‹ Anatomie des centres nerveuxChapitre 141 sur 186 · ÉGORGE GÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

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leurs fibres du pédoncule cérébral, émettent en avant et en haut de volumineux faisceaux qui gagnent le lobe frontal, tandis que ceux qu'ils émettent latéralement et en arrière sont de plus en plus minces et plus pauvres en fibres. Les ganglions qui jouent un rôle dans les mouvements volontaires sont donc en connexion avec le lobe frontal. Nous pouvons aussi rappeler de nouveau à cette place le faisceau, qui n'est, il est vrai, pas encore démontré d'une façon tout à fait certaine, et qui va directement du pédoncule cérébral au lobe frontal sans passer par les ganglions. Si nous nous rappelons en outre que des fibres des racines antérieures de la moelle épinière gagnent le cordon latéral à travers la corne antérieure, et se dirigent en haut dans ce cordon latéral, nous pourrons être tentés d'affirmer que l'écorce cérébrale renferme des centres moteurs qui se trouvent en communication directe avec les muscles de la périphérie. Cette question ne pourra être définitivement résolue que lorsque l'on n'aura plus aucun doute sur la connexion directe de l'écorce frontale avec le pédoncule.

Il n'est pas encore possible de délimiter les centres moteurs analogues chez l'homme. Si nous nous rappelons que des faits pathologiques prouvent qu'il existe un rapport entre l'écorce de l'insula et la fonction de la parole, il semble qu'on puisse en conclure que le centre en question doit être relativement beaucoup plus grand, sans compter que les mouvements volontaires chez l'homme ne sont pas du tout comparables à ceux du chien, pour ce qui concerne le nombre des combinaisons possibles. Nous avons recueilli une observation clinique qui paraîtrait indiquer que le centre pour les mouvements du bras opposé se trouve à la face inférieure du lobe frontal.

« Un homme reçut un coup d^épée dans l'orbite du côté droit ; la pointe traversa la paroi supérieure de l'orbite et pénétra dans l'écorce du cerveau dans le voisinage de la pointe de la circonvolution en crochet, dans le point où la première et la troisième circonvolution frontale s'anastomosent entre elles (/ï^. 38, S, ci-dessus, p. 46). L'efifet immédiat fut une paralysie des mouvements volontaires du bras gauche. Les mouvements réflexes étaient conservés. Il survint ensuite une hémorrhagie considérable, Tépanchement du sang dans les venlricules et la mort. »

Ce fait parait démontrer que les nerfs des muscles du bras ont leur centre dans ce point.

Une autre observation, mais incomplète et beaucoup moins pro-

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bante, paraît établir que le centre du facial se trouve situé dans le territoire de la première circonvolution frontale [fig. 36). Je donne cette opinion sous toutes réserves, parce que le fait sur lequel je l'appuie n'est pas probant. Roemberg a cité un fait semblable.

Les territoires du cerveau auxquels on peut assigner des fonctions spéciales sont donc les suivants :

I. Le lobe frontal. — L'étendue de ce centre n'est délimitée que chez le chien.

II. La pointe du lobe occipital. — Dans une étendue qui est limitée par les ramifications des irradiations optiques de Gratiolet et de la partie sensible du pédoncule cérébral. Ce centre sensitif s'étend sans aucun doute sur la face interne du lobe temporal ; Meynert y a du moins démontré aussi des ramifications des radiations optiques (circonvolution fusiforme, et circonvolution de la luette, Spindelund- Zungen-windung). On ignore si le nerf acoustique a son origine également dans ce point. On ne connaîtrait par conséquent jusqu'ici, dans cette région, que la terminaison centrale du nerf optique et des nerfs périphériques sensibles.

III. La pointe de la circonvolution en crochet. — Nous y trouvons la terminaison du nerf olfactif dans l'écorce.

IV. Vinsula de Reil. — Ce centre doit être réuni au centre moteur du lobe frontal. Nous dirons dans la partie de cet ouvrage consacrée à la pathologie comment on est arrivé à établir ce fait.

V. La corne d'Ammon. — La structure rudimenlaire de cette région (elle n'offre que des cellules motrices) fait conclure à des fonctions motrices particulières ; mais ces fonctions sont absolument inconnues.

Le bulbe olfactif , que nous considérons comme un centre primaire sensoriel pour l'odorat, n'est en conséquence pas du tout à faire entrer ici en ligne de compte; nous ne le citons que parce que jusqu'ici il avait été considéré comme un organe appartenant aux centres psychiques proprement dits (1).

(1) Il est nécessaire de compléter les quelques indications données par l'auteur sur les localisations cérébrales, cette question ayant été dans ces dernières, années Tobjet de nombreux travaux.

Comme il a été dit ci-dessus (page 300), les recherches actuelles sur l'excitation expérimentale de certaines circonscriptions corticales des hémisphères ont eu pour point de départ les expériences de Fritsch et Hitzig. Ces auteurs auraient été amenés à l'idée de leurs recherches par l'observation de ce fait qu'un courant galvanique, traversant chez l'homme la partie postérieure de la tête, d'une apophyse mastoïde à l'autre, provoque des mouvements des yeux. Mettant alors à nu une certaine étendue des hémisphères d'un chien, ils cherchèrent s'ils ne pourraient pas obtenir des mouvements par l'excitation électrique de l'écorce cérébrale. Dans

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