‹ Anatomie comparée du cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrésChapitre 38 sur 50 · II · texte numérisé non relu

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^5o ' HÉMISPHÈRES CÉRÉERAUX,

organes de seconde formation 4 cette proposition est rigoureusement exacte pour toutes celles des hémisphères cérébraux, pour celles du cervelet , pour celles de la moelle épinière et des lobes opîiques. C'est le terme le plus élevé du développement de chaque partie.

Si , comme nous ne cessons de l'établir dans cet ouvrage, les classes inférieures répètent les phases divers que parcourent les embryons des mammifères supérieurs , nous devrons donc voir les commissures diminuer ou disparaître, à mesure que nous descendrons l'échelle des vertébrés , et que nous nous rapprocherons davantage des formes embrj^Dnnaires. Nous en avons déjà acquis la nrcuve dans les commissures du cervelet; nous avons vu le pont et le trapèze disparaître complètement chez les ciseaux , et ne plus se reproduire dans les autres classes. Les oiseaux conservent encore la commissure des pédoncules supérieurs (lu cervelet , ou la valvule de Vieussens; mais on ne la trouve plus ni chez les reptiles, ni chez les poissons. C'estlarépétitiondu mêmedéçroissement de l'encéphale, que nous allons retrouver dans les commissures des hémisphèies cérébraux.

Commissure antérieure et postérieure.

Ces deux faisceaux médullaires conjuguent , en arrière et en avant, les pédoncules cérébraux, leurs renflemens et leurs radiations. Ce sont deux

ET LODF. OLFACTIF. 4^ ^

commissures similaires, quoique l'anlérieure offre de grandes variations dans les différentes classes. La postérieure est le moyen d'union de la couche optique droite avec ia couche optique gauche; elle manque chez les poissons , et son absence est la conséquence du défiiut de développement de la couche optique. Elle manque également chez la plupart des reptiles, comme chez les ophidiens, les lacertiens et les batraciens, chez lesquels la couche optique est arrêtée dans son premier état embryonnaire. Les premiers rudimens de cette commissure ne se montrent que chez les sauriens elles chélouiens. Sa situation est plus profonde que dans les autres classes. Elle est très -épaisse, assez large chez les crocodiles , le caïman à museau de brochet et la tortue franche; sa partie externe se continue avec l'enveloppe des lobes optiques, dont elle est aussi le lieu de conjugaison. Chez les chéloniens, elle est un peu plus superficielle et plus intimement liée à la couche optique, ce qui déjà se rapproche des oiseaux. Dans celte dernière classe, la commissure postérieure devient plus superficielle ; elle abandonne ses rapports avec les lobes optiques et devient exclusivement propre à la couche optique. Elle est située au-devant et un peu au-dessous de la commissure transverse des lobes opti-^ ques (i) , bornant en arrière le troisième venlrir

(I) PI. IV,fig.9>,n°8.

cuîe, et en avant la scissure de Sylvius (i) ; directe au milieu , elle s'incline un peu en avant , en s'enfonçant dans la masse grise de la couche optique (2). Chez la plupart des oiseaux, elle est formée de deux plans de fibres; un, superticiel, qui se confond avec le bord antérieur de la commissure des lobes optiques ; et un, profond, qui est toujours le plus considérable; quelques fibres de ce dernier pénètrent dans les pédoncules cérébraux. Haller méconnut cjtte commissure , Malacarne la décrivit , tout en prenant pour le corps strié des oiseaux leur véritable couche optique.

Tous les mammifères , sans exception , possèdent la commissure postérieure; chez eux comme chez les oiseaux , elle réunit la partie postérieure de la couche optique , et borne en arrière le troisième ventricule. Ce rapport constant dans ces deux classes établit donc que chez les oiseaux la partie postérieure de la couche optique n'a point été déplacée, comme le croit Tréviranus. En général , la commissure postérieure est plus forte chezles mammifères (et surtout chez les ruminans) que chez l'homme. Celte augmentation en volume de cette commissure lient évidemment à l'accroissement de la partie postérieure de la couche optique. Chez les carnassiers , on peut y distinguer

(i) PI. m, Og. 87, n"5.

(3) PI. IV, Og. 101, n» 17.

lil LObt; OLi- ACTIF. 4^5

trois !aiiiL>$ appliquées l'une sur l'autre; chez les ruminaus, il y eu a quatre disliuctes, comme je l'ai vu jjriuci paiement chez le mouton , le chevreau et le bouc de la Haute-Egypte : leur division n'est sensible qu'à la partie postérieure de la connnissure ; en avant, elles sont étroitement confondues. Chez quelques ruminans, cependant , la bande poslérieure est séparée des autres; ce qui ferait croire à l'existence d'une double commissure postérieure.

Les lames superficielles sont celles qui s'étenden t le plus profondément dans l'épaisseur de*la couche optique ; les plus profondes soht toujours plus courtes et eu méoie temps plus blanches que les autres. Dans l'épaisseur de la commissure postérieure, on ne trouve de matière grise ni chez les mammifères, ni chez les oiseaux. A la différence de volume près, différence qui même n'est pas très-saillante , la commissure postérieure a la même disposition chez tous les mammifères ; il n'eu est pas de même de l'antérieure : sa disposition offre dos dissemblances assez remarquables.

Tous les poissons et la plupart des reptiles sont donc privés de la commissure postérieure ; l'antérieure se retrouve dani toutes les classes, mais avec des différences remarquables qui coïncident avec le développement divers des hémisphères cérébraux. Je n'ai trouvé la commissure anîérieure chez aucun poisson cartilagineux ; ce qui provient sans doute de la fusion des deux couches

optiques en un plateau conique (i) : elle n'existe que chez quelques osseux , où , comme chez le congre (2) , elle forme une bande transverse réunissant les deux pédoncules cérébraux à leur sortie des lobes optiques. Celle commissure se rencontre chez presque tous les reptiles : elle devient sensible chez les batraciens ; chez les lézards elle est plus prononcée encore ; chez les crocodiles et les caïmans , elle est située en avant de la couche optique et dans le sillon qui la sépare du corps strié : à droite et à gauche , elle pénètre dans le tubercule hémisphérique , dans lequel elle se perd presque aussitôt son entrée ; sa partie postérieure correspond à l'ouverture du ventricule hémisphérique. Elle est le point de réunion de la lame externe des hémisphères. Chez les tortues , mais surtout chez la tortue franche (3) , elle se porte plus en arrière ^ comme chez les oiseaux, et pénètre plus profondément que chez les sauriens, dans le tubercule hémisphérique, où elle se Joint à quelques faisceaux des pyramides ; les tortues ressemblent , sous ce rapport , aux oiseaux. Dans cette dernière classe , la commissure antérieure est située immédiatement en avant de la couche optique (4) : «a position est plus pro-

(1) PI. VI, fig. i38. II» 9.

(a) PI. VII,fli,^ 1G7, 1104.

(3) FI. V, û^. ;2o,n'>7bis.

(4) P). m, fig. 87, ir 8.

fonde que clier les reptiles ; ce qui fait qu'elle devient visible à la base de l'encéphale ( i ) , quand on a enlovc le kiasnia des nerfs optiques , et écarté les pédoncules. Sa position en arrière des piliers de la lame rayonnante est constante chez tous les oiseaux. Kn pénétrant dans le tubercule hémisphérique, elle concourt à la formation de l'ouverture postérieure de son ventricule ; arrivée dans la masse du tubercule, elle s'unit aux faisceaux des pyramides , et concourt à la formation de leur plexus médullaire ; on suit aisément son trajet dans l'tîpaisseur du tubercule , à cause du blanc mat de son tissu , qui tranche sur le fond grisâtre de ce dernier.

Chez les mammifères, la commissure antérieure paraît destinée à réunir les radiations du lobe olfactif et du corps strié ; droite chez les oiseaux , où ce corps et ce lobe sont atrophiés , elle s'incline , chez les mammifères , en avant ou on arrière, selon que les lobes olfactifs ou les corps striés sont prédominans dans l'encéphale où on la considère. Celte double conjugaison qu'elle est destinée à former , fait que dans cette classe le volume de la commissure antérieure reste à-peuprès le même au milieu des variations nombreuses des deux parties, dont elle est le moyen d'union : lorsqu'en effet le corps strié diminue , le lobe olfactif augmente ; leur commissure doit donc res|^ et reste en eflet stationnaire.

(.) PI. Ill,nj. «2, n'4.

/f56 11ÉMISPHÈK£» CÈRÉBRAj;X

De ce double rapport de la commissure antérieure dérivent aussi les variations iju'elle présente dans cette classe. Lorsque les lobes olfactifs sont portés au maximum de leur grandeur, et les corps striés réduits dans leur volume , la commissure antérieure est entraînée vers les lobes, et alors elle représente un arc dont la concavité est en avant et la convexité en arrière : c'est le cas des ruminans , des rongeurs, des insectivores , des didelphes. Dans l'état moyen de développement du corps -Strié et du lobe olfactif, la commissure devient presque droite ; c'est le cas des carnassiers plantigrades et digitigrades. Au contraire, chez l'homme, les singes, le phoque, et surtout les cétacés , chez lesquels le corps strié est parvenu au swmnum de son développement , et le lobe olfactif à son inim?num ^ ]f\ commissure antérieure s'incline en arrière , et forme ainsi un croissant inverse de celui des premiers mammifères. Telles sont les dispositions générales de la commissure dans cette classe , et, selon nous, telles sont aussi les causes qui les déterminent.

La commissure antérieure reçoit donc les radiations du lobe olfactif et de son pédicule ; chez les mammifères, tels que l'homme, les singes et le phoque, chez lesquels les racines des nerfs sont filiformes, elle plonge principalement dans les circonvolutions postérieures du lobe antérieur, et dans les lames plissées de la partie antérieure du lobe sphénoïdaî. En traversant la profondeur du noyau médullaire de la scissure de

ET LOBK OLFACTIF. 4^7

Sylvius , elle reçoit les faisceaux du pédicule olfactif, principalement chez les carnassiers et les ruminaiis. Chez les mammifères à lobe olfactif très-prononcé, sa communication avec ses radiations présente des diflcrences importantes. Tantôt, comme chez le mouton , le chevreau et le lapin , un des faisceaux principaux de la commissure longe la racine interne du pédicule olfactif, et s'étale dans la substance blanche de son lobule: tantôt , avant de former cet épanouissement, cette branche, la plus forte de la commissure, parcourt le centre du pédicule olfactif, ce qui a lieu surtout chez le cochon d'Inde : tantôt enfin , comme chez l'ornithorhynque, remarquablepar le volume démesuré de cette commissure , la branche interne située au milieu du pédicule olfactif, est la plus faible, et la branche externe, beaucoup plus considérable , envoie ses nombreuses radiations dans toute la circonférence du lobe de l'hippocampe. Les deux tiers des radiations de chaque hémisphère convergent vers le faisceau de la commissure antérieure. 11 est à remarquer que chez beaucoup de mammifères le tronc de la commissure antérieure est logé dans une espèce de gaine formée par la pie-mère, qui semble l'isoler ainsi dt; la subslapce propre des hémisphères; il est à remarquer aussi que cliez tous les embryons la commissure est parfaitement formée à l'époque où le corps strié est remarquable par l'absence de stries médullaires qui lui ont mérité son nom. En se rendant d'un corps strié à l'autre, lacom-

missure antérieure passe derrière les piliere autérieurs de la voûte, et concourt à la formation de l'ouverture comparée, on ne sait pourquoi, à la vulve. Les oiseaux n'ont pas cette ouverture, ce qui tient à la position inverse des piiiers de la lame rayonnante. En effet , des différences très-remarquables résultent de cette variation de la position de la commissure antérieure dans les deux classes. Chez les mammifères, les pédoncules antérieurs de la glande pinéale , après avoir débordé la couche optique, viennent s'adosser aux piliers delà voûte; chez les oiseaux, au contraire, les piliers de la lame rayonnante étant postérieurs à la commissure, c'est vers cette dernière que se portent les pédoncules de l'épiphyse cérébrale. Anlérieurement le troisième ventricule est borné chez les mammifères par les piliers antérieurs d'abord , puis par la commissure au milieu; chezles oiseaux, c'est la commissure, puis les piliers qui limitent cette cavité. Ce reculement de la commissure des oiseaux-fait aussi que dans toute la classe l'entonnoir est situé immédiatement au-dessous d'elle, tandis qu'il en est éloigné chez les mammifères.

De là commissure molle.

On a nommé commissure molle, ou mieux commissure g?'ise des couches optiques, un petit amas de matière grise formant une espèce de diaphragme horizontal dans le troisième ventricule : elle part du milieu de la profondeur de la couche optique .

et ne s'titend qu'à sa surface inlerne. Elle manque quelquefois chez rhonmic. (Jhez les mammifères, elle va en croissant des quadrumanes aux rongeurs; chez ces derniers, la moitié du troisième ventricule est comblée pnr sa présence, lîllo oftre néanmoins beaucoup de variétés dans son volume chez tous Tes mammifères.

].a commissure grise est plus faible chez les oiseaux que chez les mammifères; elle est aussi située plus bas que dans cette dernière classe. Chez les tortues, les crocodiles, les caïmans, elle est plus forte que chez les biseaux, et située aussi plus bas que chez les mammifères ; chez les batraciens et les ophidiens, elle est plus épaisse que chez les reptiles précédens. Chez les poissons cartilagineux , elle paraît ayoir comblé en entier le troisième ventricule, d'où résulte le non-isolement des couches optiques ; d'où résulte aussi le reculement de l'entonnoir et son embouchure dans la partie antérieure du ventricule optique.

De la bandelette demi-circulaire.

Un sillon assez profond en avant , plus superficiel en arrière, sépare la couche optique du corps strié chez les mammifères. Un ruban médullaire étroit, mince, d'une couleur plus ou moins grise chez l'homme et les singes , les carnassiers et les ruininans^ blanc chez les rongeurs, vient occuper cr sillon et s'interposer ainsi entre la couche opti-

46o HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

que, qu'il laisse en dedans, et le corps strié, quiest situé en dehors. Ce ruban est ce que l'on a nommé bandelette demi-circulaire, lame cornée , centre demicirculaire. Sa consistance est plus résistante que la matière blanche ; et , détachée de l'encéphale, elle a une espèce de transparence nacrée : ses limites, son étendue, son but et son analogue cfhez les autres animaux n'ont été ni indiqués, ni entrevus. Je vais essayer de suppléer àcet oubli, en indiquant d'abord la partie qui me paraît lui correspondre chez les reptiles et les oiseaux.

Les hémisphères cérébraux des reptiles et des oiseaux, tout-à-fait isolés l'un de l'autre par leur partie supérieure à cause de l'absence du corps calleux et de la voûte , viennent se fixer ou s'assujétir parleur base aux pédoncules cérébraux; la lame externe, qui seule les constitue chezles ophidiens , après s'être réfléchie en arrière sur ellemême, se dirige en dedans el s'insère sur les pédoncules cérébraux, immédiatement en avant de la couche optique. Chez les crocodiles , les tortues , et chez le caïman à museau de brochet, cette même lame, après avoir recouvert et enveloppé le tubercule hémisphérique , se réfléchit au-dessous de lui, et, se dirigeant en .dedans, vient fixer l'hémisphère entre la couche optique et le corps Strié. La couche optique se trouve ainsi en dehors de la cavité hémisphérique, ses radiations passant au-dessous de celte partie de la lame externe. Considérée dans le but qu'elle paraît rem-

ET LOBE OI.FACTir. ^Qi

plir, celle lame peut être iiommôe ligament postérieur des licmisplwres cérébraux. Chez tous les oiseaux, mais surtout chez ceux d'un grand volume, chez les aigles, les vautours, le casoar et l'autruche, la lame externe de l'hémisphère , après avoircontournéle tubercule quicomblc leur cavité, se réfléchit en bas, se porte aussi en dedans , et , comme chez les reptiles, vient s'insérer dans le sillon assez marqué qui sépare la couche optique du corps strié. Son usage paraît être , dans celte classe , le même que choz les reptiles, quoique déjà la lame rayonnante vienne placer d'une manière plus étroite les liémisphères sous la dépendance des pédoncules cérébr^ix.

Pour concevoir maintenant comment ce lisciment, dont la couleur est d'un blanc mat chez les reptiles et les oiseaux , peut devenir la bandelette demi-circulaire des hémisphères de la classe supérieure, il faut se représenter la marche du développement progressif du corps strié, etleschangemens qui surviennent dans ses rapports arec la couche optique. Chez les reptiles et les oiseaux, le corps strié est situé en avant de la couche optique, et sans connexion avec elle ; ce ligament est interposé comme une cloison entre eux. Dans le premier tiers de la formation des embryons des mammifères, la partie antérieure du corps strié existe seule; un sillon la sépare de la couche optique : une petite lame mince réfléchie de la coquille intérieure de l'hémisphère vient s'insérer

Ù(y2 HÉMISPHÈKES CÉRléBRA.UX

dans ce sillon; celte lame est flottante et libre à cette époque de la formation des embryons, elle n'a ni la forme ni les rapports généraux de la bandelette demi-circulaire des mammifères adultes , et voilà pourquoi elle a été méconnue par les frères Wenzel et par Tiedemann. Mais à mesure que le corps strié se développe d'avanten arrière , il chasse devant lui le petit ligament; tixé en avant dans le sillon de séparation delà couche optique et du corps strié, libre en arrière, où il suit la marche progressive de l'hémisphère, l'effet du développement du corps strié " est donc de l'appliquer entre lui et la couche optique; positiondanslaquelle il estd'ailleurs maintenu par ses adhérences avec ♦es petits vaisseaux qui passent au-dessous de lui comme sous un pont. D'après ce mode de développement on voit que la bandelette demi-circulaire n'est ( t ne peut être à sa place que lorsque le corps strié a parcouru ses principales évolutions , ce qui n'a lieu que vers le commencement du dernier tiers de la formation des embryons. Avant cette époque je la cherchais en vain , comme les autres anatomistes , et je ne l'ai reconnue que lorsque, pour répondre'à l'appel de l'Académie des sciences, j'ai cherché à déterminer, comme je viens de le faire, à quelle partie elle correspondait dans l'encéphale des autres classes.

En avant, la bandelette demi-circulaire se joint à la partie externe du pilier antérieur de la voûte; puis sa lame épanouie tapisse la paroi externe du septum ou de la cloison transparente. Il est à rc-r

ET LOBS OLFACTIF. 4^5

marquer que la cloison , chez les mamniii'ères , n'a ni la couleur de la voûle , nicelle de ses piliers , ni celle du corps calleux, parties avec lesquelles elle est en rapport ; taudis que chez tous les mammifères elle oft'rc la même nuance de coloration que la bandelette demi-circulaire. Dans les altérations pathologiques de ces parties de l'encéphale, la cloison reste étrangère aux changemens que peuvent éprouver la voûte ou le corps calleux, tandis qu'elle partage toujours ceux de la lame cornée. La bandelette demi-circulaire se termine donc en avant , en s'épanouissant sur la surface externe de la cloison , par l'intermède de laquelle elle se joint au corps calleux ; en arrière , elle présente un épanouissement analogue , et offre un rapport important qui n'a pas encore été aperçu. Ou a dit que la bandelette demi-circulaire s'ar^rétait en arrière au niveau de la partie postérieure de la couche optique. Tarin la perdit de vue en cet endroit , et Lancisi ayant fait du corps calleux le setïsorium commune , la considéra comme une continuation de ce corps qui venait se joindre par son intermède aux pédoncules cérébraux. Vicqd'Azir et les frèresWenzel la conduisirent plus loin , jusqu'à l'entrée du plafond de la corne descendante du grand ventricule. Elle s'étend bien audelà encore ; c'est même au point où l'ont conduite ces derniers anatomistes , et Meckel, qu'elle augmente de volume , et que commence îe rapport important que nous allons faire connaître.

En effet , chez Thomme , les singes , les carnassiers, les runiinans et les rongeurs, lorsque la bandelette demi-circulaire est arrivée sur le plafond de la réflexion de la corne descendante , elle grossit beaucoup , et forme un arc dont la convexité est en dehors et la concavité en dedans : elle change ainsi de direction , et se rapproche de la conv>exité des nerfs optiques , un peu avaut leur entrée dans le corps genouillé inférieur. Un peu plus avant encore , la bandelette se joint intimenient au nerf optique, auquel elle adhère trèsfortement , ainsi qu'aux pédoncules cérébraux. Chez l'homme et chez quelques runiinans , j'ai vu un filament très-prononcé se détacher en cet endroit de la lame cornée, et se joindre aux faisceaux qui composent le nerf optique. Après avoir contracté cette union avec le nerf de la vision , union qui simule cette figure oc , la bandelette se rend dans le fond de la corne descendante ; là elle s'épanouit sur un tubercule volumineux de matière grise, qui occupe la terminaison du ventricule, et correspond en dehors à la partie postérieure et externe de la scissure de Sylvius. Cet amas de matière grise , que je nomme tubercule de la commissure demi-circulaire ou de la lame cornée, est circonscrit par une coquille mince, de matière médullaire : la commissure antérieure vient le pénétrer en dehors chez l'homme et quelques singes. Chez l'homme, ce tubercule paraît être le point de départ de la commissure antérieure et de la

commissure demi-circulaire. On voit, d'aprts la marche de celle dernière, qu'elle est destinée d nullrc en rapport les parties poslérieurcs des li6misplières avec les piliers antérieurs de la voù'c et le corps calleux ; ce qui me paraît Justifier le nouveau nom que je lui ai donné.

Avant de s'épanouir dans ce tubercule, la commissure demi-circulaire, en abandonnant le nerf oj)lique , laisse libre un petit espace dont le plancher est formé par les pédoncules cérébraux, lecôîc interne par le nerf optique, le côté externe parla bandelellc , et le plafond par la terminaison du corps frangé ou du pilier postérieur de la voûte. Cette ouverture, que je novnmc fissure ammonique ^ est 1res étroite chez l'homme, les singes, les phoqueset les cétacés; elle est occupée par des vaisseaux qui pénètrent par cet endroit dans le venlricule. Chez les carnassiers et les ruminans , elle est plus large ; enfin , chez les rongeurs et les chauve-souris, la fissure ammonique est une fente assez large. Quelqu'élroit(î que soit celte fissure ch< z l'homme, les singes et les carnassiers, on conçoit que la sérosité qui s'y trouve à l'état de vapeur , pourrait s cq échapper; une petite valvule met obstacle à celle sortie, ou à celle de tout autre liquide accidentellement accumulé dansle ventricule. Ccllcvalvulc est formée par une petite lame gri>âtre et l-^s-résistante, qui de la commissure demi-cirC^laire se porte sur la terminaison de la lame frangée ou du pilier postérieur de la v^lj^e. Le bord libre est en H. ili 5o

466 HÉxMISPHÈRES CÉRÉBR/lUX

dedans , le bord adhérent est uni à la terminaison de la corne descendante du Ycnlriculc latéral. L'existence de cette valvule est constante, quoique l'usage que nous lui atlribuons ne soit qu'une conjecture.

Le corps frangé considéré dans l'ensemble des mammifères, fait partie du pilier postérieur de la voûte. Longeant le côté concave de la corne d'Ammon, il pénètre jusqu'au fond de la corne descendante, où il se réunit, par rintcrmcde do la ■valvule, avec la commissure demi-circulaire : ce mode de terminaison , peu prononceriez l'homme et les singes, est beaucoup plus apparent chez les carnassiers (surtout chez les digitigrades) , chez les pachydermes et chez les ruminans. Chez les rongeurs, son bord tranchant est à nu , hors du ventricule , au niveau de l'adhérence de la commissure demi-circulaire j ce qui élargît la fissure ammonique; on peut même chez ces derniers animaux le suivre au-delà du ventricule jusqu'à la partie postérieure du champ olfactif , où il communique avec un ou deux faisceaux de la commissure antérieure. Il est à remarquer que depuis les carnassiers jusqu'aux rongeurs et aux chauve -souris, les dentelures du corps frangé disparaissent successivement; et c'est peut-être à cause de leur dcplissemcnt chez ces derniers animaux , que son bord tranchant déborde l'intérieur de la corne descendante. Vers le milieu de la hauteur de la corne descendante du ventricule latéral,

le pilier postérieur se eonfoiui avec le cylindre <le I.i corne (i'Ainmon.donl le plus grand nombre des faisceaux se joiul à I li : ainsi ren(orcé, le pilier se place au-dessus de la couche optique, communique avec joncoiigi'aère par des fibres Iransverses, el ne forme plus qu'un organe Viniquc, éleiidu en forme de plafond siiT rouverluro du troisième vcnlricule el le plateau des couches optiques; la voiilesc recourbe légèrement en bas, au-dcvanl des couches optiques, et se divise de nouveau en deux cordons fibreux , qui sont les piliers antérieurs ( i ) , situés en arrière de la commissure antérieure (2), que l'on aperçoit sur la ligne médiane dans rinlervalle qui les sé[)are. De même que les piliers postérieurs s'enfoncent dans la corne descendante du grand ventricule, jusqu'au niveau de la surHicc externe dt; l'encéphale; de même les [)iliers antérieurs descendent dans la profondeur delà couche optique, jusque dans le noyau gris des éminences njamillairrs , chez l'homme , et chez les carnassiers jusque sur le petit amas médullaire qui, d'après Vicq-d'AzyrjSœmmering et M. Cuvier, constitue le rudiment de ces éminences , et que l'on rencontre aussi au-dessous du tubercule optique des ruminai. s (5). La voûte, en outre, se joint en arrière au corps calleux , au point de con-

(1) PI. IX, fjg. 2o5, n' 14.

(2) PI. IX, fjg. 2o5, n' i5 et 14.

(5) Pi. XIII, ûg. 245, n» 10.

46S HÉMISPHÈRr.S CÉRÉBRAUX

vergence des deux cylindres de la corne d'Ammon. En avant des piliers anlérieurs, on voit une exp uision membraneuse qni monte vers le corps c:dleux, expansion qui, lapisséc en dehors par l'épanonissenifuit de la commissure demi-circulaire , forme le srptum lucidinn. La voùle réunit ainsi les principales paities de la région inlérieure de chaque hémisphère, et plus S|)éciahMnent celle que nous avons nommée lobe de l'hippocampe.

On a dit que la voûte suivait chez les mamniifcn s les mêmes l'apports que la poutre ; proposition qui, vraie en apparence, me paraît déiiicntic par l'examen de celte partie, suivi des" quadrumanes aux rongeurs. Elle est vraie , si on n'a égard qu'à la longueur : on observe ca cH'et , sur une section verticale de l'encéphale (i) , que l'étendue longitudinale de la voùle décroît successivement , et proportionnellement au décroissement du corps calleux , de l'honimc aux quadrumanes, aux phoques, aux célacés, aux carnassiers, aux pachydermes, aux ruminans, et enfin aux rongeurs et aux chauve-souris ; décroissement qui n'est que relalif à la diminution du prolongement des hémisphères cérébraux en arrière. Mais l'étendue de la voûte dcxit être mesurée sur la largeur de son plateau; et, considérée dans ce sens, on la voil varier des rongeurs à l'homme de la manière suivante. Chez

(e) pi, XI!T, flpr. u5o. n"

l'homme et les singes , elle n'occupe qu'un csp;ico clroit , en nriièio des couches optiques; fléjii chez le phoque on In voit s'élargir beaucoup en cet endroit (i) , i)Uis encore chez k'S carnassiers (2); enfin chez les rnminnns , les rongeurs et les chauve- souris , elle ne couvre pas seulement les couches o|)liques , mais même la commissure demi-circuiaire et l'extn'njité postérieure du corps strié. On doit remarquer à ce suj<t que révasen?ent du troisième veniriculo auquel elle sert en quelqjie sorte do plafond , loin de s'agrandir dans lu même proportion , ^liminue au contraire en sens inverse de son élargissement. A cet élargissement correspond une <lisposition importante, à laquelle n'ont point fait attention les analoinistes; c'est que la membrane interne qui la constitue, se plisse dans le point qui corres[)ond à son plus grand di;nnc'tre, et forme deux circonvolutions qui mulliplienl beaucoup sa surface. Ces circonvolutions de la \oùte, déjà tr(•s-(li^tincl^s chez le phoque (5), plus prononcées cluz les au 1res earn.issicrs (/|), voiitenaMg* menlaiU chezhîs pachydermes, les rnminansel \i'S rongeurs. Elles sont toujours proportionnelles au

(1) PI. X, fig. 218, ir 10.

(2) PI. XII, fig. 2.|2,n'8.

(j) PI. X, fig. 218, n" 10 et 11.

(4) PI. XII, fig. 242, n» 8 et 9.

/fyO UÉMISPIIÈRES CÉUÉBRALX

développement du lobe de rhippocainpe et de la corne d'Ammon.

La corne d'Ammon suit les mêmes rapports que la voûte; elle augmente des quadrumanes aux carnassiers , aux ruminans et aux roni^eurs. Le petit pisd d'hippocampe , ou le relief de l'anse d'une anfracluosilé dans la corne postérieure du grand ventricule, n'a encore clé aperçu que dans l'homme; on l'offace en le déplissant par le procédé que l'on met en usage pour dé- Tclopper le grand ventricule latéral ; je l'avnis moimême méco:mu en procédant à sa recherche de cette manière. Je l'ai découvert au contr^iire chez les singes et les phoques , en pratiquant sur le lobe postérieur une section verticale au niveau du genou postérieur du corps calleux ; on enlève de cette manière toute ia cavité ancéroïde , et en l'entr'ouvrant, en comprimant légèrement le lobe postérieur, on voit le petit pied d'hippocampe. Dans les cerveaux qui ont été durcis par i'alcohoî , on le met à découvert par cette section et par le procédé ordinaire. Je l'ai maintenant sous les yeux , c'iez le papion ( stnna spkynx) , chez le rhésus, chez une autre espèce de macaque, et chez le mandrill (s. maimon). Chez le phoque , il est plus court que chez les singes , et ne se prolonge que dans une partie de l'étui de la corne postéiieure. Chez le marsouin, le dauphin et les carnassiers , iî n'en existe plus aucune trace.

ET lOBE OLFACTIF. 4?*

Plus on s'éloigne de riiommc , et plus on s'avance vers l«''s rongeurs, plus la forme de la voûte se rapproche de celle d'un triangle , dont la base serait en arrière. Celle disposition tient , d'une part , à l'accroisscirient successif de la partie postérieure, et, de l'autre, au développement de la partie postérieure de la couche optique, dont nous avons déjà parlé. Ce qui confirme ces données sur le rapport progressif de l'étendue de la voûte , c'est que ses piliers antérieur et postérieurvont en augmentant de volume, de l'homme aux singes, aux phoques, aux carnassiers , aux rumiurans et aux rongeurs.

La commissure demi-circulaire est donc une dépendance de la voûte; et celle-ci , conjuguant les parties d'un même hémisphère , est donc aussi une commissure dissiniilaire. C'est surtout chez les oiseaux que la voûte présente ce caractère.

La membrane rayonjiante ( i ) qui la constitue , a été prise par Willis pour le corps strié des mammifères ; Haller la compara à la voûle, fondant principalement sa détermination sur ses piliers antérieurs ; Malacarne rejeta cette comparaison et l'assimila au corps calleux ; d'autres anatomistes , depuis Haller, ont cru qu'elle correspondait à la cloison transparente; enfin, on a rejeté tous ces rapports , et on n'admet chez les oiseaux ni c'ioisoîi transparente , ni voûte , ni corps calleux. En réfutant l'opinion de Haller, et en établissant

a I ■ . ri .. I cm

(0 PI. m, fig. 8.J, n» u et 12.

ses nouvelles vues, Malacarne ne s'arrêta qjie sur ses conijcxions avec la partie interne des hémisphères; il négligea et sa partie postérieure et ses piliers: c'est \\ sans doute ce qui (lernièrcmcnt a porté ïré\iranus à voir tout-à-la-fois dans la lamerayonnante et le corps calleux , par sa partie supérieure, et la voùle, par sa base. En repoussant la comparaison que l'on avait établie avec la cloison trans|)aren{e, ce célèbre anatomiste fait nsagc d'un arguiTicnt qui , appliqué au corps calleux, me paraît également détruire l'idée qu'il propose. Après avoir fait observer avec raison , que ia cloison transparente diminue chez les rongeurs, les insectivores, et devient tout-à-fait rudimentairc ch( z les chauve-souris : il n'est donc pas probable, ajoute-t-il, qu'une partie qui avait presque disparu' chez les derniers nianïmifères, reparaisse tout à-coup dans le cerveau des oiseaux avec plus de force et d'étendue que chez les animaux de la classe supérieure. Slais le corps calleux n'est- il pas chez les derniers mammilcres dans les mêmes conditions que lu cloison? N'est-il pas réduit à une lame mince et courte, dont la force et l'étendue ne peuvent être comparées à celles de la lame rayonnante des oiseaux ? La direction transversale du corps calleux, le caraclère qu'il présente, de conjug'jcr les parties similaires des deux hémisphères, ne sont-ils pas opposés à la direction verticale de la laaie rayonnante, et surtout à son but, analogue à celui de la voûte,

ET LOBE OLFACTIF. ^'jZ

cl qui est (le réunir les parties dissimilaires d'iia nicinc hcmisi)licre ? D'après ces considéralions, etsiirloiil d'après la disposilioii qu'elle affcclodans toule la classe, la lame rayonuanle des oiseaux me paraît, comme je l'ai déjà dit, correspondre à la \oùto des mammifères. Je vais juslifier ma détermiuittion par la description de cette partie importante de l'encéphale des oiseaux.

Si vous écartez supérieurement les hémisphères cérébraux des oiseaux , vous a[)ercevcz sur leur partie interne une lame argentine et rayonnée (i) d'un blanc très- pur , ayant la forme d'une faux, pour me servir d'une comparaison usitée en analomi<'. Celte lame s'étend de la partie antérieure (2) à la partie postérieure (3) de la face inlernepe riiémisplière. Tous ses rayons convergent, d'arrière en avant pour les postérieurs (4), et d'avant en arrière pour les antérieurs (")) , et viennent se réuniren un grand faisceau arrondi [6) qui s'enfonce dans la profondeur de l'hémisphère au-dessus de l'enlrecroisement des nerfs opliqties, en passant au-devant de la commissure antérieure (7). Chez un grand nouîhrc d'oiseaux , chez

(1) PI. m, fig. 85, n" 12.

(2) PI. III, fig. 85, n* II.

(5) PI. III,Cg. s:,u°9. ••

(4) PI. ÎII,fi-. 86, n'io.

(5) ri. III, fig. SGjn-g.

(6) PI. III, G-. 86, n' 8.

(7) Pi. 111,15-. 86,11' 4.

Zi74 HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

le coq, le faisan doré, le faisan argenté, les canards, et surtout le canard musqué, la, bondrée commune (i) , le perroquet (2) et le casoar (3) , ce pilier de la lame rayonnante devient visible sur la base de l'encéphale et au-devant des nerfs optiques (/i) , de la profondeur desquels il semble se détacher. Chez le plus grand nombre des espèces, comme chez les oiseaux de proie , les perdrix , les pigeons , les oies , les cigognes (5) et l'autruche (6), le nerf optique déjeté en avant, cache le pilier que l'on découvre en renversant le nerf en arrière. Ce pilier s'enfonce en s'amincissant audessous de l'entrecroisement des nerfs de la vision. Son insertion à la partie moyenne de la lame rayonnante la divise en deux parties que l'on peut nommer ses ailes, l'une antérieure et Tautre postérieure.

L'aile postérieure , étendue du pilier à la partie postérieure de Thémisphère, s'élève au-dessus de la commissure antérieure (7) , se dirige ensuite d'avant en arrière, et se place au-dessus de l'excavation du troisième ventricule , auquel ii sert depàhctium ou de couvercle. Sa structure est moins

(1) PL IV, ûg. 88, n-e.

(2) PI. IV,fig.96, n'7.

(3) PI. III, fijj. 79, n" loj fig. 78, n» 11.

(4) PI. IV, fig. io5.

(5) PI. IV, fig. 98.

(G) PI. III, fig. 85, n» 10.

(;) PI. III, fig. 85, a«? 10,

argcnlinc que celle de l'aile nnlérieiire ; dans Tintcrvallede spS riyons il c^islc une certaine quantité (le matière grise. Son bord inférieur , qunnd les hémisphères sont écartés, ou externe, quand ils sont rejoints , est formé par une petite bande d'un blanc nîat (i) , qui bride les rayons, cl que j'ai comparée à la lame cornée des mammifères. Les rayons qui forment cette aile sont froncés chez beaucoup d'oiseaux, spécialement chez les aigles, l'autruche, les cigognes et le casoar (2), et simulent, jusqu'à un certain point, les dentelures de la lame cornée en arrière, ou même, comme chez le casoar, les circonvolutions de la partie postérieure de la voûte des mammifères. Telle est l'apparence de cetteaile de la lame rayonnante , qtiand les hémisphères sont écartes l'un de l'autre; mais quand on les laisse en position, et qu'on examine cette partie d'arrière en avant après avoir renversé le cervelet , on observe alors que ses rapports avec la voûte sont beaucoup plus évidens que dans la préparation précédente. Si en effet on soulève alors la partie j>oslérieure des hémisphères, on aperçoit que les deux ailes postérieures, adossées sur la ligne médiane, sont unies toujours par de petits faisceaux de la pie-mère, ou, plus rarement, comme chez les perroquets, les cigognes , l'autruche et le casoar, par un ou deux

(2) Pi. Illjflg. 85, n'y.

476 HÉMISPIIÈKES CÉRÉBRAUX

fiiels extrêmement minces de substance mé.Iullaire. Ainsi réunies, les doux ailes simulent assez bien lu tente du cervelet ; elles forment un vérilabie plafond, étendu jusqu'au tiers antérieur de la commissure des lobes optiques (1) , et couvrant toute la surface supérieure de la couche optique. Le froncement des rayons postérieurs est rejeté en dehors et un jieu au-dessous de 1 hémisphère, comme le sont chez les mammifères inférieurs , la lame cornée et la partie la plus interne de la corne d'Ammon,

Immédiatement au-dessous de cette tente, ou de celle voûte (car c'est véritablement une voûte), on trouve , comme chez les mammilères , un lacis vasculaire des plus richement organisés : c'est le tronc des plexus choroïditns , qui de là pénètrent dans le troisième ventricule et le ventricule hémisphérique, de même que chez les mammifères. Ce lacis vasculaire forme une membrane sur laquelle repose cette partie delà voûte, toujours aussi côn)mela voûte de la classe suj-érieure. Au milieu de ce lacis se trouvent aussi la glande pinéale et ses pédoncules que la tente rayon née recouvre, ainsi que le troisième venlricule. L'aile postérieure de la lame rayonnante des oiseaux représente donc la partie postérieure de la voûte des mammifères, à l'époque embryonnaire, où

(i)Pl. III,Cg. 83,110 5 616.

r.T LOBE OLFACTIF. 477

cl!c n'est pas réunie sur la li^'nc médiane. Les fibres transvcrscs qac l'on trouve quelquefois en arrière sont éviilcmmcnt les premiers riulimcns des fiiisceaux (\r. la lyre.

L'aile antérieure de la lame rayonnante se dirige en avant, et occupe les deux tiers de la face interne de l'hémisphère (i). Ses fibres sont d'un blanc plus brillant que les postérieures , et la matière grise intercalée est moins abondante. Partant (le la pnrlie antérieure du pilier, ses faisceaux divergent en manière de flamines (2) ; les plu? antérieurs s'étendent jusqu'à la base du petit lobe olfactif {"S) et vers sa partie inférieure. Ces rd)rcs représentent la cloison transparente dont cll( s ont lout-à -fait la direction. Quand les deux hémisphères sont appliqués l'un contre l'autre, c'est un double diaphragme qui isole les deux ventricules latéraux ou hémisphériques. En dehors , comme chi z les mammilères ^ se trouve le corps stiié des oiseaux; enfin, les piliers de la lame rayonnante ressemblent tellement aux piliers antérieurs de la voûte, chez l'autruche , le perroquet, les cigognes, le casoar, et le plus grand nombre des oiseaux, quon est surpris que celte analogie n'ait pas encore été signalée. La seule différence qu'ils offrent (différence à laquelle pcr-

(i) n. III, n-. 83, n*i2.

(a) PI. III, Og. 84, n* II.

(3) PI. III, fjg. 8',, n» 12.

4;8 HÉMISPHÈRES CEREBRAUX

sonne, que je sache, n afait altenlion) , c'est qu'ils s'insèrent en avant de la commissure aulérieure chez les oiseaux , et en arrière chez les mammifères. Cetle diffcrt ncc lienuiait-e'le à la concentration de la couche optique et du corps strié chez les mammifères ? Pour saisir ct;s rapports avec la voûte, ii faut établir la comparaison chez les mammifères inférieurs, su i tout chez les chauvesouris ;et, pouren embrasser l'ensemble dans une seule préparation , on doit détacher la lame rayonnante dans toute sa circonférence, do manière à découvrir le ventricule hémisphérique des deux côtés, puis la soulever par la partie supérieure ^ comme on a coutume d'agir pour examiner dans l'analomie de l'homme la cloison transparente : on voit alors se manifester tout ce que nous venons d*exposer. L'amincissement de la lame interne de l'hémisphère forme , dans toute l'étendue de la lame rayonnante, une dépression qui en dessine les contours (i) : cette dépression correspond à la partie interne du ventricule latéral , dont la surface externe est comblée par le tubercule hémisphérique.

Les reptiles ont , comme les oiseaux , cette partie de la lame interne qui, dans cette clas5e, forme la lame rayonnante : comme chez les oiseaux, elle sert de cloison interne au ventricule latéral , et forme une dépression sensible à la partie

(i) PI. m, fig. 83,0" 11 et 12.

interne de l'hémisphère (i). Chez lo crocoilllc, le caïman à museau de brochet, cl surlout chez les tortues (2) , on y dislingue quelques stries médullaires; mais ces slrics n'ont ri ;mi de conslaul dans leur disposition, et ne rappellent en aucune manière l'organisation radiée de la membrane rayonnante des oiseaux. En arrière, ie bord interne du feuillet hémisphérique se rapproche de la parlic que nous avons comparée à la lame cornée. Du reste il n'y a aucun vestige des piliers. Les parties de la lame hémisphérique qui correspondent à la îame rayonnante , viennent aboutir , en avant et en arrière, à la commissure antérieure , commissure qui, sur un grand nombre d'entre eux, est remplacée par uu plateau de matière grise, qui est aux hémisphères ce que la commissure molle est aux couches optiques.

Tout annonce donc que la voûte a disparu chez les reptiles ; et ce serait en vain que nous en chercherions les moindres vestiges dans les hémisphères des poissons. Dans les lobes optiques même, où plusieurs anatomistes l'ont placée, on ne trouve rien qui en rappelle la disposition dans les deux classes supérieures ; il me semble même que Tréviranus l'a plutôt soupçonnée que vue, quand il dit que de si fortes éminences mamillaires (parties qui, selon nous, ne sont point ces éminences) chez les poissons, peu-

(1) PI. V, fîg. 120, n° 9 et 10.

(a) Pi. V, fig. 120, u" 10.

vent faire croire à l'existence d'une voûte. Si d'ailleurs la commissure posléricurc a disparu chrz les poissons, comment la voûte, qui appartient à im degi é plus élevéde l'organisation, s'y trouvcrail-cUe?

Du Corps Calleux.

A mesure que nous nous élevons dans le système des commissures , nous voj'ons certaines d'entre elles disparaître complètement dans des classes entières : la commissure postérieure manque chez les poissons et la plupart des reptiles ; la voûte ne se trouve ni chez les reptiles ni chez les poissons, les oiseaux la possèdent encore avec les différences que nous avons exposées ; enfin nous arrivons à la dernière et à la j)lus importante des commissures des hémisphères, le corps calleux , et nous la voyons manquer dans les trois classes inférieures. Le corps calleux forme le caractère classique des lobes cérébraux des mammifères, comme la protubérance aimulaire forme celui de leur cervelet. De même que la commissure du cervelet est développée en raison directe du volume de ses hémisphères, de même le corps calleux suit progressivement le rapport des lobes latéraux et postérieurs. Ce n'est donc pas toute la masse des lobes cérébraux qui suit l'accroissement du corps calleux, comme ce n'est pas toute la masse du cervelet qui suit le développement de la protubérance. JNous avons remarqué en effet que le lobe médian du cervelet; suivait une marche inverse de la protubérance; or, il y a un

lobe cérébral qui répète dans les hémisphères cérébraux le lobe médian du cervelet, et qui, comme ce dernier aussi , est développé en raison inverse du corps calleux. C'est le lobe de l'hippocampe.

Le corps calleux diminue progressivement de l'homme aux singes (i), aux phoques (a), aux cétacés, aux carnassiers (3) , aux ruminans^aux rongeurs , aux insectivores et aux chauve-souris. Chez l'homme, les singes et les phoques, il forme un carré allongé, à-peu-près de la même largeur dans toute son étendue; chez les singes , il devient déjà plus étroit en devant, comme on le voit chez le drill (4); et il l'est plus encore chez les carnassiers, ainsi qu'on l'observe chez le coati roux (5). En général , en descendant des quadrumanes aux rongeurs , plus les hémisphères cérébraux se rétrécissent en avant, plus la partie antérieure du corps calleux diminue d'étendue. Mais sa largeur présente encore des différences plus tranchées que sa longueur. C'est surtout par la comparaison de cette partie chez les quadrumanes , les rongeurs et les insectivores , que l'on peut apprécier les pertes que fait le corps calleux dans celte diiQeu-

(0 PI. Vin, ûg. igS, H, R.

^'2) PI. IX, Gg. 2i6. n*9.

(5) PI. XII, fig. 240, n» 10.

(4) PI. VIII, fig. 198, K.

(5) PI. XII, flg. a4o, n" 10 et 1 1.

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