‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 14 sur 144 · Comme dans les crustacés et dans nid annelides · texte numérisé non relu

Comme dans les crustacés et dans nid annelides

des nerfs simples naissent des cordons inter-ganglionaires. 13. Quelques insectes présentent des rudimens du nerf gas sympathique. 4 v

SIL. STRUGTURE Du trie NERVEUX DES ANIMAUX ARBIOU LS.

re L ns a

La contonmatilé du système nerveux des animaux articulés est aussi variable que la structure: en est uniforme :. chez tous on retrouve lesmêmes dispositions fondamentales des élémens organiques; car les différences que l’on observe portent seulement sur là somme des parties et non sur leur nature. On en aura la preuve dans ce que je vais dire touchant là structure du lombric de terre, de la sangsue, de l’écrevisse, du grillon domestique et de Pabeille.

Le ganglion céphalique du ver de terre est une double éminence mamelonnée , blanchâtre, située au-dessus de l'a sophage ; les deux mamelons sont unis entre eux par une commissure, et se joignent à la chaine ganglionaire par l'entremise d’un cordon. Examiné au microscope, on voit que ce ganglion est composé de matière globuleuse et de filamens. Parmi ces filamens ceux qui Sont situés à la partie interne se

dirigent d’un mamelon à l’autre et forment la commissure, ceux qui sont en dehors entrent dans le cordon œsophagien ou vont former les nerfs destinés au pourtour de IŸventouse orale. Toutes les fibres , tant celles des nerfs nt celles du cordon œsophagien , ont une extrémité qui s’épanouit dans la substance globuleuse ; toutes les fibres de la commissure se rendent de la substance globuleuse d'un ganglion à la même substance du ganglion opposé.

Le cordon œsophagien du ver de terre est simple de chaque côté ; je l'ai examiné à l’état tés, et après l'avoir fait durcir dans l'alcool, je n’ai pu parvenir à y distingüer aucune séparation correspondante à celle que j'ai signalée dans l'escargot. Ce cordon, contrairement encore à ce qui a lieu chez l’escargot, fournit des nerfs, mais ces nerfs ont tous leur point de départ ailleurs que dans le cordon ; on peut les suivre jusque dans le ganglion céphalique. Arrivés l’un près de l'autre au-dessous de l’œsophage, les deux cordons œsophagiens s’accolent, sans se confondre, et leurs fibres marchent parallèlement les unes aux autres tout le long de la chaîne ganglionaire où on peut les suivre sans interruption.

J'ai dit que la moelle se-renfle de distance en distance et forme là une espèce de ganglion. En dehors de ce renflement, il se détache deux nerfs de chaque côté, et dans l'intervalle qui existe entre deux renflemens, il s'en détache une seule paire. J'ai vu très distinctement les racines de chaque double paire de nerfs , au moment où elles entrent dans la moelle, se partager en deux ordres de racines, les unes transverses , allant se rendre du nerf situé au côté droit, dans le nerf situé au côté gauche, et les autres se continuant avec les fibres longitudinales de la moelle. II en est autrement , si toutefois j'ai bien vu, des racines des nerfs simples qui sortent par les espaces inter-ganglionaires. Je n’ai pu distinguer, à ces raci-

À DES ANIMAUX ARTICULÉS. 7è nes , de fibres transverses; elles m'ont paru se continuer seulement dans les fibres longitudinales dont la moelle-est composée. Ce serait donc un double mode d’origine, mais je n’oserais'pas l’affirmer. |

De ce que je viens d’exposer il résulte que les parties fondameñtales du système’nerveux du ver de terre sont : 1° Le ganglion céphalique; 2° les fibres longitudinales composant le double cordon médulläire ou moelle ventrale, fibres qui se continuent dans l'anneau œsophagien pour arriver au ganglion céphalique ; 3° de fibres transverses qui se trouvent à l'origine des doubles nerfs spinaux. C’est un fait de structure fort important à remarquer ici, que la double origine des fibres qui forment les nerfs partant de la moelle. Pour chacun de ces nerfs (les nerfs isolés exceptés, car. sur ce point je n’ai pas de certitude complète), il y à une série de fibres longitudinales et une série de fibres transverses. Nous retrouyerons le même fait dans les autres amimaux articulés dont il me reste à parler. Serait-ce À le point de départ, la premiere indication des doubles racines des nerfs spinaux des vertébrés? Pourrait-on en induire que chez les vertébrés il existe des racines longitudinales et des racines transverses, racines qui , au lieu de se réunir dans un seul nerf en sortant de la moelle, comme dans le ver de terre, resteraient isolées jusqu’à leur entrée dans les ganglions spinaux ? C’est une question intéressante et qui trouvera plus loin sa solution.

Les fibres du ver de terre sont rectilignes et canaliculées comme celles des mollusques , come les fibres composant tous les nerfs dans la série animale : si on les comprime on en fait sortir des globules en très grand nombre. J'ai vu des globules s'échapper des sections faites à la moelle et aux nerfs ; j'en ai vu qui suivaient la direction longitudinale de la moelle et qui, arrivés au niveau de l’une des doubles racines

LR STRUCTURE DÜ SYSTÈME NERVEUX spinalés, éntraient dans ces racines et allaient s'échäpper par là section de cette raéiné. Ces globules stiivaient la direction que j'avais recontiue aux fibres éanaliculéés qui $ infléchissent et se courbent pour former les nerfs latéraux dé là moëlle ot châîné ganglionairé. po ET.

J'aurais voulu réstrer le aéré de es fibres, la ne m'a pas été possible, parce que, ‘dans l'état frais, elles ne sé ; laissent pas isolér les unes dés autrés. En les dürcissant à l'aide dé l'aléoo! on peut à la vérité les séparer, mais alors où des fibres contractées, rétrécies ét dont la mensurationne péüt, pour celte raison, dontiér que dés résultats inexacts/ *

Dans aucun des points dû système nerveux du lombric. de térre, je n'ai apérçu l'espèce fibres “She appelle fibres variqueusés. L

Quoique placés dans la tnêmé clé par les naturalistes ÿ lé vér de téfre et la sangsue ne sont pas de tout point semblà+ bles, quänt à la fornie et quéint à la structure de leür système nerveux. Le ganglion sür-œsophagien ou céphaliqué est le même dans ces deux annelides, mais la moelle ventrale diffère beaucoup. Chez la sangsuc cette moelle ést formée de deux cordons seulement adossés et parfaitement séparables s. tandis qué les cordons du ver de téèrré sont: très: intimiement unis. La moelle de la sangsue est pourvue de véritables ganglions placés Fa distance en distance sur le trajet des cordons. Ces ganglions sont ‘de forme lenticulaire, et.en lés éxaminant au microscope ; on y distingue des fibres lon gitudinales qui. viennent des cordons, des fibres transverses qui sont, pour les nerfs émanant des ganglions ; une.sorte de commissure ; enfin une substance granulée. J'ai fait représénter (pl. 1°) une portion de la chaîne ganglionaire de la sangsue (fig. 47°) et un de ses ganglions grossk au micros" éope (fig. 2). En haut et en bas sont les deux colonnes mé-

DES ANIMAUX ARTICULÉS. pe 75

dullaires bien isolées l'èe l’autre ; dans le gangtion lüimême on suit ces cordôns, on les voit s’y étaler et fournit des fibres aux deux paires de nerfs placés latéralement. Les nerfs ne réçoivent pas seulemdffdes fibres venant des cor: dons longitudinaux , ils reçoivent aussi des fibres transverses qui croisent les prémières à ange droit. Tous lés ganglions de là sangsue , ‘le ganglion. orale et le ganglion anal excéptés, sont semblables à celui qué l'on voit sur la planché; le premier ressemble au ganglion corréspondant du!ver dé terre,ele dernier, plus considérable du. doublé que ceux de la chaîne , donne des nerfs qui vont # la ventouse anale. Il n'y à pas, chez les sangsues, de nerfs autres que ceux de partent directément dés ganglions. #

Les fibres des Cordons médullaires véntraux composant là chaîne ganglionaire, de même que les fibrés des nerfs, sont canaliculées, et l’on parvient à distinguer et à faire sortir les “globules contenus dans leur intérieur. Ces. fibrès né sont pas de la nature de celles qu'Etrenberg nomme fibres articulées ; car les lignes qui en indiquent le trajet archent tottes dans une diréction parallèle. I ñe m'a jamais été pos= sible dé les séparer, de lés SUIEN cequi m'a The d’en *éomnaître le diamètre.

La formé des organes médullairés üe l'écrevisse diffère de celle de la sangsue et du ver de terre, mais la structüre en est là même; cé sont, pour les faisceaux longitifinaux, des fibres longitüdinalés et pour les ganglions, des fibres transvérses qui éroisent les prémières, ét, de ‘plus, une matière globuleusé environnant ces fibres. Les faisceaux longitudinäaux sont plus nômbréux que dans les animaux précédens, j'en ai compté trois de chaque côté ; en tout six pour la moelle ventralé: Toutefois ces faisceaux quoique distinet$ ne sont pas séparés lés uns des autres par le moiridre intervalle, ils sont

76 * STRUGTURE DU SYSTÈME, NERVEUX accolés et inséparables. Réunis trois à trois, comme je l'ai dit, ils constituent les cordons latéraux de la moelle, cordons qui, dans certains endroits, sont naturellement séparés, . el. qui, dans d'autié se séparent par la plus légère traction.

. Trois paires de nerfs naissent de chaque ganglion : deux en sortent directement , la troisième Suit'quelque temps les cordons longitudinaux qu’elle abandonne dans l’espace inter-ganglionaire. Les ganglions placés au thorax , ceux d’où naissent les nerfs des pattes et des pinces ont un caraggère particulier; ils sont bilobés ; chaque lobe est pyramidal, ayant sa base.en dedans tournée vers la base du ganglion correspondant et la pointe suivant la direction des nerfs qui y prennent naissance. Sur le trajet des nerfs et tout près de leur origine, il existe une espèce de ganglion secondaire que l’on pourrait comparer aux ganglions spinaux des vertébrés. J'ai pu isoler une des fibres nerveuses de la moelle ventrale et j'ai trouvé à cette fibre un diamètre de 0,005.

La swucture du sy$tème nerveux des insectes rappellé de tous points celle dés autres animaux articulés. On y.trouve des: fibres longitudinales composant la moelle ventrale ét se continuant par l'anneau œsophagien jusque dans le ganglion céphalique , des fibres transverses faisant communiquer les racines nerveuses d'un côté avec celles de l'autre côté, en passant à traVêrs la moelle et cela dans l'endroit de cette moelle où se trouve de la substance globuleuse ; ce sont, comme dans l'écrevisse, dans le ver de terre, des nerfs sortant des cordons médullaires dans les espaces inter-ganglionaires, mais venant aussi de la substance des ganglions.

Chez lé grillon domestique et chez l'abeille, la moelle est formée de deux cordons, l’un à droite et l’autre à gauthe ; ces cordons sont réunis par l'intermédiaire des ganglions et seu-

"Des ANIMAUX ARTICULÉS. 74 lement à l'endroit où se trouvent les ganglions, Car partout ailleurs ils sont ou naturellement séparés où très facilement séparables. J’ai pu isoler des fibres de la moelle et des fibres des nerfs chez les deux insectes dont il s’agit ; mais ayant répété plusieurs fois cette expérience, j'ai obtenuchaque fois un résultat très différent, et je ne suis pas fondé à croire que l’un d'eux soit plus exact que l'autre. Quand un phénomène ne se reproduit pas avec constance, c’est qu’il est mal observé : j'ai donc mieux aimé ne pas tenir compte des mensurations que j'ai faites, plutôt que de m'exposer à donner des chiffrés sur la valeur desquels je suis moi£même en doute.

Vus à l’œil nu ou grossi avec la loupe, les ganglions de l'abeille ont une apparence lenticulaire, ainsi qu'on peut s'en assurer en regardant la figure publiée par Ratzeburg et que j'ai reproduite (1); mais examinés au microscope, on les voit formés, comme les ganglions de la sangsue, dé fibres entrecroisées, les unes transverses, les autres longitudinales. Le ganglion céphalique de l'abeille, qui est beaucoup plus considérable que tous les autres ganglions du même animal, n’a pas une forme assez régulière pour que j'aie pu lemesurer, et ilest trop petit pour queje l’aie pesé : ilnv’a donc été impossible de comparer son volume au diamètre des nerfs qu’il fournit, J'ai d'autant plus regretté de ne pouvoir établir cette proportion, que l'abeille est, parmi les insectes, l’un des plus élevés en intelligence et l’un de ceux dont le ganglion céphalique est le plus volumineux; mais encore cette fois comme tout-àl'heure, j'ai craint d’avoir et de donner des à-peu-prés pour la réalité. |

Le système neryêux des insectes n’a que des fibres rectilignes; ces fibres sont canaliculées,et par la pression on en fai sortir des globulés. Les ganglions de ces animaux sont Pr |

(1) Voyez pl. 1°°

lins, les cordons à médullaires sont transparens ainsi que les nerfs. On peut vôir à l'œil nules ganglions de quelques insectes , on aperçoit. aussi, quoique faiblement, les cordons médullaires ; mais pour en bien.connaître la forme et la disposition, Pour aperceyoir les nerfs , il faut recourir à la loupe ou au microscope. Quant à la structure, elle est très facile à découvrir lorsqu'on se sert de ce dernier instrument, # RÉSUMÉ,

1. Le système neryeux des animaux articulés est formé de deux séries de fibres ; les unes longitudinales qui vont de l'extrémité céphalique à l'extrémité caudale ; les autres transversales, qui vont du côté droit au côté gauche.

2, Les fibres longitudinales sont disposées en deux faisceaux latéraux distincts l’un de l’autre, et ordinairement séparés dans l'intervalle des ganglions. | R

3. Le croisement des fibres longitudinales; avec les fibres transverses s'opère dans les ganglions. pa

k. Les fibres longitudinales d’un côté ne se croisent pas avec celles du côté opposé. |

5° Les ganglions nerveux des animaux articulés sont formés de substance globuleuse et de substance fibreuse,

6° Les cordons nerveux sont formés de substance fibreuse seulement. |

7° Les fibres nerveuses sont canaliculées, rectilignes, et remplies de globules que l’on.en peut faire sortir par eRpPeSsion.

8° Les fibres nerveuses naissent toutes des cdi

9° Les nerfs ont pour la plupart une double origine,. l’une dans les fibres longitudinales des cordons. médullaires ; l'autre dans les fibres transverses des ganglions.

40° Il n’y a d'exception à cette règle que pour ce qui con cerne les nerfs provenant du ganglion céphälique: La comrmissure de ce “#anglion qui répète les fibres transverses. des ganglions abdominaux, ne communique directement avec aucun nerf, 11° La racine des nerfs qui vont aux pinces et aux pattes, chez l’écrevisse, est pouryue, “ un léger renflement formé de substance ganglionaire.

M | 12° Il y a chez les articulés de nombreuses £ommissures ,

mais pas d'entrecroisement. re

Page 1