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de l'appareil, et destiné, comme on sait, à diminuer dans le rhéotome l’étincelle de rupture et à renforcer dans de grandes proportions la force électromotrice de l’induit direct, était formé de 70 feuilles d’étain de 28 % 10 centimètres de surface, alternées avec des feuilles de papier paraffiné. Il est bien entendu que ce n’est pas à ce condensateur fixe, placé d’une manière définitive dans le circuit primaire inducteur, que je ferai allusion quand je parlerai de la condensation, plus ou moins grande, de l’étincelle jaillissant entre les minéraux étudiés, mais bien aux bouteilles de Leyde, amovibles, et dont les armatures sont reliées aux deux pôles du circuit secondaire induit de la bobine.
Le rhéotome était formé d’un trembleur à marteau de fer doux à lame flexible. Il est essentiel d’avoir un marteau assez lourd et de ne pas réduire sa course, pour avoir des raies brillantes.
Tout en ayant tenu à préciser les constantes de la bobine dont je me suis servi, je dois dire que les variations dans ses dimensions et dans sa puissance, n’ont pas d'influence sur l'intensité relative des raies d’un même spectre, pourvu que le fil induit ait une très grande résistance par rapport au fil inducteur. Ainsi j'ai opéré aussi avec une bobine construite chez M. Gaiïffe et donnant de 70 à 80 millimètres d'étincelle, sans constater de différence avec les résultats donnés par ma bobine précédemment décrite. J'ajouterai que j'ai eu avec les éléments isolés me servant de spectres types, les mêmes spectres, en nombre et intensités relatives de lignes, que M. Huggins a donnés dans son mémoire de 1864 (!), et avait obtenus avec une grande bobine, de 15 milles de longueur de fil secondaire.
(1) On spectra of some chemical elements. Phil. Trans., t. 154.
serre
D'autre part, avec une bobine à gros fil induit, de faible résistance, comme la bobine de M. Demarçay, on obtiendrait des résultats différents de ceux qui vont être donnés dans ce travail. ;
ÉTinc ELLE CONDENSÉE. CONDENSATEUR.
Les recherches de M. Ad. Perrot, de M. Du Moncel, de M. Masson, et récemment de M. Spottiswoode et de M. Gordon ont établi que l’étincelle non condensée d’une bobine d’induction se compose de deux parties très distinctes :
4° Le trait de feu, brillant, formant l’axe de l’étincelle;
20 L’auréole extérieure, rougeâtre, peu lumineuse.
Si l’on dirige un courant d’air très vif sur l’étincelle, l'auréole est divisée. On peut la recueillir dans un circuit particulier et s'assurer ainsi que l’auréole dure un temps appréciable et contient la plus grande quantité de l’électricité; elle jouit de toutes les propriétés des courants, notamment des effets calorifiques de ceux-ci, tels que l’inflammation des substances combustibles. Elle est appelée souvent décharge de quantité.
Le trait de feu, au contraire, est instantané, n’affecte pas le galvanomètre et ne produit pas d'action chimique; il serait formé principalement par un transport subit de la matière métallique du conducteur. On l'appelle souvent décharge de tension.
Le trait de feu pourra donc percer une feuille de papier sans l’échauffer, mais l’auréole se prolongeant pendant une durée appréciable, l’échauffera et l’enflammera.
Si l’on condense la décharge totale de la bobine d’induction, en reliant les bornes du fil induit de celle-ci aux armatures d'une batterie de bouteilles de Leyde formant
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condensateur, et que ces armatures soient en outre réunies à un circuit interrompu par une étincelle, toute cette décharge s’accumule dans la batterie.
Lorsque la différence de potentiel est devenue assez forte pour produire le passage de l’étincelle, celle-ci se produit sous forme du seul #rait de feu, instantané, et par conséquent plus large et plus bruyant. Il en résulte que le nombre des étincelles produites dans l'unité de temps, est moindre avec un condensateur que sans condensateur. Si la capacité de celui-ci est augmentée, le débit de la bobine restant le même, les étincelles diminueront en fréquence, tout en croissant en intensité. Pour une bobine donnée, il y à donc une capacité de condensateur limitée, qu’il ne faut pas dépasser sous peine de n'avoir plus que de rares étincelles ne permettant pas d'observation spectroscopique continue. Mais on aavantage à se rapprocher de cette limite.
J'ai préféré dans ces recherches, employer l'étincelle condensée parce que le trait de feu donne les spectres élémentaires des éléments du composé qu'elle dissocie. On n’a ainsi à reconnaître et à mesurer que des raies déjà connues, toujours les mêmes pour un élément donné.
En second lieu, les spectres du trait de feu sont très brillants, les raies bien tranchées, les bandes nébuleuses rares. Enfin l’étincelle de la bobine seule échauffe les corps étudiés, souvent très résistants au passage de l'électricité; elle les porte à l’incandescence en donnant un spectre continu (‘)}, sur lequel se détachent seulement les raies les plus intenses appartenant aux métaux. Ce fait peut être utilisé, dans certains Cas, pour distinguer ceux-ci, notamment le ihallium, des métalloïdes, ou pour éliminer des
(4) Cet effet est particulièrement marqué dans les minéraux. avec la bobine de M. Demarçay.
raies d'importance secondaire dans les spectres d'une grande complexité.
J'ai fait usage d’un condensateur formé de jarres de verre ordinaire dont les armatures extérieures et intérieures étaient faites de papier d’étain collé sur le verre, et présentaient une surface de 11,57 décimètres carrés chacune. Ces jarres, au nombre de six, avaient leurs armatures reliées aux pôles de la bobine et aux pinces porteessais, par un commutateur à godets et cavaliers, permettant de varier le nombre des jarres introduites dans le circuit, et par suite la surface de condensation, de 4 à 6, c'est-à-dire de 4194,57 à 699,42.
Dans la pratique on se servait habituellement de deux jarres (2394,14), mais on allait parfois à quatre (4604,28) dans le cas de minéraux devenant facilement incandescents, et dans lesquels les métalloïdes étaient difficiles à reconnaître. C'était à peu près la capacité limite pratiquement utilisable avec ma bobine.
Les proportions des condensateurs usités dans les travaux classiques de spectroscopie étaient beaucoup moins considérables, eu égard à la dimension et au débit des bobines employées. Ainsi Kirchoff, dans son travail sur le spectre solaire, chargeaït avec une bobine donnant 30 centimètres d'’étincelle dans l'air, un condensateur de 2004 de surface seulement; Thalén, avec une bobine de 57 centi-
mètres de longueur sur 21 centimètres de diamètre « un -
condensateur assez puissant pour vaporiser les corps »; Plücker et Hittorf « une grande bouteille de Leyde, chargée par une puissante bobine d’induction »; Huggins enfin, dont le dispositif d'expériences a été heureusemen donné avec plus de précision, avait environ 3211 de condensation pour une bobine dont le fil secondaire mesurait 15 milles de longueur,