que dans la Haute-Egypte. C'est ^ selon toute apparence, par des motifs semblables que les Égyptiens ont choisi ces deux mêmes plantes pour emblèmes du Nil ahcUssant ses eaux^ et du Nil à t époque des plus hautes eaux^ C'est là un fait qui nous est démontré par l'examen d'un tableau existant dans le tombeau de Rhamsès*Meiamoun ,. dans la vallée de Biban-el-Molouk : ce tableau offre la série des dou^e mois de l'année égyptienne personnifiés sous l'image d'individus parés dç différens emblèmes qui rappellent les diverses circonstances physiques de l'Égyptp pendant la durée de chacun des douze mois. L'image qui correspond au premier mois de Tannée , le mois de Toth , époque de T abaissement des eaux y se montre coiffée de plusieurs tiges de papyrus ^ et porte même devant elle une inscription qui se lit Hôpivooij , c est*à-^dire ea-
chant les eaux; celle qui correspond au mois de Mesori, époque des hautes eaux , représente le Nil , la tête surmontée de tiges de lotus'ljrs.
Dans les groupes H. II. 29 et 50, nous voyons nos deux emblèmes placés chacun sur le signe symbolique tout (Voir l'article H. I. 6); habituellement on s'est contenté , dans les inscriptions sculptées, de les tracer sur une espèce de petite base (49» 45)) ou plus souvent au-dessus du caractère région (5o, 45)- J'ai cru utile de faire noter ces variantes orthographiques avant de parler de l'existence de quelques faits importans que j'ai découverts dans l'étude des textes, et qui me paraissent démontrer sans réplique l'exactitude du sens tropique que je viens d'accorder aux caractères, \e papyrus et le lotus-lis. L'un de ces faits consiste dans Torthographe 5o bis , 45 d'un nom propre de femme qu'on trouve sculpté sur une stèle du musée de Turin et qui ne peut se lire que par isbmhb, ou en suppléant les voyelles isbmhobb (déterm.y^mm^). Selon moi, ce nom signiGe littéralement Isis dans la région inférieure ou Isis dans la Basse-Égjrpte : le sens de l'expression ordinaire du nom de la déesse Isis^ qui figure au commencement, est incontestable ; suit l'orthographe hiéroglyphique de la préposition ^iy. (en composition jul), dans. Vient enfin un mot HB , ^& 9 qui ne peut être mieux comparé qu'au copte ^O&IE^ humilis esse^ infimus, inferior esse; le caractère que nous avons déjà indiqué comme étant le symbole de la Ba^se^Ègypte , Egjrptus inferior y lui sert de déterminatif. Cette circonstance me paraît décisive en faveur du sens que j'ai accordé au signe les trois tiges de papyrus sur une même base. Un second fait que je vais citer démontre d'une manière non moins évidente l'exactitude de la valeur que j*ai d'autre côté reconnue dans l'emblème le lotus4ys. Très-souvent et sur des monumens de toute espèce on rencontre l'orthographe 5i , 45 à la place soit du n" 5o , soit du n° 49^ 45 » soit aussi à la place de l'orthographe H. II. 29 et 3o dont fait usage l'inscription de Rosette : On remarque dans cette Variante le signe un jonc mis à la place des trois tiges de lotus-lis j emblème de la Haute-Egypte. Or, j'aurai occasion de démontrer dans l'article suivant H. III. 11 (et un passage de Plutarque dans le Traité cC Isis et dOsiris nous l'apprend d'une manière formelle) que
le caractère un jonc était en Egypte un signe symbolique de Tidée monde méridional : il n'est pas rare en effet de voir dans les inscrip*tions un jonc placé sur le signe région ^ tel qu'il figure dans l'orthographe 5i, 45 9 mis ^^ opposition avec le groupe phonétique mht (5i bis,JiS)\e copte 0^^\T, qui désigne le nord. Il est impossible
de méconnaître les motifs par lesquels les scribes égyptiens ont pu remplacer le caractère le lotus^lys par le caractère un jonc; c'est que le premier étant, comme je l'ai prétendu, l'expression de l'idée Haute^ Egypte y cette idée était naturellement pour eux synonyme de l'idée midi ou pays méridional,
(H. III. I.) Les signes composant ce groupe ont été presque entièrement emportés par la fracture de la pierre : il m'est impossible de les rétablir avec certitude.
(H. III. 2.) SENy eux, orthographe habituelle du pronom de la troisième personne du pluriel (Voir supra). Ce pronom ne peut être rapporté qu'aux expressions renfermées dans la partie de la phrase H. 11^ 22 f a3y etc. , qui a disparu par la fracture de la pierre, et dont les groupes suivans H. III. 3^ 4» jusqu'à 9, expriment le dernier membre. Il sera utile , pour faire apprécier mon assertion , de reproduire ici la traduction littérale de la partie de la phrase en question que nous venons d'analyser , et de faire voir comment le sens de la ligne III , que nous expliquerons bientôt, s'y rattache.
u Et la bonne fortune a fixé dans la pensée des prêtres de toute la Basse et de
» toute la Haute-Egypte * d'augmenter considéraèlement tous les honneurs dont jouit >» maintenant le toujours i^ii^ant roi Ptolémée , dieu Epiphane Euckariste^ de mime que » ceux des dieux Philopatères qui ont engendré lui , et ceux des dieux Ecergètes qui ont » engendré ceux qui ont engendré lui, et ceux des dieux Adelphes qui ont engendré ceux H qui ont engendré ^'^^ eux , et ceux des dieux Soters , pères de ses pères ; pareiUemeot » de faire ériger une statue , etc. »
(H. III. 5.) HR, et, ainsi que, etc. Voir l'article H. I. 5.
* Gommencement des cxprettîonf contenaes dans U partie perdue à U fin de la U« ligne et an oommeiH cément de la UI* ; je ret&blis ces expresftions diaprés le texte grec et le texte demotiçpe mis en rapport avec ce qui nooa reste de la phrase dans le texte hiérogl^phîqne.
** Commeneement de la partie qni noua reste de la ligne IH.
(H. III. 40 J'ai àéjh eu précédemment (H. II. 4) l'occasion de justifier la signification de dieu que j'accorde à l'hiéroglyphe la hache que nous voyons reparaître. Il ne nous reste ici qu'à rendre compte de la circonstance de voir cette image redoublée : cette circonstance s'explique tout naturellement, soit qu'on la regarde comme due à rintention d'exprimer le pluriel , puisqu'il s'agit dans notre phrase d'une mention des differens Ptolémées ayeux du Ptolémée en l'honneur duquel le décret de Rosette a été gi^avé, soit qu'on la considère comme rappelant une espèce de duel en rapport avec l'idée de Ptolémée et Bérénice Soters auxquels les expressions H. IIL 4 ^t 5 semblent faire allusion.
(H. m. 5.) Ce groupe exprime évidemment un qualificatif du nom les dieux ou les deux dxevar^ qui le précède immédiatement : aussi consiste-t-il dans l'image redoublée d'un seul et même caractère , le marteau. Quelle que soit ici la nature symbolique ou phonétique de l'emploi de ce signe , nous sommes d'abord assurés de sa signification parla simple comparaison du texte grec, qui le traduit par acory^, sauveur (rcov decov (reonopoiy, etc., ligne 58). Lorsqu'une seconde fois (H. III. 22) le même hiéroglyphe, le marteau^ reparaît, le texte grec le traduit par vengeur ^ dans la phrase « tou eirafiuvonn^ rn Aevu^rrc^ (ligne 39) »; les idées, sau^feur et vengeur ^ sont on ne peut plus analogues. L'examen de la .véritable nature du cai*actère en question va nous montrer Forigine de ces deux significations qu'on lui a accordées.
On ne manquera pas sans doute d'observer que l'expression H. III, 22, que je viens de citer comme identique à l'expression hiéroglyphique, le marteau j dont se forme notre groupe H. III. 5, ne consiste point, comme cette dernière, dans la représentation isolée du marteau lui-même, mais que ce signe y est accompagné de deux caractères phonétiques. Si , comme je le prétends , l'identité des deux groupes H. III. 5. et H. III. 22 est réelle, la circonstance que je viens de signaler, nous permettrait de croire que dans l'hiéroglyphe le marteau j lorsqu'il est employé isolément pour représenter l'idée de saui^eur ou vengeur^ nous n'avons qu'une simple abréviation du groupe H. III. 22, ou que tout au plus le caractèi^e en question, en
même tems qu'il sert d'initiale au groupe phonétique H. III. 211 j est le signe symbolique de l'idée que ce groupe était destiné à représenter. C'est en effet ce que confirme pleinement la comparaison des Rituels : cette comparaison nous fournit de nombreux exemples de l'emploi du caractère isolé le marteau à la place d'un groupe (52, 45) identique à celui que porte notre texte H. III. 22. Tel est entre autres celui que nous offre le pap. R, T. chap. i., sect. vu (Impartie), comparé au pap. R. C. qui ne fait usage que de rhiéroglyphe isolé 53 9 45- Si Ton remarque une petite différence entre l'orthograpbe 5a, 45 du groupe en question , et l'orthographe du même groupe tel que nous le trouvons dans le texte de Rosette (H. III. 22 ou (54> 45) » il est nécessaire d*avertir que l'orthographe 52, 45» que porte le pap. R. T., est la véritable et la plus exacte orthographe de l'expression hiéroglyphiqueî;e/i^e{irou saui^eur, puisqu'on la voit adoptée généralement et de préférence par les textes égyptiens de toute époque. Au reste , mon assertion relativement à la synonymie des deux groupes en question est mise hors de doute par le fait suivant : le pap. T. I. au chap. 2^^ sect. i'^ (ir part.) , m'a offert le groupe 55, 45 (identique à celui du texte de Rosette H. III. 22 ou 54» 45)) ^ la place du groupe 56, 45> dont fait usage le pap. R. C. La présence du signe \r petite barre ^ tantôt simple, tantôt redoublée, par lequel nous voyons remplacé le signe le plus ordinairement employé , le . segment de sphère, t , s'explique d'après lu théorie des explétifs. Aussi nous pouvons regarder l'orthographe 54 ou 55, 45 9 comme une véritable abréviation de l'orthographe complète 52 ou 56 , 45*
Maintenant, s'il est permis de regarder Texpression isolée un mar^ teau comme étant une abréviation du groupe H. III. 22, ou 52, 45, quelle est toujours l'origine de la signification de sauifeur ou vengeur^ que nous sommes obligés de reconnaître dans ce groupe ? Cette question trouve une solution, la plus satisfaisante, si nous appliquons à son orthographe 5^, 45 9 que nous avons reconnue pour être la plus complète , la valeur alphabétique propre à chacun des signes qui la composent : on obtient un mot qui ne peut se lire que par sivt , sont ou SENT 9 mot parfaitement identique au copte Ccnt^T- La significa-. tion de ce mot, telle qu'on l'a adoptée ordinairement pour les textes.
coptes est bien différente , il est vrai , de celle que nous avons reconnue dans le mot hiéroglyphique sont : dans Tun nous n'avons trouvé jusqu'ici que l'expression de l'idée sauver ou venger^ tandis que l'autre ne se traduit généralement que par creare ^ fomiare. Mais un examen approfondi de la véritable origine de l'emploi et dé la signification du groupe hiéroglyphique en question nous démontre que le mot égyptien sont, et le mot copte COIKt^, représentent pourtant un seul et même mot.
Quant aux significations diverses (l'une creare et Tautre saw^er^ etc.) que nous avons reconnues jusqu'ici pour les deux mots, l'égyptien SONT et le copte ccuitnr» je commencerai par faire observer que les lexiques accordent à ce dernier) CCKII^^ ^ crectré)\e sens aussi de im^iffilare, pneessCy sens analogue à celui de sauver que reçoit l'hiéroglyphique SONT. Il y a plus : quelquefois le mot sont exprimait, lui aussi, dans les anciens textes égyptiens l'idée de creare, témoin le titre divin AfjwvpoB^ûJvftfjp, AnuonrorSonUier ^ c'est-à-dire Amon, créateur des dieux y que j'ai expliqué à la page 97 seqq. de ma Campagne de Ehanusès-le-Grand. C'est dans cet écrit que j'ai eu la première fois occasion d'exposer mon opinion relativement à la signification de sauver, venger et en même tems de créer, que je crois avoir été donnée dans Tancienne langue égyptienne au mot en question sont. Il parait que les Égyptiens ne faisaient souvent aucune distinction entre les deux idées créer et sauver : ce fait trouve peut-être son explication dans quelque principe fondamental de leur théologie. Quoi qu'il en soit , on ne manquera pas de se convaincre de l'exactitude de mon assertion y d'après laquelle je prétends que le groupe hiéroglyphique snt, SONT recevait la signification de sauver , en même tems que la signification de créer, qui est celle du copte COli^^, si je parviens à démontrer que cette dernière dut même être sa signification primitive. L'examen de la nature de Timage (le marteau), qui tantôt sert d'initiale au groupe sont, tantôt isolée remplace le groupe luimême, peut nous fournir cette démonstration : je rappellerai d'abord les variantes que quelques textes m'ont offertes à la place de l'image dont il s'agit. Que l'on compare celles que M. Rosellini cite dans le deuxième volume (mon. star.) des MonumerUi delF Egitto pour l'ex-
( 246) pression du nom et titre historique de Ptotémée Soter : on y trouvera ce titre soter y c'est-a*dire sauveur , que le texte de Rosette et d*ai&tres monumens représentent par le mot sont, exprimé quelquefois par rimage d'un maillet j tel que les dessins que M. Roseilini luimême vient de publier nous apprennent à le connaître (67 , 45] *. Or y il est à remarquer que le caractère hiéroglyphique le maillet n a été généralement employé dans les textes qu'en qualité de déterminatif tropique d'un mot qui se lit mmkh (58, 4S) analogue au copte UDYI^ y. y et qui sert a exprimer , comme ce dernier^ les idées àefor^ mare, efformare^ par analogie creare {ci. CtI\KT, creare^formnre). Cet exemple incontestable de l'emploi du signe le maillet (expression primitive des idées ybrma/i^^ crearé) , pour représenter le titre de soter y sauveur, de Ftolémée fils de l^agus, nous explique d'une manière la plus évidente l'origine de l'emploi du signe le mxurteau pour l'expression du même titre. Le marteau, primitivement sym* bole de l'idée de creare , formarey ejffbrmarey etc« a pu devenir par la suite le signe tantôt tropique (lorsqu'il est employé isolément) ^ tantôt tropico-phonétique ( lorsqu'il exprime l'initiale du mot sont) de ridée sauver, de la même manière que cela a eu lieu y c^mme nous venons de le voir , pour son synonyme le maiUet. Je dois ajouter ici que toutes les variantes orthographiques qu'il m'a été possible de reconnaître jusqu'ici pour l'expression hiéroglyphique du mot sont, sauveur, vengeur y se réduisent à l'emploi varié de l'image d'objets représentant des instrumens du même genre que le marteau ou le maiUet. Tel est la variante 69 ou 60, 45 que les pap. R. T. et T. I. m'ont offerte au cfaap. 4; sect. 11' (P* part.) : elle consiste dans l'image d'une espèce de trépan ou terehra, instrument dont on fait un usage fréquent dans la fabrication d'objets de toute espèce.
(H. IIL 5 bis 5 ter ei &). (Je prie le lecteur de vouloir consulter ici Y Errata corrigé de ÏMlas, a6n de me suivre dans l'analyse de notre texte hiéroglyphique depuis le groupe H. IIL 5 bis y jusqu'au groupe H. IIL 6. inclusivement. Une inadvertance du lithographe
* Cf. planclws XLV k LIX des Mom.
( ^7 ) nécessite les additions que j'indique dans Y Errata corrigé préeité d'après le monument original.)
On peut lire le groupe H. III. 5 bis, soit par Djnou ou djonp , soit par DJONOU : il suffirait, pour fixer sa véritable lecture, de déterminer avec certitude son correspondant dans la langue copte, si touterois il nous en reste un , ce qui d'abord semble douteux. Quant à sa signification , il est possible de la reconnaître y soit à Taide de la traduction du texte grec, soit par le moyen du signe déterminai^ qui raccompagne, soit aussi par suite de l'indication du sens exact du groupe H. III. 6, qui vient après lui et avec lequel il est en rap^ port direct. Je vais même exposer d'abord ici mes observations rela^ tivement a la signification de ce dernier (H. III. 6.) : comme il porte le même déterminatif que celui qui accompagne le groupe précédent H. III^ 5 bisy dont il s'agit de fixer la véritable signification, nous pourrons en tirer quelques lumières qui nous serviront de guides dans cette question.
Il est nécessaire de séparer dans le groupe H. III. 6. Texpression du pronom sbn, eux y par laquelle il se termine : reste un mot que détermine l'image d'une momie ^. Ce mot, tel qu'il est orthographié dans notre inscription , je le lis par tôt on touot. Telle est en effet sa véritable lecture , quoiqu'on ne manquera pas de rencontrer dans les textes ** soit l'orthographe 6i , 45, qu'on lirait totou, soit aussi Forthographe 6a, 45 y tôt; ces deux variantes ne sont, pour ainsi dire , que des variantes calligraphiques adoptées par les scribes dans le but unique de servir davantage à l'œil et de quarrer le groupe. Ce qui le prouve, c'est que l'orthographe que notre inscription adopte, non seulement est Torthographe la plus généralement usitée, mais c'est aussi la seule à laquelle convient la signification qu'on est obligé de prêter au groupe en question. Cette signification , dans la phrase dont il s'agit ici , ne peut être douteuse : l'expression phonétique
* Ce caractère représente une de cet figurines, ordinairement en terre ^maillée on en bois^ qni consistent dans une imitation pins on moins exacte d nne momie ou corps bnmain enveloppe de bandelettes. On en possède nn très-grand nombre dans les difierens musées de l^Enrope.
^^ Voir entre antres les pap. K. C. et T. I. cbap. ao, sect. F* (H* partie).
TOUÔT trouve un correspondant exact dans le mot copte ^Oycli^ qui y dans cette dernière langue, a plus souvent le sens de templum portatile, mais qui signifie aussi simulacrum, image*. J'ai traduit le groupe touôt par père^ pères , et il suffirait, pour justifier ma traduction , de faire observer que le mot *TOYcm , simulacrum, image, a pu en effet être employé dans l'ancienne Egypte de la même manière que le mot imago ^ imagines chez les Latins. 11 est indubitable du moins (et ce n'est pas ici le lieu de le prouver) , qu'il exista jadis chez les Egyptiens le même culte pour les imagines que chez les Romains : et il est remarquable qu'on ne trouve dans les livres coptes le mot ^OYCIT^ avec la signification de simulacrum que lorsqu'il s'agit d'exprimer cette dernière idée au pluriel , simiUacra, imagines. Mais mon rapprochement du copte rrOYCU"^ avec l'égyptien TOUÔT, et la traduction de père que j'ai adoptée pour ce dernier, peuvent être mis en évidence par une foule d'autres faits. Le plus direct consisterait dans l'existence , dans les textes coptes, du mot ^ÎOÎT, père (comparable au mot ^OnrcLTT, imagines des mêmes textes), tel qu'il nous est donné par le Lexicon œgyptiacum de M. Tattam, à la page 1 18; mais l'exemple unique que le savant orientaliste cite de ce mot me fait craindre qu'il n'ait adopté une orthographe fautive du mot copte E^a\T («SOIt) pour une véritable expression de l'idée de père, progenitor **. Quoi qu'il en soit, les textes hiéroglyphiques eux-mêmes viennent d'autre part à mon secours : que l'on observe la variante orthographique 63, '45 du mot TOUÔT, que les pap. T. L et R. C. m'ont offerte (sec t. r* de la II* part.), on y voit son déterminatif ordinaire , l'image d'une momie, remplacé par le signe un phaUus. Or, la seule idée dont il est possible de reconnaître le représentant hiéroglyphique dans ce signe est celle de père, geniior y progenitor : mon assertion est d'autant plus admissible , que
* Cl. le Lexicon agjrptiacum^ de M. Tattam, page 53o.
** Il faut remarqaer qae le prelenda mot copte ^\CLT^ est domié comme appartenant an dialecte thébahii et qae Torthographe E^UL\*T ^^^^ J^ soupçonne qu'il est une corruption, eat justement la forme thébaine du memphitique StU*^ • pare. Au reste, rien de plus facile, de la paît d^un copiste, que le changement de la forme alphabétique E <^'^ I<^ forme Ç.
( 249) nous rencontrons souvent dans les inscriptions, entre autres dans celles sculptées sur le grand temple d'Esné, le groupe 64 1 45 iôt (le copte SCU^9 B^tUn[ dont je parlais tout-à^'heure), ou ses variantes, déterminé aussi par le caractère un phallus ^ le seul (à ma connaissance du moins) qu'on ait accordé à l'orthographe hiéroglyphique de l'expression phonétique iôt, ^cu^« qui ordinairement n'en reçoit d'aucune espèce *. Mais la comparaison des manuscrits nous apprend encore d'autres faits d*après lesquels il est permis de donner au groupe touôt la signification àe père ^ progenitor^ ancêtre ^ etc. : ils consistent soit dans la différence des caractères qu'on rencontre quelquefois à la place de l'image d'une momie^ lorsque cette image sert de déternatif à d'autres expressions phonétiques que celle de touôt, soit dans la signification de cette dernière abstraction faite de leur déter* minatif quel qu'il soit ; toujours dans ces différentes circonstances on est obligé de reconnaître le sens àepère, ancêtre, etc., que le signe une image de momie acquiert dans les groupes dont il fait partie. Ainsi , parmi les inscriptions de la face orientale de l'obélisque Flaminien à Rome, nous lisons le mot njo ou go (67, 45), le copte zgLO , ^ , déterminé par l'image en question, et employé pour représenter l'idée de germen^ germe, semence, au figuratif roc^ : c'est dans une phrase oii l'on donne au roi le titre de « engendré des dieux et de leur semence. * Les pap. R. T., T. P. et T. T., soit au chap. 14, sect. r* (r* part. ) , soit au chap. la , sect. vu (II« partie) nous offrent l'orthographe 66^ 45 employée a la place de l'orthographe 65 , 45 du mot Houo , phires, major pars , qui parait correspondre à l'expression italienne 1 piu, par laquelle on désigne les défunts : dans ces variantes on voit figurer, comme déterminatif du mot, tantôt notre image de momie, tantôt l'image d'un indwidu agenouillé tenant le fouet à la main , caractère qu'on ne trouve ordinairement qu'à la suite des noms propres des défunts.
L'exactitude de la signification que je prête au groupe touôt me . paraît assez bien constatée par les rapprochemens que je viens de
'*' Voir infrk, Tarticle H. VII, 44.
citer. L'identité elle-même de l'expression égyptienne touôt avec le mot copte ^OYCU^T ^ simulacrum^ identité sur laquelle je me suis d'abord fondé, est mise hors de doute par l'étude des textes hiéroglyphiques. Champollion cite, à la page 174 de sa Grammaire égyptienne, un exemple (et j'en connais bien d'autres) du mot touôt, orthographié de même que dans le passage qui nous occupe de l'inscription de Rosette (68, 45^1 et employé de la manière la plus évidente pour exprimer, de même que le copte nrOYCUT, l'idée de statue ^ simula* crum: dans le bas-relief qu'accompagne l'inscription dont lesavanthiérogrammate a tiré cet exemple, on voit en effet un Pharaon représenté dans l'action ^offrir une statue d argent. Je puis citer un exemple encore plus frappant d'un pareil emploi du mot en question, je le tire des inscriptions qui accompagnent le grand bas-relief existant au palais de Médinet-Habou , relatif au couronnement d'un Pharaon de la XVIII' dynastie. Dans une partie de ce bas-relief on a figuré une procession de prêtres qui portent les statues des ancêtres du roi qu'il s'agit de fêter; l'inscription qui accompagne cette procession porte textuellement: « Voici que les prêtres , serviteurs de ce dieu (le pharaon), marchent devant lui, a^^ec les statues des rois (69, 45)* » I^e déterminatif habituel du mot touôt a été , dans ce dernier exemple, remplacé par l'image d'u^ indi^^iduy la tête ornée de Vuréus , un sceptre à la main y par la raison qu'il s'agissait des statues des rois.
L'emploi que je viens de citer du mot touôt, pour représenter ridée de statue ^ me rappelle un exemple de ce même mot, qu'on lit dans la dernière partie du grand Rituel funéraire. D'après ce nouvel exemple, il n'est pas douteux pour moi que le mot en question n'ait servi, dans l'ancienne Egypte, pour rappeler aussi Tidée d'insignes, le Ta Ttfxca des Grecs. Il s'agit d'une description d'^/nmo/i -Pontée ^ dont l'image peinte se voit ordinairement tracée au-dessus de la des» cription elle-même. Cette image consiste dans un scarabée surmonté d'une tête humaine ornée de deux plumes , et posé sur deux jambes humaines en marche , etc. : or, la description porte textuellement : « Voici les insignes à lui (touôt naf, 70, 45); deux plumes sur sa tête, ses jambes ouvertes , son torse en scarabée , peint en bleu, etc. » Bien qu'il fût permis, dans cet exemple même, de donner au mot
TouÔT la signification de image j comme dans les exemples précédemment cités y il est néanmoins évident ^ par la description qu'on vient de lire, que le sens de rtfjua, insignes y lui convient encore mieux. Au reste , le mot touôt revient encore deux fois dans le courant de la même description ^ et toujours employé de manière qu'une autre signification que celle d*insignes ne peut lui convenir.
J'ai cité cet exemple du mot touôt , comme pouvant être employé pour dénoter l'idée de T(|ieoe , afin de relever en quelque sorte le passage de la signification au propre de ce mot (statue ^ image ^ insigne) à la signification figurée cérémonies ^ honneurs ou honneur j que nous verrons lui avoir été donnée dans la suite de l'inscription elle-même que nous analysons (Voir H. VIII. 36, IX. 2^, etc.]. Parmi les titres donnés aux rois , on trouve souvent celui que je transcris sous le n"" 7 1 , 45» F honneur des diadèmes : il serait inutile, ce me semble^ d'insister davantage sur ce sens figuré du mot touôt, après tout ce que nous avons dit par rapport à ses différentes significations au propre. Au reste , je renvoie le lecteur aux articles que je viens de citer de la suite de cette analyse.
Je reviens maintenant au groupe H. IIL 5 bis, qui précède celui que nous venons d'analyser et qui en est séparé par la préposition n , dey le copte h (H. III. 5 bis). Comme on le voit, le groupe en question est déterminé par J'imsige d'une momie ^ caractère dont nous avons déjà appris toutes les significations ; il suffirait de sa présence pour nous dire de quelle manière il nous est permis de traduire le groupe dont il s'agit ici : il serait difficile, ce me semble , d'y méconnaître la signification de/^^/^y/^rog^cmwr, genitory àieuly ancêtre y ou autre semblable. Mous verrous en efiçt, en analysant le texte démotique<( ligne XXU), que la phrase H. III. 5 bis^ 5 ter et 6 est remplacée dans ce texte par une transcription eu toutes lettres de la phrase copte lK£SOnr£ s^ itESCll*TE ^ pères des pères ; mais la lecture elle-même de ce groupe autorise une pareille interprétation; je le lis djonf, djohou ou djnou. Le copte ne nous conserve point une expression tout-à-fait semblable ; mais je ne doute pourtant pas que sa racine primitive n'existe dans cette langue. Le mot égyptien jdjonou, djonf est pour moi un correspondant e:(act du grec yovru^; dont la racine est la même que la
racine copte ^{JSOT^ ycvcea, generatio, qui souvent s'écrit aussi riLtSlxx 9 forme déjà, on peut dire^ identique à la forme égyptienne DJONOU* Au reste, la forme véritablement primitive, soit de djonou ou DJONF, soit de ^oveuç, soit de tisaiOY ou tiscnw , ne peut être que DJO, racine qui existe dans toutes les langues indo-germaniques, tantôt sous la forme de ga, dja, tantôt sous la forme de ujan (comparable à l'égyptien djon dans djnou , et au copte "^cuu )• Dans cette dernière la consonne n ne doit évidemment être considérée que comme paragogique : c'est ainsi qu'on peut expliquer les variations de la racine égyptienne dont il s'agit, tantôt sous la forme de djon ou !^a\u ^ tantôt sous celle plus simple de y^xjsonr.
(H. III. j.) K-ovÔTf pareillement. Conjonction comparable à l'expression copte hOYCtïnr. pariter, pareillement y qui dérive de OYCUT, unuSy unicuSj idem. La différence entre l'orthographe copte et l'or^ thographe égyptienne ne consiste que dans l'emploi de la préposition n, de y m, à la place de la préposition synonyme (^m)* Une circonstance singulière se fait remarquer dans Torthographe hiéroglyphique de la conjonction mouôt; on y voit la syllabe ouôt ou out répétée, et sa double expression représentée de manière à faire le pendant. Cette circonstance a lieu par suite de l'intention formelle de la part des scribes de peindre j au moyen d'un procédé tout-k-fait approprié à la nature des écritures égyptiennes , l'idée dont le mot MOUÔT est le représentant phonétique. La même circonstance se renouvelle dans la suite de notre inscription , toutes les fois que la conjonction en question y a été employée. *
(H. III. 8. ) SKA , /aire ériger ^ faire placer. J'ai déjà eu occasion^ à la page précédente i8o , de parler de ce groupe pour ce qui est relatif k son orthographe : ainsi sa lecture , telle que je viens de la proposer, ne saurait être l'objet du moindre doute. La racine du mot ska est tout-k-fait copte; il se forme de \iz, ou KCU ^ ponere^ avec la s préfixe qui lui donne un sens transitif ( voir suprà, page 177, seqq.) , ponere facere y faire placer y faire ériger y etc. : le caractère deux jambes en marche y déterminatif habituel de tous les verbes qui expriment des actions ou des états qui ont lieu au moyen du mouvement ou de la locomotion , l'accompagne.
Le rapprocliementqueje viens d'indiquer du copte Kcu, avecrégyptien KA ou ko, justifie à lui seul ma traduction du groupe H. III. 8. ' L'étude des textes hiéroglyphiques m'a offert hien d'autres exemples du mot KA, par lesquels l'analogie que j^ai cru reconnattre est mise de plus en plus en évidence : il sera utile de signaler ici ces exemples qui servent k en justifier d'autres que nous allons rencontrer dans la suite de notre inscription elle«mème. Je lis sur la feuille 27 du grand Rituel funéraire en écriture hiératique , conservé au Musée du Louvre , la phrase suivante : « kb hi ohe n moui ( 72 ^ 45 ) » en copte KH ^\ O^Z
K Jt50TS, c'est-k-dire âlat super pedes leonis : elle fait partie de la description d'une image de la déesse Neith^ figurée en effet sur deux pattes de lion. Dans cette phrase égyptienne , le mot kb est employé avec la signification la plus générale du copte Kar; au passif KK , être placé. Mais un passage que je lis de même dans le Rituel funéraire , au chap. 19, sect. III (III' partie) , pap. R. T. , démontre que le mot KA ou KO pouvait recevoir, dans l'ancien égyptien , la signification aussi de éleçer^ ériger* Le passage dont je parle fait partie de la description de rimage d'un pygmée figuré avec le phallus en érection; nous y trouvons la phrase phonético-figurative, 73 , 45 9 qui se traduit fw pj'gmée érigeant le phallus : comme on le voit, l'idée à* ériger y est exprimée par le mot ka. Parmi les inscriptions d'une stèle copiée k Thèbes par la commission franco-toscane, je lis l'expression 74> 45> KA-TAOUo, cesser le discours, expression dont le copte K5-pcu, se taire, n'est qu'un synonyme. Un dernier emploi du mol ka, qu'il est utile de noter ici, consiste dans le groupe 75, 45 > qu'on trouve constamment sculpté sur les stèles funéraires pour désigner la durée de la vie du défunt. Dans ce groupe, le caractère le disque solaire qui accompagne notre mot, k la place des deux jambes en marche ^ est l'expression tropique, soit de l'idée your ou jours* , soit de l'idée générale tems : dans ce dernier cas , on doit le regarder comme véritable déterminatif du mot qui le précède. La Grammaire égyptienne
* Voir mes LeUres sur Us prinâpaUs expresiions qui servent à la notation des dates, etc.; première Lettre . pag. aa.
( a54) nous apprend en efTet que l'hiéroglyphe, le disque solaire j est le déterminaiif tropique habituel de l'expression de toute idée en rapport avec celle de tems,
(H. III. g). La signification qu'il convient d'accorder à ce groupe nous est indiquée par la simple comparaison du texte grec qui , dans tous les endroits corrcspondans aux différens passages du texte hiérop-lyphique dans lesquels ce même groupe reparaît, le traduit constamment par crxov, etc. (cf. H. III. 5, XI, 3i, etc., cf. aussi la ligne 38 et la ligne 4o du texte grec). L'analyse du groupe lui-méve va-nous montrer encore plus clairement quel sens il convient de lui donner. La première circonstance qu'on remarque dans l'orthographe de ce groupe, c'est la présence d'une image de roi égyptien (un homme debout coifi'é du pschent, etc.) ; ce caractère n'est que le déterminatif^g*aratifàvi mot qui le précède. Ce mot ne peut donc être traduit, selon moi, que par image ^ représentation ou portrait. La valeur phonétique des signes qui le composent n'est point douteuse; nous y trouvons, d'après notre alphabet, l'expression des consonnes tnt, ce qui, en ajoutant la voyelle médiale, donnerait tont ou tent. Je compare ce mot a la racine copte redoublée tî^^K ou '^'wnra\K , similem facere, similis esse y similitudo, par analogie /?or/ra*V. La différence que l'on remarque entre l'orthographe copte tKtcIîK et l'orthographe égyptienne tent (au lieu de tentow), n'oflfre rien d'extraordinaire. Au reste, des faits incontestables viennent ici à mon appui pour démontrer que les scribes égyptiens, en traçant des expressions à forme redoublée ou fréquentative comme celle dont il s'agit, en ont souvent abrégé de la même manière l'orthographe hiéroglyphique. Telle est la variante tkt (pour dé terminatif an otjo:) (76, 48) que le pap. R. T. m'a offerte, au chap. 26, sect. I. (11^ part.) à la place du groupe tntn (77, 45) * insurgere^ être rebelle^ que porte au même endroit le pap. R. C. Par conséquent, je ne doute nullement que nous
♦ Ce mot n'est que la forme fréquentative du copte *^CÏ.TÎ^ ^ surgere, insurgere, troubler , etc.
LHroage de Voryx c[ui lui sert de déterminatif nous rappelle un passage d'Horapollon (liv. I; 49) » <l*i>* lequel il est dit que ce quadrupède était pour les Egyptiens le symbole des idées de trouble et de méchanceté. Les monumens nous montrent Voryx soayent parmi les animaux typhoniens.
nedevions lire notre groupe H. III. 9- parxNETON, ^\^^t5S\K ^ similitudo, portrait, image ^ etc. A la ligne IV. 5, oii nous allons rencontrer une seconde fois ce groupe ^ on remarquera que le second t (le segment de sphère) est remplacé par la petite ligne perpendiculaire : ce dernier signe ne figure ici que comme explétifs ou tout au plus comme marque de redoublement a la place des deux lincettes 78, 45 y dont on fait plus ordinairement usage. Le texte démotique (ligne XII et alibi) porte l'orlhographe complète tntn.
La lecture et le sens du groupe H. III. 9. une fois fixés> qu'il me soit permis d'ajouter une réflexion relative à la manière dont on interprète généralement le mot eexova, qui lui correspond dans le texte grec. On traduit ce mot par statue; je pense ^ d'après l'étymologie de l'expression qui lui correspond dans les deux textes égyptiens , qu'il serait plus exact de le traduire par image , représentation on portrait d'un individu, soit peint j soit sculpte en bas-relief. En effet, je remarque que, lorsqu'il s'agit d'une statue proprement dite, les textes égyptien et grec, d'un commun accord, emploient d'autres expressions que les mots tExNTON et eexoiv. Le texte grec se sert du mot Soovov, et les textes égyptiens font usage d'une expression idéographique qui consiste dans la figure détaillée d'une statue égyptienne assise sur un trône (Voir H. V. i , et alibi), parfaitement semblable à la plupart des statues de Pharaons qui existent, soit dans les différens Musées d'Europe , soit sur l'emplacement des temples et des palais de l'Egypte '*'. J'aurai occasion, à l'article H. V. t, de démontrer que cette expression idéographique se lisait par touôt , mot qui signifie en effet statue ^ simulacrum, comme nous Pavons démontré dans un des articles qui précèdent.
* De même le dcterminatif/i^ura ti/* dà mot tbhtor ne représente qa^une image de roi parfaitement semblable & celles qu^on a peintes ou sculptées sur les bas-reliefs égyptiens qui décorent les temples. Au reste, il me semble que les expressions dont le décret de Rosette fait usage dans la suite relatiremcnt h Tccxov du roi Ptolomée nous offrent une nonyelle preure que par ce mot ctxov nous devons réellement entendre une image et non pas une statue, 11 est dit (lig. 3g du texte grec , et ligne XXUI du texte démotique ) qu^auprcs de Vicxov sera figure le dieu principal du temple lui présentant une arme de victoire , le tout disposé de la manière usitée dans le pays. Nous arons dans ces mots la description d^nne scène qui fait en effet le st:^^^ ordinaire des peintures et des ba»-rcliefs existant sur les murailles des temple» ou des palais de Tancienne Egypte.
J'ai insisté sur la manière diflférente dont il est nécessaire de traduire le mot TENTON ou ecxoiv, et le mot ISoavov ou le groupe H. V. i, puisque le décret de Rosette^ que nous analysons, en fait en efiet le ^ sujet de deux articles séparés.
(H. III. lo). N , dsy c'est la préposition copte h^ de , à, etc.
(H. III. 1 1). Ce groupe, qu'on rencontre constamment tracé devant les cartouches-noms-propres des rois d'Egypte, doit être traduit par roi. Le caractère par lequel il se termine, une abeille j était, si nous en croyons Ammian-Marcellin (lib. XVII, 4) > l'expression hiéroglyphique symbolique de l'idée roi : nous pouvons regarder ce caractère comme étant le déterminatif An groupe eu question. C'est ce qui est en effet mis hors de doute par les variantes qu'on observe de notre groupe parmi les inscriptions égyptiennes : souvent Vabeille y est remplacée par une image royale portant ses insignes spéciales ^incita'' teur et de modérateur (80, 45); ce sont entre autres les inscriptions de la statue colossale d'un pharaon Rhamsès conservée au musée de Turin , qui m'ont offert cette variante. D'autres fois le groupe 81 , 45 prend une forme plus développée, celle du n^ 80, 45» que nous auroos bientôt l'occasion d'examiner. Voyons d'abord quelle est l'origine des caractères auxquels nous voyons le signe Vabeille ajouté pour déterminatif. J'ai eu occasion de remarquer que jamais l'initiale du groupe en question (H. III. 1 1) n'a été représentée par d'autres signes que celui qu'emploie la pierre de Rosette , et qui représente une espèce de jonc ou wm plante quelconque. Cette circonstance nous rappelle un passage de Plutarque au chap. 36 de son Traité disù et dOsiris, oii il est dit textuellement (édit. de Wyttenbak) que les Égyptiens, voulant exprimer l'idée de roi ou celle de monde méridional, peignent un jonc (ou plante quelconque , 3pi5ov ) , .^ptîy ^oujikia xax xi vértw tou xoafjiou 7pdccpouac. Les notions renfermées dans ce passage méritent d'autant plus de confiance que l'assertion diaprés laquelle il accorde a la plante une seconde signification , celle du monde méridional, est ellemême pleinement justifiée par les monumens. L'idée de monde mé^ ridional ou midi se trouve constamment exprimée dans les textes .. égyptiens, soit par le groupe symbolique 84, 45 > Isl plante placée sur le signe contrée ^ soit par les groupes phonético-symboliques 85,