Anatomie comparée
Les chéiroptères forment, dans l’ordre des carnassiers, une famille d'animaux modifiés dans leur structure pour exercer l’action du vol au moyen de leurs extrémités antérieures; 1ls ont les bras, les avant-bras et les doigts très allongés et formant, avec un double feuillet de peau amincie qui en remplit les intervalles aussi bien que l'espace compris entre les mains et les pieds, une aile plus étendue en surface que celle des oiseaux. Les roussettes sont un des genres de cette famille.
Malgré cette grande modification des membres antérieurs, leurs muscles n'ont guère éprouvé d'autre changement qu'un allongement considérable de leurs tendons ou une augmentation d'épaisseur proportionnée à la force qu'ils ont à déployer; mais ceux de la peau, et, chose singulière, ceux de la cuisse, ont pris une disposition particulière; les premiers peuvent cependant, à ce que nous pensons, être comparés aux différentes portions du peaucier des autres mammuiféres.
La pl. 72 montre le mécanisme qui étend l'aile et écarte les doigts les uns des autres.
Nous regardons le muscle qui remplit ce double but comme le dorso-occipitien [51 arrivé à la hauteur de l'épaule, 1l reçoit d’abord un faisceau du cervico-facien [5]; un autre faisceau plus large à fibres transverses [3°] vient de la face inférieure du cou rejoindre le dorso-occipitien, ainsi qu'un faisceau musculaire [5°] qui, se détachant du sternum vers le milieu de la portion sternale du grand pectoral, remonte obliquement du dedans en dehors, vers l'angle externe de l'épaule.
Les muscles [3° et 5°] empêchent évidemment le tenseur de l'aile de s’écarter de l'épaule et sont faciles à déterminer. Dans un grand nombre d'animaux, on rencontre au Cou, lorsqu'on enlève la peau avec soin, quelques fibres transverses analogues de notre muscle [3°], et le faisceau [5°] nous paraît être une portion du dermo-humérien ventral; mais ce qui est sans analogue, c'est le long tendon à fibres jaunes élastiques de ce muscle tenseur qui soutient le bord antérieur de l'aile.
Lorsque le muscle se contracte, ce tendon redresse le pouce et soulève l'index, qui à son tour écarte les autres doigts. Un autre tendon élastique [Ÿ] relie le métacarpien du médius à celui du petit doigt. Il est destiné à renforcer ce dernier doigt, qui n'aurait sans doute pas pu, s'il n’était aidé par le médius, soutenir la vaste membrane qui s'étend entre lui et les doigts du pied.
La membrane qui adhère au cubitus est pourvue de plusieurs faisceaux de fibres élastiques [ +] à tissu Jaune, placés entre les deux feuillets de la peau, dont le but est probablement de donner de la force à la membrane pendant le vol et de la rétracter lorsque l’animal reploie son aile.
La partie de la membrane qui unit les deux jambes est traversée également par un are de fibres élastiques [ +- a] dont les extrémités s'appuient à la partie inférieure du tibia, et dont le sommet se rapproche du coccyx. Un petit cartilage [ -- a ] à double courbure, qui se détache du
même point du tibia, maintient en extension le bord inférieur de la membrane.