C.EUVl.I.KT. J.\OC
drumancs , et ne so trouve déjà plus chez le phoque (i) , ni chez les carnassiers (2) et les ruminans (5). Knfin , chez les oiseaux et les reptiles, animaux chez lesquels , comme nous l'avons dit, la couche grise de la moelle épinière devient déplus en plus mince ^ il n'existe pas de vestige de ce tubercule grisâtre, comme on le voit chez le casoar (4) , le perroquet (5) , la poule (6) , l'aigle royal (7) , l'orvet (8) , le lézard vert (9) , les vipères (10), la grenouille ( 1 1), le caïman (12), la tortue grecque (i5) et la tortue tranche (i4)- Le quatrième ventricule de l'homme oIFrc des stries blanchâtres , dont nous avons déjà parlé ; ces stries ne se rencontrent sur aucun mammifère, sur aucun oiseau, ni sur aucun reptile; la tortue franche seule présente quatre stries blan-
(I) Pi. X, fig. aiS, n' 2 et 5 (a) PI. XY,fig. 279,n»».
(5) PI. XY,f]g. 271, n'a.
(4) PL ni, flg. 85, n» 16.
(5) PI. m , fig. 84 , n» 1 5.
(6) PI. III,ng. 87, n-7.
(7) PI. IV, fig. 101, n" if).
(8) PI y, fig. 10^, n" 1.
(9) PI. V, fig. Mo,n''6ct7.
(10) PI. V, fig. i55, n" 'i.
(II) PI. V,fig. i34, n" 2.
(12) PI. V, fig. i55, n" 2.
{i5) PI. V, fig. 125,11' 14.
(i4) PI. V, lig ,,Q, ,r5.
4 10 CEUVELET.
châtres de chaque côté (i) , dont la dircctioR est obhque, et situées très-près les unes des autres, ce qui les distingue de celle de l'homnie- Le quatrième ventricule de l'embryon humaii: est non strié jusqu'à la naissance , ainsi que celui des autres vertébrés. Je ne les ai aperçues que du huitième au dixième mois après la naissance; elles se développent de dehors en dedans ou de la circonférence au centre. Leur nombre et leur direction sont très-variables. Le plus grand nombre que j'ai rencontré est de dix , cinq de chaque côté , ou six d'un côté et quatre de l'autre. Le plus petit chez l'adulte est de deux , le nombre moyen est de six. Sur trois nègres je n'eu ai trouvé que trois; sur deux négresses, deux seulement , un de chaque côté. Les stries supérieures sont obliques , les inférieures horizontales , quelquefois elles sont légèrement arquées. Souvent celles de droite correspondent à celles de gauche sur la ligne médiane, d'autres fois elles ne se correspondent point. Une ou deux fois j'en ai vu quelques-unes qui s'entrecroisaient.
Le quatrième ventricule est recouvert en entier par le cervelet chez les mammifères , les oiseaux et la plupart dés poissons ; parmi les cartilagineux, la lamproie (2) , l'esturgeon (5) , le squale bleu
(1) PI. V, Ûg. 121 , u' 1 bij (a) PI. XI, fig. 228, n^ i.
(3) PI. XII, fig. 255, B.
CEnVEI.KT. l\ I r
et ïc sqnalr grisel ont la parlio inCérieiircà nu; les individus de ces deux dernières espèces sont remarquables , parce qii ils se rapprochent beaucoup des reptiles sous ce rapport, et surtout de la tortue franche ( i ) . Tous les reptiles ont leur ventricule découvert inférieu rement, ce qui dépend, chez eux , du peu d'étendue de leur cervelet. Les crocodiles ( u) et le caméléon (5) sont les seuls animaux de cette classe chez lesquels j'aie trouvé le quatrième ventricule entièrement recouvert par le cervelet.
Pour saisir maintenant la raison des rapports des divers élémens du cervelet avec les autres parties de l'encéphale, il est nécessaire de se rappeler que des trois pédoncules qu'on y remarque de chaque côté , le supérieur est en rapport avec les tubercules quadrijumeaux postérieurs, l'inférieur avec le cordon restiforme , et le moyen avec le corps ciliaire des hémisphères. Ces trois pédoncules se réunissent séparément, deux en avant en contournant la moelle alongéo , et un en arrière, en suivant la marche ordinaire des commissures.
La commissure du pédoncule inférieur est formée par le corps trapézoïde; celle du pédoncule supérieur , par la valvule de Viens-
me I —-■M. ■■■■I. Il» ■ ■ ■■ ■— ,.^-. .■.-■■■^— ■ Il ■ I ■■!
(i) PI. V,flg. ii9,ii-'4.
(2) n. V, fig. ii5cl n6, n""2.
(3) PI. V,flg. 111, n''4.
sens , et les fibres de la protubérance annulaire sont évidemment la continuation du pédoncuhv moyen.
Cela explique, d'une part, les rapports du corps trapézoïde, que nous ayons déjà exposés; cela montre, de l'autre , que la valvule de Yieussens devra suivre les mêmes rapports; or, comme les pédoncules supérieur et inférieur suivent la même progression que le lobe médian du cervelet , on voit donc que toutes ces parties devront être soumises aux mêmes rapports.
Ainsi , la valvule d« Yieussens est développée en raison directe de la moelle épinière , d«s pyramides antérieures et postérieures, du corps restiforme, des pédoncules supérieurs du cervelet et des tubercules quadrijumeaux. Elle va donc en diminuant de volume, des quadrumanes aux carnassiers , aux ruminans et aux rongeurs.
Cette commissure, est , au contraire, développée en raison inverse des corps olivaires.
Le lobe médian du cervelet, en nous renfermant plus spécialement dans la classe des mammifères, sera donc développé aussi en raison directe de la moelle épinière, des pédoncules supérieurs et inférieurs du cervelet , de leurs commissures, du trajièze, de la valvule de Yieussens, et des tubercules quadrijumeaux.
Ce lobe sera développé au contraire en raison inverse de l'olive ; tous ces rapports sont mon-
r.EKVELET. 4'-^»
lr<js-rigourousi;incnt exacts par la comparaison iU) ces diverses parlicd de l'homme aux iuscclivores el aux rongeurs.
Les hémisplières du cervelet étant en rapport a\ec le pédoncule moyen, comme le lobe médian est on ra{)port avec les pédoncules supérieurs et iid'érieurs , il en résulte que le pédoucule moyen , sa commissure et la protubérance atmulairc dc- \ront suivre la [irogression de ces mêmes liéinisplières.
Or, les hémisphères du cervelet sont dévelop- |vés en raison inverse de son lobe médian ; il suit tlonc que hs dépendances de ces hémisphères devront être daus un antagonisme de développement avec le lobe médian et ses dépendances : c'est en ellet ce qui est.
Les hémisphères du cervelet sont développés en raison inverse de la moelle épinière , des tubercules quadrijumeaux , des pédoncules supérieurs et inJerieurs, de la valvule de Vieussens , du corj)s Irapézoïde , des nerls de la cinquième paire , du nerf optique et du nerf olfactif.
Par la même raison, les parties qui sont développées en raison inverse du lolie médian , devraient l'être en raison directe des hémisphères ; c'est ce qui est. Pour le moment , nous ne pouvons que signaler le rapportdirect de développement qui existe entre le corps olivairc et ces hémisphères; rapport que nous avons déjà suivi chez les embryons , et qui se reproduit d'une manière admi-
4l4 CERVELliT.
rablc chez les animaux îidulios, de l'homme aux quachnimanes , aux cétacécs , aux phoques , aux carnassitTS , aux runiinaris , jusqu'aux chauvesouris et aux rongeurs.
Nous avons déjà vu que certaines parties de la moelle alongée produisent un relief plus ou moins grand dans le quatrième ventricule : ainsi les nerfs de la cinquième paire et le nerf de la huitième sont représentés chez les poissons par des tubercules particuliers; ainsi le iœnia correspond au corps Irapézoïde. Sous ce rapport , le corps ciiiaire du cervelet peut être considéré comme le tubercule du pédoncule moyen et de la protubérence annulaire.
Si cela est , le corps ciiiaire devra suivre la même progression que les hémisphères du cervelet et la protubérance annulaire : ce que l'on remarque , en effet , de l'homme aux mammifères inférieurs, selon les observations faites par M. Gall , chez les animaux adult( s; parTiedmann, et par moi, chez l'embryon de l'homme; et par moi , chez les embryons des mammifères supérieurs.
Les hémisphères du cervelet et la protubérance annulaire étant développés en raison inverse du corps trapézoïde , il suit donc aussi que le corps ciiiaire et le tœnia grisea du quatrième ventricule devront Suivre une progression inverse. Comparez en effet ces deux parties de l'homme aux ruminans , et vous verrez le tœnia décroître
CEUVEr.CT. |IJ
à mesure que le corps ciliaire se dévcloppj;. Les -célacécs sont exceptés de ce rapport.
Par la même raison, le corps ciliaire doit être développé en raison directe du corps olivaire. Suivez ces deux corps chez les embryons des mammifères supérieurs et les animaux adultes, vous les verrez toujours se suivre progressivement dans leur développement. Vous verrez aussi que rolive et le taenia du quatrième ventricule sont dans une discordance qui répète celle du corps ciliaire et des hémisphères du cervelet.
Quelles que soient néanmoins les limites de <:es variations , le pont est toujours projeté en avant, et il est projeté en avant par la même raison que le cervelet lui-même; comme ce dernier il se développe sous l'influence de l'artère basilaire et des artères cérébelleuses, dont la direction marche du trou occipital aux apophyses clinoïdes postérieures. INous verrons le corps calleux qui lui correspond , suivre une marche inverse^ parce que la marche de ses artères est opposée à celles du pont. Les fibres de la protubérance annulaire ne sont donc pas directes comme celles du trapèze^ les arcs qu'elles forment autour de la moelle alongée sont obliques et concentriques d'arrière en avant.
ÎNous avons déjà dit que !e cervelet et le cerveau se forment en sens inverse. L'un marche d'arrière en avant, l'autre d'avant en arrière. Le tléveloppement des hémisphères ecrébiMux se
4 1 6 GEnVELET.
mesure par le prolongement de leur partie postérieure sur le cervelet , conséquemment par la considération de la face supérieure de l'encéphale. Celui du cervelet est surtout sensible à la base. D'après cette marche opposée, ces deux parties semblent rentrer l'une dans l'autre. Cette idée générale peut seule donner la clef des variations multipliées que présente la base de l'encéphale , des mammifères. Ainsi, plus l'encéphale sera développé ^ plus la protubérance sera enfoncée sous les hémisphères cérébraux , comme on l'observe de l'homme, des dauphins, des phoques, des singes, des carnassiers, des ruminans , jusques aux chauve-souris et aux rongeurs. Plus cette progression antérieure du pont sera marquée , moins sera étendu l'espace qui sépare la protubérance annulaire de la jonction des nerfs optiques. C'est cette surface , bornée sur les côtés par le lobe de l'hippocampe, que j'ai nommée e/iamp mamiltaire.
Ces rapports nous fournissent les bases de ceux du pont de Varole , sur lequel nous devons nous arrêter un instant. Premièrement son étendue suit l'accroissement des hémisphères du cervelet, dont il forme la grande commissure. C'est chez l'homme qu'il est porté au maximum de sa grandeur (i) ; puis viennent les cétacées (2) , le phoque (5) ,
(1) PI. XIII, fjg. 247, n» 5 et 6.
(2) PJ. XII, fig. 204, P.
[?*) PI. IX, fig. 208, P.
et Cil troisième lieu les singes, le drill (i), la mandrill {:>.) ; l<s carnassirrs, le lion (5), la loutre 4^ » î'"^ marie (5) , l'ours (6) , !e raton (7} , le kanguroo (8) ; les ruminans, le chameau (9) , le cheval (10) , le lama (i i) , le daman (12) . le pécari (10) , le porc-épiç (i/f) , le castor (i5) , la marmotte (16) , l'agouti (17), les rats et les chauve-souris (iS).
Les fibres composant le pont d^e Varole sont sur un plan plus antérieur que celles du trapèze, ce qui explique pourquoi ce dernier passe toujours derrière les pyramides anlérieures ^19),
(I) Pi. VIII, fig. 19-, P (i)Pl. VIII,fig. 194, P.
(3) PI. XîV, fig. 266, P.
(4) PI. X, fig. 223, P.
(5) PI. XV, fig. 290, P.
(6) PI. XI, ùg. 25 1, P.
(7) Pi. VIII, fig. 200, P.
(8) PI. XVI, fig, 399, P.
(9)P1. XIII, fig. 249, P.
(10) PI. XV, fig. 275, p.
(II) PI. XVI, fig. 295. p.
(12) Pl. XYI, fig. 2;3, p.
(i3) Pl. XVI, fig. 3oo, p.
(i4) Pl. XIII, fig. 201, p.
(i5) Pl. XIV, fig. 258, P.
(16) Pl. IX, fig. 2o3, P,
(17) Pl. IX, fig. 211, P.
(18) Pl. IX, fig. 204 et 214, P.
(19) PI XVI,fig. 299,1,14.
4l8 CERVELET.
tandis que la protubérance annulaire recouvre la gerbe de leur épanouissement. Celte disposition en explique une autre. A mesure que le pont se développe , il couvre aussi le trapèze ; ce que l'on voit surtout chez les phoques ( i ) et chez l'homme, sur lequel le trapèze n'est plus à nu sur la face externe de la moelle alongée.
On a dit que le pont s'étendait en avant jusqu'à l'insertion de la troisième paire. Rien de moins généralement vrûi que cette mesure. La troisième paire est très -rapprochée du bord antérieur du pont chez l'homme, les singes (2) et les cétacées (5) ; elle le touche chez les phoques (4) 3 seuls mammifères chez lesquels cette assertion soit exacte. Elle s'en écarte beaucoup chez les carnassiers digitigrades , le lion (5), la marte (6) , la loutre (7) , la mangouste (8) ; chez les plantigrades j le raton (9} et l'ours (10) ; chez les pachydermes, les ruminans (11) et les rongeurs (12) :
(1) Pi. IX, Cg. 208, P,T.
(2) Pi. YIII, fig. 194 et 197, P, 5.
(5) Pi, XII, fig. 254, P, 3.
(4) PI. IX, fig. 208, P, 5.