‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 53 sur 144 · IV. RECHERCHE DU SIÈGE DES FACULTÉS DÉPARTIES AUX OISEAUX · texte numérisé non relu

IV. RECHERCHE DU SIÈGE DES FACULTÉS DÉPARTIES AUX OISEAUX

Déterminons les variétés que présente l’encéphale des oiseaux, afin de construire, pour ces animaux, une échelle qui serve à les classer; nous vérrons ensuite,si ce classement correspond au développement des'facultés dont le paragraphe précédent contient une’esquisse.

Le poids de l'encéphale (1), comparé au poids du corps, varie depuis 12 jusqu'à 3600 ; la moyenne est de 212, c’està-dire que l'animal entier est 212 fois plus pesant que son encéphale. En jetant un coup-d’œil sur le tableau qui à fourni cette moyenne, on voit de suite qu’elle est défavorable au plus grand-:nombre des oiseaux , car sur 37 oiseaux portés au tableau , il y enas6 seulement placés au-dessus de la moyenne ; toùs les autres sont au-dessous , tellement que chez ceux qui se trouvent le mieux partagés, l’encéphale est en poids la douzième partie du corps. Les oiseaux dont l'encéphale est comparativement le plus petit, sont des oiseaux appelés pesans et des oiseaux domestiques, qui, nourris dans les basses-cours, prennent.un accroissement de volume qu’ils n’ont jamais à l’état de nature. Malgré cette condition défavorable.à la détermination d’une moyenne qui exprime réellement le développement comparatif de l’encéphale et celui du Corps des oiseaux, cette moyenne place les oiseaux bien loin des reptiles, et plus loin encore des poissons. En effet , nous avons eu pour. rapport Moyen :

Chez les poissonsu(2),....: S 1 à 5668 Ce Chez les reptiles (3). ....... #1 à 1321 Etchezles Oiseaux; nous avons … 1 à 212

Ce qui donnetaux oiseaux environ sept fois plus d'encéphale qu'aux-Jeptiles , et deux cent sept fois plus qu'aux poissons.

Comparons maintenant les oiseaux Les uns aux autres. Dans quelle partie du tableau tfouverons nous les viseaux Jes plus intelligens ? Si c'était une loi rigoureusement vraie pour les individus comme pour les classes , que le poids du cerveau füt en rapport directdu développement intellectuel, les pre-

(x) Voyez précédemment, page 284, (

(2) Id!,, page 164. ÿ ÿ

(3) Zd., page 134. .

miers, parmi les ‘oiseaux -inscrits au tableau , craisaitles mésanges , les derniers seraient l’autruche, et l'oie “ entre eux, et à une égale distauce des uns et des autres, se trou, veraient la pie , le perroquet, le choucas, l'alouette et 1e merle. Mais il n’en est pas ainsi : l’oie et l'autruche ne sont pas des animaux stupides;,et ce que nous savons d'elles nous oblige à les regarder comme supéricurés aux mésanges.

Quant aux perroquets, à la perruthe , au geai, à la pie, [a place qui leur doit être assignée n’est assurément pas après celle des mésanges, mais au-dessus d’elles, et même au-dessus de tous les autres aïiseaux.

La comparaison du volume du cervelet à celui du cerveau donne un résultat différent (1); elle fournit un classement des oiseaux qui est assez en rapport avec leur état psychique. Elle place en tête le choucas, la pie et le perroquet; à Ja fin elle met les vanneaux. Ce classement ,, qui exprime que les premiers ont un cerveau plus gros que les derniers, est presque celui que l’on suivrait ,, s’il s'agissait de mettre les oiseaux dont il est question à la suite les uns des autres, d’après le décroissement de leur intelligence. g

Le poids de là moelle.allongée comparé À celui du cerveau, dérange un peu cet ordre (2), mais, sous plusieurs rapports, on peut dire qu'il le rectifie : car le perroquet se place le premier; le coq et le combattant, deux animaux très ardens en amour et très jaloux, sont à côté lun de l’autre, et le geai vient après la pie. |

Des deux tableaux qui précèdent, on peut tirer cette conclusion, Savoir : que le cerveau, comparativement au cervelet et à la moelle allongée, est d'autant plus développé que les oiseaux sont plus'intelligens.

(1) V. page 286.

fa) V,, page 287.

3n6 * RECHERCHE DU SIÈGE DES FACULTÉS

Le rapport de l’encéphale avec les nerfs fournit un résullat analogüe, ainsi que M. Tiedemann l'avait déjà établi pour les mammifères comparés à l’homme. J’ai mesuré le volume du cerveau et celui des nerfs optique , moteur comwiun dés yeux et pathétique du chardonneret, de la poulé, du vänneau, de là perruche et de la pie (4). Les deux derniers animaux ont comparativement les plus petits nerfs, et par conséquent les encéphales les plus volumineux ; ainsi, le rapport du nerf optique du chardonneret au cerveau du même oiseau, “est comme 4 est à 166, tandis que les mêmes parties

sont, chez la pie, dans le rapport de 1 à 1417. Je dois faire

remarquer, cependant, que la pie est encore ici dans des conditions plus favorables , et plus haut plarss que la perruche. |

La comparaison du poids de l’encéphale avec celui . la moelle épinière , donne de nouveau l'avantage à la pie sur le perroquet et sur lesautres oiseaux. La pie a la moelle épinière égale à un peu moins dusneuvième de l'encéphale , le vanneau à plus de la moitié. Le perroquet est entre les deux, mais beaucoup plus près de la pie que du vanneau.

J usqu’ à présent, je n’ai eu égard qu'au volume absolu de l'encéphale ou à son volume relatif, j'arrive à ce qui concerne la forme de cet organe. Je n’ai pas à parler ici de la forme de la moelle épinière ni de celle des lobes optiques, ces parties n'ayant pas une relation directe avec la production des phénomènes intellectuels. Quant au cervelet, je n'ai pas non plus à en parler, parce que sa forme ne diffère pas sensiblement dans les diverses familles d'oiseaux : reste donc le cerveau considéré dans soû ensemble et dans ses parties.

Le tableau indiquant le rapport (2) qui existe entrelle dia-

(x) V. page 287.

(2) V. page 290.

DÉPARTIES AUX OISEAUX, | 947 mètre transvérse et le diamètre antéro-postérieur du cerveau, classe les oiseaux d’une manière assez remarquable » La prémière chose à noter dans ce tableau, c’est que presqué ‘toi, les oiseaux ont le diamètre transversal du cerveau plus long que le diamètre antéro-postérieur; nous tiéndrons compte de ce fait quand. nous aurons à comparer le cerveau des oiseaux avec celui des mammifères, et surtout'ävec celui de l'homme. Les perroquets sont placés en tête du tableau et groupés les uns près des autres; la chouette, la buse, le coucou sont à la fin. Les premiers ont tous le cerveau plus long que large, et ils sont les plus intelligens des oiseaux; les autres.ont tous le cerveau beaucoup plus développé latéralement que d'avant en arrière, et ils sont généralement regardés comme stupides. La buse et le perroquet sont aux deux extrêmes pour le développement latéral du cérveau, ils sont également. aux deux extrêmes pour l'état intellectuel. Ne faudrait-il pas conclure,de là que l'élargissement latéral du cerveau est un signe de stupidité, tandis que son développement d'avant en arrière est un signe, ou plutôt une condition d'intelligence? Comme tendance générale, jé crois cette conclusion vraié : mais je n’en ferai pas une loi, car cette loi serait sujette à de trop nombreuses exceptions : ainsi, le pigeon serait trop près de la chouette; la pie, le corbeau seraient trop éloignés. du perroquet, les mésanges devraient se trouver au bas du tableau et non audessus du coq et de la pie.

Le rapprochement des perroquets entre eux, celui des canards et de la sarcelle, celui des mésanges, celui de la “buse, de la chouettes et. du coucou, quelques autres encore indiquent un groupement naturel de ces oiseaux, groupement qui a pour base la largeur du cerveau comparée à sa longueur. Mais le rapport entre ces dimensions et la capacité psychique n’est pas la même pour d’autres espèces. Deux pigeons sont

placés assez loin l’un de l’autre, deux poules également, il ent est de même des pies.

Gall aurait trouvé, s’il faut l’en-croire, une différence constante entre le cerveau des oiseaux mâles, et celui des oiseaux femelles ; ; et cette différence serait de pature à faire varier, suivant les sexes, le rapport entre le diamètre transverse et le diamètre antéro-postérieur du cerveau. « J'ai examiné (ce sont les paroles de Gall (1), autant qu’il m'a été possible, les crànes des oiseaux, depuis les plus petits jusqu’ aux plus grands, et des mammifères, depuis la musaraigne jusqu’à l'éléphant, et j'ai trouvé partout que, dans les femelles, la partie-cérébrale qui correspond à l'organe de l'amour de la progéniture chez l'espèce humaine, est plus développé que:chez les mâles. Que l'on me présente dans l’eau les encéphales frais de deux animaux adultes quelconques, lun mâle, l’autre femelle, et je distinguerai les deux sexes, sans me tromper jamais. Dans le mâle, le cervelet est plus. grand, et les lobes postérieurs sont plus petits; dans la femelle, au contraire, le cervelet est plus petit et les lobes postérieurs ou la circonvolution affectée à cette fonction, sont plus gros.et surtout plus longs. Lorsque ces deux organes se prononcent distinctement sur le crâne, je suis en état aussi de discerner les deux sexes, par la seule inspection de la boîte osseuse. Dans celles des espèces où la différence de l'amour de la progéniture est très grande d’un sexe à l’autre, les crânes diffèrent quelquefois tellement par leur forme, qu'on en trouve dans certaines Collections, qui figurent comme des espèces différentes, ou du moins Comme des variétés de la même espèce, quoiqu’ils proviennent d'individus dE la même variété , mais de sexe différent. »

(1) Sur Les fonctions du cerveau, towe rt, p.454

DÉFARTIES AUX OISEAUX.

Buffon (1) avait dit avant Gall: «Lé mâle et la femelle, dans ies quadrupèdes, n'ont que des différences assez légères; ces différences. sont plus grandes et bien plus apparentes Dane les oiseaux; souvent, chez ces derniers, la femelle est si différente du mâle par la grandeur ét les couleurs, qu'on les croirait chacun d’une espèce diverse. Plusieurs de nos naturalistes, même des plus habiles, s’y sont mépris et ont donné le mâle et la femelle, d’une même espèce, comme deux espèces distinctes et séparées ». La possibilité de prendre 1e mâle et Ja femelle.de:certaines familles d'oiseaux pour des espèces. différentes, avait. donc été prévue par Buffon; mais Buffon ‘donne comme moyens de distinguer , les sexes, des caractères purement extérieurs, Gall donne des caractères tirés de la con- Jormation du. crâne: Gall ajoute (2): à ce qu'ila dit précédem- “ment : « Dans les femelles, les hémisphères du cerveau Sont plus développés, plus larges, plus longs et plus hauts que dans les mâles, et C’est pour cela que le crane des femelles est plus large, plus long, et plus bombé dans. la région correspondante », puis ik indique; à là partie supérieure du crâne de la dinde et de-la poule;:et au niveau des yeux, une saillie qui n ’existerait pas ét qui, en effèt, n'est pas figurée sur les crânes du coq et du coq- -d'inde..(3) 2

Les observations ‘de Gall ne sont pas du tout. concluantes ; les assertions qu'il émet. sont au moins ‘hasardées.

À la seule inspection du crâne, distinguer les deux sexes, sans se tromper Jamais : f Quand on s'exprime ainsi, on doit s'attendre à n'être pas cru sur parole. Au moment où j'écris,

FA

(x) V. Plan de l'ouvrage sur les-oiseaux.

(2) Op. cit., p. 456.

(3).V. l'Atlas in-fol. de Gall, pl. LVIT; la fig. 1°° représente le crâne de la poule, la fig. 2 celui du coq; la fig. 3 celni de la dinde et Ja fig, 4 celui du coq-d’inde,

350 RECHERCHE DU SIÈGE DES FACULTÉS j'ai sous les yeux et tout, près l’un de l’autre, le. crâne d’une poule et’ celui d’un , coq; que j'ai connus tous. deux dans la basse-cour où on les a° élevés; la poule couvait bien, le coq était aussi ardent que, le sont ses pareils : ainsi sous Ce rapport, ils étaient l un et l'autre dans: des conditions normales. Cependant, - à l'endroit du crane désigné par le chiffre st dans la planche de Gall, il y a Sur les crânes que j'observe une saillie, mais cette saillie est plus fortement prononcée sur le crâne du Coq que sur celui de la poule, ce qui du reste, a également lieu pour toutes les autres saillies, du crane. La me que cette. saillie oCCupe sur le crâne, x l'endroit indiqué FES EEUE A est pas d’ailleurs en rapport avec Ja partie du cercé que Gall et ses partisans regardent comme étant plus développée: chez les femelles que chez’ les mûles; elle est en avant. de la cavité crânienne. et correspond par conséquent à la partie antérieure du cerveau, et non pas à sa partie postérieure, comme il faudrait que cela fût pour que le cervelet des femelles restt moins à découvert que’celui des mâles.

En. yoyant cette erreur "de Gall partagée par tous les phrénologistes, on ne peut S empêcher, de faire la remarque qu'ils ont bien plus souvent. étudié le crâne .que! le Cerveau, cesen quoi “ils” ne sauraient) être: excüsés, car lorsqu'on à la prétention de montrer ‘dans un organe “des. dispositions jusqu’ alors inaperçués, il faut s'attacher à ‘connaître exactement cet organe et ne pas se borner à en décrire l’enveloppe, Les expressions dont Gall s'est servi constatent d'ailleurs un fait qui n'est pas en rapport. avec l’épinion. qu il a émise, sur la forme du cerveau des femelles d'oiseaux, comparée à celle ‘du cerveau des mâles. Si les hémisphères du cerveau des femelles sont plus développés, plus LESeS) plus longs.et plus hauts que ceux des mâles; c'est seulement parce qu’ils sont plus grands chèz les femelles que chez les mâles, ce

DÉPARTIES AUX OISEAUX. 251 qui s'accorde parfaitement avec le développement relatif du corps des uns et des autres ; Car, c’est un fait bien connu, que les oiseaux femelles. sont, dans la plupart des-espèces, plus gros et plus grands que les oiseaux mâles. Il ne faut pas pour cela invoquer une différence de développement relatif de telle ou telle partie du cerveau, parce qu'en réalité, on ne constate pas autre chose qu angdifféréped de développement de la masse totale du cerveau.

Pour ce qui me concerne, je déclare n'avoir pas: trouyé de différence entre le développement relatif de telle ou telle partie du cerveau chez les oiseaux, suivant qu'ils étaient mâles

ou femelles, etje regarde comme erroné tout ce que les phrénologistes ont rapporté sur ce sujet. |

Gall assure qu'il existe une grande différence eñtre le développement latéral du cerveau. chez les QIseaUx timides et chez. les oiseaux courageux; il va même jusqu’à en trouyer une très notable entredg, cerveau du coq'du combat et celui du coq ordinaire (1); mais malheureusement, re est toujours sur l'étude des crânes qu’il fonde cette opinion; ce sont des crânes qu’il décrit , et encore n’en donne-t-il que la forme extérieure, Si Ja doctrine de Gall est vraie sur ce point, LUS | devrons trouver un courage égal, ou à-peu-près égal chez les oiseaux dont le diamètre transverse du cerveau, ‘comparé au diamètre antéro-postérieur, sera lemême.Or, il faudra placer ensemble, d’après le tableau que j'ai dressé pour cet objet, le pic-vert et la mésange à tête bleue, la mésange nonnette, le moineau et lé serin, le-coq et la poule, le bruant et la pie, le combattant et la poule, le perdreau et le corbeau noir. Faire ce rapprochement , on s’en aperçoit de suite, c’est as-

(1) V. Op: cit.,t. 1v,.page 26, et Atlas, pl. 64, fig. 3, représentant le cräne du coq du combat, et fig. 4 celui du coq ordinaire.

similer les uns aux autres, des oiscaux doués de courage à des degrés très différens, en même temps qu’on en éloigne plusieurs qui se ressemblent réelleméntsous lerapport du courage.Ainsi, comme oiseaux courageux, il faudrait que l’ élargissement du cerveau réunit dans un même groupe, lamésange à tête bleue , le moineau, la pie, le coq, lescombattant et la pie-grièche ; et que dans.un groupe opposé au premier, fussent placés les oiseaux timides, tels que le pic-vert, la sarcelle, la fauvette, le pigeon, leperdreau et là buse. L'observation, la mensuration exacte des cerveaux donnent, sur Ce point, un nouvéau résultat entièrement opposé à la théorie de Gall. Si le pigeon, la chouette, la buse et le coucou né sont pas plus courageux que la pie-grièche, la pie, l’autour,e.combattant, le coq et la mésange , il est complètement faux de dire que les animaux courageux ont le cerveau plus large que lesanimaux timides; car chez les premiers , le diamètre transversal du cerveau, COM paré au diamètre antér@spostérieur, est plus long que chez les derniers.

Si le tableau dressé par M. Lélut et dont on a vu plus haut le résumé (), ne conduit pas directement au résultat que j'ai obtenu, il le fait au moins pressentir ; car il attribue un développement latéral de la tête plus considérable chez les oiseaux frugivores qué chez les oiseaux carnassiers-insectivores.

* Mais il ya dans la répartition de la masse cérébrale un fait que les diamètres précités ne révèlent pas et qui à pourtant une grande importance, en ce qu'il différencie complètement le cerveau du perroquet de celui de tous les autres oiseaux ; c’est l'épaisseur du cerveau et sa hauteur. Les oiseaux même les mieux pourvus en intelligence après le perroquet, comme la pie, le corbeau, ont, à la partie antérieure, le cerveau

(1): V. page 289.

prolongé en une pointe assez effilée qui contribue à en augmenter le diamètre antéro-postérieur, sans cependant que le volume du cerveau soit dans un rapport direct ayéc cet allongement; le cerveau du perroquet,au contraire, se rétrécit moins en avant que celui de tous les autres oiseaux, il est là volumineux et arrondi ; en arrière, une différence analogue se rencontre également, l'extrémité postérieure du cerveau dépasse de beaucoup les tubercules quadrijumeaux chez le perroquet et chez la pie, mais chez le perroquet, elle est presque sur le même plan que le cervelet qu’elle recouvre ainsi en totalité ou peu s’en faut, tandis, que chez là LE le cervelet reste plus à découvert.

Le prolongement de la masse cérébrale en avant eten arrière, Serait-il un caractère propre à faire distinguer les oiseaux iñtelligens de ceux qui ne le sont pas ? Il n’est pas douteux que la masse cérébrale antérieure du perroquet soit plus considérable que celle de tous les autres oiseaux que j'ai étudiés (et j'en ai étudié un très grand nombre), l'inspection du cerveau de ces animaux suffit pour en donner la preuve. Quant au développement de la masse cérébrale antér ieure, on peut l'apprécier avec encore plus d'exactitude, parce que s'ilest faible, le cervelet et les tubercules optiques sont plus ou moins à découvert; s’il est considérable, les tubercules optiques sont entièrement cachés et le cervelet lui-même est en grande partie recouvert. | , |

La liste suivante contient le nom de quelques oiseaux rangés d'après le degré du développement de leur cerveau en arrière : ceux dont'le cerveau se prolonge ES sur e lobes optiques et sur le cervelet, sont les premiers.

LE

Perroquet, | Pié, Fr Corbeau noir, Choucas, # Canard.

LL Pic-vert.

. Pie-grièche.

. Loriot.

Hirondelle, Moineau.

Mésange.

Fauvette. au même degré, Pipi. | Rossignol.

Bruant.

Coucou. (r) Merle. ‘ GE.

Buse. x r à Poule.

Pigeon.

Cet ordre est très significatif, c’est celui que l’on suivrait si lon avait à prendre pour base de son arrangement, les 2 tés des Oiseaux.

Il n’existe pas de circonvolution à la surface du cerveau des oiseaux; sur le plus grand nombre d’entre eux, on ne voit pas même de dépressions destinées à loger des vaisseaux sanguins. Les oiseaux chez lesquels il existe des dépressions de celte nature ne Sont pas les plus intelligens, car la buse en a un, tandis que le corbeau en est dépourvu. Je reviendrai ailleurs sur ces sillons, et je dirai quels sont les vaisseaux qui les parcourent.

Le volume relatif et la forme de la masse cérébrale des oi-

. (x) Si l'organe de l'amour des petits prolongeait le cerveau en arrière, le coucou , qui n’élève pas les siens, dévrait avoir les lobes optiques plus à découvert que tous les autres oiseaux, et par conséquent être le dernier sur cette Liste. Or, ses lobes optiques sont au niveau du cerveau, tandis que les oiseaux dont les noms suivent le sien, ont tous les lobes optiques encore moins recou-

verts qu'il ne les à.

seaux, est donc en rapport avec le degré d'intelligence de ces animaux ; quant à ce qui concerne la détermination spéciale du siège de chacune des facultés, à leur localisation, j'avoue que, malgré l'observation la plus attentive , je reste dans une ignorance absolue. |

Les phrénologistes. se disent béaucoub plus avancés que moi, sur ce point, et l’un d'eux, M. Vimont, a tracé, sur le crane d’une oie, vingt-neuf divisions indiquant YNét-neuf facultés dont voici l’énumération. Oo |

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