‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 81 sur 144 · DU CERVEAU PES MAMMIFÈRES. LT · texte numérisé non relu

DU CERVEAU PES MAMMIFÈRES. LT

Au-dessus des ventricules,. se trouvent le corps calleux.et le centre ovale de Vieussens ou amas de substance blanche que l’on met à découvert. quand, par une coupe horizontale M, quée au-dessous du niveau du corps calleux, on enlève la partie supérieure de la substance cérébrale: "1

Corps strié! Dans la corne antérieure .du ventriculé, on voit un corps volumineux, pyriforme, ayant sa grosse extrémité en avant et formé de substance grise, : c'est le Corps strié, ainsi appelé parce que dans son intérieur existent des stries blanches qui, du pédoncule cérébral, vont s'épanouir dans l'hémisphère. De la réunion de ces stries résulte ce que Reil appelait couronne rayonnée. és

C'est à tort que l’on a décrit la couche optique comme. faisant partie du ventricule latéral; elle esten arrière et en dedans de ce ventricule dont elle est séparée par la bandelette blanche du lobe d'hippocampe, et par une autre bandelette correspondante à celle-ci, mais qui adhère à la partie supée rieure du pédoncule cérébral, et dont je vais parler.

Bandelette demi circulaire, aussi appelée centrum semicirculare, semi-lunare geminum, lacunar, par Vieussens; limbus posterior corporis striati, par Wibis; frenulum nooum, par Tarin; {ænia semi-circularis, par Haller; bandelette fibreuse du ‘Corps trié ou bandelettestriée par Vicq d’Azyr,est une réunion de fibres blanches qui communiquent par une de leurs extrémités , avec la commissure ARPIPRTES et par l’autre, avec le lobe d’hippocampe. :, 140798 14

La corne inférieure descend presque dans celte émivene du lobe cérébral.qui est placée en arrière de la.scissure. de Sylvius, éminence que M. Serres appelle lobe sphénoïdal; on trouve dans sa cavité. deux sailies etune bandelette.

La. corne d' Amon, ou d'hippocampe, Oüde bélier, pro= tubérance cylindroïde, est la plus considérable de ces sail-

h04 PARTIES INTÉRIEURES

lies; elié est comnie un relief intérieur de la circonvolution d'hippocampe, étc'est d'elle que vient le nom de cette circonvolution : à sa partie la plus inférieure, elle a quelques dieitations très faibles, et une forme déjà apercevable, chez les petits animaux, et très visible chez les grands.

La bundelette de l'hippocampe, orps bordé, corps frangé, tænia cerebri, appartient à la corne d’Ammon par uñe de ses extrémités seulement; elle fait partie de la lyre, elle constitue le pilier postérieur de la voûte. (

La saillie coliatérale de Meckel est située à l'extrémité de la corne inférieure du ventricule, vis-à-vis des digitations de la corne d’Ammon.

La corne postérieure du ventricule, appelée aussi cavite digitale, cavité ancyroïde; n’a été observée que chez l’homme, le singe, le marsouin et le dauphin; on y voit une pêtite saillie appelée petit pied d’hippopotame, petit hippocampe, ongle, éminence unciforme, ergot de Morand, qui vient de la corne d’Ammon : l’ergot de Morand est de même que le pied d'hippocampe,le relief intérieur d’une circonvolution.

Troisième. ventricule. Cest une sorte de fente qui résulte du rapprochement des deux couches optiques, ce ventricule s'ouvre en haut; la voûte dite à trois piliers ou trigone cérébral estplacée sur son ouverture, mais Sans y adhérer.

Si l’on examine le troisième ventricule, on trouve, en procédant d’avant en arrière, une corde blanche transversale que l’on appelle Commissure antérieure (c. a. pl. iv, fig. 3, renard; €. a. pl v, fig. 3, chat, etc.), en arrière et déchaque côté de’ cette commissure, les piliers antérieurs de la voûte (p. a. pl.1x, cerf et cheval, p. a. fig. 1"°), et immédia tement après; uue large commissure grise, appelée commissure IGOVERHE GU molle, qui réupit l’une à l'autre les couches

DU CERVEAU DES MAMMIFÈRES. h05 optiques dans une grande. partié de leur étendue (on voit la section de cette commissure de la couche optique c. 6. pl. 1v, fig. 3 du cerveau du renard; c. 0. pl. v, fig. 3 du chat; pl. vir, fig. 4 du mouton, etc.).

Entre les quatre parties dont je viens de parler, savoir : la commissure antérieure, la commissure molle et les deux piliers antérieurs de la voûte, est une ouverture (pl. 1x, bœuf et cheval, même pl., fig. 1") qui conduit à la cavité principale du troisième ventrieule.

Plus loin que la commissure molle, entre sdb et la glande pinéale (g. p. pl. 1v, fig. 5, elc.) est un second orifice qui, en avant et en bas, conduit, de même que le précédent, dans la cavité principale du troisième ventricule, et qui, de plus, s'ouvre en arrière dans l’aqueduc de Sylvius (a. s. pl. 1v et v, fig. 3; pl. vi, fig. 4, etc.); cette ouverture a pour limites la commissure molle, la commissure postérieure (c. p. pl. 1x, cheval, fig. 1"), et les filamens de substance blanche qui, de la glande pinéale, se portent en avant sur la couche optique.

Le plancher du troisième ventricule est disposé, en arrière, enune sorte de plan incliné qui correspond aux cuisses du cerveau ou pédoncules cérébraux (p. c. pl. vr,.fig. 2 et); en bas, il se termine en entonnoir ou infundibutom in pl. IV et v, fig. 3), dans la matière grise qui entoure le tubercule pisiforme ou corps mamillaire (c. m. mêmes planches et mémes figures) ; en avant et en bas, la paroi du troisième.ventricule est très mince, demi transparente, c’est la pars pellueida de Tarin. . R

La couche optique esi un gros tubercule, placé, sur les cuisses du cérveau, avant leur entrée dans le corps strié ; c/ést a en très grande partie sur . elle que repose la voüte à trois piliers, dont toutefois elle est séparée par un prolongement de larachnoïde (toile choroïdienne). Le {œnia semi-cireularis

406 PARŸIES INPÉRIEURES

la met én dehors de H cavité du vemtricule latéral. Le silton dans lequél est logé le Zmbus posterior corporis striati, Tisole du Corps strié, qui est placé au devant elle; en arrière, elle touche à la paire antérieure des tubercules quadrijumeäñux, et sûr $sà partie interne et supérieure, l’on voit un faiscéau de fibres blanches, qui Se portent de la glande pinéale jusqu'ati lnebus porterior, dont il vient d’être parlé.

‘Deux commissures #ppartiennent à la coucheoptique, savoir la commissure molle, dont l'existence passe pour n'être pas Constante, mais que j'ai toujours rencontrée dans les mammifères, que les frères Wenzel ont vu chez homme 56 fois sur 66, et que M. Cruveilhier regarde, je crois avec raison, come ne mañquant jamais. (1)

Glande pincüle. Elle n'appartient au cerveau que par ses pédoncules, car elle repose sur la paire antérieure des tubereule quadrijumenux. C'est un tubercüle grisàtre, duquel émanent des fibres blanches: qui vont dans des directions différentes; les plus nombreuses s'avancent sur les couches optiqués ét constituent ce qu'on appelle les rènes de la glande pinéale ; ; les autres vont s'unir à la commissure ‘postérieure. Je n'ai jamais trouvé chez les animaux,un autreordre de fibres que M. Cruveilhier a vues, chez l’homme, se diriger vérticaleniént en bas sur la partie la plus reculée de la paroi mtérne du Ventricule moyen.

Les-commissures du cerveau sont le corps calleux, les commissurés antéfieure, moyénne, postérieure, et la voûte à'trois piliers. J'ai parlé des commissures antérieure, moyenne et postérieure ; je vais ei R voûte à trois piliers et le GOrps

- éalleux. ' UE # Corps callbux, grande commissuré de eerveauy mésolobe.

(1) Op. cit., Liv, p. 683.

DU CERVEAU DES MAMMITYÈRES. 407 Cette commissure réunit, lun à l’autre, la partie supérieure dechacun des lobes cérébraux, elle se présente sousila forme d’un corps allongé d'avant en arrière, et placé horizontalement au pied de Ia grande scissure qui résulte du rapprochement des lobes ou hémisphères (c. c. pl. rv, fig. 3 et); sa face supérieure offre des stries longitudinales (chordæ longitudinales, processus A callosi pyramidales, sutura) qui ne sont autre chose" que l'empreinte des vaisseaux sanguins qui la parcourent ‘et des stries transversales qui indiquent là direction des fibres composant l'organe dont il s'agit. Cette face est recouverte par la circonvolution interne. La face inférieure forme la paroi supérieure des ventricules latéraux ; entre ces ventricules, elle adhère à la cloison transparente et à la voûte à trois piliers. Ses bords latéraux se réunissent à la substance blanche du centre ovale ; son extrémité antérieure (genou du corps calleux) se réfléchit en arrière et en bas jusqu’à la paroi extérieure du troisième ventricule ; quant à son extrémité postérieure ou bourrelet, elle est embrassée par la circonvolution interne. | La voûte à trois piliers, les corps franges et la. cloison transparente sont des parties d’un même tout. Entre le corps calleux (c. c. pl. 1x; bœuf et cheval, fig. 4°) et les PTS antérieurs ‘de la voûte, se trouve un espace de forme triangulaire qui est occupé par une cloison mince, opaline (ventriculorum seplum, seplum cerebri medium, septum pellueidum) formée de deux lames, entre lesquellestexiste un petite cavité (ventricule de la cloison, premier ventricule, cinquième ventricule, sinûs du système médian). Tarin admet que ce ventricule communique avec les ventricules latéraux, par une petite fente qui s'ouvrirait entre les piliers antérieurs de la voute. M. Cruveilhier Q@) n'a jamais pu la voir chez

(1) Op. cit, LV, p.676.

h0$S . PARTIES INTÉRIEURES

l’homme , je ne l’ai.pas non plus observée chez les animaux. Quant la voûte, elle est formée de deux piliers latéraux longs et flexueux qui s'étendent depuis la couche optique jusqu’à l'extrémité du pied d’hippocampe. À la partie inférieure etinterne de la couche optique se trouvent, dans l'épaisseur même de l'organe, des faisceaux fibreux bien décrits par Gall, mais qui avaient déjà été indiqués par Sabatier (1) et Reil (2); ces faisceaux qui descendent en convergeant, viennent.former le tubercule mamillaire, eminentia candicans (e. m. pl. 1v, chien, fig. 2), que l’on voit à la base du cerveau, au milieu de-la matière grise (fwber cinereum) de l'infundibulum. Là, les fibres, dont il s’agit, se contournent sur ellesmêmes, et remontent pour se placer entre la commissure antérieure et la couche optique. Jusque au-dessus de la couche optique, les fibres du.côté droit et celles du côté gauche, réunies en un double faisceau suivent une méme direction; mais làs elles divergent, et séparées qu’elles étaient du corps calleux, par la cloison transparente, elles s'unissent à la parlie postérieure du corps calleux, pour se porter sur le pied d'hippocampe qu'elles accompagnent dans toute son étendue jusqu au bec inférieur du ventricule latéral, sous la forme d’une bande désignée sous le nom de corps frange ou borde! . Les piliers de Ia voûte croisent donc les fibres du corps calleux, puisque les unes sont antéro-postérieures, tandis que les autres sont transverses. La réunion de ces fibres à été comparée à une dyre, psalterium, corpus psalloïdes, dont les corps frangés seraient la monture, et les fibres du corps calleux, les’ cordes. æ Au-dessus de l'ouverture antérieure du troisième .ventricule, le pilier dela voûte n’est pas si exactement appliqué sur

(x) Mémoire sur quelques particularités du cerveau. {2) Archiv, du phys.,t, xt, p. 106. V, aussi Lauth, op, cel, (29 sr j.

DU CERVEAU DES MAMMIFÈRES. h09 la couche optique, qu’il s'oppose à toute communication en tre le troisième ventricule et le ventricule latéral; l'intervalle que le pilier laisse en cet endroit s'appelle le trou de Monro; il est ovalaire, et sa dimension varie beaucoup suivant que les ventricules contiennent une quantité plus ou moins grande de sérosité, c’est-à-dire suivant que la sérosité a plus ou moins soulevé la voüte, en même temps qu'elle a écarté les parois des ventricules.

Tubercules quadrijumeaux, corpora bigemina, tubercula globosa : complètement cachés dans presque toutes Les espèces de mammifères, par le prolongement en arrière des lobes cérébraux, ces tubercules se présentent sous la forme de quatre éminences solides, les antérieures grisâtres, les postérieures blanches; elles sont continues par leur base et constituent évidemment des parties d’un même tout. Fixées sur les cuisses du cerveau, en avant et au-dessus du pont de varole, elles sont soudées, en avant, à la couche optique, en dehors elles sont en rapport avec les corps genouillés; en arrière elles communiquent au cervelet par l'intermédiaire d'une toile nerveuse mince, appelée valvule de Vieussens, laquelle est traversée par la racine du nerf pathétique (r. p. pl. 1x, bœuf et cheval, fig. 1). Au-dessous des tubercules quadrijumeaux, règne un canal qui s'ouvre en avant, dans le troisième ventricule et en arrière, dans le quatrième, c’est l'aqueduc de Sylvius (a. spl. vir, fig. 4).

Deux autres tubercules situés sur le pédoncule cérébral, en arrière et au-dessus de la paire postérieure des tubercules quadrijumeaux, les corps genouillés interne et externe, existent également entre le cerveau et le cervelet (pl. 1x, cheval fig. 2, c. g.). Le corps genouillé intérne est en rapport avec le tubercule postérieur, par un faisceau que M. Cruveilhier appelle faisceau triangulaire latéral de l'isthme;

hA0 PARTIES INTÉRIEURES et le corps genouillé externe, situé en dehors du premier et plus avant, est en-rapport avee la racine du nerf optique. Entre ces parties intérieures du cerveau considérées chez tous les mammifères, il n'existe guère que des différénces du volume; les dispositions générales sont les mêmes, on n’y trouve aucun caractère spécifique qui puisse ‘servir à diviser en familles distinetes, les animaux dont il s’agit.

* Les tubercules quadrijumeaux et les ventrieules latéraux présentent seuls des différences importantes. Si on compare les tubercules quadrijumeaux du chien à ceux du mouton, par exemple, on les trouve fort dissemblables. Chez le mouton, a paire antérieure des tubercules quadrijumeaux offre deux éminences larges, arrondies, grisätres, réunies entre elles par un raphé, et dont l’ensemble rappelle involontairement le nom &@e nates qui leur à été donné par les anciens; tandis que la paire postérieure beaucoup plus petite, située en arrière des premiers, est formée seulement de substance blanche, au moins à l'extérieur. Chez le chien, la paire antérieure est petite, embrassée par la paire postérieure et recouverte comme elle de substance blanche. Les herbivores se rapprochent généralement du mouton, quant à la forme et au volume des tubercules antérieurs, et les carnivores se. rapprochent du chien, ainsi que plusieurs anatomistes l'avaient déjà fait remarquer. Quant aux ventricules latéraux, « ils: arrivent, dit M. Carus (y? à un point de développement tel qu’à chaque lobe correspond un de leur prolongement; savoir, la corne antérieure au lobe antérieur, la corne descendante au lobe d'hippocampe, et la corne postérieure , au lobe qui recouvre le cervelet. » Cette dernière n appartient qu'à

un pétitnombre demammifères.

(tr) Op. cit, L ur, p. 84.

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