CHAPITRE PREMIER
Pour comprendre les dispositions générales du système nerveux central il est nécessaire de jeter un coup d'œil sur le développement de ses différentes parties.
Aussitôt que le blastoderme s'est divisé eu ses trois feuillets, on voit apparaître au milieu d'eux un épaississement sous forme d'une tache plus foncée et circulaire. C'est le premier vestige du futur embryon. Dans cette aréole se montre bientôt la ligne primitive [Primitivstreif) on ligne axiale [Axenplatte] de Remak, formée par l'épaississement et la soudure des deux feuillets externes du blastoderme. Dans le milieu de la ligne primitive, pendant que la tache embryonnaire s'allonge, se creuse la gouttière primitive {Primitivrinne) de chaque côté de laquelle se voient les lames vertébrales de Baer. Puis bientôt apparaît la corde dorsale dans la couche profonde de la ligne primitive, et alors sont constitués les élémetits qui permettent de passer à de nouvelles descriptions. Nous appellerons lames médullaires (Medullar-platten) les parties du feuillet externe (ou sensoriel) situées de chaque côté de la gouttière primitive^ et lames vertébrales^ les parties correspondantes du feuillet vasculaire. Les parties latérales périphériques, quoique encore peu distinctes des parties centrales, ont été dénommées dans le feuillet sensitif lames cornées^ et dans le feuillet vasculaire, lames latérales. Bientôt se forme la gouttière médullaire^ c'est-à-dire que les lames médullaires se sou-
HuGUEiiiN. — Syst. nerr. î
lèvent sur toute retendue de Taire germinative en laissant entre elles un large sillon. Cette gouttière se creuse de plus en plus ; ses bords se rapprochent et se soudent finalement; il en résulte la formation d'un canal, le canal médullaire^ au-dessus duquel le feuillet corné se continue directement de la moitié droite »sur la moitié gauche. Le canal se ferme en dernier lieu à son extrémité postérieure, et en même temps apparaissent à l'extrémité antérieure- les trois dilatations connues sous le nom de vésicules cérébrales primitives (1).
Mais ces parties ne conservent pas longtemps cette forme primitive [fig. 1). Elles offrent bientôt des modifications dont les figures ci-jointes pourront donner une idée. La première vésicule [fig. 2) se
Fig. 1. — Les trois vésicules cérébrales primitives (*).
Fig. 2. — Subdivisions Fig. 3. — Les cinq segments du cerdes trois vésicules veau embryonnaire et leurs incérébrales {**). flexions (***).
divise en deux parties, une plus grande, antérieure, et une plus petite, postérieure ; ce sont : le cerveau antérieur «, et le cerveau intermédiaire b. La seconde vésicule reste à peu près la même, et
(♦) a, vésicule antérieure, ou première vésicule. — ô, vésicule moyenne ou seconde vésicule. — c, véslcale postérieure, ou troisième vésicule.
(**) a, cerveau antérieur, et ô, cerveau intermédiaire, provenant de la subdivision de la première -vésicule cérébrale (a, fig. 1). — c, cerveau moyen (seconde vésicule cérébrale indivise : b, fig. 1), — d, cerveau postérieur et /", arrière-cerveau, provenant de la subdivision de la troisième vésicule cérébrale primitive (c, fig. 1).
(***) a, angle de flexion crânienne. — 6, angle de la protubérance. — c, angle de la nuque.
(I) [C'est avec raison que Tauteur distingue la ligne primitive de la gouttière médullaire. Jusqu'à ces dernières années on avait cru que la ligne primilive, qui a en effet la forme d'une gouttière, donnait naissance au canal médullaire, par involution et soudure de ses bords; il n'en est rien, la ligne primitive est pour ainsi dire une .simple ligne indicatrice, qui marque comment sera orienté l'embryon ; mais elle ne donne lieu à aucune formaUon définitive, elle s'efface et disparaît vers la partie postérieure de la véritable gouttière médullaire qui se forme en avant d'elle et sur ses côtés. (Voy. pour plus de détails, Fobrster et Balfour, Éléments d'embryologie. Trad. franc., 1877, p. 55, fig. 11].