SPECTRES DES MINÉRAUX
Métaux natifs.
Les métaux natifs donnent évidemment de bons spectres sur lesquels nous n'avons pas à insister. L'or natif seul m'a donné des résultats valant la peine d’être présentés ici. Je n’ai pas trouvé de différences sensibles entre les spectres des métaux et ceux de leurs oxydes, dans l’étincelle condensée. On a fait la comparaison en juxtaposant les deux spectres dans le champ du spectroscope et ils ont paru identiques, à l'intensité près, celui du métal libre étant seulement un peu plus vif.
OR narir (Échantillon venant des Iles Philippines).
L'Ornatif, donneunspectrede lignes brillantes, mélangées à celles de l'air, qu’on ne peut arriver à faire disparaître. Outre les raies de l'or, les trois principales raies de l'argent sont très vives, ce qui ne doit point surprendre, l’or natif contenant toujours des proportions notables d'argent qui peuvent s'élever jusqu’à 20 0/0. Le spectre de l’or montre, outre les lignes mesurées par Thalén, d’autres moins fortes signalées par Huggins, et aussi plusieurs raies très marquées qui n’avaient été vues jusqu'ici que dans le chlorure d’or (étincelle) par M. Lecoq de Boisbaudran. A part les deux
cle
premières raies, les valeurs données dans le tableau, sont celles de mes mesures, et sont plus voisines de celles de M. Lecoq de Boisbaudran que de celles de M. Huggins.
Après l'expérience, il s’est formé un léger dépôt noir sur les pinces.
Or nalif.
Très faible (valeur de Huggins).
Très forte, étroite.
Assez forte.
Forte.
Diffuse
Assez forte.
Très forte.
Faible, diffuse.
Bien visible.
Bien (signalée seulement par L. de B.)
Assez forte.
Très faible (signal. seul. par L. de B.)
Bien marquée.
Assez forte.
Très forte.
Diffuse, assez visible.
Bien marquée (vue seul. par L. de B.)
Très forte.
Très forte.
Diffuse, assez bien visible (L. de B.
seulement).
Bien marquée.
Très forte.
Bien marquée.
Forte, nouvelle mesure 448.9.
Assez bien visible (L. de B. seul.).
Assez forte (L. de B. seulement).
Bien marquée (L. de B. seulem.).
LoomanionNononnEk
So
HRoHmdNSh
Oxydes.
Ouicisre, Fe’03.
Ce minéral, transparent en lames minces, est peu conducteur et surtout difficilement volatilisable dans l’étincelle. On arrive cependant à obtenir un spectre du fer peu intense mais parfaitement net, et où les raies de l’air sont peu marquées, en opérantsur les rhomboëdres basés très aplatis et polis, dits « oligiste spéculaire » qu'on trouve dans les Trachytes, et notamment dans la Dômite. On a avantage à opérer sur de petites lames pointues. Les extrémités par lesquelles passe l’étincelle deviennent pulvérulentes et d’un rouge ocreux. Sans condensateur, le minéral rougit plus facilement en laissant voir cependant à peu près les mêmes raies.
On remarquera l'absence de raies dans le rouge et le jaune, et celle des raies spéciales à l’arc électrique, si nombreuses dans la Pyrite. Il faut opérer avec un courant primaire le plus fort possible, et par suite, avec une pile à grande surface et à éléments fraîchement montés. Dans son aspect général, ce spectre rappelle celui du chlorure de fer décrit par M. Lecoq de Boisbaudran, surtout au point de vue des groupes de lignes du vert, du bleu et du violet. Il est, je le répète, très différent de celui de la pyrite, abstraction faite des raies du soufre visible dans celle-ci.
Assez bien marquée.
Assez bien marquée.
Forte.
Bien marquée.
Assez bien marquée.
Bien marquée. (E. de Frauenhoser.)
Assez bien marquée.
Faible.
Forte.
Assez forte.
Assez bien visible.
Assez forte.
Assez forte.
Bien marquée.
Hub mowNbUSS E 1 Ot 00 Or 1
SinNNSmerE+roh
OXYDES DE TITANE : ANATASE, RUTILE, BROOKITE.
Ces minéraux sont peu conducteurs, et se montrent assez réfractaires à la volatilisation dans l’étincelle. Ils donnent cependant, er petits fragments plats et lorsque le contact se fait bien avec la pince, par exemple dans le cas d’une face d'octaèdre d’Anatase, un assez bon spectre du titane. Mais il fautse méfier desraies de l’airet du platine qui reparaissent facilement. Le spectre du titane, dans ces conditions, est caractérisé à première vue par des groupes de lignes brillantes, nombreuses et serrées, dans le vert et le bleu; ces groupes ne sont pas résolubles avec un seul prisme et rappellent alors les bandes cannelées des spectes des
métalloïdes. Je ne donne que les raies mesurées avec le spectroscope à deux prismes. En dehors des groupes le fond du spectre est parsemé d’autres lignes plus faibles, d'autant plus difficiles à mesurer que le minéral étudié devient facilement incandescent. On à par suite avantage à augmenter la surface du condensateur; j'ai employé trois jarres donnant une surface totale de 34°. Les lignes les plus brillantes sont (625.7) dans le rouge, (551.4), (524.0). (506.5) dans le vert, (457.9) (456.3) (455.1) (453.6) dans le bleu.
L'Anatase. du Valais et du Dauphiné, en petits octaèdres aigus, a donné d'assez bons résultats. La variété de Brookite, appelée Arkansiie (collection de l’École des Mines), a présenté le même spectre.
Après l'opération, les fragments du minéral, examinés à la loupe, ont présenté des traces de fusion, et formation de petits globules noirs. Le Rutile n’a pour ainsi dire donné que les raies de l’air et du platine des pinces, cependant j'ai vu apparaître par instants quelques-unes des raies du titane. Je crois qu’en opérant sur des lames de Rutile taillées, à surfaces polies, on obtiendrait de meilleurs résultats, le contact avec les pinces se faisant mieux.
robe
Oxydes de Titane (TiO?). — Anatase, Brookite, Rutile (?)
on © L S 1 © 00 Lo 1 de Ov RO 00 &- 00 0 © 0 © O UP to 0 0 Co or
re
Très forte.
Bien marquée.
Très forte.
Forte.
Très forte.
Forte.
Bien marquée.
Très forte.
Forte.
Forte large.
Limites d'un groupe
de quatre lines, vives.
Forte.
raies,
aounvuirRowieboowbeosneonourew-pei
Assez forte, double.
Assez forte.
Assez bien marquée.
Assez forte.
Forte.
Assez forte.
Forte.
Forte bande.
Forte.
Assez forte.
Forte.
Assez bien visible.
ILMÉNITE, FER TITANÉ.
L'TIménite donne sans difficultés mais avec une étincelle assez forte, un spectre de lignes brillantes, nettes, serrées par groupes, très voisin à première vue de celui de l’oligiste.
On reconnaît cependant facilement les raies les plus vives du spectre du titane, surtout la hgne rouge 625.8 très forte, qui avec le groupe de lignes bleues vives, entre 457 et 450
est absolument caractéristique du titane en présence du ter.
Les principaux groupes du fer sont bien visibles dans le vert et le violet; le spectre de ce métal se présente comme dans l'Oligiste, sans la multiplicité des lignes secondaires qui se présentent dans la pyrite, raies de l'arc pour la plupart. La distinction des raies du titane n'offre donc pas de difficultés sérieuses, sauf pour quelques-unes d'intensités égales et de positions très voisines dans les deux spectres. Voici les principales; j'ai fait suivre de la mention « caractéristique » les raies les plus faciles à reconnaître à la première inspection.
Raies du Titane, dans l'Ilménite.
Très forte, caractéristique.
Très forte, Le caractéristique.
Assez bien marquée.
Assez forte.
Bien visible, large.
Caractéristique, groupe de fortes lignes, nettes, bien distinctes du groupe @ de l'air.
Bien marquée, intercalée dans le groupe IA fe Forte.
Assez forte.
Forte.
Très forte, large Bien marquée.
Assez bien marquée.
Forte, intercalée dans le groupe Fe Y.
Assez forte.
Bien visible.
Groupe caractéristique.
LchobonNpeüweouhonekieco
L'étincelle est d’un blanc bleuâtre, le fragment (—) rougit
assez facilement, ce qui arrive toujours sans condensateur.
Currire. CuO. (Échantillon du Chili.)
Se montre peu conductrice, mais donne cependant très facilement les raies si caractéristiques du cuivre. Ilest difficile de se débarrasser du spectre de l'air. En humectant d'acide chlorhydrique on a aussitôt un très beau spectre complet du cuivre.
SÉNARMONTITE. Sb?03. (Echantillon de Constantine.)
N'est pas conductrice, mais se volatilisant assez facilement dans létincelle condensée, donne les principales raies de l’antimoine, très belles dans le rouge. L’addition d'acide chlorhydrique ne modifie pas l'aspect du spectre.
OxypEs DE ManGanèse. MnO?.
Comme la Pyrolusite, dont l'aspect terreux l'aurait fait prévoir, la Hausmannile, malgré son éclat, n'est pas conductrice ni volatilisable. Même la Hausmannite zincifère, d'Ilmenau, ne donne rien.
DELarossiTe. (Fe?, Al) 05, Cu’?0.
Ekalerinenbourg (Sibérie). (Collection de l'École des Mines.)
Mauvais conducteur, ce minéral donne cependant au milieu des raies de l’air, le spectre du cuivre avec quelques raies de fer, mais il devient bientôt incandescent, en donnant un spectre continu.
lu yet
CasSITÉRITE. Sn0?. (Cornouailles.)
Donne un très bon spectre de l’étain, avec toutes les lignes mesurées par Thalén et deux autres (603.8) (676.0) signalées seulement par Huggins, dans le rouge. Comme je l'ai fait remarquer en commençant, ce spectre est absolument différent de celui donné par la bobine seule, sans condensateur, avec laquelle (645.2) dans le rouge, et les deux grosses et fortes raies (558.8), (56.2) sont à peine visibles.
Étain.
Assez forte, netie. Forte, formée de deux (Environ) faible. raies diffuses.
Très forte. Faible.
Forte. Assez forte.
Faible. — Très forte, large, dif- Très faible.
fuse. Assez bien visible.
Très forte, large, dif- Assez forte.
fuse. Forte.
Assez forte. Très forte.
Assez forte.
Sulfures.
GALÈNE PbS.
La Galène donne, avec la plus grande facilité, un beau spectre résultant de la superposition des raies brillantes et larges du plomb, aux groupes de lignes fines et nettes du soufre.
La raie (665.6) du plomb qui n’a pas reçu de désignation spéciale, est très vive, elle ne figure pas dans l'Atlas des Spectres lumineux, de M. Lecoq de Boisbaudran, non plus que la raie 679.0 bien visible aussi dans les minéraux. Les
deux raies violettes de ce métal (438.6) et (424.6) étant absolument caractéristiques du plomb avec l’étincelle condensée, je les ai désignées par les lettres Pbo (438.6) et Pb (424.6). Elles sont plus fortes que Ph«. Les groupes du soufre sont facilement visibles jusqu’au violet. Je n'ai pas fait figurer sur le tableau le groupe $S y, car la galène, contenant toujours de petites quantités de fer, celui-ci donne des raies assez visibles dans le violet, et coïncidant à très peu de chose près, avec les faibles raies du groupe $ # du soufre.
Presque toutes les Galènes donnent les raies du zinc, vives mais intermittentes :
Zn 8 (636.0), Zna (480.9), Zn y (472.2), Zn à (467.9).
On voit aussi, mais moins fréquemment, les larges raies (492.4) et (491.1) correspondant sans doute à une teneur plus notable en zinc.
Ce métal semblerait plutôt être mécaniquement interposé que combiné, si l'on considère l’intermittence et l'irrégularité de son apparition dans un même fragment; il se comporte de même dans la Chalcopyrite. Certaines galènes donnent les raies de l'antimoine, surtout visibles dans le rouge, et dégagent alors des fumées blanches se condensant sur les pinces en un léger dépôt d’oxyde d’antimoine. L’adjonction du spectre de l'antimvine à ceux du plomb et du soufre a donné lieu à l'établissement d’un tableau qu'on trouvera aux «sulfoantimoniures de plomb ». Comme je l'ai dit, toutes les galènes donnent plus ou moins les principales raies du fer, à peine visibles dans le vert et le bleu, mais faciles à reconnaître dans le violet moyen, jusqu'à la région où les trois fortes raies Pb, Ph 4 et Pb les Cteignent absolument par leur intensité.
Recherche de l'argent dans les galènes. — Dans ses belles recherches sur les spectres électriques des alliages, et dans ses tentatives de créer une méthode d'analyse spectrale quantitative, M. Normann Lockyer a constaté (!) que dans le spectre d'étincelle d’un plomb contenant 0,01 d'argent, trois raies de ce dernier métal apparaissaient seulement et avec une faible intensité :
Ag y (47.0) courte.
Ag « (546.4) longue.
Ag 8 (520.9) moyenne.
Si la teneur en argent diminuait jusqu’à 0,00 d'argent, Ag disparaissait, enfin entre 0,005 et 0,002 d'argent, la raie longue Ag « seule subsistait pour disparaître à 0,001 d'argent. Comme on le voit, la sensibilité de l'examen spectroscopique, pour les raies de l’argent n'est pas très grande. Il y a de plus une certaine incertitude dans ces résultats, d’après M. Lockyer lui-même, car ce savant s’est aperçu de l’extrême irrégularité des différentes parties de certains alliages, bien que ceux-ci aient été préparés avec les plus grands soins.
Comme les autres minéraux, les Galènes offrent, je l'ai montré, les propriétés spectrales des alliages. Leur teneur en argent varie, en général, entre quelques millièmes etun centième de ce métal, c'est-à-dire précisément dans les limites où M. Lockyer a établi que trois des raies de l'argent disparaissaient avec le décroissement centésimal du métal précieux. J'ai donc été amené à examiner plusieurs galènes de provenances et de teneurs différentes. Une première, de Thuringe, en gros cubes de clivage, ne m'a donné aucune
(1) Studies in Spectrum analysis. London, 5th, ed, 1894,
des raies de l’argent. Deux galènes argentifères, l’une de Pierrefitte (Hautes-Pyrénées), l’autre de Pontgibaud (Cantal), ont donné les deux raies Ag « et Ag £.
M. Adolphe Carnot ayant bien voulu me remettre deux galènes, analysées à l'École des Mines, l’une de Saint-Léger (Savoie), contenant (t) environ 0,002 d'argent, l’autre d’Alloue (Charente), contenant environ 0,0004 de ce métal, j'ai vu les raies Ag « et Ag B, assez fortes et très nettes, d’une intensité à peu près égale dans les deux échantillons. Quant à la raie (547.0) Ag y signalée par M. Lockyer dans l’alliage plomb-argent au centième, je ne l'ai vue dans aucune galène, d’ailleurs même si la teneur du minerai en permettait la présence, sa recherche serait très difficile, et en tout cas incertaine, par suite du voisinage de la raie du soufre (547.2) du groupe $ 6, qui est assez forte.
Ce voisinage devient presque une coïncidence quand on emploie les spectroscopes à faible dispersion en usage dans les laboratoires de chimie. Ainsi dans le spectroscope à deux prismes, qui a servi à cette étude, les longueurs d'onde $ 8 (547.2) — Ag y (541.0) correspondent à une différence d'environ 0,2 division micrométrique, d'autant plus difficile à évaluer que l'intensité de la raie du soufre serait certainement plus considérable.
(1) Plomb, 59,10 0/0; argent, 372 gr. par 100 kg. de plomb. (2) Plomb, 20,60 0/0; argent, 190 gr. par 100 kg. de plomb.
Galène.
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ex 521.9
5 0 521.2 : 520.7 Pb5 520.1 518.9 516.3
S € 501.4 Pb 6 500.4
Assez facilement visible.
Très forte.
Faible.
Assez bien visible.
Faible.
Assez bien visible.
Assez forle.
Très faible.
Faible.
Forte.
Bien visible.
Bien marquée.
Assez forte.
Assez bien visible.
Très forte.
Assez bien marquée.
Bien marquée.
Forte, difluse.
Faible.
Assez bien marquée.
Assez forte.
Bien marquée.
Très forte.
Assez forte.
Faible.
Assez forte.
Faible.
Forte.
Faible.
Assez forte.
Faible.
Assez forte.
Bien marquée.
Faible.
Assez forte.
Forte.
Faible.
Se 492.5 | Bien marquée.
S 481.4 Faible.