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fibreux épais, comme une cloison continue intermédiaire, à ce niveau, au cou et à la face, En arrière d'elle, on trouve Ja région parotidienne superficielle et l’espace sous - parotidien antérieur ; en avant d'elle la région ptérygo-maxillaire. Quoi qu'il en soit, on peut dire que ces diverses régions sont connues dans leurs parties essentielles, où elles ont chacune leur individualité.
Il n’en est pas de même, dans cette zone extrème où elles viennent converger derrière le coude du maxillaire inférieur. A ce niveau, une certaine confusion nous a paru régner dans la plupart des ouvrages classiques, ou des mémoires récents que nous avons pu consulter.
C'est pour cela que nous avons tenté, et de bien des manières, une systématisation plus nette de cette zone confuse. La meilleure solution qui s’est offerte, est celle que nous proposons : la création d’une région nouvelle, intermédiaire, en ce point, aux quatre grandes régions convergentes.
Cette région a non seulement, comme on le verra, ses groupements d'organes qui la différencient des voisines et lui donnent une physionomie toute particulière, elle a encore une double projection, cutanée et muqueuse, par où elle s'individualise.
Du côté externe, vers les téguments, elle se projette suivant un quadrilatère constitué par la portion angulaire du maxillaire, elle est donc nettement isolable et facile à limiter dans sa zone d’accès chirurgical.
Du côté interne, vers la muqueuse des voies digestives, sa projection se fait spécialement sur les deux piliers du voile du palais qui circonscrivent la région de l'amygdale ; elle répond
au vestibule bucco-pharyngé. À ce point de vue, rappelons
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que la région parotidienne, par ses plans profonds, et plus bas la région carotidienne, répondent latéralement au pharynx et à l’æsophage cervical; que la région sous-maxillaire répond, par un plan différent presque horizontal, au plancher de la bouche et à l’attache de la langue; enfin que la région ptérygo-maxillaire répond à la paroi latérale de la bouche.
En somme, cette région est sous-angulo-maxillaire par en dehors, vestibulo-amygdalienne par en dedans.
L'utilité et la commodité pratique de cette région apparaitront sous tous leurs aspects, lorsque faisant, après l'avoir analysée par la dissection réglée, sa reconstruction synthétique pour en donner la formule, on y pourra placer divers organes, dont les rapports seront par ce moyen plus rigoureusement divisés, plus nettement tranchés, plus faciles à suivre de proche en proche. N'est-ce pas là le but poursuivi par l'anatomie topographique ?
Nous pensons, après cette étude, pouvoir nous permettre de conclure, que la systématisation de cette région présente de réels avantages, au point de vue des précisions qu'on demande de plus en plus, et avec raison, à l'anatomie de rapports, en rapprochant, en groupant avec plus de rigueur, de nombreux organes que les classifications actuelles laissent, en ce point, trop dispersés dans les quatre grandes régions voisines,
Au point de vue pratique des applications médico-chirurgicales, il suffira de signaler l'intérêt que peut présenter une connaissance anatomique plus exacte de cette région, dans les affections amygdaliennes et périamygdaliennes, celles du voile du palais, celles du plancher de la bouche, celles du pharynx. Pour préciser, au point de vue chirurgical, il faut rappeler les
interventions sur l’amygdale et le voile, sur le maxillaire infé-
rieur et ses dents, sur les nerfs de la région, les opérations sur le plancher de la bouche, la base de la langue, la paroi vestibulaire, la paroi pharyngée, et spécialement les extirpations étendues pratiquées pour des néoplasmes malins.
Il reste à justifier les dénominations mêmes d’« espace maxillo-amygdalien », ou de « région sous-angulo-maxillaire », ici proposées. Elles ont été choisies, parmi beaucoup d’autres certainement moins bonnes. De ces deux dénominations, la seconde nous paraît être la meilleure, en raison même du repère extérieur qu’elle rappelle avec la précision nécessaire.
Ce travail se borne à apporter les résultats de quelques recherches, il ne contient aucune discussion critique et ne comporte par conséquent aucune bibliographie générale. Au cours même de l’exposé, nous citerons les divers auteurs auxquels ont été faits des emprunts sur des points spéciaux.
Les planches qui accompagnent ce texte sont dessinées d'après nature. Les unes sont dues au talent de mon excellent ami le Docteur L. Legrand ; je suis heureux de lui témoigner ma reconnaissance pour sa très cordiale collaboration. Les autres sont l’œuvre de M. H. Frantz, qui a apporté à leur exécution
un soin dont je le remercie.