PI. II
520 TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.
poissons, et les ophidiens parmi les reptiles. Chez les sauriens et les batraciens , le volume de la moelle épinière prend de l'accroissement , et on en observe un semblable dans le volume de leurs tubercules quadrijumeaux. Les poissons osseux sont dans le même cas. 11 y a peut-être , sous ce rapport , une légère exception pour les poissons cartilagineux ; car , quoiqu'ils aient la moelle épinière plus développée que les poissons osseux, leurs tubercules quadrijumeaux n'ont pas grossi dans la même proportion.
Enfin , chez les mammifères , cette proportion est exactement la même ; la moelle épinière et les tubercules quadrijumeaux vont en augmentant graduellement de l'homme aux singes, aux carnassiers , aux ruminans et aux rongeurs.
Ce rapport constaté nous err indique d'autres : car si , d'une part , la moelle épinière est développée en raison du volume des nerfs .atéraux du tronc , en raison directe des nerfs de l'olfaction , de la cinquième paire , et du trapèze de la moelle allongée ; et si , de l'autre , les tubercules quadrijumeaux répètent les rapports de la moelle épinière, il suit nécessairement que ces tubercules, les nerfs latéraux du tronc , les nerfs olfactifs , les trijumeaux et le trapèze ,/,d[oivent être et sont réellement développés en raison directe les uns des autres (i).
(i) Foye^ les planches. J'y renvoie souvent le Iccleur ,
TUBERCULES QL'ADUIJLMEAtX. 7)2')
Los tubercules quadrijumcaux ou les lobts oj;liqucs sont le renflement de terminaison de la moelle é])inière dans le crâne : or, les rcnflemens supérieurs et inférieurs de la moelle épinière sont rigoureusement proportionnés aux membres auxquels ils correspondent. Pareillement , chez les poissons , les reuflemens qui apparaissent en arrière de la moelle allongée suivent le développement des nerfs qui s'y insèrent. En sera-t-il de même du renflement de terminaison de Taxe nerveux du tronc |ou des tubercules quadrijumeauxP^Lenerf qui s'y insère, l'organe auquel il est principalement destiné, suivront-ils les variations diverses du volume de ces tubercules et des lobes optiques dans les trois classes inférieures ? L'œil , le nerf optique et les tubercules quadrijumcaux, seront-ils enfin développés en raison directe les uns des autres ?îG'était à l'observation à répondre : or l'observation a montré un rapport constant entre les dimensions des yeux , des nerfs optiques et des tubercules quadrijumcaux , dans les quatre classes. A de petits yeux correspondent des nerfs optiques grêles et des tubercules quadrijumcaux peu prononcés ; des yeux volumineux , au contraire , coïncident avec des nerfs optiques trèsforts et des tubercules quadrijumcaux énormes. h'angiiis fragilis est celui de tous les reptiles qui
.ilin d'éviter d'inlenomprc par des chillVcs l'exposé des idées générale?.
328 TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.
a les plus petits yeux, les plus petits nerfs optiques et les plus petits tubercules quadrijumeaux. Les vipères et les couleuvres ont déjà les yeux , leurs nerfs et leurs tubercules plus développés. Le crocodile , le tupinambis , le caméléon et les tortues de mer, sont les reptiles dont les yeux sont les plus forts ; ils ont aussi les nerfs optiques et les tubercules quadrijumeaux les plus volumineux (i).
Les anguilliformes , chez les poissons , sont comme les ophidiens chez les reptiles : ils ont les plus petits yeux, les plus petits lobes et les plus petits nerfs optiques. Viennent ensuite les pleuronectes , puis les poissons cartilagineux (2) ; puis, parmi les osseux, les gades et les trigles (3) , chez lesqueli ces trois parties augmentent dans un rapport proportionnel.
On sait que les oiseaux ont des yeux si développés , et certains d'entre eux une vue si perçante , qu'un anatomiste célèbre ( Oken ) a proposé dernièrement de les désigner par le nom d'oculiers. Or, toute cette classe est remarquable par le volume de ses nerfs optiques et de ses tubercules quadrijumeaux (4) ; elle l'est aussi par le plissement de la rétine, qui en augmente la surface , selon l'ingénieuse remarque de M. le docteur Desmoulins.
(1) PI. V, fig. 112, 1 13, 122, 120, 129 et i35.