I. VÉSICULE ENCÉPHALIQUE POSTERIEURE PRIMITIVE
Cerveau rhomboïdal (Rautenhirn, His).
vésicule du qua- Le cerveau postérieur et Y arrière-cerveau, qui procèdent de la troisième
trièinc ventricule. , • i ' \ t "a" l ■ * • l i l *
sa voûte forme la vésicule encéphalique primitive, et qui circonscrivent une seule et même
membrane obturatrice du quatrième ventricule.
cavité, la cavité du quatrième ventricule, sont surtout caractérisés par leur
aspect losangique et par l'amincissement d'une partie de leur voûte, connue
sous le nom de membrane obturatrice du quatrième ventricule. Les bords
ses bords donnent de la membrane obturatrice sont irrégulièrement losangiques (fig. 20, p. 67);
aux hTmis'phères^é- on Peut ieur considérer trois parties : une partie moyenne (c), une partie
rébeiicux et aux supérieure (a et b) et une partie inférieure (d et e). Les bords sont parallèles
j»c doncules cerebel- i \ / i / \ i
ieux. au niveau de la partie moyenne qui correspond à la plus grande largeur
de la cavité du quatrième ventricule (fig. 20 (c) ; dans leur partie supérieure les bords se portent transversalement en dedans (b), puis obliquement en haut et en dedans (a), et se réunissent à angle très aigu, au niveau de l'isthme du cerveau postérieur ; ils donnent naissance aux hémisphères cérébelleux et aux pédoncules cérébelleux supérieurs.
La partie inférieure des bords est beaucoup plus étendue que les parties supérieures ou moyennes ; elle se dirige d'abord en bas et très légèrement en dedans (d), puis se coude à angle obtus, pour converger brusquement et se réunir à angle aigu (e) à celle du côté opposé ; elle En bas, aux corps donne naissance aux corps restiformes et aux pyramides postérieures du
pyramide setpostfr bulbe. Chez l'embryon du deuxième mois, l'angle inférieur de la membrane s du bulbe. obturatrice atteint la courbure de la nuque, c'est-à-dire l'extrémité supérieure de la moelle épinière. Chez le nouveau-né et chez l'adulte il en est séparé par toute la hauteur de la partie inférieure du bulbe.
Lorsque la courbure du pont apparaît (fig. 18, 22, 23, 24), la voûte du cerveau postérieur s'applique peu à peu sur la voûte de l'arrière-cervcau, dont elle n'est plus séparée que par une fente profonde et étroite, la fente choroïdienne (fch), qui livre passage à la toile choroidienne inférieure, et recouvre les plexus choroïdes du quatrième ventricule. Le plancher s'élar-
i-icurcs
DEVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX
git, les parois latérales s'étirent au niveau des plis de flexion en l'orme d'auricules, dans lesquelles la cavité du quatrième ventricule se prolonge, en formant de chaque coté le recessus latéral du quatrième ventricule. Le plancher est alors divisé en deux parties inégales, triangulaires, opposées par leur base. La partie inférieure ou bulbaire, appartient à l'arrière-cerveau : la partie supérieure ou protubérantielle, au cerveau postérieur proprement dit. Un sillon profond, médian et longitudinal, la tige du càlamus scriptorius, divise le plancher du quatrième ventricule en deux moitiés
latérales; il se continue en haut avec le sillon médian antérieur de l'aqueduc de Sylvius. et en bas avec celui du canal de l'épendyme. Chaque moitié latérale du plancher du quatrième ventricule, se subdivise en deux segments par un second sillon longitudinal, irrégulier et peu profond (fig. 31).
Ce sillon latéral (si) du plancher du quatrième ventricule, fait suite au sillon latéral du canal de l'épendyme, et se continue en haut avec le sillon de même nom de l'aqueduc de Sylvius. Il délimite, comme au niveau de la moelle, la lame fondamentale située en dedans, de la lame alaire située en dehors. Peu profond au niveau de la partie bulbaire, le sillon latéral s'élargit dans la partie protubérantielle, immédiatement au-dessus de la courbure pontique pour former la fossette antérieure (fovea anterior) du plancher du quatrième ventricule. La lame fondamentale fait saillie dans le quatrième ventricule, et constitue de chaque côté du sillon médian, les funiculi teretes des anciens auteurs ; elle affecte dans sa partie bulbaire, où elle est connue sous le nom A'aile blanche interne, la forme d'un triangle rectangle et répond au noyau d'origine du nerf grand hypoglosse. Dans sa partie protubérantielle, elle forme une saillie arrondie, Xcminentia teres proprement dite, qui correspond au futur genou du nerf facial.
Le noyau d'origine du nerf grand-hypoglosse, est situé sur le prolongement de la colonne grise de la corne antérieure de la moelle. Cette colonne fournit en outre dans la région protubérantielle le noyau du nerf moteur
Fig. 31. — Coupe transversale de la vésicule encéphalique postérieure primitive d'un embryon humain de 10™m,2 âgé d'environ quatre semaines et demie. (D'après W. His.)
Ftp. faisceau longitudinal postérieur. — Fs. faisceau solitaire. — LA. lame alaire. — LF. lame fondamentale. — Le. lame épendymaire. — sa. sillon antérieur du 4e ventricule. — si. sillon latéral du 4e ventricule. — r. raphé. — V. voûte. — V4, 4e ventricule, — A', pneumogastrique. — A7/. grand hypoglosse.
Formation des ro cossus latéraux du quatrième ventricule.
Division du plancher en portion bulbaire et portion protubérantielle.
Sillon médian antérieur.
Sillon latéral.
Lame fondamentale et noyaux d'origine qui lui correspondent.
Couche grise de la substance réticulée.
oculaire externe et plus haut, au voisinage de l'aqueduc de Sylvius, le noyau du nerf pathétique.
Sur le prolongement de la colonne grise de la corne latérale de la moelle, on voit naître dans la région bulbaire, les noyaux d'origine des fibres motrices des nerfs spinal, pneumo-gastrique et glosso-pharyngien ; et dans la région protubérantielle, le noyau d'origine au facial et le noyau d'origine de la partie motrice du trijumeau. Ces noyaux ne constituent dans la protubérance que des îlots séparés, tandis que dans la région bulbaire, ils forment une colonne nucléaire ininterrompue.
La lame fondamentale du bulbe et de la protubérance, donne en outre naissance à la couche grise disséminée de la substance réticulée. Les fibres
qui naissent de cette couche, concourent à former une partie des fibres longitudinales de la substance réticulée, ainsi que les fibres arciform.es internes du bulbe et de la protubérance, qui s'entrecroisent au niveau du raphé, et qui constituent l'homologue de la commissure anté rieure de la moelle ; enfin, entre le raphé et le noyau d'origine du grand-hypoglosse , ces fibres forment, après entrée roisement au niveau du raphé, un petit cordon blanc, longitudinal, le cordon antérieur primitif àc His (primàre Yorderstrangfeld). le hiiwr faisceau longitudinal postérieur de la calotte, l'homologue du cordon antérieur de la moelle. Au fur et à mesure que la couche grise de la substance réticulée s'accroît, le cordon antérieur primitif de His s'étend d'avant en Faisceau longitu- arrière, et on y peut alors distinguer deux faisceaux, le faisceau longituformatioru^chero- dinal postérieur en arrière, et la formation blanche réticulée en avant (Vorderstrangstheil der Formatio reticularis de Flechsig, Formatio reticularis alba).
La lame alaire reçoit les racines de la partie sensitive des nerfs glossopharyngien. pneumo-gastrique et spinal. Ces racines, adhérentes à la paroi inférieure du recessus latéral du quatrième ventricule, forment à la surface extérieure de la lame alaire, un petit faisceau longitudinal à section ovalaire, connu sous le nom de faisceau solitaire (Tractus solitarius), faisceau
Fig. 32. — Coupe transversale de la vésicule encéphalique postérieure primitive d'un embryon humain de 9CTm,l, âgé d'environ quatre semaines et demie. (D'après W. His.)
Flp, faisceau longitudinal postérieur. — Fs, faisceau solitaire. — LA, lame alaire. — 6", lèvre rhornboïdale. — LF, lame fondamentale. — r, raphé. — sa, sillon antérieur du 4° ventricule. — sle, sillon labial externe. — sli, sillon labial interne. — si, sillon latéral du 4« ventricule. — V4 4e ventricule. — XII, hypoglosse. — X. ganglion du pneumo-gastrique.
ticulée.
Lame alaire et ses modifications.
DEVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX. 87
respiratoire (fig. 33, Fs), et qui est l'homologue du faisceau de Burdach de la moelle épinière.
Dans la région du quatrième ventricule, la lame alaire subit d'imporlantes modifications. Verticale au début (fig. 31) et formant avec la lame fondamentale un angle presque droit, la lame alaire se porte peu à peu en dehors, au fur et à mesure que la courbure pontique s'accentue, et que la troisième vésicule encéphalique primitive s'évase. Bientôt, au cours de la cinquième semaine, son extrémité externe, celle qui donne insertion à la membrane obturatrice, se recourbe en dehors en formant une sorte de crochet (fig. 32). On peut alors considérer à la lame alaire deux segments,
Fig. 33.
RCL
Coupe transversale du bulbe d'un embryon humain de 13" cinq semaines. (D'après W. His.)
,8, âgé d'environ
Ftp, faisceau longitudinal postérieur. — Fs, faisceau solitaire. — LA, lame alaire. — lr. lèvre rhomboïdale. — LF, lame fondamentale. — Le, lame épendymaire. — RCL, restes du cordon latéral. — sa, sillon antérieur du -Ie ventricule. — si, sillon latéral du 4e ventricule. — sli, sillon labial interne. — SB. substance réticulée.
l'un interne vertical en connexion avec la lame fondamentale (Partie jugale, Wangentheil de His), l'autre externe, recourbé en forme de crochet, la partie labiale ou lèvre rhomboïdale de His (Lippentheil, Rautenlippe). La lèvre rhomboïdale est séparée du segment jugal par un sillon à concavité ventrale, le sillon labial externe de His (sle) ; elle est. séparée de la membrane obturatrice par un second sillon à concavité dorsale, le sillon labial interne (sli) de His, qui s'ouvre dans le quatrième ventricule.
1° Le segment jugal ou vertical de la lame alaire donne naissance : à) Dans la région bulbaire du quatrième ventricule, au noyau du cordon de Goll, à Y aile crise et au tubercule acoustique. Ces deux dernières forma- et dans ,a protubé
rance.
tions font partie du plancher du quatrième ventricule ; le tubercule acoustique occupe sa plus grande largeur; Y aile grise (ala cinerea) représente un petit triangle isocèle, gris, légèrement déprimé, situé au-dessous du tubercule acoustique et adossé par sa base à l'aile blanche interne. En
Noyaux qui naissent de la lame alaire dans le bulbe
Lèvre rhomboïilalc.
avant et en arrière du tubercule acoustique, on trouve en général, une petite fossette plus ou moins accentuée, la fovea anterior et la fovea posterior du plancher du quatrième ventricule; la fossette postérieure correspond assez exactement à l'aile grise.
b) Dans la région protubérantielle, le segment jugal de la lame alaire forme au voisinage de l'aqueduc de Sylvius, le locus cœruleus ou substantiel ferruginea.
2° La lèvre rhomboïdale est très irrégulière (fig. 24) : étroite à son origine au niveau de l'angle inférieur du quatrième ventricule, elle s'élargit rapidement à la partie moyenne du bulbe, diminue de nouveau au niveau de la plus grande largeur du quatrième ventricule, se renfle encore pour atteindre
-MoV*
Fig. 34. — Coupe transversale du bulbe d'un embryon humain de 13'""'',6, âgé d'environ
cinq semaines. (D'après W. His.)
Ftp, faisceau longitudinal postérieur. — Fs, faisceau solitaire. — LA. lame alaire. — LF, lame fondamentale. — Mo V4, membrane obturatrice du 41 ventricule. — JÏCZ, restes du cordon latéral. — si, sillon latéral du -Ie ventricule. — sli, sillon labial interne. — SR, substance réticulée. — A', pneumo-gastrique. — XII, grand-hypoglosse.
Soudure de la lèvre rhomboïdale au segment jugal de la lame alaire.
émigration des cellules de la lè\Te rhomboïdale; noyaux qui on naissent
sa plus grande dimension dans la région protubérantielle, et se termine enfin en pointe au-dessous de l'isthme du cerveau postérieur. Le sillon labial externe ne représente au niveau de la région bulbaire qu'un sillon transitoire; il disparait en effet rapidement, grâce à la soudure précoce du segment labial au segment jugal de la lame alaire, et la lèvre rhomboïdale cesse alors d'être une formation indépendante (fig. 33, 34).
Après la soudure de la lèvre rhomboïdale au segment jugal, les cellules de ces régions émigrent et se portent en avant et en dedans ; elles passent, les unes en avant, les autres en arrière du faisceau solitaire, et viennent se placer en avant de la couche grise disséminée de la substance réticulée et du noyau d'origine du grand-hypoglosse (fig. 33).
Elles donnent naissance : a) dans la région bulbaire à Yolive bulbaire, ou olive inférieure, aux noyaux juxta-olivaires , aux noyaux du cordon de Burdach, aux noyaux des cordons latéraux, aux noyaux arqués des pyramides et à la substance gélatineuse de Rolando. — Les fibres de ces cellules
DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX
forment les fibres arci formes internes du bulbe, le système des fibres olivâtres, le eorps trapézoïde, la couche inter-olivaire el le corps restiforme.
b) Dans la région protubérantielle, la lèvre rhomboïdale fournit l'olive protubérantielle, la substance gélatineuse de Rolando, les fibres arciformes internes de la protubérance, le corps trapézoïde, enfin la lame du cervelet.
Les olives bulbaire et protubérantielle, ainsi que les noyaux juxtaolivaires, sont donc morphologiquement l'homologue du cervelet, des tubercules quadrijumeaux, des couches optiques et des hémisphères cérébraux, formations qui appartiennent toutes à la lame alaire.
FlG. 3X.
Coupe transversale du bulbe d'un embryon humain d'environ (D'après W. His.)
six semaines.
Cio, couche inter-olivaire. — Crst, corps restiforme. — Flp, faisceau longitudinal postérieur. — Fs, faisceau solitaire. — LA, lame alaire. — 1rs, lèvre rhomboïdale secondaire. — LF, lame fondamentale. — Oi, olive inférieure ou bulbaire. — r, raphé. — RCL, restes du cordon latéral. — SR, substance réticulée. — Vs, racine spinale du trijumeau.
La racine sensitive du trijumeau apparaît plus tardivement, elle forme au niveau de la substance gélatineuse de Rolando, un second faisceau ovalaire, l'homologue du faisceau solitaire, s'unit intimement au début au faisceau cérébelleux direct de Flechsig, et forme avec lui le traclus intermeclius de His. Ces faisceaux sont bientôt recouverts par les fibres arquées superficielles du bulbe (fig. 35).
Le corps restiforme apparaît à la partie externe de la lame alaire, vers la fin du deuxième mois; un sillon profond, le sillon, restiforme, le délimite en dehors et le sépare de la lèvre rhomboïdale secondaire, ou lèvre me?nbraneuse,qui se continue avec la membrane obturatrice du quatrième ventricule et donne naissance au teenia du quatrième ventricule (fig. 3o).
Ce n'est que vers le quatrième mois de la vie intra-utérine, qu'apparaissent au niveau du bulbe et de la protubérance, les fibres longitudinales ^fesfib" des pyramides, que recouvrent les fibres arquées les plus superficielles. La région de la calotte précède donc dans son développement le faisceau pyramidal. Les parties constituantes du bulbe et de la protubérance, sont
Apparition tardivebres longitudides pyramides-
Le développement du bulbe et do la protubéranco se fait de la profondeur à la superficie.
Développement du cervelet et de ses différentes parties constituantes.
Vermis.
en effet d'autant plus précoces dans leur rapprochées du plancher du quatrième ventricule, et réciproquement les parties qui apparaissent les dernières, occupent en même temps les couches les plus superficielles.
Dans la région protubérantielle, la lame alaire donne naissance à la lame du cervelet. Le rudiment du cervelet apparaît sous la forme d'une lamelle courhe, qui réunit en arrière les deux auricules de flexion, qui constituent les recessus latéraux du quatrième ventricule (fig. 36).
La partie moyenne de la lame cérébelleuse, donne naissance au vermis ou lobe moyen du cervelet ; son bord postérieur ou tranchant est peu à peu refoulé à la façon d'un doigt de gant dans l'intérieur du quatrième ventricule, grâce à la formation de la fente choroïdienne, et entraîne avec lui la partie adjacente de la membrane obturatrice (fig. 44). Celle-ci se raccourcit à sa partie moyenne, par suite du développement considérable que prend le vermis, tandis que ses parties latérales forment deux petites valvules semi-lunaires, les valvules de Tarin. Quant au vermis, il affecte la forme d'une lame recourbée sur son axe horizontal, dont la face superficielle constitue le vermis superior, et la face profonde le vermis inferior.
Le cervelet s'épaissit de bonne heure au niveau du vermis, qui présente déjà vers le troisième mois de la vie intra-utérine, trois à quatre sillons et circonvolutions; les sillons des hémisphères cérébelleux n'apparaissent que vers le milieu du quatrième mois. Sur la face inférieure des hémisphères cérébelleux, on voit cependant apparaître dès la fin du deuxième mois et le commencement du troisième, trois saill
développement, qu'elles sont plus
H G Sih
Fig. 36. — Jloellc et encéphale d'un embryon humain d'environ trois mois, vus par la face postérieure. (Dessiné d'après nature. )
AC, arrière-cerveau.— CA, cerveau antérieur.
— CM, cerveau moyen. — CP, cerveau postérieur. — Cp, circonvolutions primitives. — BCy hémisphère cérébral. — HCo, hémisphère cérébelleux. — M, moelle. — moV4, membrane obturatrice du 4° ventricule. — RC, renflement
' cervical de la moelle. — JtLt renflement lombaire de la moelle. — Sih, sillon inter-hémisphérique.
— smp, sillon médian postérieur. — sp, sillons primitifs. — sf, sillon transverse du cerveau moyen. — sv, sillon vertical du cerveau moyen.
— VeCvy vermis du cervelet. — V-f, 4'' ventricule.
ies, dont l'inférieure forme le rudi-
belleux.
DÉVELOPPEMENT T)V SYSTEME NERVEUX. 91
ment du recessus latéral du quatrième ventricule, la moyenne, le flocculus, et la supérieure, un mince bord saillant appartenant à la face inférieure du cervelet.
Vers le cinquième mois, le cervelet a atteint sa forme définitive ; quatre sillons profonds divisent , ainsi que Kôlliker l'a montré, sa surface en cinq grandes régions primaires : la première région correspond à la face supérieure des hémisphères et au vermis superior ; les troisième, quatrième et cinquième régions appartiennent à leur face inférieure et au vermis inferior; la deuxième région enfin, à cheval sur les deux faces, correspond à la partie postérieure des hémisphères et des vermis.
Au niveau des hémisphères cérébelleux, la première région donne nais- Hémisphères cêrésance aux ailes du lobule central et au lobe cunéiforme ou quadrilatère ; la deuxième région fournit les lobes semi- lunaires, qu'un sillon secondaire subdivise bientôt en lobe semi-lunaire supérieur et en lobe semi-lunaire inférieur. La troisième région correspond au lobe digastrique, lequel se subdivise à son tour en lobule grêle et en lobule cunéiforme. La quatrième région fournit le lobe tonsillaire ou amygdalien ; la cinquième région enfin, le petit lobule du pneumo-gastrique ou flocculus.
Au niveau des vermis, la première région fournit : la lingula couchée sur la valvule de Vieussens, le lobule central qui envoie de chaque côté et en avant du lobe cunéiforme supérieur une petite languette, l'aile du lobide central; puis le monticule ou éminence du vermis, qui se décompose en sommet [culmen) et enpente [declivum), et qui relie entre eux les deux lobes quadrilatères. A la deuxième région, correspond le bourgeon terminal ou folium cacuminis, qui relie les deux lobes semi-lunaires supérieurs, ainsi que le tubercule postérieur [tuber valvidee), qui relie les deux lobes semilunaires inférieurs. La troisième région fournit la pyramide, qui relie les lobes cunéiformes inférieurs ; la quatrième région, la luette ou uvula, qui relie les amygdales ; la cinquième enfin, le nodule, qui constitue l'extrémité antérieure du vermis inferior, et qui est relié au lobule du pneumo-gastrique par le pédoncule du flocculus.
Avec le développement des hémisphères cérébelleux, apparaissent les pédoncules eérépédoncules cérébelleux moyens, dont les fibres se portent en avant et en dedans, et s'entrecroisent avec le faisceau pyramidal pour former l'étage antérieur de la protubérance.
Les valvules de Tarin s'insèrent en dedans au nodule, en arrière à la face inférieure de l'hémisphère cérébelleux, aux lobes amygdalien et cunéiforme inférieur, en dehors au pédoncule du flocculus ; leur bord antérieur, que l'on décrit généralement comme un bord libre, se recourbe pour se continuer avec la mince membrane épithéliale qui recouvre le plexus choroïde du quatrième ventricule (fig. 44). Ce mince épithélium se déchire facilement au niveau de son insertion sur les valvules de Tarin, de telle sorte qu'il en résulte une fente artificielle, décrite par les auteurs sous le nom de fissure transverse cérébelleuse.
Les recessus latéraux du quatrième ventricule, ou vélum medullare infe-
belleux moyens.
rccossus latéraux rior, forment de chaque côté une vésicule volumineuse et saillante vers le cuie.ua1 troisième mois de la vie intra-utérine; tandis qu'elle est complètement
recouverte par les hémisphères cérébelleux au cinquième mois. Ces vésicules sont formées de deux lames appliquées l'une sur l'autre ; la lame supérieure, la plus faible, s'amincit et recouvre les plexus choroïdes latéraux du quatrième ventricule, qui plongent dans les recessus latéraux. La lame inférieure est formée d'éléments nerveux, rudimentaires, adhérents aux fibres radiculaires des neuvième et dixième paires, et au pédoncule du llocculus. Plus tard, la paroi supérieure s'atrophie complètement, et il existe de chaque côté du quatrième ventricule un orifice, qu'Axel Key et Retzius ont montré ne pas être un artifice de préparation, et par lequel la cavité du quatrième ventricule communique avec l'espace sous-arachnoïdien. Un orifice analogue existe, au niveau de la partie moyenne de la membrane obturatrice du quatrième ventricule, au-dessus du calamus scriptorius ; il est connu sous le nom de trou de Magendle. De chaque côté du trou de Magendie, au niveau de l'insertion de la membrane obturatrice, sur la lèvre rhomboïdale secondaire, on trouve dans toute la largeur du quatrième ventricule des éléments nerveux rudimentaires, qui forment, après l'ablation des plexus choroïdes du quatrième ventricule, le tsenia médullaris et Yobex (verrou); ce dernier occupe l'angle inférieur de la membrane obturatrice (fig. 20, ob).
Au niveau de l'isthme du cerveau 'postérieur, la lame alaire donne naissance aux pédoncules cérébelleux supérieurs, tandis que l'angle supérieur de la membrane obturatrice, fournit la valvule de Vieussens ou voile médullaire antérieur, sur laquelle s'applique la lingula du verrais superior.
Modifications que Le cervelet présente dans la série des vertébrés de très grandes modi- Ui'bsVricCXs'Cvediaté- fications. Chez les poissons, les amphibies et les reptiles, il se présente sous br<5s- l'aspect d'une lame médiane, la lame cérébelleuse, l'homologue du lobe
moyen ou du verrais des oiseaux et des mammifères ; les hémisphères cérébelleux font en effet défaut dans les trois classes inférieures des vertébrés.
La lame cérébelleuse est lisse chez les amphibies et les reptiles, mais chez les poissons et les reptiles aquatiques, l'alligator en particulier, la lame cérébelleuse présente de gros plis transversaux, qui sont d'autant plus développés et plus nombreux que l'animal est meilleur nageur (Edinger).
Chez les oiseaux et les mammifères, la lame cérébelleuse se transforme en vermis et se plisse un grand nombre de fois pour former des lobules. En même temps, apparaissent les hémisphères cérébelleux; petits et peu développés chez les oiseaux, ils prennent chez les mammifères un développement considérable et débordent de chaque côté le vermis.
Le cervelet des poissons, des reptiles et des amphibies, est en connexion avec le cerveau moyen et le cerveau intermédiaire par le pédoncule cérébelleux supérieur, et avec la moelle épinière par le pédoncule cérébelleux inférieur. Les hémisphères cérébelleux faisant défaut, il n'existe pas chez eux
DÉVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX. 93
de pédoncule cérébelleux moyen. Ce dernier n'apparaît que chez les oiseaux et devient très accusé chez les mammifères.
Les fibres pyramidales, qui relient l'e'corce cérébrale à la moelle épinière, n'apparaissent que chez les vertébrés supérieurs (oiseaux et mammifères). Les reptiles, les. amphibies et les poissons, chez lesquels le cerveau antérieur, en particulier le manteau central, est réduit à sa plus simple expression, en sont, dépourvus et ne possèdent que le système des fibres de la calotte.
Le cerveau postérieur et l' arrière-cerveau donnent naissance à neuf Nerfs qui naissent paires crâniennes (IVe à XIIe paires). Les nerfs moteurs prennent leur rieu^oraTrarrîerVorigine dans les cellules ganglionnaires de la lame fondamentale ; les nerfs cerveausensitifs dans les cellules des ganglions crâniens; les ganglions crâniens se développent aux dépens de la partie supérieure du cordon ganglionnaire, lequel donne de chaque côté du cerveau postérieur et de l'arrièrecerveau, trois ganglions dont deux sont situés en avant et un en arrière de la vésicule auditive (fig. 19).
Le ganglion antérieur représente le ganglion de Gasser rudimentaire, dont une parcelle donne naissance au ganglion ciliaire.
Le ganglion moyen représente le ganglion acoustico- facial de Bis, aux dépens duquel se développent : le ganglion spiral du nerf cochléaire, Vintumescence gangliforme de Scarpa du nerf vestibulaire, et le ganglion géniculé du facial.
Le ganglion postérieur se subdivise de très bonne heure, et donne naissance au ganglion d'Andersen du glosso-pharyngien et au ganglion jugulaire du pneumo-gastrique.
L'origine réelle des nerfs crâniens du bulbe et de la protubérance, est la L'origine réelle des
i j.xl r • J ,,1 , ,i ■ ..,.. ,,. ,. nerfs crâniens ne va-
nieme dans toute la série des vertèbres. Mais, si 1 origine réelle est mva. rie pas dans la série riable, le volume des noyaux d'origine ou de terminaison, le trajet intra- des vertebrcsencéphalique et l'origine apparente des nerfs crâniens, sont par contre variabilité du vo-
. , , ra , • • 1 i .! lume et de l'origine
extrêmement variables. L. est ainsi, par exemple, que le noyau moteur du apparente de ces trijumeau s'hypertrophie considérablement chez la torpille, où il forme les lobes électriques, et que chez les poissons, le noyau de terminaison du vague, très volumineux, forme une forte saillie dans le quatrième ventricule.