II. — Connexions de la eori\e d'Ammon
Nous avons parlé déjà de la corne d'Ammon. Nous avons vu que sa configuration, en apparence si complexe, s'explique très-simplement par un enrotilement de l'écorce cérébrale. Mais les parties blanches qui la recouvrent exigent quelques éclaircissements. Si nous suivons la circonvolution de l'hippocampe à l'intérieur, nous trouvons sur la corne d'Ammon quatre saillies : le subiculum^ le corps godronné [fascia Tarini)^ le corps frangé [fimbria) ou corps bordant et Yalveus {fig. S3). Ces quatre bourrelets offrent tous une surface blanche, sauf le corps godronné qui est gris, comme étant l'extrémité de la partie enroulée de l'écorce.
Le subiculum est formé par une couche de fibres nerveuses blanches, que l'on peut suivre depuis le point où la circonvolution de l'ourlet se courbe autour du bourrelet du corps calleux. Cette couche devient de plus en plus forte, et atteint sa plus grande épaisseur et sa plus grande largeur tout près du corps godronné. Celte lame blanche [substantia reticularù) se glisse ensuite sous le corps godronné et remplit l'espace formé par l'enroulement de l'écorce. Ainsi se trouve constitué le revêtement blanc de l'une des faces de l'écorce de la corne d'Ammon. Nous savons déjà d'où proviennent ces fibres : nous pouvons admettre, avec assez de certitude, qu'elles sont les prolongements des nerfs de Lancisi, qui émanent eux-mêmes, comme nous l'avons dit, des parties antérieures de Técorce de la circonvolution de l'ourlet, et rentrent dans le système d'association sousjacent à cette circonvolution. Ainsi est établie l'union de l'écorce de la corne d'Ammon avec des fibres d'association.
Le corps frangé ou corps bordant de lacorne d'Ammon donne naissance à la plus grande partie de la voûte à trois piliers; en effet dans le corps frangé viennent aboutir les fibres du revêtement blanc de l'alveus {fig. 33) lesquelles remontent ensuite dans les piliers postérieurs.
Les fibres du feuillet blanc de l'alveus proviennent à leur tour de l'écorce de la corne d'Ammon, mais elles quittent l'alveus après un court trajet et remontent peu à peu dans le trigone. Le pilier postérieur subit un peu plus haut une réduction, en ce sens qu'une certaine quantité de ses fibres va du côté opposé au travers du psaltérium; il existe de cette façon, entre les deux cornes d'Ammon, une commissure transversale, qui, à proprement parler, aurait dû être décrite ci-dessus avec [les autres commissures transversales du cerveau. Aussitôt après leur jonction sur la ligne médiane, les piliers postérieurs reçoivent des fibres de renforcement par une nouvelle voie. Ces fibres proviennent du système d'association sous-jacent à la circonvolution de l'ourlet ; elles traversent le corps calleux, vont se réunir au trigone et l'accompagnent dans son ^trajet.
Arrivé à la commissure antérieure, le pilier, devenu maintenant pilier antérieur, se divise en deux parties, dont la plus petite descend au-devant de la commissure, dont la plus grande passe derrière la commissure et gagne le corps mamillaire. La partie qui descend audevant de la commissure antérieure renferme, elle aussi, des fibres du faisceau qui vient de la circonvolution de l'ourlet à travers le corps calleux. Cette partie antérieure du pilier parcourt ensuite le septum, se recourbe en bas, le long du bord interne de la tête du
CORPS GENOUILLÉS. i35
corps strié, puis se dirige en dehors et va se perdre dans la région correspondant à Tespace perforé antérieur. Nous ne connaissons pas sa terminaison définitive.
Nous avons décrit précédemment le trajet de la partie du pilier antérieur située derrière la commissure, et ses relations avec les tubercules mamillaires (voir la description de la racine supérieure de la couche optique). Il résulte de cette description que le trigone met récorce de la corne d'Ammon en relation avec la couche optique, et l'on n'a guère d'objections à opposer à Meynert, quand il admet que le système du trigone est (in faisceau évident de la couronne radiée. Grâce au trigone et au nerf de Lancisi, rien ne manque à cette conception générale, d'après laquelle chaque portion del'écorce doit être reliée par un certain ordre de fibres aux ganglions cérébraux, et par un deuxième ordre de fibres à d'autres portions de l'écorce. Nous pouvons ajouter que chaque partie de l'écorce doit renfermer de plus des fibres qui l'unissent aux parties homologues de l'hémisphère opposé. Cette condition est remplie pour la corne d'Ammon; elle renferme des fibres provenant du corps calleux, et une commissure transversale que nous avons décrite plus haut. Chez les mammifères, ce qui frappe de prime abord, c'est que la corne d'Ammon est proportionnellement beaucoup plus grande que chez l'homme. Chez l'homme la corne d'Ammon ne commence que derrière la couche optique, et elle s'étend jusqu'à la pointe de la circonvolution de l'hippocampe. Chez les mammifères, elle se prolonge au loin sous le corps calleux, en avant, et recouvre la couche optique. Nous ne pouvons pas développer ici les questions qui se rattachent à ce fait si intéressant . On a cherché à établir un rapport entre le développement de la corne d'Ammon et celui du lobe olfactif chez certains animaux. Mais les données que l'on a jusqu'ici ne permettent en aucune façon de faire ce rapprochement, et nous sommes obligés d'avouer que nous ne savons encore rien sur les fonctions de la corne d'Ammon.
III. — Connexions des corps genouillés externe et interne avec récorce.
Gratiolet décrit très-exactement un éventail de fibres qui part du corps genouillé interne, se dirige en dehors et puis en arrière pour gagner l'écorce du lobe occipital comme partie de la couronne rayonnante.
Il décrit en outre, tout à fait conformément aux vues actuelles, la racine de la bandelette optique qui se rend au corps genouillé interne, et de là, plus loin, au tubercule quadri jumeau antérieur. Nous
136 FIBRES DIRECTES DBS PËDONCUnSS.
devons à Meynert la découverte d'un faisceau analogue qui vient du
corps genouillé externe et accompagne les faisceaux optiques de la
couronne rayonnante. On peut donc classer à ce point de vue les
corps genouillés à côté des gros ganglions de la base du cerveau.
Ils offrent comme eux du
système de projection du
& premier ordre.
Ces feuillets de la couronne rayonnante sont , .'relativement de petite dimension ; ils se diii-
gent vers le bas, un peu en dehors des faisceaux radiés de la couche opti-
j que, en suivant la même direction, et vont aboutir
f comme eux dans le voiànage du sillon de l'bîppo-
^ campe. Il est important
1 de noter que ces feuillets, comme les faisceaux optiques du pulvinar, émergent de masses grises qui peuvent être considérées comme des centres où
Fis 87. - ScMma d. ta cour.rme rayonnante des ^-^^^^^^^ g^ terminer les fibres appartenant aux corps genouillés (*).
fibres du nerf optique.
Ces faisceaux se dirigent du reste tous vers une même région, l'écorce du territoire du sillon de l'hippocampe, de sorte qu'il faut regarder comme fort acceptable l'opinion qui admet dans cette région un centre en rapport avec les fonctions visuelles {fiff, 87).