‹ Anatomie comparée du cerveauChapitre 8 sur 63 · I%XVJ DISCOURS · texte numérisé non relu

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meaax et la moelle épinièie des mammifères, lis sont presque solides chez les reptiles, une cavité à peine perceptible s'y développe. Cette cavité augmente chez les oiseaux ; elle se développe beaucoup chez les rongeurs ; et en la suivant des ruminans aux carnassiers 5 aux singes et à l'homme , on voit se déployer dans l'intérieur des hémisphères les vastes ventricules que l'on y remarque.

Il en est de même du lobule olfactif:

ce lobule est solide chez l'homme 5 les singes 3 le phoque et les carnassiers, oîi il est peu développé , de même que chez les oiseaux 5 il se creuse, chez les ruminans, les rongeurs , les reptiles et les poissons, en raison de son accroissement.

Ce développement des cavités, à mesure que les élémens de l'encéphale se développent , est donc un caractère général de l'organisation de cet organe. Le rapport du volume des organes donne donclerapport de capacité de leurs ventricules. Il est constamment le même chez les embryons et chez les animaux parfaits. Ainsi , pour en donner un exemple , le lobule olfactif et les tu-

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bercules quadrijumeaux sont ci eusés d^une cavité interne chez tous les embryons des mammifères supérieurs. Cette cavité diminue et s'oblitère complètement à mesure que ces organes s'affaissent et qu'ils sont dominés par les parties qui les environnent.

A mesure aussi qu'un élément devient dominateur dans une classe , ou éprouve une modification qui lui est spéciale , des parties nouvelles se développent , et deviennent les caractères classiques de leur encéphale.

Ainsi, chez les poissons, la structure des lobes optiques offre une complication qu'on ne retrouve ensuite dans aucune autre classe. On voit dans leur intérieur des parties nouvelles , qui ne se reproduisent ni chez les reptiles ni chez les oiseaux, ni chez les mammifères; ce sont ces parties que Ton a sans aucun fondement assimilées au corps calleux, à la voûte, à la corne d'Ammon, au corps strié, à la couche optique des mammifères.

Chez les oiseaux, la transposition des lobes optiques donne naissance à la forma-

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parties exercent les unes sur les autres,

Chezles poissons^ les lobes optiques sont l'élément dominateur.

Les hémisphères cérébraux sont atrophiés.

Le lobule olfactif est très-considérable.

Le cervelet est moyennement développé.

Chez les reptiles , les lobes optiques perdent leur influence.

Le cervelet est presque anéanti. Les hémisphères cérébraux se développent beaucoup comparativement à ce qu'ils sont chez les poissons.

Le lobule olfactif est , à son tour, atrophié.

Chez les oiseaux , le cervelet devient la partie dominante.

Les lobes optiques sont affaiblis.

Les hémisphères cérébraux sont accrus.

Les lobules olfactifs sont presque anéantis.

Chez les mammifères , les hémisphères cérébraux deviennent , à leur tour, les organes dominateurs.

Le cervelet continue son développement transversal.

Les tubercules quaclrijumeaux sont réduits à leur minimum d'existence.

Le lobule olfactif éprouve de très-grandes variations.

Très-développé chez ceux cîi les hémisphères le sont peu, il diminue et disparaît, presque complètement 3 à mesure que l'on s'élève des ruminans aux carnassiers, aux singes et à rhommc.

De ces faits découle la loi du balancement des deux substances qui entrent dans la structure de l'axe cérébro-spinal du système nerveux.

En général plus une partie se développe , plus on voit se multiplier les faisceaux ^ les radiations etles plexus de la matièreblanche.

Plus elle s'atrophie , plus on voit diminuer la matière blanche , tandis que la matière grise augmente.

Si , comme tous les faits portent à le croire, c'est principalement dans la matière blanche que siègent les propriétés du système nerveux, on voit donc que ces propriétés et les fonctions qu'elles concourent à développer seront soumises au même I. f

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balancement que les élémens fondamentaux de l'encéphale.

Ainsi , nous verrons les fonctions de la moelle épinière et des tubercules quadrijumeaux qui la répèlent dans l'encéphale , s'accroître et se multiplier des mammifères aux oiseaux , aux reptiles et aux poissons.

Nous verrons les fonctions du cervelet , si importantes chez les mammifères et les oiseaux , se réduire chez les poissons et s'anéantir presque complètement chez les reptiles.

Nous trouverons les fonctions des hémisphères cérébraux réduites à rien chez les poissons^ et en nous élevant des reptiles aux oiseaux et aux mammifères, nous verrons se déployer successivement les facultés diverses de ces organes.

Nous trouverons enfin que les facultés peuvent être transportées d^un élément qui est dominé, sur l'élément voisin qui devient dominateur.

Ce sont ces rapports généraux que je me suis efforcé de faire ressortir dans mes recherches physiologiques et pathologiques sur le système nerveux ; c^est particulière-

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nient sous ce point de vue que je me suis rencontré avec notre célèbre physiologiste , M. Magendie.

Ainsi l'anatomie , la physiologie et la pathologie du système nerveux^ que je nommerai physiologie naturelle , par opposition avec \di physiologie expérimentale , se prêteront un mutuel secours , s'éclaireront réciproquement des faits qui leur sont propres , et bientôt^ je Fespère , ne formeront plus qu'une seule et même science.

La grande question de l'analogie primitive et de la dissemblance permanente de l'encéphale dans les quatre classes des animeaux vertébrés me paraît résolue par ce qui précède. Reste à déterminer maintenant Je principe des rapports des élémens du système nerveux.

Les anatomistes pensèrent d'abord que toutes les parties de ce système étaient développées en raison directe les unes des autres. Le principe du développement central des animaux, l'idée que tous les nerfs, puisaient leur origine sur l'axe cérébro-

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spinal, les conduisaient nécessairement à ce résultat.

L'observation vint cependant le rectifier. Haller, Sœmmering et M. le baron Cuvier firent un pas immense vers la vérité , en établissant que l'encéphale , la moelle épiniève et les nerfs crâniens ne partageaient point^ chez les mammifères, cette harmonie de développement. On remarqua, au contraire, que la moelle épinière et le cerveau suivaient, dans cette classe, une progression inverse.

Considérée en général, cette proposition est exacte , surtout chez les mammifères. Dans les animaux qui composent cette classe , on voit décroître la moelle épinière, à mesure que le cerveau se développe: dans les trois classes inférieures , on observe aussi que le cerveau s'atrophie en raison du développement de la moelle épinière.

Mais les élémens fondamentaux de Pen-

céphale étant , chez les animaux vertébrés,

dans une variation continuelle de volume ,

'toutes les parties dont cet organe se com-

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pose étant tour à lour dominées et dominantes 5 selon la classe oii on les observe 5 on voit dès-lors combien de nouvelles inconnues sont introduites dans le problème par ces nombreuses variations.

Une première donnée à acquérir était donc de rechercher sous quelle influence s'opérait ce balancement respectif des élémens du système nerveux. Ce balancement avait-il quelque chose de commun dans toutes les classes ? Suivait-il un ordre régulier? Etait-il assujéti à quelques règles? Quel était cet ordre? Quelles étaient ces règles , si elles existaient? Telles sont les notions dont la connaissance formait les données préliminaires des rapports du système nerveux.

Il est bien vrai , comme l'ont établi Sœmmering et M. Cuvier , que la moelle épinière et l'encéphale sont développés en raison inverse l'un de l'autre. Mais tout l'encéphale ne partage point ce rapport.

Certaines parties sont développées en raison directe , d'autres en raison inverse de la moelle épinière. Pour avoir des no-

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lions précises , il était donc nécessaire de distinguer ces rapports opposés.

La moelle épinière est repétée dans Fencéphale par les tubercules quadrijumeaux, par le lobe médian du cervelet , par le corp3 restiforme y par le trapèze de la moelle allongée, par le lobe de riiippocampe , le lobule olfactif et la voûte chez les mammiières.

De-Ià résulte Tharmonie de développement que l'on remarque entre toutes ces parties.

La moelle épinière est, au contraire, en discordance de développement avec les olives de la moelle allongée , les hémisphères du cervelet, la protubérance annulaire , le lobe sphénoidal des hémisphères cérébraux, les corps striés , la couche optique et le corps calleux. De-là découlent leurs rapports inverses.

Les nerfs des sens sont développés en raison directe de la moelle épinière, du lobe médian du cervelet , des tubercules quadrijumeaux^ des lobes optiques , du lobe de Thippocampe et du lobule olfactif. Ils sont développés ; au contraire, en

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raison inverse des hémisphères du cervelet, du pont de Varole, du lobe sphénoidal, et du corps calleux.

M. le baron Cuvier a si bien exprimé dans son analyse ces divers rapports^ que je crois inutile de les répéter ici. Je me borne seulement à indiquer leur cause ou leur principe (i).

Mais ce balancement respectif des formes transitoires des embryons ; des formes permanentes du système nerveux des animaux vertébrés, était lui-même un problème piquant dont la solution intéressait Fanatomie comparative. On ne pouvait guères parcourir ce vaste tableau de formation et de développement d'un système aussi important, sans vouloir en connaître le ressort. Cette idée m'a beaucoup occupé dans toutes mes recherches sur l'organogénie , et j'avoue que c'est après m'être long-temps épuisé en vaines conjectures , que je m'aperçus enfin que tout le secret résidait dans le système sanguin ; système , par l'intermède duquel s^établit , entre toutes les parties ,

(i) Voyez à ce sujet le rapport de M. Cuyier.

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l'harmonie générale qu'on leur remarque j des poissons aux mammifères.

Il semble, au premier aperçu, que rien n^était si simple à faire que cette découverte. Les anciens ont si souvent répété , depuis Harvey, que le sang est la matière coulante des organes , qu'il paraissait tout naturel d'attribuer leur formation au système qui le renferme. Ce n'est cependant qu'après les plus longues recherches que je m'aperçus de la coïncidence qui existait entre la formation de ce système , et celui des organes qu'il concourt à développer.

J'ai fait, il y a bien des années , l'application tle cette idée à la théorie de la dentition j j'ai montré que l'intéressant phénomène de la double dentition des mammiteres avait sa cause dans le balancement alternatif des doubles artères qui pénètrent le double ordre de dents qui se succèdent à des intervalles plus ou moins longs.

Plus tard , j'ai fait remarquer dans les lois de l'ostéogénie , que la formation successive des os succédait au développement

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progressif des artères. Je vais en faire ici Papplication au système nerveux.

Si vous examinez les embryons, vous voyez successivement paraître^ en premier lieu 5 les artères de la moelle épinière ; en secondlieUjCelies du cerveau;et en troisième lieu 5 celles du cervelet. Vous voyez en même temps ces trois parties se développer dans le même ordre.

Un des phénomènes les plus curieux de la formation de l'encéphale ^ est la marche opposée que suivent le cervelet et les hémisphères cérébraux. L'un se dirige d'arrière en avant , les autres suivent une progression inverse et se portent d'avant en arrière. Aucun autre organe ne m'ayant offerjf une marche analogue , je fus longtemps à en découvrir la raison , qui néanmoins est très-simple , puisque les carotides internes et les vertébrales ont une direction opposée dans l'intérieur du crâne.

Les carotides internes sous l'influence desquelles se développent les hémisphères cérébraux , se dirigent d^avant en arrière 5 les vertébrales, qui forment le cervelet^ se portent au contraire d^arrière en avant. On

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voit donc que le cervelet et le cerveau devaient nécessairement suivre une direction opposée chez tous les embryons et chez tous les animaux vertébrés.

En suivant pas à pas les métamorphoses des embryons, on trouve d'abord dans l'encéphale les artères des tubercules quadrijumeaux Irès-développées^ tandis que celles du cervelet et du cerveau sont à peine dessinées. Avec cette disposition coïncide le développement considérable de ces tubercules.

Plus tard les carotides internes et les vertébrales prennent de l'accroissement ; les artères des tubercules , de dominantes qu'elles étaient, sont dominées à leur tour.

On remarque en même temps que les tubercules quadrijumeaux s'affaissent à mesure que sous l'influence de l'augmentation du calibre de leurs artères , les hémisphères cérébraux et le cervelet augmentent dans toutes leurs dimensions. En comparant chez les embryons le développement des hémisphères cérébraux avec celui de leurs artères , on voit que la couche optique, le corps strié, la voûte et le corps calleux,

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augnienlent graduellement de volume , à mesure queles artères choroidiennes, striées et cérébrales postérieures , prennent de ^accroissement.

Le même rapport s'observe constamment dans le cervelet. On voit le lobe médian de cet organe se développer , d'abord avec l'artère cérébelleuse antérieure; puis en second lieu ^ avec l'artère cérébelleuse postérieure , j)araissent les hémisphères du cervelet^ dont l'accroissement suit toujours les dimensions de cette artère.

Si nous quittons les embryons ^ et que nous portions nos regards sur l'ensemble des animaux vertébrés , nous voyons se développer en grand ce que nous venons d'observer en petit dans les métamorphoses des embryons.

Nous trouvons des classes entières chez lesquelles dominent constamment les artères des tubercules quadrijumeaux ; tandis que les artères cérébrales et cérébelleuses restent atrophiées ; ce qui explique Faffaissement du cervelet et des hémisphères cérébraux, à côlé du prodigieux dévelop-

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pemeot des lobes optiques , analogues aux tubercules quadrijumeaux.

C'est le cas de tous les poissons et des reptiles 5 mais chez les poissons cartilagineux et chez certains osseux , les artères du cervelet l'emportent de beaucoup sur celles du cerveau ; ce qui rend raison de l'atrophie de ce dernier , tandis que le cervelet prend déjà de l'accroissement.

C'est l'opposé chez les reptiles : les artères cérébelleuses existent à peine, tandis que celles du cerveau acquièrent déjà une certaine dimension : de là naît Fatrôphie considérable du cervelet, à côté de Faccroissement des hémisphères cérébraux.

Chez les oiseaux , les artères des tubercules quadrijumeaux du cervelet et du cerveau restent en quelque sorte au médium de leur volume : d'oii résulte le développement moyen de ces trois organes fondamentaux de l'encéphale dans toute cette classe.

Chez les mammifères cet équilibre est rompu 5 et nous voyons les organes se développer ou s'affaisser , selon que leurs artères augmentent ou diminuent de calibre.

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Ainsi 5 dans toute cette classe j les artères des tubercules quadri jumeaux sont atrophiées comparativement aux artères cérébrales et cérébelleuses , ce qui est en harmonie avec les rapports que nous offrent les tubercules quadri jumeaux^ le cervelet et les hémisphères cérébraux, considérés dans cette classe d'une manière générale.

De plus , à mesure que l'on s'élève des rongeurs et des mammifères inférieurs aux ruminans, aux carnassiers , aux quadrumanes et à l'homme , on voit le calibre des artères des tubercules quadrijumeaux diminuer avec eux.

L'arlère cérébelleuse antérieure suit rigoureusement ce même rapport ; on voit décroître dans la même proportion le lobe médian du cervelet.

La cérébelleuse postérieure suit , au contraire , une progression inverse , elle augmente successivement des mammifères inférieurs , des rongeurs , des ruminans , aux carnassiers y aux singes et à l'homme; ce qui coïncide avec le développement progressif des hémisphères du cervelet et de leur commissure , le pont de varole.

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des différentes parties du système nerveux^ et de l'autre, le rapport du volume des masses organiques dans lesquelles ces nerfs se forment.

Amsi , le volume des artères de la moelle épinière est en harmonie avec le volume des artères intercostales^ chez les embryons et les animaux parfaits , ce qui explique le rapport constant du calibre de la moelle ëpinière avec le volume du tronc de l'animal et des nerfs qui en proviennent.

Le prolongement caudal des animaux est assujëti au volume de l'artère sacrée moyenne , d'oii dérivent le prolongement et le volume de la moelle épinière dans le canal coccygien.

La tête étant comparée au tronc, on trouve que le volume des artères de la moelle épinière est en rapport direct avec celui de la carotide externe et de l'artère ophthalmique ; de-là la cause du rapport direct de développement entre la moelle épinière, les nerfs des sens et le volume de la face.

La carotide interne est en rapport inverse de calibre avec la carotide externe et

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les artères de la moelle épinière; de-là la cause du développement inverse du cerveau ) de la moelle épinière et des nerfs des sens.

Parmi les artères encéphaliques , celles des tubercules quadrijumeaux dulobe médian du cervelet, du lobule olfactif et des lobes de l'hippocampe , répètent le volume des artères de la moelle épinière et de la maxillaire interne; de4à le rapport direct de développement entre toutes les parties auxquelles ces artères se distribuent.

Au contraire , les artères striées , calleuses, cérébrale postérieure, cérébelleuses postérieures , sont développées en raison inverse de toutes les artères précédentes ; de là le rapport inverse entre la moelle épinière , le lobe médian du cervelet , le lobe de l'hippocampe, le lobule olfactif, les tubercules quadrijumeaux , les nerfs des sens , et les corps striés , la couche optique , les hémisphères cérébraux , les hémisphères du cervelet , le corps calleux et la protubérance annulaire. Tous ces faits se lient les uns aux autres ; tous ces rapports s'en-

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chaînent et découlent des mêmes principes.

La théorie de la formation des monstres dérive naturellement de cette loi d'harmoniedu système sanguin avec les autres systèmes organiques. A quoi se réduisent nos connaissances sur ces êtres anomaux ? Ouvrez les livres qui en ont traité avant MM. les professeurs Geoffroy-St.-Hilaire et Meckel, qu'y trouverez-vous ? Des hypothèses plus bizarres que les animaux qu'elles doivent expliquer 5 et des mots dont l'association est souvent plus monstrueuse que les êtres auxquels ils s'appliquent.

Mais si les conditions d'existence des organes sont assujéties aux conditions d'existence du système sanguin , qui ne voit que le même principe est applicable au développement régulier des animaux , et à leur développement irrégulier?

Oubliez un instant toutes les suppositions qu'on a émises sur ce sujet , et qui , quelque ingénieuses qu'elles paraissent quelquefois, i^efont que prolonger l'enfance de la science. Consultez l'organisation insolite des monstres délaissée jusqu'à ces derniers temps , et la vous verrez toute se déduire des con-

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ditioris diverses d'existence de leur système sanguin artériel.

Vous trouverez une famille entière de ces êtres, chez laquelle ce système développé en moins restera au-dessous de son état normal. Avec l'atrophie ou l'absence de certaines artères, vous verrez diminuer ou disparaître les organes auxquels elles correspondent.

Les monstres privés du cerveau seront sans artères encéphaliques.

Les acéphales seront sans carotides primitives.

Les monstres sans extrémités antérieures, comme les reptiles bipèdes , seront dépourvus d'artères axillaires ; les bimanes ^ d'artères fémorales.

Avec l'absence des artères rénales , utérines, vésicales, vous verrez coïncider l'absence des reins , de l'utérus et de la vessie.

Vous remarquerez , au contraire , une seconde famille , chez laquelle le système sanguin développé en plus, dépassera ses limites ordinaires , et vous observerez de même des organes qui se répéteront , avec la répétition des artères qui les produisent dans leur état normal.

C DISCOURS

Des artères vertébrales doubles produiront un double cervelet dans le même crâne.

Des carotides primitives , doublées de chaque côté, donneront naissance aux bicéphales ; triplées , vous aurez les tri-encéphales.

Une double aorte descendante produira deux troncs , tandis que la tête sera unique si l'aorte ascendante est simple.

Une double axillaire de chaque côté développera quatre membres antérieurs , et des fémorales doubles seront toujours suivies de quatre membres postérieurs.

Enfin une double artère sacrée moyenne vous donnera une double queue.

Tous les monstres, sans exception^ seront renfermés dans ces deux prdres d'anomalies du système sanguin. *Une cause si simple en apparence produira tous ces effets variés^ qui se reproduisent si fréquemment, et qui, jusqu'à ce jour, ont fatigué de leur incertitude l'esprit de tous les anatomistes.

D'après ces principes , quelque singulières , quelque bizarres que nous paraissent les associations organiques des mons-

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très y elles seront toujours assujéties à une règle invariable, celle de la connexion des parties.

Ainsi 5 vous ne verrez jamais une tête s'élever du sacrum d'un animal monstrueux ; jamais vous ne trouverez une queue surnuméraire implantée sur le crâne ou sur la face d'un animal , ni des membres antérieurs ou postérieurs sur-ajoutés à sa tête ou à sa queue.

La tête, la queue , les membres surnuméraires 5 correspondent toujours aux membres, à la queue et à la tête normale de l'être monstrueux. En voici la raison.

Les artères carotides, axillaires^ fémorales ou sacrées , peuvent se doubler el produire la répétition des organes qu'elles forment; mais jamais vous ne verrez une . carotide naître, ni de la sacrée moyenne, ni de l'axillaire , ni de la fémorale 5 conséquemment vous ne rencontrerez jamais une nouvelle tête implantée sur la queue ou sur les membres d'un animal.

Pareillement , vous n'observerez jamais que les carotides donnant naissance aux artères sacrées moyennes, fémorales ou axil-

Cl) DISCOURS

laires ; vous ne pourrez donc jamais rencontrer des membres ou une queue surnuméraire^ entés sur le crâne ou sur la face d'un animal, quelque monstrueux qu'il soit ou qu'il vous paraisse.

La nature^ dans ses productions, est donc assujétie à un ordre constant , et c'est lorsqu'elle nous paraît le plus s'en écarter ^ que nous la trouvons le plus invariablement assujétie à ses règles. Je ne saurais trop le redire j Tordre est toujours dans la nature , le désordre et les incohérences que nous lai supposons n'existent que dans notre manière de l'interpréter.

Ces notions préliminaires paraîtront peutêtre un peu longues 5 mais elles étaient indispensables pour donner ,au lecteur la clef des faits dont se compose cet ouvrage. Je me hâte de les terminer par une dernière considération très- importante , quoique singulière , c'est que le cervelet et le cerveau sont les mêmes organes renversés.

J'explique cette idée.

Si Ton veut apercevoir les analogies que présentent le cervelet et le cerveau dans les classes supérieures, on ne doit point corn»-

PRÉLIMINAIRE. eiij

parer ces deux organes dans leur position respective , et mettre en parallèle leurs deux faces supérieures et inférieures. II faut préalablement renverser l'un des deux organes , et comparer la face supérieure de l'un à la face inférieure de l'autre.

Ainsi j après avoir fait cette inversion , si on cherche les rapports des deux organes , on trouve que le lobe médian du cervelet , situé sur sa face supérieure ^ correspond au lobe de l'hippocampe et au lobule olfactif situé à la base du cerveau.

La conjugaison du lobe médian du cervelet s'effectue sur la face supérieure de l'organe par les faisceaux blanchâtres que l'on a si improprement nommés corps calleux du cervelet. Celle du lobe de l'hippocampe s'opère vers la base du cerveau, par les faisceaux postérieurs qui vont constituer la voûte, ou la partie postérieure de la lame rayonnante des oiseaux.

Les hémisphères du cervelet s'élèvent sur sa base ; en se dirigeant en arrière , ils débordent le lobe médian qui , dans les mammifères supérieurs , paraît logé dans

ciV DISCOURS

l'angle rentrant produit par leur prolongement.

Les hémisphères du cerveau s'élèvent sur sa face supérieure ; et en se portant en arrière , ils débordent le lobe de Thippocampe ^ de la même inanière que les hémisphères du cervelet débordent le lobe médian.

Les hémisphères du cervelet se développent sous l'influence du corp^ ciliaire , logé dans l'épaisseur de la base de cet organe.

Les hémisphères du cerveau s'accroissent en raison du développement de la couche optique et du corps strié, qui^ comme chacun sait j occupent la face supérieure des pédoncules cérébraux.

Enfin 5 la protubérance annulaire, qui sert de commissure aux hémisphères du cervelet , occupe la base de cet organe. Le corps calleux, qui est la grande commissure des hémisphères cérébraux , est situé sur sa face supérieure.

C'est dans cette même position qu'il faut considérer ces deux organes, pour apercevoir tous les rapports que nous avons

PRÉLIMIINAIRE. CV

établis entre eux et les autres parties du système nerveux.

Frappé, il y a douze ans, de la nouveauté des faits fournis par l'étude de l'anatomie des embryons , je me livrai à cette étude avec tout le zèle que nécessitaient son importance et ses difficultés. N'ayant d'abord en vue que de m'éclairer et de m'instruire , je cherchai la vérité dans les faits ^ et non dans les opinions. Plus tard je m'aperçus que les opinions et les faits se contredisaient et n'étaient point en harmonie dans la science. Quelque respect que méritassent les hommes qui ont consacré leurs veilles et souvent leur vie aux progrès de cette science , je ne balançai pas à délaisser les opinions et à me laisser diriger par les faits. De cette manière, j'ai, pour ainsi dircj été conduit par la main à la de'couverte des principes nouveaux qui servent de base à mes recherches anatomiques.

Je viens de faire l'application de ces principes au système nerveux des animaux vertébrés et invertébrés.

J'ai d'abord considéré les faits en euxmêmes 5 je les ai ensuite comparés pour

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