SÉANCE DU 18 JUILLET
leurs parois adjacentes une file de petits plis très-étroits qui s’engrènent les uns dans les autres et dont la présence caractérise très-nettement cette assise : c’est la gaine protectrice du plérome ou cylindre central en voie de formation.
Ce plérome est encore à peu près complètement composé d’éléments à l’état de cambium de cellules allongées, à parois fort délicates et remplies de protoplasma épais et très-finement granuleux.
On y peut cependant distinguer de toutes les autres les cellules les plus
extérieures, qui sont plus grandes et forment une couche continue qui double la membrane protectrice. C’est l’assise qui a été désignée par M. Van Tieghem sous le nom de membrane rhizogène.
En dedans de la membrane rhizogène est un cylindre de cellules cam-
biales étroites, parmi lesquelles on voit se différencier aux deux extrémités d’un diamètre, adossées à la membrane rhizogène, deux files de cellules vasculaires étroites qui forment chacune un mince vaisseau annelé ; bientôt après, en dedans, en suivant la ligne diamétrale, se forme un second, puis un troisième vaisseau, un peu plus gros chacun que celui qui l’a précédé, et ainsi de suite.
Les deux lames vasculaires partant des points opposés et se dirigeant vers l’axe de la racine s’y rejoignent, et là elles sont plus épaisses que près de la couche rhizogène, non-seulement parce que les vaisseaux de la lame diamétrale sont plus larges, mais encore parce qu’il s’eu forme quelquesuns latéralement.
Les premiers vaisseaux formés sontannelés ou spiralés, les autres sont ponctués ou réticulés.
Si l’on examine la tigelle à des degrés de formation comparables à ceux du jeune pivot, on la trouve constituée sur un type identique.
Les cellules épidermiques diffèrent un peu de forme sur une coupe transversale; (‘lies sont, sur la tigelle, plus profondes dans le sens radial et très-pressées les unes contre les autres; la différence de grosseur entre elles et l’assise la plus extérieure du parenchyme cortical est un peu moindre. En outre, elles ne portent pas de poils radicaux, mais seulement sur.leur partie médiane une petite saillie en forme de mamelon.
Entre les cellules ainsi constituées on rencontre <,à et là des stomates.
Le parenchyme cortical est composé de cellules un peu moins grosses :t un peu plus serrées et plus nombreuses qu’à la racine; on y peut compter environ sept assises de cellules au lieu de cinq.
Dans le premier étal de formation, quand la tigelle commence à se dégager de la graine, tout le tissu est encore rempli d’un liquide granuleux formé de protoplasma dans lequel se trouvent de très-fins grains de fécule qui rendent les coupes opaques. L assise correspondant a la membrane protectrice est surtout riche en granules amylacés.
A un état un peu plus avancé, on voit l’organisation se manifester avec
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plus de netteté. On distingue alors, dans la ligelle comme dans la racine, la gaine protectrice du plérome, dont les cellules sont caractérisées par la bande striée qu’elles portent sur leurs parois latérales.
En dedans de celle-ci, on distingue dans le plérome, à la grandeur de ses éléments, la membrane rhizogène entourant une masse de tissu à l’état cambial, dans lequel se diiïérencient en deux points opposés des vaisseaux, adossés à la membrane rhizogène; puis de nouveaux vaisseaux se formant successivement vers l'intérieur, la lame vasculaire diamétrale se complète. En divers points, surtout près de l’axe, elle, est formée de plusieurs vaisseaux, souvent de trois.
Dans la tigelle, la plupart des vaisseaux ont le caractère de trachées déroulables. Il y a cependant aussi des tubes ponctués. Dans ceux-ci, les ponctuations m’ont paru généralement plus longues dans le sens transversal que dans la racine.
La très-grande abondance de trachées me paraît la particularité la plus marquée à signaler dans l’organisation du cylindre central de la tigelle.
On voit, d’après ce qui précède, (pie le caractère essentiel de la racine tiré de l’organisation du système vasculaire primordial et du mode d’apparition des vaisseaux, n’est pas dans la Betterave exclusivement propre au pivot et que la tigelle le présente aussi nettement que la racine.
Est-ce une raison pour contester la valeur des caractères anatomiques qui distinguent les racines des tiges? Je ne le pense pas; il convient seulement de reconnaître qu’entre la tige et la racine nettement caractérisées, il peut se présenter une zone de transition plus ou moins étendue, dans laquelle l’organisation peut participer à des degrés divers à celle qu'offre normalement, soit la racine, soit la tige. C’est ainsi (pie nous voyons, dans le cas particulier qui nous occupe, la tigelle présenter les caractères extérieurs d’une tige et la structure interne d’une racine.
On ne saurait, je pense, trouver d’exemple plus propre à démontrer combien a été juste la vue de 31. Clos, quand il a proposé de désigner sous le nom de collet « toute la partie de l’axe comprise entre les cotylédons et la base de la racine, désignée elle-même par le lieu où commencent à se montrer les rangs réguliers et symétriques de radicelles » (1).
M. Bonnot donne ensuite lecture de la communication suivant
envoyée par M. Chastaingt :