‹ Anatomie comparée du cerveauChapitre 2 sur 63 · PREFACE. XX · texte numérisé non relu

PREFACE. XX

signer sous le nom de ventricule ou du canal de la moelle épinière : ce canal se remplit quelquefois d'un liquide , ce qui constitue lliydropisie de la moelle épinière , maladie assez commune chez les embryons des mammifères.

» Ce canal s'oblitère au cinquième mois de Fembryon humain , au sixième de l'embryon du veau et du cheval , au vingt-cinquième jour de l'embryon du lapin, au trentième jour du chat et du chien ; on le retrouve sur le têtard de la grenouille et du crapaud accoucheur jusqu'à l'apparition des membres antérieurs et postérieurs.

» Cette oblitération a lieu dans tous ces embryons par la déposition de couches successives de matière grise , sécrétée par la pie-mère qui s'introduit dans ce canal.

» La moelle épinière est d*un calibre égal dans toute son étendue, chez les jeunes embryons de toutes les classes : elle est sans renflement antérieur ni postérieur, comme celle des reptiles privés des membres (vipères, couleuvres, anguis fragilis ) , et de la plupart des poissons.

» Avec cette absence des renflemens de la moelle épinière coïncide, chez tous les embryons, l'absence des extrémités antérieures et postérieures; les embryons de tous les mammifères , des oiseaux et de l'homme , ressemblent sous ce rapport au têtard de la grenouille, et des batraciens en général.

» Avec l'apparition des membres coïncide , chez tous les embryons , l'apparition des renflement

XXlj PRÉFACE.

antérieurs et postérieurs de la moelle épinière : cet effet est surtout remarquable chez le têtard des batraciens à l'époque de sa métamorphose; les embryons de Thomme , des mammifères , des oiseaux et des reptiles éprouvent une métamorphose entièrement analogue à celle du têtard.

» Les animaux qui n'ont qu'une paire de membres n'ont qu'un seul renflement de la moelle épinière ; les cétacés sont particulièrement dans ce cas : le renflement varie par sa position selon la place qu'occupe sur le tronc la paire de membres : le genre hipes a son renflement situé à la partie postérieure de la moelle épinière. Le genre bimane J'a au contraire à la partie antérieure.

» Dans les monstruosités que présentent si fréquemment les embryons des mammifères , des oiseaux et de l'homme, il se présente souvent des hipes et des bimanes, qui , comme les cétacés et les reptiles que nous venons de citer , n'ont qu'un seul renflement situé toujours vis-à-vis de la paire de membres qui reste.

» La moelle épinière des poissons est légèrement renflée vis-à-vis du point qui correspond à leurs nageoires. Ainsi les jugulaires ont ce renflement derrière la tête, à la région cervicale de la moelle épinière, ]cs pectoraux yers la région moyenne ou dorsale , et les abdominaux vers la partie abdominale de la moelle épinière.

» Les trigles, remarquables parles rayons détachés de leurs pectorales , le sont aussi par Une

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série de renflemens proportionnés, pour le nombre et le volume , au volume et au nombre de ces mêmes rayons auxquels ils correspondent.

» Les poissons électriques ont un renflement considérable correspondant au nerf qui se distribue dans Tappareil électrique ( raye , silure électrique) .

» La classe des oiseaux offre des différences trèsremarquables dans la proportion de ces deux renflemens.

» Les oiseaux qui vivent sur la terre , comme nos oiseaux domestiques , et ceux qui grimpent le long des arbres , ont le renflement postérieur beaucoup plus volumineux que l'antérieur. L'autruche est surtout remarquable sous ce rapport.

» Les oiseaux qui s'élèvent dans les airs , et y planent souvent des journées entières, offrent une disposition inverse ; c'est le renflement antérieur qui prédomine sur le postérieur.

» M. Gall a avancé que la moelle épinière était renflée à l'origine de chaque nerf; M. Serres ne croit pas que cette opinion soit confirmée par l'examen de la moelle épinière des vertébrés , à quelque âge de la vie , intra ou extra-utérine , qu'on la considère.

» M. Gall cherchait dans ces renflemens supposés l'analogue de la double série de ganglions qui remplacent la moelle épinière dans les animaux articulés.

» Cette analogie se trouve , comme d'autres auteurs l'ont déjà avancé , non dans la moelle

XViv PREFACE.

épinière, mais dans les ganglions intervertébraux.

» Ces ganglions , qui ont peu occupé les anatomistes , sont proportionnés dans toutes les classes au volume des nerfs qui les traversent : ils sont beaucoup plus forts vis-à-vis des nerfs qui se rendent aux membres, que dans aucune autre partie.

» La moelle épinière est étendue jusqu'à l'extrémité du coccyx , chez l'embryon humain , jusqu'au troisième mois. A cette époque , elle s'élève jusqu'au niveau du corps de la seconde vertèbre lombaire, où elle se fixe à la naissance.

» L'embryon humain a un prolongement caudal signalé par tous les anatomistes , qui persiste jusqu'au troisième mois de la vie utérine ; à cette époque , ce prolongement disparaît , et sa disparition coïncide avec l'ascension d^ la moelle épinière dans le canal vertébral , et l'absorption d'une partie des vertèbres coccygiennes.

» Si l'ascension de la moelle épinière s'arrête , le fœtus humain vient au monde avec une queue , ainsi qu'on en rapporte un grand nombre de cas : le coccyx se compose alors de sept vertèbres.

» Il y a donc un rapport entre l'ascension de la moelle épinière dans son canal , et le prolongement caudal du foetus humain et des mammifères.

» Plus la moelle épinière s'élève dans le canal vertébral, plus îc prolongement caudal diminue , comme dans le cochon, le sanglier, le lapin; au

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