ANATOMIE COMPAREE DU CERVEAL
verse ? Pourquoi ne se développent-ils pas dans le même sens? On n'en trouve la raison, ni dans la disposition des faisceaux fibreux de la matière blanche , ni dans celle des amas de la matière grise , ni dans les explications ordinaires sur l'encéphalogénie. Peut-on en entrevoir la cause dans la formation et dans la distribution du système sanguin ?
Quand on considère l'ensemble des artères qui embrassent l'encéphale et concourent à son développement , on voit que l'artère vertébrale pénètre par la partie postérieure , et se dirige d'arrière en avant , selpn le mode de formation du cervelet.
Si on suit, au contraire , la direction de la carotide interne, on remarque qu'après avoir fait ses doubles contours le long des sinus caverneux , elle vient rejoindre l'encéphale par sa partie antérieure , et qu'elle se dirige ensuite en sens inverse de l'artère vertébrale , puisqu'elle marche d'avant en arrière, selon le mode constant du développement des hémisphères cérébraux.
Ainsi , le développement du cervelet suit la direction de l'artère vertébrale , et celui du cerveau la marche de la carotide interne.
De là vient que le corps calleux se développe d'arrière en avant, selon l'apparition graduelle de l'artère calleuse'.
De là vient que la partie antérieure de la voûte suit la même direction , tandis que la partie postérieure , qui se développe dans l'influence de la
cérébrale postérieure qui provient delà vertébrale, se dirige au contraire, dans sa formation , d'arrière en avant.
De cette union de l'artère vertébrale et de la carotide , résulte le rapport général que l'on observe chez les vertébrés , entre le développement du cervelet et celui des hémisphères cérébraux.
Un des faits généraux les plus importans de l'anatomic comparative du système nerveux, c'est l'antagonisme que l'on remarque entre le développement de ses diverses parties.
La moelle épinière et l'encéphale considéré en masse , suivent un rapport inverse de développement , ainsi que l'avaient entrevu Haller, Sœmmering , et que l'a établi M. Cuvier.
Quelle est la cause de cet antagonisme? on ne peut la chercher dans la proportion des substances qui composent l'axe cérébro-spinal du système nerveux , puisque la matière grise de la moelle épinière décroît en raison directe de son développement.
Il y a donc une autre raison de ce développement opposé? Je l'ai aperçue dans le balancement respectif du calibre des artères qui forment l'une et l'autre partie.
Plus les artères spinales , provenant des intercostales, sont volumineuses, plus la moelle épinière est développée, plus le tronclui-mêmeestvolumineux.
Plus ces artères sont considérables , plus 1rs vertébrales , plus les carotides internes sont
atrophiées , pliis , par conséquent , le cervelet et le cerveau sont réduits dans leur développement.
Au contraire , plus les vertébrales , plus la carotide interne s'accroissent en volume, plus les artères spinales sont réduites dans le leur, plusj par conséquent, l'encéphale accroît , tandis que le volume de la moelle épinière diminue.
Ce principe général d'organogénie est applicable à toutes les parties du système nerveux j conséquemment à toutes les parties de l'animal.
Nous avons déjà vu le grand sympathique décroître en raison directe de la décroissance du système sanguin.
Nous avons vu le prolongement caudal des animaux , être rigoureusement assujéti, dans son volume , au volume du calibre de l'artère sacrée moyenne.
Nous avons vu l'embryon humain perdre sa queue ^ à mesure que l'artère sacrée moyenne s'atrophie.
Nous avons vu dans la métamorphose du tétard des batraciens , et chez les embryons des chauve- souris sans queue, qu'ils perdaient leur longue queue avec leur artère sacrée moyenne.
Pareillement , nous avons observé que l'apparition des membres et de leur nerf coïncidait avec l'apparition de leurs artères , et que le volume de celle-ci donnait rigoureusement le volume des nerfs et des membres.
Nous avons observé que les reptiles bimanes ,
LOIS DU SYSTÈME NF.RVETX. 'j'j'j
ot les cétacés qui sont les bimanes chez les niammilôrcs, n'avaient que des artères axillaircs , et point fie fémorales.
Lorsque les monstres tombent dans leurs conditions , nous avons remarqué que cela dépendait de la non-formation de l'artère fémorale , qui , chez eux, manquait accidentellement.
Les reptilesbipèdes sont, sousce rapport, l'inverse des bimanes; et chez les monstres très-rares qui répètent leur organisation , on trouve , comme chez eux , l'absence de l'artère axillaire ; tandis que la fémorale n'a point souffert dans son développement.
Dans l'application de ce principe à la tête, nous avons trouvé que l'artère carotide externe et la carotide interne sont développées dans des pro-portions inverses. IXous avons déduit de là les causes de l'antagonisme que présentent le développement de la face et celui de l'encéphale.
Nous avons remarqué que plus l'artère carotide externe est volumineuse , plus la charpente de la face est prononcée, plus les nerfs des sens sont volumineux ; plus la carotide interne est faible , plus l'encéphale est réduit dans ses dimensions.
Nous avons remarqué que le développement de la carotide externe est proportionnel à celui des intercostales et des spinales, ce qui explique chez les animaux le développement proportionnel du tronc . de la moelle épinière , de la face et des nerfs des ?eDS.
57^ ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU, etc.
, Nous avons observé, au contraire, que plus la carotide interne s'accroît en volume , plus la carotide externe diminue, plus la face, plus les nerfs des sens s'atrophient , plus le cerveau se développe.
L'artère ophthalmique ne suit cependant pas ce rapport; elle est toujours en harmonie avec le développement de la carotide externe; de là vient que le Volume de l'oeil est toujours proportionné au volume de la face et à l'étendue des organes de l'odorat et du goût.
Enfin, nous avons établi que la formation des monstres était soumise aux mêmes principes que le développement des êtres réguliers , et que , quelles que fussent les anomalies qu'ils nous offrent, on en trouvait toujours la cause dans les anomalies de leur système sanguin. . i :t i^-
Tcls sont les principes fondamentaux du développement du système nerveux ; leur application à ses difïérentes parties dans toutes les classes explique leur mode de formation , l'ordre successif de leur apparition , leurs rapports réciproques et leurs principales connexions avec les diverses parties de l'organisation dés animaux.
l^iN bti PREMIER VOLUME.