A.NATOM1E COMPARÉE DÛ CERVEAU
mammifères; cet organe ne reçoit son impulsion que de la peau qui l'environne et le recouvre dans certains cas. J'ai cru nécessaire de présenter ces détails sur ces derniers animaux , la taupe ayant seule occupé les zootomistes sous ce rapport.
De l'existence de l'œil chez la taupe commune, Galien, Scaliger, Aldrovande , et en 1822 M. Durondeau (1) , ont concljj à l'existence du nerf optique ; mais cette conclusion est analogique, L'anatomie permet seule de décider cette question. Voici le résultat de mes recherches : En cherchant à vérifier la loi générale de névrogénie , pour m'assurer si les nerfs se rendent des organes aux masses centrales du système nerveux, je portai mon attention sur des embryons de taupes trèsjeunes; l'œil était d'autant plus visible chez eux , que les poils n'étant pas formés , il n'était pas caché comme chez ces animaux adultes. Je trouvai le nerf au fond du globe de l'œil; je cherchai le nerf optique à la base de l'encéphale , je ne le trouvai point : ce fait était décisif pour la question qui me préoccupait; mais, en suivant avec attention ce nerf oculaire sur d'autres embryons, je m'aperçus qu'il était lormé par un rameau supérieur de la cinquième paire (2); celui que l'on peut regarder comme l'analogue de la branche ophthalmique de Willis; j'examinai le sphénoïde
( 1 ) Mémoires de l'Académie Royale de Bruxelles^ année 1832. (2) PI. XIV, fig:257,n'5. .
NERF TRIJUxVEAU. 089
de ces embryons, j<; trouvai que l'ingrassial du professeur Geoffroy- Saint -Hilaire manquait ; je trouvai que le trou optique formé par la coujugaison de ses deux pièces manquait également; je voulus vérifier ces résultats chez les taupes adultes ; je n'aperçus aucun vestige du nerf optique à la base de l'encéphale (i) ; je n'aperçus aucun vestige du trou optique; je constatai, de même que chez les embryons, l'absence de l'ingrassial ; je m'attachai à suivre la distribution de la cinquième paire; je remarquai au point de son insertion un renflement très-prononcé (2) ; je suivis sa division en trois branches; la moyenne était la plus forte; dès sa sortie du crâne (3), elle envoyait directement un rameau (/|), qui, se dirigeant obliquement en haut , se portait à la partie postérieure du petit globe de l'œil, dans lequel elle pénétrait et où elle formait le petit renflement dont nous avons déjà parlé. Le nerf oculaire de la taupe était donc formé par la branche supérieure du nerf trijumeau. Zinn avait déjà entrevu ce fait; Carus , en le vérifiant , crut trouver un nerf optique rudimentaire , qui , se joignant à la branche du nerf trijumeau , concourait à former le nerf oculaire et la rétine de l'œil de la taupe. Treviranus dit avoir
(i) PI. XIV, fig. 260, n* 1.
(a) PI. XIV, Og. a€o, n* 5.
(3) PI. XIV ,fig. a6o, n'a.
(4) PI. XIY .ûg. iCo, n-5.