‹ Anarchie morale et crise sociale (volume 2)Chapitre 15 sur 18 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les Morales Positivistes

ou Naturalistes

Deux conditions nécessaires de toute théorie morale : ne pas aboutir à une négation de la morede, montrer le lien des vérités morales avec les divers ordres de vérités. — A. Comte tire la morale de la biologie et de la sociologie. Mais le principe positiviste ramène le fait moral à une forme de la quantité ou du mouvement, le devoir à une nécessité physique, rend inexplicables la subordination des instincts et l'altruisme. — La qualification de morale indépendante va contre l'esprit du positivisme, qui prétend montrer la corrélation des sciences. — Littré fait appel tout ensemble à la biologie et au concept d'identité. — Taine sépare les vérités spéculatives des vérités pratiques, confond le bien sensible universalisé avec le bien moral. — M. Berthelot s'en tient à des formules creuses ou aux lois physiques. Naturisme révolté de Guyau. — L'évolutionisme, avec Darwin et Spencer, ne dépasse pas le positivisme, ni le point de vue biologique, rêve la transformation de l'égoïsme en altruisme 61

Kant, avec sa doctrine de l'impératif absolu et de la volonté autonome, met le devoir à la place du bien, le pose injustifié et isolé. — Le criticisme de M. Renouvier rêve d'allier une liberté hypothétique avec un devoir absolu, est impuissant à passer du désirable à l'obligatoire. — Si Ch. Secrétan appuie la morale sur une liberté réelle, la solidarité, qu'il lui donne comme matière, manque de

justificalion mclaphysique, tout en confinant a monisme. — « Variations » de Marion et de M. Léc Bourgeois sur la solidarité. Les morales dites coUec tives ou sociales ne peuvent être qu'une extensio de la morale individuelle. — Les morales de ] pitié et de la sympathie stériles parce qu'elle négligent Tunion entre les intelligences, qu'elle font à la vérité sa part, qu'elles manquent d( énergies du vouloir. Le retour à l'action, sar vérité objective, est contre nature. Le beau n'es pas moralisateur par lui-même

Dans le spiritualisme traditionnel, l'acte humai est bon qui tend à l'objet convenable, tendanc d'intention et d'exécution. La convenance a s raison dernière dans la conformité à Vordre^ à l'en semble des relations qui unissent les êtres. Gonfor mité consciente et libre qui distingue l'activit morale de la fonction organique ; conformité Tordre général qui rattache la morale à l'uni ver salité des êtres. — Cette conformité est obliga toire parce que l'ordre est la propriété du suprêm ordonnateur. Bien de la faculté et bien de l'homme Tout bien n'est pas obligatoire. Devoir est hétéro nome et transcendant. — Toute action conforme la nature perfectionne la nature : mérite. Le mérit croît avec l'exactitude et l'ampleur de la confor mité à l'ordre. Démérite, péché mortel naturel. -> Application à l'ordre surnaturel

Place de l'œuvre de Tolstoï. — Éducation e voyages. — Premières atteintes du scepticisme

Perte de la foi. — Athéisme et fatalisme. — Plus d'autorité. — Tout Thomme est dans l'organisme. Le problème de la destinée. Désespérance. Sympathie universelle et impassibilité 18il

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