ANATOMIE COMPAREE DU CERVEAF
tour d'elles se rattachent les modifications qu'il présente dans les familles d'une même classe , ou les espèces d'une même famille. Ces différences essentielles pour apprécier le développement de ce nerf et celui du sens auquel il se rattache , deviennent surtout importantes par les modifications qu'elles font subir aux hémisphères cérébraux, soit dans les classes inférieures, soit chez les mammifères. C'est principalement à cause de cette dernière circonstance, que nous chercherons à apprécier ailleurs , que nous nous sommes un peu appesantis sur ses variations.
Ces données générales de l'anatomie comparative sont confirmées par la pathologie et la physiologie expérimentale.
Si une maladie affecte matériellement le champ olfactif de l'homme, l'odorat de ce côté est perdu à des degrés qui coïncident avec l'étendue de la désorganisation.
Si le champ olfactif est détruit en totalité , l'odorat est entièrement anéanti : la membrane pituitaire du côté correspondant est insensible aux odeurs les plus fortes , aux irritans les plus actifs; le malade ne sentira pas l'ammoniaque liquide.
Si le champ olfactif est altéré des deux côtés en même temps , et par des maladies successives , le malade est entièrement insensible aux odeurs.
Si les deux champs olfactifs sont affectés à des degrés difFércns , il peut avoir complètement perdu
NEBF DE LOLFACTION. 2g'S
Vodorat d'un côlé, ol conserver encore faihloment l'impression des odeurs du côté le moins malade. Le même résullal se remarque , mais à des degrés moins marqués, s'il n'y a qu'une des racines du nerf qui soit atteinte par l'altération organique. Chez les malades que j'ai observés, l'altération matérielle de la racine externe a paralyse l'olfaction d'une manière beaucoup plus prononcée que l'interne. Dix-neuT ouvertures de sujets ayant succombé à des paralysies ont confirmé ces résultats.
La physiologie expérimentale vient encore appuyer cette vérité. Saucerotte est l'auteur de cette découverte; voici son expérience (i ) : Ayant enlevé sur un chien la partie antérieure des hémisphères cérébraux jusqu'à la commissure antérieure , il remarqua entre autres accidens , que l'odorat était complètement détruit : car (dit-il) y'e lui versaidans les narines de l'eau vulnéraire très- for te , lui mis sous le nez un pacon de sel d' Angleterre très- pénétrant ^ lui brûlai des allumettes soufrées^ sans qu'il parût en rien sentir. Le champ olfactif avait été détruit des deux côtés.
Sur des chiens où ce champ n'a été enlevé que d'un côté , la narine correspondante a été frappée d'insensibilité complète ; on peut enlever la membrane pituitaire avec un bistouri sans que l'animal paraisse en avoir la conscience. Chez les mammi-
(i) Prix de VAcadcmie royale de Cliirurgic^ tom. tV ■ in-8, pag. 3 14.