‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrés (volume 2)Chapitre 86 sur 109 · ANATOMIE COMPARÉ! DU CERVEAU · texte numérisé non relu

ANATOMIE COMPARÉ! DU CERVEAU

plus enfoncée. Les nerfs prennent leur insertion dans cet enfoncement; ils sont nécessairement moins apparens que chez les mammifères. Cette remarque est applicable aux nerfs de la cinquième , de la septième et de la huitième paires.

D'une autre part , le trapèze de la moelle allongée n'existant pas chez les oiseaux ( i ) , le nerf auditif prend son insertion sur le corps restiforme (2) , au point correspondant à son rapport avec le corps trapézoïde chez les mammifères. Oii voit cette disposition chez la bondrée commtine (3) , chez l'hirondelle (4) , le roitelet (5) , l'autruche (6). On le voit mieux encore , quand on considère l'encéphale par sa face latérale , chez l'autruche (7) , la bondrée (8) et la cigogne (9).

Parmi les reptiles , les uns ont la moelle allongée, bombée comme les oiseaux ; les autres l'ont aplatie , et se joignant en ligne directe avec la moelle épinière, comme les mammifères. Chez les premiers , les nerfs sont plus cachés , comme chez les

(i) PI. IV,fig. 91 ,n*2€t5.

(2) PJ. IV,fig. 97,n»i7.

(5) PI. IV, 6g. 88,0" 11.

(4)P1. IV,fig. 9a,u°io.

(5) PI. IV, fig. 94,11» 10.

(6) PI. IV, fig. 98, 11° 1.4.

(7) PI. IV,fig. 97,0» x'^.

(8)PI. IV,fig. 96,n-i2.

(9) PI. IV, fig. 104, n" 5.

NERFS ALDITlt liT FACIAL. 4^5

uiscaux : chez les dernicTs, ils sont j)lii8 visibles , ainsi qu(î chez les mammifères.

L'insertion se lait toujours sur la partie latérale externe de la moelle allongée , comme on l'observe chez le caméléon (ï), le crocodile (2), la grenouille (3) et la tortue franche (4).-

Chez les poissons osseux , le nerf auditif s'implante 'sur les parties latérales du corps rcstiforme (5) , réuni dans son insertion avec le facial (6) et la cinquième paire (7) , aiiisi qu'on le remarque chez la morue (8) , le congre (9), le turbot (10) , le brochet (1 1) et le bar beau (12).

Chez les cartilagineux , le nerf de la cinquième paire, le facial et l'auditif j sont tantôt confondus , comme chez la raie ronce (i3), l'aiguillât (i/|),

(i) PI. V,fig. ii3, n°2.

(2) PI. V, 6g. 118, n° 9.

(3) PI. V, 6g. i3i , n- 8.

(4) PI. V,flg. 122, n» 4.

(5) PI. VII, fig. 1G2, a" i3.

(6) PI. VII, 6g. 162, n- 12.

(7) Pi. VII, 6g. 1G2, n» 14.

(8) PI. VII, 6g. 162, 11- i3.

(9) PI. VII, 6g. 168, n" 12.

(10) PI. VII, 6g. 191 , n" 10.

(1 1) PI. X, 6g. 217 , n" 8 bis.

(la) PI. VI, 6g. i83, D.

(i3) PI. VI, 6g. i38, n'5.

(i4) PI. XII, flg. 236, n»7.

i'ange ( i ) , tantôt séparé assez distinctemeut , comme chez l'esturgeon (2) , la raie bouclée (3) et le requin (4).

Une partie de ces réflexions sont applicables au nerf facial , ou à la portion dure de la septième paire. Comme le nerf acoustique , il se met en commimication avec l'encéphale chez les jeunes embryons de toutes les classes , par plusieurs petits faisceaux superposés à ceux du nerf auditif. Tous les deux pénètrent en même temps dans le crâne, de telle sorte que les époques de l'insertion du facial sont rigoureusement les mêmes que celles de l'acoustique , chez les embryons des mammifères , des oiseaux et des reptiles.

L'insertion du nerf facial se fait également sur la même partie de la moelle allongée que celle de l'auditif ; mais elle lui est toujours supérieure (5) et le plus souvent antérieure (6). Les faisceaux de l'auditif se portent plus spécialement en arrière vers la base des renflemens grisâtres des frères Wenzel. Ceux du facial se dirigent plus constamment , au contraire, vers la partie antérieure de la moelle allongée. Cette disposition est générale chez tous

(1) PI. XII, ûg. 237, n-Set-.

(2) PI. XII, fig. 235, n-5.

(3) PI. VI,fig. 148, n-Sct-.

(4) PI. VI,fig. i42, n°7.

(5) PI. VIII, Og. 194, n° 7 bis.

(6) PI. VIII, fig. ,g4, n«7.

los inammifVros qiio j'ai obstrvt's : je lai fail reprôsoulcr dans co précis chez le clicvroau (i). Dans la préparation do la niooUt; allongée , que représente cette figure , on voit les faisceaux du nerf facial (2) »c diriger en avant et un peu en bas vers lextrémité inférieure du trapèze , audessus de la partie supérieure de l'olive du mènKî côté , dans le petit espacé que Malacarne a désigné sous le nom de fossette quadrilatère (5). On voit au contraire les faisceaux du nerf auditif se diriger en arrière (4) vers le tubercule cendré de MM. (envier , Gall et Spurzh(;ira (5). Ce tubercule sépare chez l'homme les faisceaux d'insertion de ce nerf des faisceaux blanchâtres du quatrième ventricule. Quelques fibres inférieures de l'auditif se continuent en bas avec le pédoncule du cervelet (6).

Entre le nerf auditif et le nerf facial , on rencontre quelquefois chez l'homme , et souvent chez les mammifères, un petit faisceau isolé (7), que Wriber^ a le premier signalé. Ce faisceau nie paraît un nerf accessoire fhi facial ; ses faisceaux d'insertion se portent en avant et en arrière. Les

(i) PI. XiII,fig. ^45.

(a) PI. XIII, fig. 245, n" 14.

(3) PI. \lll,fig. 243, A.

(4) Pi. XWI, fig 245, n" i5.

(5) IhùL (G) IhiU.

(7) PI. XllI, fig. 243, n; «4 et i5.

/iT)8 ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU ,

antérieurs vont rejoindre ceux du facial , les postérieurs se portent vers ceux de 1 auditif. C'est vraisemblablement ce nerf accessoire qu'a suivi Meckel , quand il a dit que le facial prend son origine dans le pédoncule du cervelet ; assertion qui a été répétée par plusieurs anatomistes.

Chez l'homme adulte le nerf facial paraît s'insérer sur la partie postérieure et externe du pont de varole; mais chez l'embryon humain de la fin du troisième mois et du milieu du quatrième , on aperçoit que les faisceaux de ce nerf sont implantés sur l'extrémité externe du trapèze. Plus tard , les faisceaux postérieurs de la protubérance annulaire venant recouvrir le corps trapézoïde, cette insertion est entièrement cachée.

Chez les autres mammifères , ces fibres postérieures du pont ne se développant pas , le trapèze reste à nu au haut de la moelle allongée ; l'insertion du nerf facial est â découvert comme chez l'embryon humain du quatrième mois. On le voit alors s'implanter immédiatement sur le trapèze des mammifères adultes.

Celte insertion du nerf facial sur le trapèze de la moelle allongée est déjà distincte' chez le phoque (i) , plus encore chez le drill (2) , plus encore chez le mandrill (5), Comme chez tous les

(1) PI. IX, fig. 208, 11° 7 bis.

(a) PI. VIII, fig. 197, "7 bis.

(5)PI. VHIjlig. 194, n 7 bis.

NKRFS ALDITIF ET FACIAL. 439

mammifères , la diminution du pont porte spécialement sur la partie postérieure, et que par cet effet le trapèze se dégage de lui ; à mesure qu'on descend des singes aux rongeurs, à mesure aussi l'insertion du nerf facial devient de plus en plus évidente , ainsi qu'on le voit en considérant ce nerf chez la marte (i) , la loutre (2) , le lion (3) , le kanguroo géant (4) , l'ours (5) , le raton (6) , le cheval (7) , le pécari (8) , le chameau (9) , le lama (10) , le bouc de la Haute-Egypte (11), le castor (1 5i) , le porc-épic (i3), l'agouti (i4)) ^ hérisson (i5) , et les chauve-souris (16).

Cette dernière remarque est applicable au nerf auditif; elle l'est aussi aux nerfs trijumeaux ,

(1) PI. XV, fig. 390 , n° 7 bis.

(2) PI. X, ûg. 223, n" 7.

(3) PI. XIV, fig. 266, n';.

(4) PI. XVI, fig. 299 , n- 7.

(5) PI. XI, fig. 23 1 , n'7.

(6) PI. VIII, fig. 200, n' 7. •

(7) PI. XV, fig. 275, n- 7.

(8) PI. XVI, fig. 3oo, n* 7.

(9) PI. XIII, fig. 249, n» 7 bis.

(10) PI. XVI, fig. 295, n" 7 bis.

(11) PI. XIV, fig. 262, n"7.

(i3) PI. XIII, flg. a5i, n'"7. (i4) PI. IX, fig. 211, n'7.

(i5) PI. XVI, fig. 297, n"7.

(16) PI. IX, fig. 214, n- 7.

44o ANÀTOMIE COMPARÉE DU CERVEAU ,

quand on considère ces nerfs dans leurs rapports d'insertion sur le trapèze.

Chez les oiseaux , le facial est enfoncé ( i ) comme l'auditif, par les raisons que nous avons indiquées. Il est du reste , comme chez les mammifères , placé plus haut que ce dernier , ainsi que nous le remarquons che? la bondrée commune ( 2 ) , l'hirondelle (3) , le roitelet (4) , l'autruche (5) et la cigogne blanche (6). Si l'on considère l'encéphale par sa face latérale , on aperçoit que le facial est séparé* de l'auditif jusqu'au point de son insertion. On voit particulièrement cette disposition chez la bondrée (7) , l'autruche (8) et la cigogne (9) ; elle est la même chez les reptiles , ainsi qu'on le remarque chez le caméléon (10), le crocodile (11), la grenouille (12) et la tortue franche (i3).

(i)Pl. IV,fig. 97,n°i8.

(3) PI. IV, fig. 88, n" 11.

(3) PI. IV, Og. 92, n" 10.

(4) PI. ÎV,Og. 94,n-io.

(5) PI. IV, fig. 98, n"i4

(6) PI. IV, fig. 103,11- 16.

(7) PI. IV, fig. 96, .1-12.

(8) PI. IV, fig. 97, n" 18 el 17.

(9) PI. IV , fig> 104, n" i5 et 3.

(10) P!. V, fig. u3, n" 2.

(11) PI. V, fig. 118, r/9.

(12) PI. V, fig. i3i , n" 10.

(i5) PI. V, fig. 122, n°6.

MERFS AIDITIF KT FACIAL. 44'

Chez les poissons osseux , 1(; facial étant réuni avec l'auditif et la cinquième paire , les remarques que nous avons faites au sujet de ces derniers nerfs , lui sont en tout applicables, ainsi qu'on peut le constater chez le brochet (i) , le turbot (2) , le congre (5) , la morue (4) , et le barbeau-(5).

Chez les poissons cartilagineux , le facial est réuni à l'auditif et à la cinquième paire , chez l'ange (6) , l'aiguillât (7) et la raie ronce (8) ; il est isolé et séparé de ces nerfs chez le requin (9) , la raie bouclée (10) et l'esturgeon (11).

Quant à son volume , comparé dans les différentes classes , la septième paire est loin de nous oftrir les rapports que nous avons remarqués sur le nerf olfactif , celui de la vision et les nerfs trijumeaux. D'une part , le sens de l'audition , moins matériel que celui de l'odorat et du goût , est moins lié que ces derniers et celui de

(I) PI. X, fig. 217, II" 8 et 8 bis. {2) Pi. VIT, fig-. 191, n" 10.

(5) PI. VU, fig. i68,fl"i2.

(4) PI. VII, fig. 1G2, n" i5.

(5) PI. VII, Ûg. i83, D.

(6) PI. XII, fig. 237, n°7 et 8.

(7) PI. XII, fig. 206, n" 7 et 5.

(8) PI. VI, fig. i58, n"5.

(9) PI. VI, fig. ,42, n°8.

(10) PI. VI, fig. 148, n"7-

(II) PI. XII, fig. 235, n" 2.

la vision, à la conservation de l'individu. De l'autre , le nerf facial étant , comme l'indique son nom^ destiné principalement à la. face, il semble au premier aperçu , qu'il devrait avoir un développement proportionné à celui de cette partie ; que conséquemment il devrait croître progressivement de l'homme aux singes , aux carnassiers , aux ruminans et aux rongeurs , chez les mammifères; s'atrophier tout-à-coup chez les oiseaux et les reptiles , et reprendre de nouveau une grande dimension chez les poissons , notamment chez les poissons cartilagineux.

Mais quand on a étudié avec soin le mécanisme d u développement de la face chez les vertébrés , on s'aperçoit que les parties auxquelles le nerf facial se distribue, sont étrangères à son développement. On voit que le développement de la face et sa projection en avant sont dus à l'étendue des cellules ethmoïdales , des fosses nasales , des sinus maxillaires , de la voûte palatine et de la cavité de la bouche. On voit que la cavité orbitaire est , par cette cause , agrandie et rejetée de plus en plus €n dehors et obliquement en bas. L'étendue de la face dépend donc de l'agrandissement progressif des chambres de la vision , de l'olfaction et du goût ; elle est plutôt intérieure qu'extérieure. Telle est la raison pour laquelle les nerfs de la vision, (le l'odorat et du goût, ont un rapport direct dans leur développement avec celui de la face. Telle est la raison pour laquelle le nerf facial reste

NERFS Al'DITIF ET FACIAL. 44^

toujours plus OU moins étranger à ce développement.

Considérez sous ce point de vue le système artériel de la face : vous y trouverez d'une part la cause première du balancement respectif des parties qui la constituent : vous y verrez de l'autre la raison pour laquelle les organes accessoires des chambres des sens reçoivent de pliigieurs troncs leurs branches nerveuses et leurs rameaux artériels.

Vous verrez l'artère maxillaire interne suivant rigoureusement , dans le développement de son calibre, ledéveloppement delà face, parce qu'elle est destinée principalement aux organes de l'odorat et du goût. Vous verrez l'artère ophthalmique , l'artère linguale , et les pharyngiennes , avoir constamment le même rapport.

Vous verrez au contraire l'artère transversale de la face, qui correspond au nerf facial , ne point partager cet accroissement de calibre : vous verrez l'artère maxillaire externe dont la moitié supérieure appartient à la face , ne point partager ce même développement.

Vous verrez pourquoi les muscles temporaux, masséters , les ptérygoïdicns internes et externes , reçoivent leur principales artères de la maxillaire interne, et leurs principaux nerfs de la cinquième paire. Ces muscles , notamment h temporal et le masséter, étant situés en dehors de la face, il semble qu'ils eussent dû recevoir leurs vaisseaux uniquement de la transversale de la face

et de la maxillaire externe , et leurs nerfs , du facial , qui leur correspondent. Mais ces muscles , ainsi que les ptérygoïdiens , étant les organes actifs de la mastication , et comme tels , étroitement liés à l'organe du goût , ils devaient nécessairement suivre toutes les variations de ce sens ; ils devaient donc se trouver plus spécialement sous l'influence des vaisseaux et des nerfs qui concourent à sa formation.

J'insiste sur les rapports comparatifs des dilférens systèmes organiques entre eux , parce qu'il me semble que le véritable esprit de l'anatomie comparée ne consiste pas seulement à apprécier lanalogie ou les différences des organes qui composent les animaux ; mais qu'elle doit s'élever surtout à donner l'explication de ces différences et de ces analogies. J'y insiste particulièrement pour l'étude de l'anatomie humaine , que les esprits superficiels regardent comme une science achevée , quoiqu'ils ne sachent pas pourquoi le coronal de l'homme est ce qu'il est (i).

(i) L'anatomie descriptive de l'homme n'a pas encore été théorisée; elle est sans règles, sans principes; de là rient qu'elle est si mal étudiée > et aussitôt oubliée qu'apprise De là vient qu'elle n'est cultivée que par les anatomistes de profession. Avant Bichat, on se bornait à considérer les formes extérieures des organes et leurs rapports de position, (let illustre physiologiste s'aperçut que cette analomie, si féconde dans ses applications à la chirurgie, n'était d'aucune utilité pour la médecine. Il vit qu'en suivant cette route.

ïfERFS AIDITIF ET FACIAL. 44^

On trouve l'application de ces principes dans les variations de volume du nerf auditif et du nerf facial.

Chez le phoque, le nerf auditif est très-développé ( 1 ) ; il l'est plus encore chez le dauphin (2). Chez la plupart des singes , il tient le milieu pour le volume entre le phoque et les cétacés, ainsi qu'on peut le remarquer chez le drill (5) et le mandrill (4).

Chez les carnassiers, \e nerf de l'audition présente des variétés de volume {i§sez remarquables. Chez le lion (5) , et les autres fclis, il est en général peu volumineux. Chez la marte (6) ,

l'organisation de l'homme était méconnue. Cette idée le dirigea dnns son Anatomie générale, et il créa une science nouvelle, qui n'a de commun que le nom avec l'ancienne anatomie. Quelques personnes ont néanmoins tenté de théoriser l'anatomie descriptive : à leur tête, nous devons placer Vicqd'Azyr, et M. le professeur Duméril. Quand on considère les bellesidéesdeM. Duméril sur la composition du crâne, et sur les rapports des muscles cervicaux, peut-ou ne pas regretter (jue cet illustre zootomiste se soit arrêté dans son travail ? peut-on ne pas le regretter surtout , quand on voit l'abus qu'a laitSpix, de cesidées,danssououvrage inùlu\cCc/>halo^(:nesis?

(i) PI. IX,fig. 2o8, n'7.

(2) PI. XII, fig. 234, n" 7.

(5)P1. VIII,fig. 197, n";.

(4) PI. VIII, fig. 194, n» 7.

(5) PI. XIV, fig. 266; n° 7.

(6) PI. \V , fig. 290 , n° 7.

la loutre (i), le raton (2), il oftre au contraire des dimensions très-fortes ; chez les ours , il est moins volumineux que chez les animaux précédens (5) ; chez le kanguroo géant (4) , il est plus fort que chez la loutre , le raton et la marte ; chez la taupe (5) , il est assez prononcé ; chez les chauve - souris , il est grêle en général , ainsi qu'on le voit chez les rhinolophes (6) et les vespertilions (7). Chez le cheval (8) , le chameau (9) , l'âne , le zèbre , le taureau , il est en général d'un volume assez considérable. Chez le bouc commun , le bouc de la Haute-Egypte ( i o) et le chevreau ( u ) , ses dimensions relatives sont beaucoup plus faibles. Chez le pécari (12) , il présente les mêmes rapports de grandeur que chez le chameau et le cheval. Chez le castor (i5)

Ci) PI. X,fig. 223, u' 7.

(2) PI. VIII, fig. 200, n''7.

(3) PI. XI, fig. 23 1, n°7.

(4) PI. XVI, fig. 299,007^5.

(5) PI. XIV, fig. 260, n'>7.

(6) PI. IX, fig. 204, n°7.

(7) PI. IX, fig. 214, n°7.

(8) PI. XV, fig. 275, n-Sbis.

(9)P1. Xin,fig. 249,n"7.

(lo)Pl. XIV,fig. 262, n° 7.

(11) PI. XÎII, fig. 243, n» i5.

(la) PI. XVI, fig. 3oo, n" 7 bis.

(iB) PI. XIV, fig. 258, n'r.

NERFS ArniTTF FT FVf.lAL. f\'\'J

elle porc-épic (i), son volume est très -considérable ; chez l'agouti , il est très-faible (2) ; il est en général très-grêle chez tous les rats. Telles sont les principales variations que m'a présentées le nerf acoustique chez les mammifères.

Les oiseaux n'offrent point cette variation de volume dans leur nerf acoustique ; les difTércnces de grandeur qu'il présente, sont toujours relatives à la grandeur de l'oiseau sur lequel on examine ce nerf; ainsi qu'on le remarque chez la bondrée (5), l'autruche (4) , la cigogne (5) , l'hirondelle (6) et le roitelet (7) ; les oiseaux nocturnes , le hibou , la chouette , l'effraye et les ducs font exception à cette règle , j'ai constamment observé chez eux que les dimensions du nerf de l'audition dépassent celles qu'on observe chez les autres oiseaux.

Le nerf acoustique est toujours très-grêle chez les reptiles , ainsi qu'on le remarque chez le caméléon (8) , le crocodile (9) , les vipères (10) , les couleuvres, les lézards (11) et les

(I) PL XIII, fi^. 25i, n*7bis.

(a) PI. IX, fîg. ail, u" 7. T

(3) PI. IV, fig. 88, n° II.

(4) PI. IV,eg. 97. n"»?-

(5) PI. IV, fig. 104, II» 3.

(6) PI. IV, fig. 9a,n'io.

(7) PI. IV, fig. 94,0" 10.

(8) PI. V, fig. 112, n" a.

(9) PI. V, fig. 118, n-8.

(10) PI. V, fig. 127, 11° 2.

(II) PI. V,fig. 129.

tortues (i). Les grenouilles (ij), le protéc et la cécilie m'ont paru faire exception à cette règle. Le nerf auditif est beaucoup plus développé chez ces reptiles que chez les autres.

Chez les poissons osseux , l'auditif est beaucoup plus développé que chez les reptiles, et même que chez les oiseaux , toute proportion gardée ; on peut vérifier ce fait chez la morue (3) , le congre (4), le barbeau (5) , le turbot (6) , et le brochet (7). Chez les poissons cartilagineux , il est plus développé encore que chez les osseux , ainsi qu'on l'observe chez le requin ( 8 ) , la raie ronce (9) , la raie bouclée (10) , l'aiguillât (îi) et l'ange (12).

Si de ces variétés de volume du nerf auditif chez les animaux vertébrés , on pouvait rigoureusement déduire l'étendue de l'audition , ces résultats de l'anatomie comparative fourniraient des

(1) PI. V, fig. 122 , n' 4.

(2) PI. V, fig. i3i, n» 8.

(5) PI. VII, fig. 164 , n" 7.

(4) PI. VII, fig. i68, n° î2.

(5) PI. VII, fig. i83, C.

(6) PI. VII, ag. 191, n"9 et 11.

(7) PI. X, fig. 217, n" 5.

(8) PI. VI, fig. 142, ,^7.

(9) PI. VI,fig. i58,n"5.

(10) PI. VI, fig. 148, n- i5.

(1 1) PI. X , fig. 222, n" 7 bis.

(12) PI. X, fig. 219, n" 7.

NERFS AUDITIF FT FACIAt.. 4/(9

données positives pour établir le développement de ce sens. Mais les nerfs accessoires de l'ouïe viennent compliquer le probK^me , et y introduire des termes dont la valeur n'est pas encore déterminée. Clés nerfs sont les branches du facial qui se distribuent dans les organes de l'oreille externe cl de l'oreille moyenne ou la caisse, et la branche de la cinquième paire , connue sous le nom de corde du tympan. Ces nerfs m'ont offert de grandes variétés dans leur développement proportionnel. Chez les mammifères , dont l'oreille externe est très-<léveloppée , les branches auriculaires du facial sont très-fortes ; la corde du tympan n'est pas développée dans la même proportion. Chez les singes , les pachydermes et les ruminans , l'inverse a lieu ; l'accroissement porte plus spécialement sur ce dernier nerf.

Chez les oiseaux , spécialement chez les nocturnes , les deux norfs accessoires de l'audition m'ont paru développés dans le même rapport.

On sait que chez les poissons ils concourent puissamment au développement de ce sens. Cette circonstance a frappé de bonne heure les anatomistes , ils l'ont crue particulière à cette classe : elle ne Test cependant pas. Chez tous les vertébrés , le facial et l'acoustique concourent , de même que chez les poissons , à la formation du sens de l'audition ; elle est seulement portée à 1. uq

45o ANATOMIE COMPAREE DU CERVEAU ,

son maximum dans cette dernière classe (i).

Quoi qu'il en soit , un fait important ressort de ces rapports comparatifs : c'est celui du développement du nerf auditif chez les animaux aquati^ ques : le phoque , les cétacés , parmi les mammi fères ; la grenouille , le protée, et surtout les tortues aquatiques, comparées aux tortues de terre, parmi les reptiles, sontremarquables par la prédominance du nerf de l'audition. Serait-ce la raison pour laquelle tant de nerfs se réunissent .pour former ce sens chez les poissons ?

Les différences de volume du nerf facial sont loin d'être en harmonie avec celles de l'auditif: très-volumineux chez les singes , le drill (2) , le

(1) Cette circonstance explique la marche compliquée de la corde du tympan chez l'homme et les mammifères; 00 ne verrait pas trop pourquoi , sans cela , le rameau du nerf vidien qui la forme, après être sorti du crâne y pénétrerait de nouveau, pour aller gagner l'hyatus, l'aqueduc de Fallope et la base du promontoire où pénétrent les rameaux découverts par Jacobson. L'existence de ces rameaux a été mise en doute par un de nos plus habiles anatomistes, M. Ribes, et par Killian en Allemagne. Cela vient de la différence des sujets sur lesquels ces anatomistes ont cherché à vérifier la découverte de Jacobson. L'âge de neuf à quinze ans est l'époque où ils sont distincts. Plus tôt leur mollesse empêche de les suivre; plus lard le canal 6û ils sontlogés s'oblitère.

(2) PI. VIII,fig. 197, n° 7.

mandrill ( i ) , le lion (2), le raton (5) , la marte (4) , K: kanguroo (b) , le cheval (G) , le cliameaii (7), le lama (8), le pécari (9) et It; porc-épic (10) , il est peu développé, au contraire, chez h; phoque (11), le dauphin (12), l'ours (1 5), le castor fi4)» l'agouti (i5), le tatou (16) , la marmotte (17) , la mangouste du Cap (18) et le houe de la Haute-Egypte (19).

De là résultent chez les mammifères des rapports très-variés entre le nerf auditif et le facial , comparés entre eux. Chez le phoque, les cétacés, le castor , le bouc commun et \c bouc de la Haute-

(.) PI. VIII, ûjj. 194, n°:.

(2) PI. XIV, fig. aG6, Wy.

(3) PI. VIII, fig. 200, W 7.

(4) PI. XV,fjg. 29o,n°7.

(5) PI. XVI,fig. 299, n- 7.

(6) PI. XV,fig. 275,n''7.

(7) PI. XIII,fig. a49,n«7bis.

(8) PI. XVI, fig. 295, M" 7 bis.

{9) PI. XVI, fjg.500, n"7.

(10) PI. XIII, fjg. 25i, iry.

(11) PI. IX, Gg. 208, n" 7.

(12) PI. XII, Og. 234, n"7 bis.

(i3) PI. XI, fig. 23i , n°7.

(i4) PI. XIV, fig. 258, n» 7.

(i5) PI. IX, fig. 211, n° 7.

(16) PI. XIII, fig. 246, n' 7.

(17) PI. XI, fig. 2o3, n°7.

j8) PI. XIII, fig. 254, n" 7.

(19) PI. XIV, fig. 262, !»• 7.

a|52 ANATOMIE COMPAREE pU CERVEAU ,

Egypte , lacouslique dépasse de beaucoup ïe facial. Chez le lion , le cheval , le chameau , le pécari et le kanguroo géant , le facial prédomine au contraire sur l'acoustique. Chez les singes, l'ours, le raton, la loutre, le hérisson (i) , le tatou (2), la mangouste du Cap (5) , la taupe (4), le zemni (5) , la marmotte , l'agouti , le porc-épic , les rats et les chauve-souris (6) , ces deux nerfs ont des dimensions à peu près égales.

Les oiseaux et les reptiles en général n'offrent pas de semblables variations, ainsi qu'on peut le voir chez la bondrée (7) , l'autruche (8) , la cigogne (9) , le roitelet (10), l'hirondelle (11), le caméléon (12), le crocodile (i3), les vipères et les couleuvres ; la grenouille , le protée et les tortues aquatiques présentent néanmoins une prédominance du nerf acoustique, ainsi que nous l'avons dit plus haut.

(1) PI. XIV,fig. 297,B-7.

(2) PI. XIII, fig. 246,0° 7.

(3) PI. XIII, Cg. 254, n" 7.

(5) PI. XV , fig. 272 , n» 8.

(6) PI. XVI, fig. 204 et 214, n' 7.

(7) PI. IV, fig. 88, n" II.

(8) PI. IV, fig. 97, n° 17 et i8.

(9) PI. IV, fig. 104, n-Set i5.

(10) PI. IV, fig. 94, n" 10.

(11) PI. IV, fig. 92, n* 10.

(12) PI. V, fig. 1 12, n" 10.

(i3)Pl. V, fig. n8, n*8.

Chez l(;s poissons osseux ees deux nerfs ont des dimensions peu diflérentes, comme on le remarque chez la morue, les triples , le congre , les anguilles, le turbot , le merlan.

Chez les poissons cartilagineux , au contraire , l'acoustique prédomine en général sur le facial , ainsi qu'on l'observe chez la raie ronce (i), la raie bouclée (2), l'ange (5) et l'aiguillât (/i).

Les altérations organiques du nerf auditif produisent la perte de l'audition , de même que celles du nerf optique produisent la cécité. Les altérations pathologiques que j'ai observées , avaient produit une atrophie du nerf, ou une hypertrophie avec ramollissement considérable de sa substance dans le canal auditif; deux fois je l'ai rencontré réduit en une matière pultacée d'un blanc jaunâtre. La physiologie n'a pu encore faire des expériences directes sur ce nerf, à cause de son court trajet du point de son insertion à son entrée dans le rocher. Je dois observer ici par anticipation que dans les maladies organiques du plancher du quatrième ventricule, je n'ai pas toujours observé une diminution du sens de l'ouïe proportionnelle à l'altération morbide , lors même que

(1) PI. VI, fig. i58, n" i5et 5.

(2) PI. VI, fig 148, n'5 et 7.

(5) PI. XII, fig. 237, n" 8.

(4) PI. XII. fig. 2:^6. »*7.

la désorganisation avait envahi le ta?nia grisca des frèçes Wenzel.

Les expériences récentes de Charles Bell et de M. Magendie viennent d'ouvrir un champ nouveau de recherches physiologiques sur le système nerveux. C'est une heureuse idée que celle qui considère la portion dure de la septième paire comme le nerf respirateur de la face. J'ai eu souvent occasion d'observer chez les paralytiques les effets rapportés par Charles Bell et Shaw. Dans les affections aiguës du poumon, on remarque un tel rapport entre la difficulté de respirer et la dilatation ou le resserrement des narines , que je serais surpris que ce rapport ait été si long-temps méconnu , si je ne savais par moi-même que les idées les plus simples e\ les plus naturelles sont celles qui se présentent les dernières à l'esprit.

Toutefois Charles Bell ayant borné ses* considérations aux mammifères, et n'ayant pu expérimenter le nerf facial qu'à sa sortia du trou stylo-mastoïdien , ce physiologiste a laissé en arrière les preuv-es les plus concluantes de son opinion : preuves qui me paraissent fournies par l'appareil respiratoire chez les poisson».

Les altérations pathologiques du nerf facial affectent principalement ce nerf pondant son trajet dans l'aqueduc de Fallope. Sur quatre sujets que j'ai observés (i) , et dont j'ai ouvert les cada-

(i] J'ai en ce momeul dans ma division une femme de

NERFS AUDITIF ET FACIAL. If^S

yres (i) , aux symptômes énoncés par Bell et décrits par Shaw, s'ajoutait une surdité |>Ius ou moins complète de l'oreille correspondante au nerf affecté. C'est d'après ces faits que j'ai pensé que la portion dure de la septième paire avait sur l'audition une influence qui n'est pas encore déterminée, puisque les faits semblent établir qu(; les osselets de l'ouïe ne concourent pas immédiatement à l'exercice de cette fonction.

Chez les mammifères , les reptiles et les oiseaux , cet appareil est réduit à des conditions rudimentaircs ; de là , l'obscurité de ses usages dans ces trois classes. Chez les poissons, il est porté au maxiumm de son développement; ses fonctions deviennent plus importantes et plus précises. Mais quel est dans la tête des poissons l'appareil qui correspond aux osselets deTouïe? L'anatomie comparée a cherché long-temps la signification (2) des os de l'opercule. 11 ne fallait rien moins que les principes fermes et généraux de l'anatomie philosophique , pour reconnaître dans ces pièces les analogues des osselets de l'ouïe des trois classes supérieures. Les opercules sont les agens méca-

trente-neurans, ayant une hémiplégie de la face, produite par l'altération du nerf facial, altération située, selon toutes les apparences , dans l'aqueduc de Fallope.

(1) Une de ces pièces est déposée dans le Musée anatonii({uc dos hôpitaux.

(:î) Expression empruntée à la philosophie allemande.

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