COROLLAIRES
Su7- ta Moelle épinière et ta Moetle attongée.
L Une vérité bien ancienne dans la science, et' toujours nouvelle par l'intérêt qu'elle présente, c'est que, si l'on comprime un nerf qui se rend à un muscle , le muscle perd aussitôt le mouvement et le sentiment : il en est de même si on le coupe. Ce qui prouve que c'est du nerf que le muscle reçoit la faculté de sentir et celle de se mouvoir.
IL Mais le nerf reçoit-il ou possède-t-il cette double propriété? Il la reçoit et il la possède. 11 la reçoit, car un nerf étant coupé, nous venons de voir que la partie est comme séparée de l'animal ; il la possède , car si on remplace ce stimulus de l'animal par un stimulus artificiel , la partie de ce muscle se contracte, s'agite, entre en convulsion. Le nerf n'a donc rien perdu par sa séparation; sa communication avec le tronc est seulement interrompue : ce qu'il éprouve n'est plus perçu.
II). La moelle épinière comprimée, irritée ou coupée , a produit des eilets analogues à l'action , à la compression ou à l'irritation des nerfs en par-
2iO MOELLE ALLONGEE.
ticulier. La parties sous-jacentes au point irrité ou détruit ont donné des convulsions , ou se sont paralysées ; jamais les parties sus-jacentes n'ont été affectées.
IV. La sensibilité, ou la puissance qui transmet les sensations à l'âme, et l'irritabilité , ou la puissance de faire mouvoir, sont donc deux propriétés inhérentes au système nerveux. Quoique dépendances l'une de l'autre , ces propriétés ne sont pas toujours confondues : on peut sentir vivement sans se mouvoir; onpeutêtre agité convulsivement, comme dans l'épilepsie , et ne rien sentir, l.e sentiment peut être perdu dans ime partie et les mouvcmens conservés ; et la paralysie se remarque très-fréquemment sans perte de la sensibilité. De cet isolement d'action que la pathologie nous offre quelquefois, on a conclu à l'isolement du système nerveux ; oi. a pensé qu'il y avait des nerfs exclusivement sensibles, d'autres exclusivement irritables. Poursuivant ensuite celte distinction dans l'axe cérébro-spinal , on a divisé cet axe en parties principalement irritables et en parties principalement sensibles. L( s faits n'ont pas encore entièrement confirmé cette division tranchée; mais, malgré les difFicultés qui environnent les observateurs , la science a fait , dans ces derniers temps , des acquisitions importantes.
V. Ainsi, les branches postérieures des nerfs rachidiens ont paru plut^ sensibles qu'irritables , et les antérieures plus irritahies que sensibles. Les
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cordons de la moelle épinière ont paru aussi plus irritables ou plus sensibles , selon qu'ils correspondent aux branches antérieures ou postérieures des nerfs rachidiens. C'est à M. Magendie que s'ont dues ces dernières idées ; ses expériences sont connues de tous les physiologistes. Voici des faits pathologiques qui concordent avec elles.
Yl. Une femme était périplégique ciepuis longtemps. La sensibilité était conservée dans les jambes et 1rs cuisses : les cordons antérieurs étaient altérés, à partir du milieu de la région dorsale jusqu'à la terminaison du renflement inférieur; les postérieurs étaient intacts.
VII. Un homme avait perdu la sensibilité des jambes et des cuisses depuis onze mois ; huit mois après il devint périplégique. Le renflement inférieur était désorganisé dans toute sa partie postérieure ; antérieurement , une partie des cordons n'étaient pas altérés.
Voici un fait observé récemment dans ma division, qui leur est contraire :
VIII. Une femme était périplégique depuis environ deux mois : le sentiment était conservé aux jambes et aux crisses; les cordons postérieurs étaient seuls altérés en trois endroits difFérens, à partir du milieu de la région dorsale (i). Cette dernière observation confirmerait l'opinion de
(i) Je rapporte ces observations en abrégé; je les donnerai
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Rolando , qui pense que les cQrdons postérieurs sont les parties mobiles de la moelle épinière , et les antérieurs les parties sensibles.
iX. Parmi les cas nombreux de maladies de la moelle épinière que j'ai observés, je n'ai jamais vu se justifier les opinions de Ballingieri sur la moelle épinière. Je n'ai pas vu que les cordons antérieurs ou postérieurs fussent plus spécialement affectés aux moavemens d'extension ou de flexion.
X. Dans les cas où l'altération commence vers le centre de la moelle épinière , j'ai remarqué que le mouvement n'était affaibli que lorsqu'elle se rapprochait de la périphérie.
XI. Dans les cas opposés , c'est-à-dire lorsque c'est par îa périphérie que commence la maladie, toujours les mouvemens sont lésés.
XII. Dans les expériences sur les animaux , plus on descend dans l'échelle , plus les différens effets de l'irritation ou de la section de la moelle épinière sont marqués.
XIII. Dans toutes les expériences et dans tous les cas palhologiqLies , l'action de la moelle épinière a été directe; c'est-à-dire que les convulsions ou la paralysie du sentiment et du mouvement correspondaient toujours au côté de la moelle épinière blesse ou altéré.
dans leur plus grand détail dans un ouvrage qui suivra celuici, et qui sera destiné spécialement aux maladies du s) itème nerveux.
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XIV. î/action de la moelle épinière est intimement liée à l'intégrité de. a circulation. Si on lie Faorte abdominale, on suspend le mouvement et le sentiment dans les extrémités inférieures. Il en est de même, si on intercepte la marche du sang par la ligature de la veine cave inférieure.
XY. Après avoir suspendu la sensibilité et la contractiîité dans les muscles inférieurs par la ligature, on rétablit Tune et laulre de ces facultés , soit en injectant de l'eau tiède dans l'artère, soit par la transfusion du sang d'un autre animal. En comprimant simplement Tartère, on produit le même effet que la ligature ; en lâchant la compression , le mouvement et le sentiment se rétablissent, lentement si la compression est lâchée graduellement ; si on lâche brusquement la compression et que le sang entre rapidement dans Fartère , les mouvemens reviennent d'une "manière convulsive, comme tétanique; l'animal pousse des cris aigus.
XVI. Haller n'admit aucune corrélation entre la sensibilité et la contractiîité : il fut inévitablement conduit , par ces idées , a nier toute influence de la moelle épinière et du système nerveux sur Faction du cœur. Legallois rétablit cette influence: Wilson Philipp la combattit aussitôt et fit revivre Fopinion de Haller. M. Flourens a beaucoup éclairé cette question, et les contestations quelle a fait naître , en montrant que plus on se rapproche de la naissance des animaux , moins la circulation
2 2^1 MOELLE ALLONGEE.
est soumise à l'influence du système nervetiX;
XVI I. Ce système lu i est tout-à-fait étranger avant la naissance. Ainsi, chez les fœtus privés entièrementde moelle épinière.ou de moelle épinière et de l'encéphale, la circulation s'exécute jusqu'à la naissance et quelquefois au-delà. Ces fails, invoqués par Haller , et que Bidloo trailait^de fables grossières, ne sont plus contestés de nos jours.
XVIII. Cette indépendance du cœur ne laisse aucun doute dans l'exfjériencs suivante : Si on ouvre un œuf de poule, de canard ou de dinde , ail troisième jour de l'incubation , on voit les mouvemens du cœur; si on détruit le cerveau et la moelle épinière, le cœur continue à se mouvoir comme auparavant, l'incubation marche et le fœtus continue ses développemens. Par cette expérience on produit artificiellement ce que la nature nous offre dans les cas précédens, ainsi, peut-être , que chez certains poissons dans leur état normal.
XIX. La respiration est plus directement soumise à l'influence nerveuse que la circujation , ainsi que Haller , Legalloiâ et M. Flourens l'ont établi, et que le prouvent les faits pathologiques.
XXv Chez l'homme, toute altération de la moelle épinière dans la région dorsale influe sut la respirationd'unemanièred'autantplus prompte qu'elleest située plus haut, à partir du milieu de cette région.
XXI. Dans la région cervicale , toute affection de la moelle épinière est suivie d'une asphyxie d'autant plus prompte , qu'elle se rapproche da-
vantage de l'insertion du nerf diaphragmatique. Au-dessus, l'asphyxie est instantanée si la maladie est brusque; au-dessous de cette insertion, elle survient promptement aussi , lors même que l'altération ne s'est pas propagée jusqu'au niveau de l'insertion de ce nerf, surtout si elle affecte spécialement les cordons postérieurs.
XXir. La moelle épinière exerce-t-elle une action sur les intestins , la vessie et les organes génitaux? L'école de Haller a déjà résolu négativement cette question. Tous les physiologistes modernes ont sanctionné les assertions de Haller ; il a fallu des faits bien positifs pour entrevoir l'opinion contraire.
XXIIL Ces faits m'ont été fournis par la pathologie : j'ai consulté ensuite la physiologie expérimentale. Voici les principales données que j'ai entrevues :
XXIV. Premièrement , il n'est pas exact que les animaux soient insensibles aux irritations des viscères : la vessie, les intestins, l'estomac, la vésicule du fiel, le foie même étant irrités avec le bistouri ou par les acides , les animaux ont manifesté par leurs cris et leur agitation des douleurs plus ou moins vives.
XXV. Secondement , dans les maladies de la moelle épinière , les intestins , la vessie , les ovaires , chez la femme, ont offert des effets provenant de la lésion de cet axe nerveux.
XXVL Ainsi , dans les altérations du renfle- IL i5
ment inférieur , j'ai vu fréquemment des maladies consécutives de Tovaire , une atrophie des testicules , la paralysie de la vessie.
XXYII. Si la désorganisation est bornée au renflement inférieur, les gros intestins sont spécialement atteints, paralysés, diminués dans leur calibre.
XXVIII. Au tiers inférieur de la région dorsale, la fin de l'intestin grêle ressent les effets de l'altération pathologique ; au milieu , tout l'iléon est atteint; au haut, la moitié du jéjunum. Ces effets se manifestent par des rétrécissemens , des invol- \ulus , et des inflammations consécutives , qui quelquefois sont portées au point de produire la perforation du canal.
XXIX. Si on ouvre le rachis d'un animal , et que l'on injecte un liquide irritant entre la duremère et la moelle épinière, on observe des mouvemens accélérés dans tout le canal intestinal , lorsque l'abdomen étant ouvert et le mésentère coupé , on a étendu les intestins sur un pian horizontaL
XXX. Si on irrite la moelle épinière avec un acide, le renflement inférieur produit un mouve^ ment sensible sur les gros intestins ;
XXXI. La partie inférieure de la région dorsale , sur les gros intestins et la fin des intestins grêles ;
XXXII. La région dorso-costale , sur tous les intestins grêles , et quelquefois sur l'estomac Quelquefois aussi , l'irritation d'une partie de la moelle épinière produit des mouvemens divers et
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en sens opposé dans toutes les parties du canal intestinal.
XXXIII. La région cervicale agit sur l'estomac et les intestins grêles , et point sur les gros intestins : mais l'estomac est surtout affecté lorsque l'on expérimente sur la moelle allongée et le cervelet.
XXXiy. Le canal intestinal est agité par deux mouvemens opposés , l'un dit péristaltic/ ne , l'autre , antipéristaitique. Il devenait important de constater si ces mouvemens étaient différemment produits, selon que l'irritation était portée sur les cordons antérieurs ou postérieurs. J'ai fait des essais qui ne m'ont fourni jusqu'à ce jour aucun résultat satisfaisant.
XXXy. Appliqués à la pathologie, ces résultats jettent une vive lumière sur les maladies aiguës et chroniques du canal intestinal. On n'a pas oublié l'effet que produisit, en i8i5 , la publication de notre Ouvrage sur l' Enter o-niésentérite (i). Le domaine des fièvres était alors si paisible, on était si généralement convenu de les regarder toutes comme essentielles ; des hypothèses si ingénieuses avaient été imaginées pour en expliquer la théorie et la pratique; enfin, ce code d'erreurs était tellement cimenté, que l'on dut accueillir comme on le fit , un ouvrage rempli de faits qui sapaient dans ses fondemens un édifice si colossal.
(i) Traité de la fièvre entéro -mes enter iq ne ^ iu-8 , avec planches coloriées, i8i3. par M;\1. Petit et Serres.
XXXVI. Cet ouvrage a produit ses effets. La doctrine des fièvres a changé de face, leur essenlialité est maintenant rejetée universellement. Mais dans l'impossibilité de les localiser toutes dans l'état présent de la science, on invoque encore les sympathies; mot derrière lequel se retranche toujours notre ignorance médicale : on érige des systèmes sur l'irritation, les stimulus , les contre-stimulus; on veut aller vite, et le propre de l'observation est de marcher lentement (i).
XXXVII. Avant de passer outre, il n'est peutêtre pas inutile de remarquer que les fonctions de la moelle épinière se développent avant celles de l'encéphale. Ainsi, la digestion , la respiration, la circulation , s'exécutent librement et pleinement aussitôt après la naissance; tandis que, chez beaucoup d'animaux , et surtout chez l'homme , les fonctions du cerveau et celles du cervelet sont long-temps à se faire attendre.
XXXVIII. Nous ferons remarquer aussi que , quoique la moelle épinière et les tubercules quadrijumeaux soient parvenus au terme de leur développement ainsi que le cervelet, les mouvemens sont faibles, incohérens , chez beaucoup de mammifères et l'homme à l'époque de la naissance ; ce
(i) Je devais ajouter ici une note qui m'avait été comrauniquée par M. A. Desportes; mais ce médecin distingué l'ayant déjà publiée, j'y renvoie le lecteur. {Revue médicale, onnée 1824.)
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qui prouve que le principe qui dirige les mouveniens volontaires ne réside exclusivement ni dans la moelle épinière , ni dans les tubercules quadrijumeaux, ni dans le cervelet. Plusieurs mammifères et beaucoup d'oiseaux, au contraire, marchent d'un pas assuré aussitôt après la naissance.
XXXIX. Plus nous nous élevons dans l'axe cérébro-spinal, plus ses fonctions deviennent compliquées et importantes. Il est bien difficile d'obtenir isolément, par l'expérience, sur les animaux, les effets des quatre parties principales qui la constituent : la mort survient si promptement lorsque l'on agit sur cette partie , qu'elle ne laisse ni le temps ni les moyens de bien analyser les effets qui se produisent.
XL. Rau-Boerhaave était parvenu à déterminer expérimentalement que la moelle allongée est le siège de la sensibilité générale et des mouvemens.
XLI. Il avait remarqué , de plus , que l'animal étant mort depuis quelques minutes et le cœur ayant cessé de battre, l'excitation de la moelle allongée faisait reparaître ses mouvemens : ces effets étaient surtout tranchés , lorsque préalable^ ment il avait enlevé tout le cervelet.
XLII. Haller fut plus loin : il constata que la respiration et la circulation n'offraient aucun trouble chez les animaux dont il avait complètement enlevé le cerveau et le cervelet , la moelle allongée restant intacte. Haller aurait pu conclure de ses expériences que la moelle allongée était le
25o MOELLE ALLONGEE.
siège spécial de ces deux fonctions ; mais ses opinions le détournaient de cette conclusion.
XLIII. Elle fut déduite par Lorry, quant à ce qui concerne la respiration. Cet illustre physiologiste s'exprime ainsi : La division et lu compression de la moelle de l'épine j dans un endroit déterminé ^ produit la mort subite ; inférieurement à cet endroit, cette moelle produit la paraljsie ; elle la produit de même supérieurement.
XLIV. Mais quel est cet endroit déterminé? Lorry ne le dit pas. M. FJourens , qui a suivi dans ses expériences une méthode plus sévère encore que Lorry, se borne à constater la paralysie de la respiration par l'ablation totale de la moelle allongée.
XLV. Le point indiqué par Lorry correspond aux éminences oHvaires : la moelle allongée , coupée transversalement à leur niveau, l'animal meurt aussitôt asphyxié. Au-dessus et au-dessous, la section de cette partie ne produit que la paralysie générale.
XLVL La pathologie m'avait depuis longtemps indiqué ce fait. J'ai donné ailleurs (i) l'observation d'un homme qui mourut subitement à la suite d'un épanchement sanguin dans les éminences olivaires. Le cœur s'arrêta instantanément.
XLVIL Depuis y d'autres faits m'ont fourni
( I ) Annuaire medico-cliirarglcal des hôpitauic, 1 8 1 9 ^ p. 35 1 .
quelques données sur les divers effets de la lésion de la moelle allongée.
XLYIII. La pyramide antérieure n'agit que sur les mouvemens volontaires.
XLIX. Les olives influent spécialement sur les mouvemens du cœur : j'ai vu les mouvemens de cet organe saccadés , irréguliers , dans les altérations isolées et chroniques de ces ëminences. En répétant l'expérience de Kau - Boerhaave , j'ai constaté que c'est en irritant les olives que Ton augmente ou que l'on ressuscite les mouvemens du cœur.
L. Au contraire, les épanchemens brusques dans le corps restiforme paralysent le poumon; et c'est peut-être parce que souvent le corps restiforme est lésé en même temps que le cervelet , que l'on a placé dans ce dernier organe le siège de la respiration. Dans ce cas, la mort arrive moins promptement que dans la destruction de l'olive.
LL Dans les affections aiguës du bulbe rachidien , chez l'homme, les olives et le corps restiforme sont fréquemment atteints ; mais l'olive résistant plus que le corps restiforme, les malades meurent par la cessation de la respiration.
LIL Dans les affections chroniques de ces parties , les troubles de la circulation coïncident avec les lésions des olives , et ceux de la respiration avec celles du corps restiforme. Le faisceau qui est intermédiaire à ces deux parties influe plus spécia-
2Ô2 MOELLE ALLONGEE.
Icment sur reslomac. Les digestions sont troublées , la faim anéantie , l'estomac inerte , lorsque le siège de l'altération envahit les faisceaux qui séparent l'olive du corps restiforme.
LIIL Quand, après avoir enlevé le cervelet, on irrite la moelle allongée et que l'on parvient vers ce point, on détermine sur l'estomac des mouvemens très-remarquables : l'estomac se raccourcit , le pylore se rapproche de l'ouverture cardiaque, puis un instant après il reprend sa capacité primitive (i). Cet effet est produit aussi, mais plus faiblement, par l'irritation de l'olive et la partie interne du corps restiforme. Ces expériences et ces faits confirment l'opinion de M. le docteur Braschet, de Lyon , sur la cessation des mouvemens de l'estomac après la section des nerfs pneumo-gastriques.
LIT. Au-dessous des olives , les affections chroniques de la moelle allongée produisent la paralysie générale , et de plus l'immobilité de la langue et la perte de la parole. D'un seul côté la paralysie est directe, et la parole, cadencée, mal articulée, développe le bégaiement (2).
(1) C'est d'après cette expérience que j'avais cru pouvoir déduire que les cordons antérieurs de la moelle épinière sont je siège des mouvemens antipèristaltiques.
(2) Je n'ai jamais observé le bégaiement que chez l'homme, jamais chez la femme, dans les paralysies. Ce fait coïncide avec 1« bégaiement naturel : ce défaut dans la liaison des
LV. Le bégaiement est surtout produit quand ]a partie antérieure est affectée : je ne l'ai pas remarqué dans les cas de lésion à la partie postérieure ; ce qui confirme Tune des vues de M. Magendie. Wiliis avait dit que l'olive était l'organe de la parole , partant du fait que cette éminence est plus développée chez l'homme que chez tous les autres animaux (i).
XVI. J'ai observé aussi le bégaiement dans les altérations supérieures des olives; mais comme ce point correspond à la protubérance annulaire, j'y reviendrai en présentant les corollaires physiologiques et pathologiques relatifs à cette partie.
mots est particulier à l'homiiie; dans les familles, il se transmet héréditairement de mâle en mâle ; les femmes n'en sont point affectées. Je possède des notes sur près de cinq cents familles dont les hommes bégayent, et point les femmes. Je n*ai encore rencontré qu'une seule femme qui bégayât naturellement : j'ai fait quelques recherches à ce sujet sur deux hommes de la même famille qui bégayaient; j'ai trouvé l'os hyoïde plus développé à droite qu'à gauche , les muscles de la langue plus faibles à gauche qu'à droite; j'ai trouvé des noyaux osseux dans le ligament stylo-hyoïdien ; le larynx était bien conformé, ce qui explique pourquoi les personnes qui bégayent en parlant n'offrent pas le cadencement des mots quand elles chantent.
(i) Le plus grand nombre de ces corollaires sont extraits d'un mémoire déposé en octobre 1825, à l'Académie royale des Sciences.
234 MOELLE ALLOKGÉE.
Histoire d'une maladie organique de la Moelle épinière.
Si ces corollaires sont exacts , il sera donc possible, pendant Ja vie, de déterminer par les symptômes le siège primitif d'une maladie de la moelle épinière et de la moelle allongée. Parmi les exemples que je .pourrais présenter à Tappui de cette assertion , je choisis le suivant qui s'est présenté dernièrement à ma clinique , et dont plusieurs mé decins ont été les témoins.
Louis-Charles Gautier, âgé de vingt ans, tourneur, d'un tempérament lymphatique , d'une constitution grêle et délicate, et neparaissant avoir que seize ou dix-sept ans , était adonné à la masturbation depuis son enfance. Il éprouva au commencement du mois de février 181 5 une douleur légère à la région épigastrique , des digestions laborieuses et delà constipation ; depuis quelque temps en outre , il avait de la gêne dans la respiration , déterminée par des palpitations que la marche et surtout la montée d'un escalier augmentait beaucoup. En état de repos , la respiration n'était pas du tout troublée.
11 entra, le 2^ avril , dans ma division , et nous offrit le lendemain à la visite les symptômes suivans :
Face légèrement animée, pommettes colorées, langue blanche, bouche pâteuse , soif modérée ,
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poÎDt d'appétit, point de douleur à la région épigastrique , ni dans aucune autre partie de l'ab'domen. Ventre souple , constipation : les urines étaient rares depuis quelques jours , mais rendues sans difficulté aussitôt que le besoin s'en faisait ressentir. La respiration était libre , égale; et couché , le malade n'éprouvait point d'oppression. Les pulsations du cœur se font entendre dans toute la partie antérieure gauche de la poitrine , sur le côté et à la partie externe et postérieure de la même région ; en outre , Toreille appliquée sur la région du cœur est légèrement soulevée à chaque contraction. Le pouls est fréquent et assez fort, régulier et égal des deux côtés : il y a un peu de moiteur à la peau. La tète n'est pas douloureuse; le sommeil est bon et tranquille ; les mouvemens des membres sont libres : toutefois la partie inférieure des jambes et les pieds sont légèrement infiltrés.
D'après cet état, nous n'hésitâmes pas à porter le diagnostic d'une dilatation avec hypertrophie des cavités gauches du cœur , et nous prescrivîmes en conséquence les boissons diurétiques nitrées , une potion antispasmodique avec quelques gouttes de teinture éthérée de digitale pourprée. Par ces moyens , et par le repos que nous avions expressément recommandé et auquel le malade s'assujétit , il y eut une rémission assez prompte ; car, dès le 5 ou 6 mai suivant, l'infdtration des jambes et des pieds avait disparu, les
2ô6 MOELLE ALLONGÉE.
battemeiis du cœur n'étaient plus aussi forts et ne s.e faisaient pas ressentir dans une aussi grande étendue; l'appétit était revenu, la constipation avait cessé. Cette amélioration dans son état dura jusqu'au ir> mai. Ce jour-là le malade mangea beaucoup; il eut une indigestion. Alors des douleurs aiguës se manifestèrent dans l'abdomen : le ventre était balloné , tendu et un peu renittent ; la constipation reparut. Le pouls était fréquent et concentré comme dans les affections abdominales. Je prescrivis les boissons mucilagineuses , les lavemens émolliens , et les fomentations de même nature sur l'abdomen.
Le i5, le ventre était plus dur et plus tendu encore que la veille ; le météorisme s^était développé : il n'y avait point eu de selles , même à la suite du lavement. La figure était un peu altérée. Le 14? les évacuations alvines se manifestèrent, la douleur de l'abdomen diminua ; le pouls ne fut plus aussi concentré ni aussi fréquent; la face restait dans le même état. Le i5, le météorisme se dissipa et fut remplacé par un empâtement de l'abdomen , qui persista les 16 , 17 et 18.
Depuis le jour de son indigestion , Gautier ne s'était levé que pour satisfaire à ses besoins. En descendant et en remontant à son lit, il avait remarqué qu'il se soutenait difficilement sur les jambes , effet que Ton attribua d'abord à la phleginasie abdominale; mais dès le 18 mai, la faiblesse des membres inférieurs étant très-augmen--
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lée, ses jambes ne purent plus Je supporter; on garnit son lit, et e malade ne se leva plus : du reste , les fonctions digestives et respiratoires étaient en bon état ; le pouls s'était relevé et était moins fréquent. Le 19, nous portâmes notre attention sur les membres inférieurs : leurs muscles étaient flasques ; il les remuait à peine , ne pouvait les porter au-dehors ; mais quand on les avait déplacés, il les ramenait en dedans avec beaucoup de difficulté. La sensibilité était parfaitement conservée ; la plus légère irritation était ressentie. Nous examinâmes avec soin la colonne vertébrale, et nous n'aperçûmes ni déviation , ni saillie des apophyses épineuses.
Le 20 , la paralysie des extrémités inférieures était complète , et pour la première fois le malade nous dit éprouver une vive douleur dans les lombes , et de la difficulté à évacuer les urines ; il n'y avait pas de constipation. Ce jour et les suivans , nous fîmes faire des frictions le long de la colonne vertébrale avec la teinture de noix vomique.
Du 21 au 25 cet état persista; la sensibilité des membres abdominaux était si vive, que ce jeune homme poussait des gémissemens et des cris pour peu qu'on les déplaçât. Les articulations étaient surtout le siège de vives douleurs ; la vessie était complètement paralysée : on fut obligé dès ce moment de sonder le malade.
Pendant tout le mois de juin et la moitié de
juillet , les accidens persistèrent et furent même en s'aggravant insensiblement ; les membres inférieurs devinrent complètement immobiles et dou^ loureux; les pieds, les jambes, puis les cuisses, s'infdtrèrent : la vessie était complètement paralysée; on fut obligé de placer une sonde à demeure. Les fonctions digestives étaient assez bien conservées ; il n'y avait ni constipation, ni devoiement , quoique cependant l'empâtement de l'abdomen persistât toujours. La face était pâle, un peu terreuse et tachetée; la peau était généralement flasque et un peu jaunâtre; la respiration était libre, les mouvemens du cœur naturels ; le pouls était petit et un peu accéléré , les fonctions intellectuelles étaient dans la plus parfaite intégrité. La tête n'était pas doviloureuse, quoiqu'elle fût fixe , déjetée à gauche , et qu'elle restât toujours dans la même position.
Le malade restant constamment couché sur le dos, la peau du sacrum s'enflamma : il s'établit sur cette partie une ulcération qui fit des progrès très-rapides , et dont aucun moyen ne put arrêter ni suspendre la marche; la partie inférieure des muscles sacro- lombaires et longs dorsaux fut mise à nu , l'os lui-même était dénudé sur le centre.
Le 22 . nous nous aperçûmes que la sensibilité des jambes et des cuisses était émoussée ; on pinçait fortement la peau sans que le malade en eût la sensation ; la douleur ne se faisait ressentir que
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lorsque l'on cherchait à fléchir les articulations pour le changer de situation. Les déjections étaient difficiles depuis quelques jours , même à la suite des lavemens ; la vessie était douloureuse , et plusieurs fois en le sondant précédemment , Imterne de la division, M. Ménétrier, s'était aperçu que la verge était en érection.
Du 22 au 26, les accidens inflammatoires de la vessie étant augmentés par la présence de la sonde, on la f»3tira; le malade ne rendit plus les urines que par regorgement. Au milieu de ce déplorable état , les facultés intellectuelles étaient libres; ce jeune homme voyait arriver la mort avec un calme et une résignation que la religion seule peut donner, et que seule elle peut entretenir. On le plaçait sur un fauteuil : il y passait une partie de la journée, et paraissait un peu distrait de ses souffrances. Mais bientôt cette dernière consolation lui fut enlevée ; les jambes et les cuisses s'infiltrèrent outre mesure par celte position ; des douleurs lancinantes se manifestèrent dans lulcère qui recouvrait le sacrum, et on ne pouvait les diminuer, comme on le faisait sur son lit , en le changeant de situation.
Le 7 août , le malade pousse de temps en temps des cris lamentables; on l'interroge sur la cause et le siège de ses douleurs, il ne peut plus répondre. En palpant l'abdomen, la vessie nous parut très-distendue : on le sonda, ce qui n'apporta aucun amendement à ses souffrances. Le 8 ,
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il est dans un état désespéré : îe pouls est imperceptible, les extrémités supérieures et la tête sont froides; il est couvert d'une sueur visqueuse; le râle trachéal est très-prononcé; il ne voit ni n'entend. Le 9 , le malade sort tout-à-coup de cet état; il semble s'éveiller d'un profond sommeil; il n'a aucune connaissance de la position où il était La veille ; il est étranger à tout ce qui se fait autour de lui ; il voit , entend et parle avec assez de facilité. Le 10 , il est dans la même j^osilion. Le 1 1 , il retombe dans l'état où il était le 8 , et meurt à trois heures de l'après-midi.
En résumant les symptômes que le jeune Gautier nous avait présentés dans le cours de sa maladie , on voit d'abord une maladie du cœur trèsprononcée, des palpitations, des battemens qui se font ressentir dans la plus grande étendue du côté gauche de la poitrine, accidens qui, joints à l'oppression et à l'œdème des pieds et des jambes, décèlent ordinairement une hypertrophie avec dilatation des cavités gauches de l'organe central de la circulation. Ces symptômes s'apaisent ; et à la suite d'un léger excès dans le manger , il se déclare des accidens dénotant une péritonite et une entérite : ceux-ci diminuent à leur tour; mais au moment où l'on devait s'attendre à voir entrer le malade en convalescence , il déclare ne pouvoir se soutenir sur ses jambes; et bientôt en cfl'et il ne peut ni se lever, ni marcher, ni même soulever dans son lit les membres abdominaux. La péri-
pîégie est complète , les muscles des extrémités inférieures ont perdu leur action; la sensibilité persiste néanmoins dans ces membres paralysés ^ et quelque temps après y est exaltée au point de faire pousser des cris au malade par le plus léger attouchement. Tout dénote dès-lors une maladie organique de la moelle épinière , et la paralysie persistante de la vessie vient s'y joindre pour confirmer ce diagnostic.
Mais dans quelle partie de la moelle épinière et à quelle hauteur se trouvera la désorganisation , si elle existe? Telle est la question que l'on devait se faire , et que nous cherchâmes à résoudre avant de procéder à l'ouverture du cadavre. Deux groupes de phénomènes me portèrent à annoncer que i'altération organique devait être située très-haut dans la région dorso-cosîale de la moelle épinière. Premièrement, l'exaltation des mouvemens du cœur, par laquelle avait débuté la maladie; secondement, la faiblesse et la lenteur des affections du canal intestinal.
Considérant ensuite que la perte du mouvement avait de beaucoup devancé la perte de la sensibilité, que celle-ci même avait été exaltée pendant long-temps; considérant, de plus, que la respiration n'avait nullement été troublée pendant le cours de la maladie , j'ajoutai que , d'après les expériences de M. Magendie , les cordons antérieurs de la moelle épinière devaient être les plus affectés , à moins que nous n'eussions encore
ici la répétition du cas de la femme Fiolet , dont nous avions ouvert le cadavre il y a quelque temps, et sur laquelle nous avions constaté la disposition inverse (i). Les bases du diagnostic ainsi établies , on procéda à l'ouverture du cadavre.
Après que le rachis fut ouvert dans toute son étendue, depuis la base de Toccipital jusqu'à l'extrémité du sacrum 9 on détacha de bas en haut la moelle épinière , en ayant soin d'enlever en même temps les ganglions intervertébraux. Parvenu à la hauteur de la troisième vertèbre dorsale, on remarqua d'abord que le corps de cette vertèbre était altéré légèrement; puis, portant son attention sur la portion antérieure de la moelle épinière qui lui correspondait , on aperçut une dégénérescence comme cancéreuse de toute la partie antérieure de la moelle épinière , ou plutôt de ses enveloppes , comme nous nous en assurâmes plus tard. Cette dégénérescence s'étendait depuis le corps de la troisième vertèbre cervicale jusqu'au niveau de la cinquième cervicale. Le corps de toutes les vertèbres, en rapport avec cette altération, était
(1) Étaient présens à l'autopsie cadavérique, MM. Fisher, Walter, Raleigh, Watson, membres du collège de Chirurgie de Londres ; M. Ménétrier, interne de la division; MM. Martel, Crouzit, SoufTlon, Martin (Joseph), élèves externes. M. le docteur Ceorget, que j'avais fait prévenir, n'arriva qu'après que l'altération organique fut découverte. MM. Fisher et Ménétrier écrivirent le diagnostic que j'avais établi avant qu'il fût procédé à l'autopsie cadavérique.
blanchâtre, un peu inégal, et ramolli à un faible degré : le ligament antérieur était détruit.
La moelle épinière, enlevée après avoir été eoupée en arrière du trou occipital , l'enveloppe extérieure était fongueuse, dégénérée en une masse inégale d'im jaune verdâtre, ayant la consistance des tubercules pulmonaires non ramollis; elle était ainsi altérée dans l'étendue d'un décimètre cinq millimètres de long , sur quarante millimètres dans sa plus grande largeur : l'altération était bornée à la moitié antérieure de l'enveloppe fibreuse ; la moitié postérieure était saine. Cette masse stéatomateuse incisée longitudinalement sur sa partie moyenne, on mit à découvert la partie de la moelle épinière contre laquelle elle était appliquée : on vit d'abord que rarachnoïde , qui la tapissait intérieurement, était saine, ainsi que le ligament dentelé , dans toute la longueur correspondante à la désorganisation. Examinant ensuite la moelle épinière , nous reconnûmes au toucher qu'elle était ramollie , principalement dans la portion située au niveau de la septième vertèbre cervicale et des trois premières dorsales ; incisant ensuite le long du sillon antérieur , et divisant ainsi la moelle épinière en deux parties dans toute sa longueur, nous vîmes que le ramollissement aft'ectait principalement les cordons antérieurs , dont l'aspect était d'un blanc grisâtre , qui devint rosacé après quelques heures d'exposition à l'air ; les cordons postéi leurs étaient légèrement ra-
mollis au niveau seulement des tiois premières vertèbres dorsales ; ils avaient , du reste , leur couleur ordinaire , et ne devinrent pas rosacés par l'exposition à l'action de l'air. Après quatre jours de séjour dans l'alcohol, cette partie des cordons antérieurs est devenue grumeleuse ; les postérieurs ont pris la disposition fibreuse.
Les branches antérieures et postérieures des nerfs rachidiens n'offrirent aucune altération sensible dans toute l'étendue de l'altération organique ; les ganglions intervertébraux de la septième cervicale et de la première dorsale, et les deux suivans inférieurement étaient confondus dans la masse désorganisée ; mais en les disséquant avec soin, j'ai vu qu'ils n'avaient éprouvé aucune altération.
L'encéphale était sain : il y avait 'à la partie postérieure de l'hémisphère droit un tubercule jaunâtre, ramolli , de la grosseur d'un haricot; il paraissait d'abord siéger dans l'épaisseur de la substance corticale ; mais en déplissant la circonvolution au fond de laquelle il était logé , on vit qu'il adhérait à la pie-mère. 11 y avait un peu de sérosité citrine dans les ventricules latéraux.
Les poumons étaient sains , crépitans ; le droit contenait supérieurement un petit tubercule non ramolli.
Le cœur était sain ; son volume était normal les cavités gauches avaient leur ampleur et leur épaisseur ordinaires.
Le péritoine offrait les traces d'une inflammation chronique très-intense ; tous les viscères renfermés dansrabdomenétaientadhérensenlreeux,etréunis en masse par des pseudo-membranes ; ceux renfermés dans le bassin étaient tellement agglomérés par ces productions organisées, qu'il devenait trèsdifficile de les distinguer. Il y avait un épanchement rougeâtre et purulent très-abondant dans la cavité péritonéaie : intérieurement, l'estomac était un peu marbré de rouge dans le petit cul-de-sac. Le duodénum et le jéjunum étaient sains ; l'iléon offrait vers son tiers inférieur un tubercule développé dans l'épaisseur de ses membranes; la portion de membrane muqueuse qui lui correspond, présentait une cicatrice, indice d'une ancienne ulcération. Du reste 5 l'intérieur de cet intestin offrait çà et là quelques plaques anciennes formées par les glandes de P^yer ; elles étaient très-nombreuses auprès de la valvule iléo-cœcale. Les gros intestins étaient sains, le foie voluminei€X et un peu ramolli ; la rate , le pancréas et les reins dans leur état normal ; la vessie racornie , épaissie , d'un rouge noirâtre.
En outre de ces altérations , une glande bronchique, située à un pouce au-dessous de la bifurcation de la trachée-artère , s'était développée outre mesure et avait acquis le volume d'un petit œuf; celte glande avait suppuré; le pus s'était logé en arrière de la plèvre , avait formé un petit foyer en arrière du sommet du poumon droit : ce foyer
avait fusé jusque dans la cavité du rachis , en pénétrant par un des trous de conjugaison. Du reste, tous les autres organes étaient sains.
Un résultat nouveau ressort de cette observation : il est déduit de la coïncidence des mouvemens désordonnés du cœur avec la lésion primitive des cordons antérieurs de la moelle épinière. Les expériences de Legallois ont établi que cet organe empruntait de tous les points de la moelle épinière une action qui favorisait ses contractions: mais d'après ce fait, et aussi d'après un autre assez analogue que j'ai observé, il paraîtrait que ce sont principalement les cordons antérieurs qui exercent cette influence sur le cœur. Il paraîtrait aussi que les cordons postérieurs influencent plus spécialement les poumons , puisque, dans ce cas, la respiration n'a pas été sensiblement troublée , les cordons postérieurs étant sains ; dans d'autres cas, au contraire , les cordons postérieurs étant seuls lésés , la respiration a été spécialement affectée , lorsque la désorganisation siégeait au-dessus ou au-dessous de l'insertion des branches cervicales correspondantes au nerf diaphragmalique.
MOELLE ALLONGEE.
TABLEAU COMPARATIF
Des Dimensions du Bulbe rachidien chez les Mammifères (1).
Homme
MESURES
du