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LE NEURONE

Le système nerveux tout entier est formé de neurones (Waldeyer).

Le neurone est formé d'un corps cellulaire et de prolongements.

Grasset. — Centres nerveux 1

Les corps cellulaires consLilucnt les anciennes cellules nerveuses et, avec la partie initiale des prolongements, forment la substance grise des centres nerveux. Certains prolongements (les cylindraxiics) sont les anciennes fibres nerveuses et forment les nerfs et la substance blanche des centres.

Le corps cellulaire est une masse de protoplasma granuleux et fibrillaire, sans enveloppe, avec un noyau volumineux, arrondi, clair et renfermant le plus souvent un gros nucléole.

La coloration de Nissl (au bleu de méthylène) permet de distinguer dans les corps cellulaires : i° une partie qui se colore (substançe cln:ornophile) , se présente sous des aspects polygonaux7~se~côntinue dans les prolongements protoplasmatiques et serait une substance de réserve pour le neurone; 2" une partie qui ne se colore pas (substance achromatique), d'aspect fibrillaire, qui serait l'élément constituant principal, dont les prolongements cylindraxiles seraient la suite.

Les prolongements sont de deux ordres : les prolongements cylindraxiles ou celhdifuges et les prolongements protoplasmatiques ou cellulipètes (Deiters, Ramon y Cajal, van Gehuchten).

Le prolongement cylindraxile ou axone naît le plus souvent du corps cellulaire, plus rarement d'un prolongement protoplasmatique. 11 est habituellement unique. C'est une fibre filiforme, d'un calibre régulier et égal depuis son origine iusqu'à sa terminaison. Sa surface est lisse et jamais hérissée de pointes ou d'épines latérales. 11 peut émettre des col atérales qui s'en détachent à angle droit et présentent les mêmes caractères que lui. .

Ces cylindraxes sont nus dans la substance grise des centres nerveux. Puis ils s'enveloppent de myéline et forment alors la substance blanche des centres. Enfin ils s'entourent de la gaine de Schwann et constituent les nerfs. Certains cylindraxes ont une gaine de Schwann sans myehne; ce sont les fibres de Remak (grand sympathique).

Chez l^bryonT les cylindraxes n'ont d abord pas de myéline et Flechsig a basé une méthode d'étude sur la détermination de l'époque de la myélinisation systématique des diverses parties des centres.

LE NEURONE.

Les prolonoements protoplasmatiques sont nombreux, variables, se dichotomisent, se ramifient et forment des arborisations souvent fort riches {dcndrites, llis). Plus gros a leur ori-ine, ils vont en s'effilant graduellement comme les branches d'un arbre. Leurs ramifications les plus hncs peuvent présenter, suivant leur état de fonctionnement ou de fatigue, de petites épines latérales ou des renflements

variqueux. , . , • x

Le prolongement cylindraxile étant physiologiquement cellulifuge (pour la conduction nerveuse) et les prolongements protoplasmatiques étant cellulipètes, chaque neurone donne une image complète du système nerveux entier : un conducteur centripète (sensitif), un conducteur centrifuge (moteur) et un centre d'activité nerveuse, de transformation et aussi de Irophicité (1).

Depuis Waller, on sait que, quand on sectionne une libre nerveuse, le bout périphérique (séparé du corps cellulaire) dégénère. Aujourd'hui on sait de plus que le bout central de la fibre nerveuse ainsi actionnée ne reste pas intact : il

(1) Dès dSOS.lîorat; se fonÏÏant^ur"Tt«ê séiTc d^cp-nsidérafions et sur ce fait que l'excitation des racines postérieures produit le même effet si elle est appliquée en deçà et au delà du ganglion et ne semble pas être modifiée par la présence des cellules ganglionnaires qu'elle doit nécessairement traverser, émit l'idée que le centre nerveux doit être cherché, non pas dans le corps de la cellule qui n'a qu'un rôle trophique, mais au niveau de l'articulation des neurones {Revue générale des Sciences, 15' juin 1900). De môme, plus récemment, d'après les expériences de Bethe et les dernières observations de Cajal, le passage par le corps cellulaire ne serait pas indispensable pour la conduction de l'influx nerveux d'un prolongement protoplasmatique à un prolongement cylindraxile. La cellule ganglionnaire ne serait nécessaire qu'au fonctionnement durable, exerçant sur tout le neurone une action trophique indispensable au maintien de sa vie. Le vrai centre, pour Belhe, deviendrait, non le corps cellulaire du neurone, mais , j le neuropile, entrelacemjintc£mm^ / et cyhndraxije^ffonlm de Cajal Lugarol

eTvaîHxeïnïchtcn pensent que cette disposition ne s'observe que chez les animaux inférieurs et que, notamment chez l'homme, l'ancienne conception du rôle du corps cehulaire du neurone reste la vraie (Voy. van Gehuchten. Conduction cellulipôte ou axipôte des prolongements protoplasmatiques. Bibliogr. anatom., 1899, no 2, p. 75).

4 ânatomie Générale des centres nerveux.

dégénère aussi ou, au moins, s'atrophie, quoique resté en relation avec le corps cellulaire; dans le corps cellulaire luimême, après cette section d'un prolongement, la substance chromatique se désagrège et se dissout. Il y aurait, en somme, une sorte d'indivisibilité du neurone et solidarité des diverses parties : la section d'un prolongement trouble la nutrition du neurone entier (Forel, Marinesco, Marie, Klippel, etc.).

On a basé sur ces faits une méthode d'étude de la texture des centres nerveux, en suivant histologiquement les dégénérescences consécutives aux destructions pathologiques ou expérimentales des diverses parties du système nerveux.

La notion de neurone a été attaquée de divers côtés et notamment par Apathy (1) qui a décrit, principalement chez les Hirudinées, une continuité parfaite de tous les éléments conducteurs (fibrilles) du système nerveux. Cette continuité s'opérait soit au sein même des cellules, soit en dehors de ces dernières. La nature du réseau intracellulaire d'Apathy étant encore l'objet de discussions^ aussi bien que les anastomoses extracellulaires (dont nous allons parler), van Gehuchten (2) pense que la conception du neurone doit être conservée, puisque, en dehors de nombre d'observations anaqomiques, elle a encore pour elle les phénomènes de dégénérescence qui suffisent à prouver l'individualité de neurone.

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