MYOLOGIE DE L’OURS NOIR D’AMÉRIQUE
(Ursus AmErICANUS L., Cuv., ARèe. an., t. 1, p. 156.)
PI. 81 à 05, dessinées à un tiers de la grandeur naturelle par M. LAurILLARD
Nous voici arrivés à la myologie de la troisième famille des carnassiers, celle des carnivores. La première des tribus de cette famille est la tribu des plantigrades, ainsi nommée parce que les animaux qui la composent appuient, dans la marche, la plante entière du pied sur le sol. Les ours, comme tout le reste des carnivores, n'ont qu'une clavicule rudimentaire suspendue dans les chairs et quelquefois si petite qu'elle échappe à l'observation; aussi voit-on la portion claviculaire du trapèze et le cleïdo-mastoïdien se joindre par un simple raphé à la portion claviculaire du deltoïde. C’est à l'endroit de ce raphé que se trouve le rudiment de clavieule. I résulte de cette disposition un muscle très fort qui agit puissamment sur le bras et que les hippotomistes appellent « muscle commun de l’encolure et du bras». Ce muscle est nommé, sur les dessins de M. Cuvier, deltoïdo et cleïdo-trapèze; mais nous avons marqué chacune de ses portions de la lettre qu'elle porte dans les mammifères à clavicules, afin de ne point introduire de nouveaux signes et de nouveaux noms qu'il aurait fallu abandonner pour les rongeurs à clavicule et pour les édentés, puis reprendre pour les pachydermes et les ruminants. Une languette de la portion du trapèze [a] qui s’unit, par un raphé, au deltoide, se rend ici au sternum; nous l'avons marquée du signe [ab], pl. 87-88. M. Cuvier lui donne, sur ses dessins, le nom de sterno-trapèze.
La portion dorsale du trapèze [a’], pl. 81-82, forme un muscle qui n’agit que sur l'omoplate.
Le peaucier [5] se divise, à son attache au bras, en deux portions : l'une [+5], pl. 89, fig. 4, se fixe sur la portion humérale interne [t’] du triceps, l’autre [5] va au grand dorsal comme à l'ordinaire.
Les pectoraux ont un grand développement; la portion sternale [j1, pl. 87-88, se divise en deux muscles; le plus profond [+ j] forme un faisceau étroit à son attache au sternum qui s'élargit de plus en plus en approchant de l'humérus; le petit pectoral [f ] descend jusqu'au carülage de la dixième côte, en dépassant de beaucoup le pectoral costal ordinaire [j° ].
La fig. 2, pl. 87-88, montre les attaches à l'humérus du petit pectoral [ j |, qui forme, avec une portion du grand dorsal [+1] et le peaucier [5], un large tendon. Le quatrième extenseur [€ | vient s'implanter transversalement en parte sur ce tendon et en partie sur le peaucier [5]; le reste du grand dorsal [1] se réunit, comme à l'ordinaire, avec le grand rond [ o].
Dans la pl. 85-86, on voit qu'une partie seulement de ce quatrième extenseur [{”] s’'unit à une
portion du peaucier [5 ];le reste du peaucier forme deux faisceaux qui vont au grand dorsal [1].
(1) C’est par erreur que les pl. 81-82 et 83-84 portent le nom de M. Cuvicr.
(2) [2] et non [1, comme la figure l'indique par erreur.