A l'exception du: ‘ganglion “cérébral et du cefiliet
tous les ganglions ehpéphatiques donnent naissance à deé nerfs. -
42. Les fibres nerveuses. des poissons varient depuis 0 mill. 00083, jiftutà 0 mill. 02988; celles des nerfs sont plus volumineuses que. celles de la moelle: et celles-ci plus que celles de DS Dhale les plus petites de toutes sont.Jes fibres trans-
verses.
13. Les fibres nerveuses sont creuses, canaliéulées, toutefois ce fait n’est pas encore démontré pour les fibres transverses de la moelle allongée et pour celles des ganglions encéphaliques.
44. Les fibres canaliculées contiennent un liquide bite huileux, que l’on en peut faire sortir par expression.
$ LIT. racurTés DES poissons.
« Nous ne pouvons écrire aucune page de l’histoire des poissons, dit Lacépède (1), sans parler d'attaques et de défenses ,‘de proie et de dévastateurs , d'actions et desréactions redoutables, d'armes, de sang, de carnage et de mort. Triste et horrible condition de tant de milliers d'espèces condam nées à ne subsister que par la destruction, à ne vivre que pour être immolées ou prévenir leurs tyrans, à n’exister qu’au milieu des angoisses du faible, des agitations. du plus fort, des embarras de la fuite , des fatigues dé Ja recherche, des trou-
bles des combats , de la douleur des blessures , des inquiétudes de la victoire, des tourmens de la défaite ! » Cette peinture des passions et de la vie des poissons, trop yive pour être vraie, a pourtanttun fondement réel. En effet , il n’est aucun poisson qui ne soit destiné à nourrir d’autres poissons ou à s’en ‘
(1) Mistoire naturelle des poissons, art. SCOMBRE MAQUEREAU.
nourrir Ini-même: Les plus gros mangent les plus petits : les plus petits à leur tour, Maréen des œufs ou les jeunes des plus gros. Aucune retraite n'est tellementsüre qu'ils ne soient exposés à ÿ trouver ün ennemi, et souvent leur stupidité est telle, qu’ils vont d'eux-mêmes se présenter au danger. Il n’est pas rare que parmi ces myriades de poissons dont les phalangesse réunissent dans certaines saisons del’année, pour aller déposer léur frai sur les côtes de la mer ou sur la rive des fleuves, il nesé trouve d’autres poissons excessivement voraces qui les accompagnent uniquement afin d'en faire leur päture. Tous marchent de concert, et les petitsne paraissent en aucune manière redouter les plus g gros: c’est le cas des harengs : un poisson élément bizarre dans sa forme qu'il a servi de type à la chimère des anciens, si plein de contorsions dans ses gestes, qu'on l’a comparé au singe faisant des grimaces, les accompagne souvent Sous les glaces du pôle arctique, et s’en nourrit comme d’un bétail : les pêcheurs, sans doute par ironie, ont donné à ce vilain animal le nom dé roi des harengs.
Puisque la fonction principale des poissons est de manger, leurs facultés doivent surtout avoir pour but de leur en procurer les moyens et,. comme ils vivent de proie, ces moyens sont des armes qui servent à l'attaque et à la défense. Leurs dents sontgénéralement nombreuses et fortes, leur queue est, pour plusieurs, une arme terrible, des prolongemens osseux que l’on a comparés les uns à une scie, les autres à vais espadon, rendent ceux qui les portent redoutables à tous les autres poissons. La forme de serpent que possèdent plusieurs d'entre eux , leur permet d’enlacer.et de comprimer leur proie. Ïl en est qui, peu agiles, sont doués du pouvoirwd’engourdir, par de véritables commotions électriques, tous les animaux qu’ils touchent. Quelques-uns ; c’est le pris petit. nombre , ont re= cours à Ja ruse,
L organe qui leurest le Lis utile pourftrouver la nourri-
‘ture dont ils ont besoin, ést celui de l'olfaction ; aussi, chez
tous , cet organe est-il très développé. Les molécules odorantés exhalées du COrps des animaux et'combinées à l'eau ou seMihent suspenduës dans ce liquide, se répandent au loin et deviennent un guide pour ces chercheurs de proie. L'œil les sert moins , car la lumière ne pénètre pas dans les abimes del océan, ni même jusqu’à la profondeur du lit des fleuves; il les avertit quelquefois du danger et d'autres fois il les
Dr OUMEnent, On a vu des bandes innombrables de thons, ‘effrayées à l’aspect d’un rocher dontile soleil éclairait la sur-
face, se détourner de leur route habituelles et se précipiter vers des rivages inaccoutumés. Pline rAibbcie que ce fait à été observé plusieurs fois auprès de Chalcédoïiné, sur le rivage d'Asie, et que les thons fuyant vers la rive opposée, nageaient en grande hâte dans la direction de Bysance. Aussi les Bysan= tiens avaient-ils donné à ce rocher de Chalcédoine, pour eux si profitable , le nom de corne d’or. On sait que généralément les poissons se dirigentwers la a lumières et qu'un des pièges
qui réussissent très bien aux AL éhGURE c'ést d'approcher des
torches alluniées de là surface desl’eau ; lespoissons y Vien-
nent en foule et sont facilement pris. L'ouie est poureles pois-
sons un organe important, le bruit effraie ces animaux et les Se met en fuite. On peut cependant en apprivôiser quelques-uns
qui S ‘approchent en entendant prononcer le-nom auquel;on
les*a habitués. Lacépède a constaté ce fait Sur les.cyprins
ju d'agyh On conserve dans les bassins du jardin des Tuileries ;
les” Romains l'avaient également observé dans leurs viviers : les murènes et autres poissons acCouraient à la Voix de leur maitre qui les appelait par leur nom. Le goût n’est pas développé chez les animaux gloutons, aussi les” poissoùs en sont-ils presque dépourvus etmangent-ils à-peu-près
tout! ce qui est à leurportée; on en excepte cependant les turbots qui me vijent dit-on, ‘que de poissons frais. Le toucher n'est pas aussi GRO AANEARS écailles dont la peau est couverte pôurraient'le faire Soupcoñner; il paraît être plus 1 C1 licat sous le ventre, que partout ailleurs.
Paflon$ des mœurs des poissons, et comme péyni animaux qui vivent de proie, les plus igaces doivent marcher les premiers, commençons par le requin. gd +.
Réquin !, ce nom lui Yient de requiem, c ’est-à- dire: mort,
«repos éternel. L'effroi qu'il i inspire aux navigateurs ne justifie.que trop un “pareil nom. Le requin attaque tous, les ani— maux qu'il rencontre ; il s'attache dela suite :des vaisseaux pour M brenl les cadayres que l’on jette à la mer. Pendant une tempête il vient guettemla proie que Jui prépare un naufrage; s’il rencontre. des baigneurs, il fond sur eux, les déchire eten dvale les lambeaux. On en a vuun qui ,» pour | Fe cHAnaLer du cadavre d’un nègre que l'on tenait suspendu à à la hauteur de vingt pieds, a pu s’élancer j jusqu à ce cadavre, s'y accrocher et le dépecer. Lorsqu'il trouve däns un même lieu des nègres et des blancs, il se précipite de Préférence. sur les «Rremiers
.qu'il sent à ce qu'il paraît d’assez Join, à Ce LUS e,de l'odeur “qu’ils répandent."On raconte , et cela, est malheuresement vrai, que < des hommes | app artenant à Ja race blanche quand il se baiguäiut , ‘avaient soin d'amener toujours A negres avec eux; pour faire ; comme ilsidisaient, lapart du requin : atroce prévoyance qui : rendait ‘ces, hommes compli ces de la cruauté du plus insatiable des poissons! Lec courage € tl'agresse des: pécheurs.ont cependant plus, d’une fois triomphé de la fu- reur du requin, enle combattant corps à COFPS : ; des nègres | armés deseoutelas se sont précipités à la rengontre de cet animal et ont profité du moment où il se retournait, pour lui ouvrigle ventre. Mais ce nest pas ainsique l'on parvient
ordinairement à s'emparer de lui. On jûi présente un appât accroché à un hameçon placé au bout d'une longue* chaîne : si le requin est affamé , il se jette"sur Pappât qu al engloutit dans son estomac RO sinon, il faire, s'approche, puis s'éloigne et paraît hésiter. Alors que, l’on feigne de retirer appât , le LR) cède à sa gloutonnerie , court dessus et l’avale. Dès-lors il est pris , mais ayant de le retirer de: l’eau, on à grand soin d'attendre qu'il soit épuisé et mourant. T à Ts le x
Le requin est du petit nombre des poissons chez lesquels : l'accouplement a lieu; c'est pendant l'été quil entre en amour. Lorsque-plusieürs mâles suivent la même femelle, ils se livrent de sanglans combats ; Celui qui est resté vainqueur approche de la femelle et la féconde. Aussitôt après, il la quitte; et s’illa rencontre, c’est pour la féconder'de nouveau ou pour se battre ayec elle, suivant l’impulsion qui le do-
mine. , D’aprèsAristote (fer Pline (2), lorsque le squale-renard,
qui est une espèce de requin, a avalé un hamecon, il cherche à se faire vomir, et sil ny parvient pas, il<essaie d’avaler aussi ja chaine, pour arriver,.au pieu‘de bois où lès marins ont coutume de l'accrocher. Arrivé àce pieu, il le brisé et se délivre. On dit aussi de lui que pour saisir plus sûrement les nageurs qui descendent à la mer, il Se met en embuscade sous les vaisseaux et se montre Seulement quand il est temps de saisir Ja proie quil convoite. “Mais ce piège n’est pas propre au squale-renàrd ; “és fautrés requins-agissent de la même manière. Le squale-glauque est encore plus à craindre que les précédens, ? à cause . sa couleur qui, se confondantavec
pass iTe ù È es (x) Liv. 1x, chap. 37, (2) Liv. x, chap, 43.
la teinte des eaux de la mer, ne permet de distinguer cet animal que quand il n’est plus temps de fuir son approche. Tous les autres squales diffèrent entre eux par le volume ou par quelque caractère extérieur; mais leurs instincts sont les mêmes ; ils font tous autant de mal qu'ilsten peuvent faire. II y a pourtant une exception pour le squale tigré qui, dit-on, se nourrit surtout de mollusques. î
Le brochet n’est pas moins féroce que les squales ; il met à mort tout ce qu'il trouve ; il attaque ses semblables et mange ses petits: c’est le requin des fleuves et des rivières. On dirait que sa faim est insatiable , car.elle ne paraît pas satisfaite par la grande quantité de poissons qu'il avale, et il n’est dégoüté d'aucune proie, fûüt-elle en putréfaction. Ilest au moins aussi rusé que le requin, et quant à la reproduction, il est comme la grande majorité des poissons ; c’est-à-dire qué, dans la saison chaude, mâles et femelles s’approchent du rivage, se frottent le ventre contre le sol, la femelle pour -exprimer les œufs, et les mâles. pour exprimer la laite qui doit féconder les œufs. Après les requins et les brochets, se montrent parmi les poissons qui ont le plus de cruauté, lanarrhique loup, le maquereau, la perche, les pleuronectes et les murenophis. Les murenophis, murènes des anciens, nous rappellent encore autre chose que la cruauté des animaux : autrefois, dans un siècle Corrompu, quand l’empire romain tombait en pourriture, ‘on leur donnait des hommes à manger !
Parmi les poissons doués d'astuce ou d'adresse, je citerai les suivans : la raie, la baudroïe,le congre, l’uranoscope, le gade lote, le spare insidiateur, le chétodon et le zée. La raie et le squale offrent au naturaliste ‘beaucoup de caractères communs: [ls appartiennent à la classe des chondroptérigiens à branchies fixes, et il y a chez eux-une véritable union
hs 4h
240 ù FACULTÉS
sexuelle, union qui s'opère également chez les chimères, les spnenaAs les bleñniés, les silures etles anguilles. Toutefois, leurs instinets sont difiérens. Elles chassent aussi; 1 mais rarement; d'ordinaire elles se plongent, aplaties qu’elles sont, sur la vase: de la mer qu’elles agitent d’abord autour d'elles afin des en couvrir, et attendent ainsi blotties qu'une ,proie vienne à leur portée; alors elles s’élancent dessus/, et l’engloutissent dans leur estomac. L'une d'elles, Ia raie torpille, a de plus une puissance électrique qui, au premier contact, stupé— fie les animaux dontle COrps touche le sien. Cette puissance éléctrique est commune "à la raie torpille, à un tétrodon, à la gymnote, au tichiure , au silure, et'au maloptérure ; elle a chez les uns et chez les autres, des.eflets absolument semblables, Comment, avec une aussi singulière propriété, peut s'opérer union entre le mâle et la femelle? c’est ce que les observateurs n’ont pas dit, et ne sauront probablement jamais. La plupart des peintres qui ont donné les portrait du diable, ont pris pour modèlela baudroie. C’est une tête voluminéuse, aplatie, coupée en avant par une bouche largement ouverte, et se prolongeant par derrière en.un@ queue longue et ràpeuse; puis sur les côtés de Ja tête des nageoires-en ai au-dessus, des yeux énormes, et une.rangée de crochets longs et pointus. Tout autour de sa bouche sont des filamens semblables à.de petits vers, et que l’on appelle barbillons. Ces barbillons servent d'appat aux poissons. dont la baudroie se nourrit; sans eux, elle mourrait dei faim ; à moins toutefois que les alimens ne vinssent d'eux-mêmes dans, sa bouche, ce * qui du reste n est pas très rare dans plusieurs famillesde poissons. Comme:la raie, elle remuë la vase, et quand elle en est cachée, elle agite ses barbillons. Les poissons qui cherchent des Yers, ‘s’y trompent, croient en avoir trouvé , et.se jettent dessus. La baudraie, dont la bouche estouverie, happe les
* à | DES POISSONS. 241 chercheurs de vers, ek seumet de nouveau en embuseade.
L’uranoscope tend les mêmes pièges à l'aide d’un seul petit
filament dont est munie sa mâchoire inférieure, de même
que le gadelote, et tous les autres poissons pourvus de barbillons vermiformes. +. “HAT té
Quant au spare trompeur ou inst à un genre de de todon et og zée, ils vivent d'insectes qui voltigent au-dessus de l'eau ; à l’aide de leur museau dont là forme ‘est allongée, ils lancent de’ l'eau sur-ces insectes pour lesfaire tomber, et | ils Les avalent: + hé
Jai placé le congre au rang des poissons astucieux; ce n’est pas cependant qu'il le Soit beaucoup ; mais dans la classe si hébétée des poissons , il ne faut omettre aucun de ceux qui témoignént un instinct particulier; quelque faible que soit cet instinct. L'astuce du congre consiste à se placer en £mbuscade à à l'entrée des fleuves et des rivières, pour épier et saisir au passage les autres poissons. Le congre n’est pas le. seul qui agisse desla sorte; il y en a plusieurs qui suivent son exemple, ou plutôt qui font la même chose que lui.
Tous les poissons , ainsi que je l'ai dit-plus haut, ne sont paségalement cruels ; ilen est même dont les habitudes sont très douces. Toutefois, il n’est pas difficile de voir à quoi tient cette-douceur;c'estqu'ils vivent seulement de petits poissons toujours plus faibles qu'eux : or, n’éprouvant jamais aucune résistance ils n'ont pas l’occasion de paraître cruels, et quandles gros poissons viennent les manger, ils se laïssent faire sans comprendre de:quoi il s’agit. Au nombre des poissons qui se trouvent dans ce cas, on cite la baliste, l'esturgeon, la morue, le scorpène, le goujon. Tel à n "est pas le Xi-
phias espadon. Ge poisson , lun des ions de la mer ,* a la mâchoire supérieure armée d'une tige osseuse longue: et solide;:sa force est prodigieuse et sous ce rapport, il surpasse 17,
tous les poissons osseux, de nt. à que le squale-requin sur : passe tous les poissons cartilagineux ; il lutte sans crainte et même avec avantage contre les Lg les crecodiles et les grands cétacés qui n’ont pas acqu lis tout leur développement. Cependant, il est doux ; il se défend, mais il n'attique pas, et aux. poissons il préfère, pour sa nourriture, les algues et autres plantes marines. Rarement on le rencontre seul; ofdinairement on en trouve deux ensemble, tantôt un mâle’avec une femelle, tantôt deux mâles ou deux femelles réunis. Il: ne craint pas les grands animaux, et pourtant il'est quelquefois victime d’un inseête. On en a vu qui, piqués par des insectes aquatiques dont ils n ‘avaient puse débarrasser, en se frottant contre le fond de la mer, entraient en fureur et s’élançaient sur le rivage, ou même sur les barques de pêcheurs. On neprésume pas qu'il y ait aucune union sexuelle entre la
femelie et le mâle.
Les xiphias vivent ‘en société, il en est de même des thoné des saumons et des coregones- -layaretssCes derniers’ se ras- Yenblensprhrsemodteroll pour Teendreldconféiéatenes etils avancent, un individu très fort placé en tête, les autres rangés sur deux lignes qui se réunissent à angle aigu au premier de la troupé; les saumons se placent du contraire sur deux elignes parallèles, une femelle en tête et la ee di sont les mâles A A faibles que celleËti et ensuite les petits. Le thons marchent en formant des légions qui représentent un grand parallélogramme et font de cette manière de longs voyages et des courses rapides. Quant aux auires poissons. que l'on trouve réunis en nombre quelquefois infini, la plupart poussés par les mêmes besoins marchent ensemble, mais sans avoir ‘entre eux aucune relation apparente. Les anguilles méritent une mention spéciale ; de même
que les raies, les squales, eté., elles S’unissent pour l'acte de la
fécondation , mais de plus, elles se creusent des terrierst qui
leur servent de retraite et sortent quelquefois de l’eau en rampant sur le rivage, pour äller chercher des vers ou des
pois nouvellement semés : elles vivent d'œufs de poissons ,
d’annelides, de jeunes canards ; et serverit de nourriture aux
loutres et aux oiseaux d’eau. Les esturgeons les avalent parfois sans même les blessér'; il est arrivé qu’en pareil cas , l'an-
guille suivait toute la LHOUME du canal intestinal de l’estur-
geon,'et sortait vivante par l'anus.
Tous les poissons nagent, l’anguille nage et rampe , il ya un poisson grimpeur et des poissons vôlans. Le grimpeur est une espèce de lutjan., qui à été vu dans une fente du palmier éventail, à deux mètres environ au-dessus de la surface d’un étang et s’aidant pour aller encore plus‘haut, de la dentelure de ses opércules qui-lui servait à s’accrocher , et de sa queue dont il s’aidait comme d’un levier. Les poissons qui volent sont le pégase appelé volant, le blennie sauteur ;la scorpène volante, la trigle milan, les exocets métorien , sauteur et commersonnien, enfin le dactyloptère pyrapède : placés par leur organisation entre les oiseaux et les poissons, ces animaux sont les plus malheureux de tous ; trop faibles pour se défendre et ne sachant que fuir , ils trouvent partout des ennemis. J'emprunte à Lacépède ce qu'il dit de l’exocet volant et qui peut s'appliquer à la plupart des poissons disgraciés comme lui. « L’exocet volant est l’un des plus misérables des habitans des eaux ; continuellement inquiété, agité, poursuivi par des scombres Où des coryphènes , s'il abandonne ; pour leur échapper, l'élément dans lequel il'est né ; s'ils élève dans l'atmosphère, s’il décrit dans Pair une courbe plus ou moins prolongée, il trouve en retombant, dansa mer un nouvel ennemi dont la dent meurtrière le saisit, le déchire-etle dévore ;
ou pendant la ‘durée de son court trajet, il devient la proie des frégates et des autres oiseaux garnassiersf qui infectent la surface de l'Océan, le découvrent du haut des nues.et tombent sur lui ui la rapidité de l'éclair. »
La manière dont certains poissons passent l'hiver est fort remarquable ; les harengs et les maquereaux, par exemple, vont au fond de la mer et placés parallèlement; les uns aux autres, la queue en haut, ils s'enfoncent dans la terre, latête la première, jusqu’à Ja moitié du corps:: ‘On en a retiré qui étaient ainsi enfoncés et dont les sens paraissaient entièremént émoussés ; ils ne voyaient ni n’entendaient rien: Ge n’est qu'après un certain laps de temps, qu’ils recouvrent l'usage de leurs sens. | jt
| Cet exposé des facultés dont sont doués les poissons , tout court q\'il soit, résume bepeñdant ce que l’on sait d’essentiel sur ce sujet : la difficulté d'observer dés animaux qui, pourla plupart, habitent des lieux où l'homme.ne pénètre jamais, limite le champ de nos recherches ; ; etles pêcheurs , ces hommes: pratiques’ qui, dans leurs courses ont tant d'occasions d'observer les mœurs et les habitudes des poissons , ignorans où: peu zélés, racontent trop rarement ce qu ’ilsônt vu et ne le
publient jamais.
» "a ' ve, Sr 5 “1. Les poissons sé nourissent en nangeant d’autres poissons, des mollusques , des articulés ‘des oiseaux, et des raimmiifères ; très péu sont herbivores,
“a Beaucoup d'entre eux sont féroces.
‘3. Ta plupart sont Stipides.
h. Quelqués-üns sont rusés.
5. On en cite un qui ayant une grande force musculaire et des arinés püissantes , né combat que pour se défendre.
DES POISSONS. 215 6. Plusieurs forment entre eux une sorle de société. 7. Six espèces de Dopns seulement s'unissent pour l'acte ne la génération. | à . Ilsne soignent pas leurs petits; ur Dése les man gent. | | . & «9. Un seul se creuse une demeure , mais beaucoup s’en foncent dans la vase ; d’autres se nel la tête dans la terre pendant 1a saison glaciale. : EN +10. Les émigrations des D ont pour but la recherche d’un lieu propre à la pente et à la ROUES des œufs... b
” ù 7 yporssons. i * & LÉ x
Le si ds facultés intellectuelles est l'encéphale; mais les facultés oh diverses et les encéphales, diffèrent les uns des autres’, il à agit de déterminer quel rapport il y à entre ces variations ‘ou, En d’autres termes, . de. savoir si une certaine capacité intellectuelle correspond à un volume déterminé de substance encéphalique, et si chaque faculté spéciale correspond à une forme déterminée d'une portion quelconque de cette substance. J’ai déjà touché ce sujet à l'occasion des mollusques et des articulés ; maïs l’impossibilité de faire une appréciation rigoureuse de la forme et du VéIaEs du ganglion! céphalique, chez la plupart de ces animaux, ne n'a pas pérmis d’examiner»alors la question dont il s'agit ici. à 5
"Quant aux encéphales des poissons, js se divise én deux ordres bien distinets, celui des chondroptérygiens et celui des poissons ordinaires. Jetez un coup-d "œil sur la planche deuxième et voyez la grande analogie qu’il y a entre l'encéphale de la baudroie, de là morue, du brochet, du.rou-
get et même de l'anguille ;” “et jugez de la différence que présentent ces encéphales avec celui de squale-renard. Les autres squalés et les raies ont avec ce dernier une ressemblance très gygnde, ainsi qu’on en pourra juger, si on veut bien le comparer avec Gelui du requin (1), du squale glauque (2),.du rochier (3), du ‘mélandre (4), et de la raie batis (5). Ces derniers ont tous des lobes olfactifs très développés, un lobe cérébral volumineux et un long cervelet; ils ressemblent aux poissons osseux, principalement par les lobes optiques. Entre eux, ils n'offrent que de légères dissemblances; le lobe olfactifdu requin (squalus carcharias) est encore plus, considérable que dans les autres squales et que dans les raies; Ë le ganglion céphaliqne est moindre dans la petite roussetté ou rochier que dans la grande roussetle (squalus cantcula); dans la raiebouclée, les, lobes sont peu prononcés , peu saillans , tandis qu'ils le sont beaucoup dans la grande roussette , le squale renard et le requin. Le cervelet est l’organe qui présente les plus notables différences ; lisse comme tous les autres ganglions chez les poissons osseux , sa surface présente dans la raie bouclée , une dépression crucialeet en arrière quelques dépressions oo que-l'on retrouve aussi chez le squale rochier et la grande roussette, et qui se creusant davantage chez le squale-renard et le requin; se convertissent en véritables lamelles. analogues aux circonvolu- tions cérébelleuses deswiseaux et des mammifères. J'ai compté: huit lamelles complètes, c’est-à-dire allant de droite à gau-
(1) Publié par Axfakys
(2) Publié par Rolando}\
(3) Publié par Desmoulits.
(4). Publié par le même,
(b) Publié par M, Swan, M. Marlin Saint-Ange a aussi publié une excel lente figure de l'encéphale de Ja raie, mais il n’a pas indiqué sur quelle espèce
1] l'avait pris.
che, sans aucune intérruption, sur le cervelet du squale-renard, et quelques autres circonvolutions très petites et incomplètes; dans le squale-glauque, Folando en a figuré dix.
Chez les poissons osseux , l'encéphale varie aussi sur plusieurs points. Le lobe optique est assez uniforme , mais le lobe olfactif n’est pas, à beaucoup près, également développé chez tous , quelquefois, ainsi que je l'ai dit ailleurs, il est double, tandis que d’autres fois il existe à peine ou se confond avec le ganglion cérébral. IL’est très petit dans la baudroie, le brochet, le rouget.'et devient plus considérable dans la morue. Chez le xiphias, il est cinq à six fois plus gros que le ganglion olfactif, et il est double de celui du cervelet. Je ne connais aucun poisson qui ait le ganglion cérébral, comparé aux autres ganglions encéphaliques , plus considérable que le xiphias. Le cervelet très petit dans la baudroiïe et le brochet, estallongé dans le rouget et la morue, et tend à se rapprocher du cervelet des raies et des squales.
Sous le rapport des facultés, ainsi que nous vdns vu dans le précédent article, les poissons peuvent se diviser en plusieurs catégories : les stupides, c’est .le plus grand nombre, les féroces, les rusés , les industrieux , les sociables et les amoureux. Par amoureux, j'entends ceux chez lesquels la fécondation s'opère au moyen de l’union intime des deux sexes. En tête des poissons féroces : sontle squale et le brochet; tous deux également sanguinaires , dévastateurs , insatiables , ils règnent en véritables tyrans, l’un sur les eaux salées, lautre sur les eaux douces ; tous deux ayant recours à la ruse la font servir à l’assouvissementde leurs appétits gloutons. Insociables au même degré, si on les trouve réunis, chacun avec ceux de son espèce , c’est parce que ensemble ils cherchent une proie ; mais s’ils n’en rencontrent pas, ilsse livrent entre eux des guerres acharnées. Ils. diffèrent cependant en un point,
Je RU mâle s unit au squale ouelle ce que ne fait pas le brochet. | Comparons les encéphales (Voyez planche 11) ; ils sont aussi éloignés l’un del aure quant à à la forme, qu’ un encéphale de poisson puisse être éloigné de lencéphale. d’un ‘autre poisson. Ce sont les deux extrêmes. Là morue “animal des. plus stupides , est plus rapprochée | dü squale-renard , en ce qui Concerne son encéphale, que 1 brochet, Chez le brochet, c’est le ganglion optique qui l’ emporte Sur-les autres, chezlle squale- renard; c'est le gânglion été de 6 cervelet du squale-renard est énorme ettraversé par des. lamelles dont on n’aperçoit pas la moindre trace chez le brochet, Ici se PRÉ sente une question ÉREbngiqRe la première que j aié à examiner et sur uu point qui, au dire des phrénologistes, est des
mieux établis. Le squale-renard;, ainsi que les autres squales
et les raies ont de l'amour, au moins de l'amour physique, et leur cervelet a une organisation plus parfaite. que celle de presque tous es autres poissons. Y a-t-il à corrélation, rapport de cause à effet, ou simple coïncidence? les phrénologistes établissent que le cervelet est l'organe ‘de l'amour, physique ,
que si le cervelet est peu développé, l'amour est faible; que, s’il est grand, l'amour est passionné ; que s’il est malade, l’amour S’altèré ; et pleins de confiance dans cette “opinion, ils vontexaminant la nuque des uns etdes autres, dans le monde,’ dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les prisons, dans les bagnes, et disant à chacun quelles sont et l'intensité et la variété de ses penchans amoureux. J'ai toujours ambitionné de posséder cette science aussi, belle au, moins que ja selence divinatoire, et toujours elle: m'a fui. Dans ma jeunesse, je Woyais Spurzhein découvrir sur uné tête, telle saillie que je n'apercévais pas, eldans un cerveau, tel volume comparatif qui ne m'était pas démontré. Doutant de la justesse de mon coup-d'œil, car souvent j'étais lé seul parmi les assistans ,
qui ne pouvais voir. comme Spurzheim , je pris le compas et lbalance, } puis plus tard le scapel, et je passai du doute à l'incrédulité, La manière dont Gall appréciait le volume et dans. céPlains cas, la turgescence de l’encéphale ou des différentes parties de cetorgane, n'avait jofauns paru singulière. Pour peser le cervelet, par exemple, il de prenait dans la main et jugeait deson poids; pour en connaître les dimensions, il le mettait dans l'eau et jugeait de son élargissement. (1). Quant à Ja turgescencé, Gall comparait l'état du cervelet des oiseaux, par: exemple, ‘au priniemps et en automne ; il déci- dait qu'au printemps là turgéscence avait augmenté, et il faisait remärquer.que cétte saisonest celle des amours (2). Pour admettre ces faits comme réels, il fallait avoir une grande confiance dans l'exactitude d’un coup-d'œil, dans la fidélité * d’un souvenir ; et cette confiance, jé ne l’ayais pas. Dès-lors, je résolus d'observer, de peser, dé disséquer. Abordant la question des rapports de l'intelligence , des passions et des instincts avec le développément des centres nerveux, non pas:pôur prouver üne doctrine, mais pour en chercher une, je m'attachai strictément ét sans idée préconçue à l’observation des faits. Ceux qui liront mon livre jusqu'au bout, diront Si j'ai eu raison d’avoir chosi cette route.
Pour obtenir sur le rapport de là perfection du cervelet des pots os ét lé développement de leur amour quelque donnée satisfaisanté , il faut chercher d’abord sil ÿa coïncidence entreces deux faits. Eh! bien, cette coincidénce n’existe même pas. Les squalés, les raiés, les chanères, les syngnathes , les blenniés, lés silurés , et les anguilles préséntent le phénomène de l'union sexuelle, et parmi eux il y a séülément un cértain nombre d’espècés de squales ét de raïes qui aient
(1) Sur les fonctions du cerveau, FRS 5, p. 455. |
(2) Ibid, page 281.
des tHeuês au cervelets la petite et la grande roussette n’en ont pas, il en est de même de la raie.batis : ces trois dernitts animaux présentent seulement de très légères, dépressions :jez ne sache pas que l’on ait examiné sous. ce point dêvue, les syngnathes, les blennies et les silures ; ainsi $ pôttr ce qui les concerne , je reste en Suspens : quant à à l’anguille, il est hors de doute que son cervelet n'a pas de lamelles’et qu'il y a, chez elle, comparativement moins de cervelet que chez la morue; et cependant elle exerce l’acte de la copulation, de la même manière que les squales et les raies: Si, pour surabondance de preuves, on compare le cervelet de la morué qui ne présente pas le phénomène de l'union sexuelle , à celui des chiens de mér ou roussettes On leur trouvera une analogie presque complète, et l’on aura ainsi , pour le même organe, des fonctions différentes.
Ainsi, d’une part copulation avec un cervelet très développé et avec un cervelet à peine développé; et d'autre part absence de copulation avec un cervelet bien développé; d’où il faut conclure qu'entre l'acte de la copulation et la perfection ‘du
cervelet, il n’y a , chez les poissons, ni corrélation, ni même coïncidence ; or la copulation étant le phénomène principal de l'amour physique, il est rationnel de conclure que l'amour physique ne réside pas dans lecervelet, chez les poissons.
Quant à la ruse, elle n’a pas plus que l'amour physique, un développement ou siège particulier appréciable, dans l’encéphale des poissons, car la raie ‘et la baudroie (v. pl. 11) qui sont deux animaux doués de ruse, ont l’une et l’autre un encéphale très différent; l'encéphale de la raie ressemble à celui des squales, et l’encéphale de la baudroie à celui du brochet; or la raie et le squale n’ont pas les mêmes instincts, pas plus que la baudroiïe et le brochet.
Nous ne possédons malheureusement qu’une assez mauvaise
figure du xiphias gladius, ou xiphias espadon, c’est celle qui a été publiée par Arsaky A), toutefois on y peut distinguer de très petits ganglions olfactifs, des ganglions cérébraux très considérables ; des tihéMules optiques recouverts en grande partie par l'extrémité postérieure du lobe cérébral, et un cervelet allongé à-peu-près comme chez le chien de mer, mais saffs aucune dépression. Ainsi le volume le plus considérable appartiendrait au cerveau, ce qui se trouverait en harmonie parfaite avec le développement intellectuel du xiphias, considéré d’une manière générale, mais ce qui ne nous apprend rien sur le siège des qualités ou des facultés spéciales dont ce poisson est pourvu. |
La première conséquence à tirer de ces vaits, c’est qu'il ne faut pas attribuer à la forme qu’affecte la substance nerveuse encéphalique, un très grande importance ; en effet, rien ne prouve ‘que, chez les poissons, elle corresponde avec le développement ou la nature des facultés. Sans doute, on doit la prendre en considération, mais la regarder” comme pouvant servir à indiquer les attributs de la substance cérébrale, c'est s’exposer à de nombreux mécomptes. Avec des formes très simples, le système nerveux des inséctes donne des produits* extrêmement variés, tandis que les poissons qui par la division de la masse encéphalique, se placent au-dessus des insectes, sont, quant à leurs facultés, fort au-dessous, des araignées, des fourmis et des abeilles. Ampère a placé sur le même échelon, dans des séries parallèles, les crustacés et les pois- Sons ; les Ain de.ces animaux sont en effet très anglo phalique des uns Êe des autres, une très grande différence. La comparaison du volume de la substance nerveuse encéphali-
(x) Op. cit. pl. 1, fig. 5 et 6.
que, à celui du corps entier et à celui de la moelle épinière, et des nerfs, foupnira des: données plus satisfaisantes, mais ce n’est pas encoreici le lieu d'en parler.
Le degré d'ouverture de l'angle facial ou angle de Camper, s'applique à la détermination du degré d'intelligence des poissons, d’une manière aussi malencontreuse que la phrénologie, On sait queCamper tirait une ligne qui, partant du frôht, descendait jusqu au bord alvéolaire de la mâchoire supérieure ef qu’il coüpait cette ligne par une autre qui, partant dwtrou occipital, se prolongeait.en avant, pour aboutir au même: point dela mâchoire. Le degré de l'angle fotmé par la réunion de ces deux lignes indiquerait, s’il estgrand, une grande intelli- gence ; s'il est aigu, de l’imbécillité. Cette règle appliquéeaux poissons tomberait plus d’une fois à rebours ; le xiphias à sur la mâchoire supérieure, un prolongement osseux qui a jusqu'à deux mètres. de longueur ; et les poissons si habiles à chasser aux insectes , tels .que spare trompeur et le zée ont une sorte de bec allongé en forme de tuyau, qui rapetisse singulièrement leur angle facial et mettrait au-dessus d'eux la stupide morue.
RÉSUMÉ. s :
1. La forme de l’encéphale des poissons ne correspond pas avec la nature et le développement des facultés dont ces, ani= maux sont pourvus. +: j à 2. La lamellation du cervelet, indice du perfectionnement me cet organe , n’est pas liée au. phénomène: we x qui ca= ractérise l'imour physique. |