TO.ME II
iim
dit. La troisième, ro/y/.v du Iriçjonr', occupe l'étage supérieur du veutricule latéral, s'étend du lioiirrelet du corps calleux au trou de Mouro et recouvre la toile clioroïdienne. La quatrième enfm, pilier aniérieur du trigone, est comprise entre le trou de ^lonro et le tubercule mamillaire; elle forme la partie antérieure du troisième ventricule, puis s'enfonce dans la substance grise du tuber cinereum et aborde le tubercule mamillaire.
Kimbria; corps bordant ou bordé.
Fibres qui la constituent.
Alveus.
Son segment intrrventriculaire.
.Son segment ex traventriçulaire.
1. FiMBRiA ET ALVEUS. (Fig. 7, M, IS, 16, 21,24, 28, 29,30, 33, 43, 47, 256.) — Le trigone cérébral prend son origine principale dans la corne d'Ammon et dans la circonvolution godronnée dont les libres forment la fimbria et Y alveus.
La fimbria (Fi) [corps bordant ou bordé, tœnia ou bandelette de l'hippocampe, limbus cornu Ammonis) longe le bord inlerne de la corne d'Ammon (Fig.2o6j, puisse prolonge sur le bord externe du pilier postérieur (Fig. 41 ) et du corps du trigone (Fig. 7,26).Elle constitue un faisceau de fibres longitudinales et parallèles que les coupes vertico-transversales sectionnent perpendiculairement à leur axe. Dans son trajet liippocampique, la fimbria est un faisceau volumineux en partie extraventriculaire sur lequel s'insèrent les plexus choroïdes du ventricule latéral. Elle reçoit chemin faisant un certain nombre de fibres de l'alveus, mais elle est surtout alimentée par les cylindres-axes des cellules pyramidales géantes de la région godronnée de la corne d'Ammon et par les cylindres-axes des cellules polymorphes de la circonvolution godronnée; la plupai't de ces fibres se rendent directement dans la fimbria en formant sur les coupes vertico-transversales(fCg, Fig.2o6)un petit faisceau de fibres convergentes qui passent par le bile du fascia dentata; les autres y arrivent par la voie de l'alveus extraventriculaire (Alvx).
L'alveus (Alv) revêt toute la face inlraveiiiriculuire de la corne d'Ammon (CA), depuis les digitations (Fig. 11) jusqu'à l'isthme de l'hippocampe (Fig. Ib et 16), et occupe cet espace extrave^itriculaire (Alvx) (Fig. 256), très réduit chez l'homme, beaucoup plus développé chez les mammifères macrosmatiques, compris entre la fimbria et l'écorce de la circonvolution godronnée. On peut donc, avecHonegger, considérer à l'alveus deux parties : V alveus inùriveiitriculaireet Y alveus extravenlricidai re . \J alveus intraventricidaire (Alv) reçoit les cylindres-axes des cellules pyramidales de la région hippocampique de la corne d'Ammon et du subiculum. Parallèles ou plus ou moins obliques au plan vertico-transversal de l'hémisphère, ces fibres se portent en haut, changent bientôt de direction, deviennent longitudinales et s'accolent à la fimbria qu'elles renforcent. L'alveus extraventriculaire (Alvx) est constitué par une partie des cylindres-axes des cellules polymorphesdelacirconvolution godronnée qui se réunissent, à la partie interne du hile du fascia dentata, en un petit faisceau dont les fibres affectent une direction longitudinale et sont sectionnées sur les coupes vertico-transversales perpendiculairement à leur axe, comme celles de la fimbria.
La fimiu'ia, l'alveus intra et extraventriculaire présentent sur les coupes
FrBRES DE PTxOJECTION DE L'ÉCORCE CÉRÉBUALE. 273
vei'lico-transvorsales de l'hémisphère un aspecl: et une surfaee de seelion Leurs aspects sur
, , , . ... . , ■. ^ les coupes vertico-
variables suivant les régions. L (dreiis in/raventriciilaire existe seul sur Jcs transversales sc-
coupes i^Fig. 26, p. 39, Fig. I 1, p. 17) qui sectionnent les digitations de la "'^''^■
corne d'Ammon et les revêt d'une mince couche de fibres presque toutes
parallèles aii plan verlico-transversal de l'hémisphère. Sur les coupes
plus postérieures, la couche s'épaissit, les hbres deviennent plus obliques
et, au niveau de l'isthme de l'hippocampe, elles se continuent avec le pilier
postérieur du trigone qu'elles concourent à former en grande partie.
h'a/ceits extravcnlricitlaire et la fimbria n'apparaissent que sur les coupes qui passent en arrière des digitations de la corne d'Ammon et du voile terminal. La fimbria n'est d'abord qu'un petit faisceau sectionné perpendiculairement à son axe occupant la base de la crête épendymaire qui donne insertion aux plexus choroïdes de la corne sphénoïdale (Fig. 26). Elle augmente rapidement de volume, s'étale sous l'aspect d'une lame mince et étroite l^Fig. 7 et 256') qui recouvre le fascia dentata (Cg) et dont le bord interne légèrement recourbé en haut donne insertion aux plexvis choroïdes. A mesure que l'on considère des coupes plus postérieures, la fimbria s'épaissit, son bord interna s'applique sur sa face supérieure (Fig. 30, p. 43), et elle se présente sous l'aspect d'un épais faisceau irrégulièrement triangulaire, dont le sommet extraventriculaire recouvre la circonvolution godronnée (Cg), dont l'angle supérieur (l'ancien bord interne) donne insertion aux plexus choroïdes de la corne sphénoïdale, tandis que son épais angle inférieur se continue avec l'alveus intraventriculaire. Quant à Vcdvens extraventriculaire (Alvx) (Fig. 30 et 256), il constitue un petitfaisceau situé au-dessous et en dedans de la fimbria qu'il accompagne jusqu'à l'isthme de l'hippocampe; à ce niveau il s'en éloigne, suit la circonvolution godronnée et n'entre pas dans la constitution du pilier postérieur du trigone.
2. PILIER POSTÉRIEUR DU TRIGONE. (Fig. 9, 14, 41, 260.) — Le pilier pOSté- PUier postérieur
rieur du trigone i,Tgp) forme un \oIumineux faisceau replié sur lui-même dans le sens de son axe longitudinal (Fig. 41, p. o9); sa partie interne est épaisse, s'adosse au forceps postérieur du corps calleux et se continue avec les fibres intraventriculaires de l'alveus. Sa partie externe ou supérieure contient les fibres de la fimbria et se termine par un bord mince et effilé qui sert d'insertion aux plexus choroïdes du carrefour ventriculaire.
Le pilier postérieur du trigone se porte obliquement en haut, en avant et en dedans de l'isthme de la circonvolution de l'hippocampe, ori la corne d'Ammon cesse d'exister, vers les parties latérales du bourrelet du corps calleux oti il se place à l'union de la partie ventrale ou réfléchie du splenium avec la partie dorsale ou supérieure (Fig. 9, p. 14, 42 et 268). A ce niveau, une petite partie des fibres du pilier postérieur du trigone se porte soit transversalement en dedans, soit obliquement en dedans et en avant, mais la majorité des fibres se porte directement en avant et forme le contingent principal des fibres longitudinales du corps et du pilier antérieur du trigone.
lu trit^one.
Son trajet.
Los fibres trans- Les fihves transversale.^ ou commissurales du pilier postérieui' se ren-
versalcs ou commis- j , j i .1. . ,
suraics passent par ueiit dans le piiicr posteneuT du côté opposé. Elles passent par le bec cVpïcaî'ieu"'""^ " postérieur du corps calleux, se placent immédiatement en avant des libres
FiG. 257. — La face inférieure du corps du trigone et du bourrelet du corps calleux (d'après la photographie d'un cerveau durci dans le formol). Les plexus choroïdes du ventricule latéral droit sont colorés en rose.
Ce, tronc du corps calleux. — Çc {Spl), bourrelet du corps calleux. — Fc, fasciola cinerea. — Fus, lobule fusiforme. — H, circonvolution de l'hippocampe. — Lg, lobule lingual. — pCR, pied de la couronne rayonnante. — Tff, corps du trigone. — sTr/, le sillon médian de sa face inférieure. — Tga, le pilier antérieur du trigone. — L'espace triangulaire compris entre les deux moitiés du corps du trigone et le bourrelet du corps calleux correspond à la Lyre de David, au corpus psalloïdes, séparé de la face inférieure du tronc du corps calleux par la mince lamelle névroglique intertrigonale. (Voy. Fig. 2oS.)
calleuses qui, provenant de la face interne et de la pointe occipitale (Fig. 260), forment le forceps postérieur du corps calleux et relient entre elles les deux cornes d'Ammon en constituant la commissure des cornes d'Ammon, le fornix transversus de Forel.
Les fibres obliques du pilier postérieur occupent cet espace triangulaire
compris entre le bec postérieur du corps calleux et le corps du Irigone, et connu sous le nom de hjre de David, jisaUcriitm, ou corpus psalloïdes. En se portant obliquement en avant et en dedans, elles passent au-dessous de la lame névroglique, s'entre- croisent sur la ligne médiane avec des libres de même nom du côté opposé, et se continuent avec les fibres longitudinales du corps du trigone controlatéral.
Quant aux- ftbvcs longUudinales du pilier postérieur, elles sont directes Les Hbios lon-itu et en très petit nombre croisées et se continuent avec les fibres longitu- '""'''''•■*• dinales du corps du trigone.
Les fibres longitudinales, transversales et obliques du pilier postérieur contiennent à la fois des libres de la fimbria et des fibres de l'alveus intraventriculaire; elles constituent le contingent principal ou ammonique du corps du trigone.
3. CORPS DU TRIGONE. i^Fig. 7,26, i2, 257, 239, 259, 262.) — Le corps du coips du trigono. trigone se présente sur les coupes vertico-transversales sous l'aspect d'un faisceau volumineux, tantôt aplati, tantôt replié sur lui-même ou irrégulièrement quadrilatéral, situé au-dessous du corps calleux (Fig. 257,258). Un profond sillon médian (s Tg), d'autant plus étroit que l'on considère des coupes plus antérieures, sépare sa face inférieure en deux moitiés droite et gauche, reliées entre elles dans le fond du sillon par une mince lamelle névroglique, la lame in(er/rigona/e[\H). Bien que fusionnée chez l'adulte sa lame névroguavec la face inférieure du corps calleux, cette lame intertrigonale appartient en réalité au corps du trigone et non au corps calleux (Fig. 200 à 205. 217, 227i. C'est là un fait que mettent bien en évidence certaines malformations cérébrales, certaines vastes hydrocéphalies remontant aux premiers âges de la vie embryonnaire et s'accompagnant d'un arrêt de développement plus ou moins complet du manteau cérébral, du corps calleux et du septum lucidum.
Dans les deux cas, Longery et Richard (p. 187à216),que nous avons l'occasion d'examiner, il existe vme agénésie variable du manteau cérébral et un développement presque normal du rhinencéphale, en particulier des circonvolutions de l'hippocampe : aussi le trigone cérébral est-il très bien développé ainsi que la commissure antérieure.
Le tronc du corps calleux fait complètement défaut, dans le cas Longery (Fig. 201), il n'est développé dans le cas Richard (Fig. 22b) que dans sa partie antérieure. Néanmoins, il existe dans les deux cas une profonde scissure interhémispliérique logeant la faux du cerveau et dont le fond est constitué par une mince lamelle névroglique transparente qui se continue avec la lame terminale embryonnaire de la base du cerveau. Cette lamelle n'est nulle part adhérente au corps du trigone, de sorte que les deux ventricules latéraux ne forment qu'une vaste cavité unique et bilobée.
Dans les deux cas le corps du trigone occupe entre les deux ganglions de la base la paroi inférieure de la cavité ventriculaire unique (Fig. 200 et 216). Sa face supérieure est parfaitement lisse et libre, tapissée par l'épendyme ventriculaire et bordée de chaque côté par les plexus choroïdes des ventricules latéraux. Son sommet se continue en avant avec une mince et étroite cloison verticale et antero-postérieure, peu élevée, qui sépare à leur partie antérieure les deux ganglions de la base. Cette cloison n'est autre que la partie inférieure, basale ou ganglionnaire du septum lucidum, celle qui s'étend en avant
que intertrigonale.
des piliers antérieurs du Irigone et se fusionne avec la partie basale de la Lète du noyau
caudé (Fig. 226, p. 209). Les coupes montrent que le corps du trigone repose sur la toile choroïdienne, qu'un sillon profond divise sa face intérieure en deux parties droite et gauche, qui, accolées dans la région du corps du trigone (Fig. 227) par une mince lame intertrigonale, reprennent leur indépendance au niveau des piliers postérieur et anlél'ieur.
Ces deux cas montrent donc nettement que le développement du trigone est indépendant de celui du corps calleux et que la lame intertrigonale n'a rien à faire avec la lame qui occupe le fond de la scissure interhémisptiérique et dans laquelle apparaît lo tronc du corps calleux.
Son contingent amnionique : Alveus intraventriculairc.
Kimbria.
Alveus extraventriculaire.
Le corps du trigone
con-
FiG. 238. — Le corps du trigone, son aspect et sa constitution, représentés sur cinq coupes vertieo-transversales passant: 1° parle bourrelet du corps calleux; 2° par la partie postérieure du tronc du corps calleux ; 3° par le tronc du corps calleux dans le plan du noyau rouge et du centre médian de Luys; 4° dans le plan du champ de Forel et de la zona incerta; 5° par le septum lucidum dans le plan du noyau antérieur du thalamus.
AU', alveus intraventriculaire. — Alvx, alveus extraventriculaire. — Ce, corps calleux. — Fim, fimbria. — fp, fibres perforantes calleuses ou fibres extraammoniques du corps du trigone. — fs/, fibres du septum lucidum ou fibres perforantes de la partie moj'enne du tronc du corps calleux. — (7, lame névroglique intertrigonale colorée en rouge. — oo, orifice vasculaire dans le septum lucidum (S/). — sL, strie de Lancisi. — VSl, ventricule de la cloison.
tient des fibres de la fimbria et des fibres de l'alveus intraet extraventriculaire (Fig. 258).- Les fibres de Valveus intraventriculaire (Ah) occupent la partie inféro-interne du corps du trigone, la fimbria (Fini) en occupe le bord inféro-externe et s'étire en une mince lamelle qui sert d'insertion aux plexus choroïdes du ventricule latéral. Ces fibres sont pour la plupart la continuation directe des fibres longitudinales du pilier postérieur du môme côté ; le corps du trigone ne contient en elTet qu'un petit nombre de fibres croisées.
Quant aux fibres de ïaiveiif,extraventriculaire (Alvx), elles n'entrent pas dans la constitution du pilier postérieur du trigone et arrivent au corps du trigone par une voie détour-
née, bien étudiée par 0. Vogt.
Elles restent en effet accolées à la circonvolution godronnée jusqu'au-des-
FIRRES DE PROJECTION DE L'ECORCE CEREBRALE.
SOUS du bourrolot du corps calleux, puis l'abandonuenl au niveau du point où la circonvolution godronnée se continue avec la l'asciola cinerea.le ttenia tecta et les stries de Lancisi. A ce niveau (Fig. 2o8, 1 ,) les fibres de l'alveus extraventriculaire se portent directement en avant, longent la face inférieure du bourrelet du corps calleux, envoient quelques fibres commissurales à l'alveus extra-ventriculaire du côté opposé, puis se réunissent en un petit fascicule compact qui se porte obliquement en dedans et en avant, et atteint bientôt la partie profonde du sillon médian du corps dutrigone. Il se place au-dessous île la lame névrogllque inlerLrigonale(it)(Fig. 2o8,2)
lo H
Fig. 2o9. — Les fibres perforuates du bourrelet du corps calleux, vues sur une coupe sagittale. Méthode de Weigert-Pal. 4/1 Grandeur nature.
Ce {Spl;, bourrelet du corps calleux. — Fc, fasciola cinerea. — fp, fibres perforantes du corps calleux se rendant dans le corps du trigone {Tg). — H, circonvolution de l'hippocampe.
concourant avec les fibres obliques du pilier postérieur à former la lyre de David, mais conserve son indépendance dans toute la longueur du corps du trigone. Lorsque le sillon médian du trigone se rétrécit (Fig. 238,3 et 4), le fascicule abandonne la profondeur du sillon, il contourne la face interne, puis les faces inférieure et externe du corps du trigone (Fig. 238, 3), se porte par conséquent obliquement en avant, en bas et en dehors, et se fusionne finalement avec le pilier antérieur du trigone en avant du trou de Monro.
Les fibres delà fimbria, celles de l'alveus intra et extraventriculaire peuvent, dans leur ensemble, être désignées sous le nom de fibres ammoniques du triijone. Elles constituent le contingent principal, mais non unique, du corps du trigone.
Dans son trajet au-dessous du corps calleux, ce dernier reçoit en effet, comme l'ont montré les recherches récentes de 0. Vogt et Ivolliker, un grand nombre de fibres des stries de Lancisi qui, perforant le corps cal-
Son contingent ex- Ir.Tanimonique.
Les libres perforantes du corps calleux.
leux de sa face dorsale à sa face ventrale, représentent le contingent dorsal, supérieur ou extraammoniijiie du corps du trigone, l'homologue du faisceau des mammifères macrosmatiques décrit par Forel sous le nom de fornix lonrjus.
Cqs fibres extraammoniques peuvent être suivies avec beaucoup de netteté sur les coupes sagittales du corps calleux (Fig. 239, 260 1; elles lui impriment en efïet^un aspect strié tout spécial, que nous avons déjà signalé dans le Tome P"^, et qui est visible à l'œil nu sur les coupes sagittales de cerveaux durcis dans les bichromates alcalins (Fig. 268, 269, T. I""").
Cm g
fp-^
SpKg)-
£t-' Te i .Spl(T^ fp
Fig. 260. — Les fibres perforantes du bourrelet du corps calleux dans un cas de dégénérescence du bourrelet consécutive à une lésion étendue du lobe occipital (lobule lingual, lobule fusifornie, cuneus, pointe occipitale). La partie antérieure du bec postérieur (Spl) (r) contient les fibres commissurales, saines, du trigone cérébral. La zone dégénérée est colorée en jaune. Méthode de Weigert-Pal. 6/lGrandeur nature.
Sur les coupes fines, on voit toutes ces libres extraammoniques se grouper en petits fascicules fortement colorés parla laque hématoxylinique, traverser le corps calleux de sa face supérieure ou dorsale à sa face inférieure ou ventrale [fibres perforantes de KoUiker), et croiser par conséquent la direction des fibres calleuses. Elles existent aussi bien au niveau du bec et du genou qu'au niveau du tronc et du bourrelet du corps calleux.
Arrivées à la face inférieure du corps calleux, les fibres perforantes du bourrelet et du tiers postérieur du tronc du corps calleux (fp) (Fig. 259) se coudent, se portent en avant, se réunissent en fascicules fortement colorés par la laque hématoxylinique. Parmi ces derniers, les uns s'adossent à la partie supérieure du corps du trigone, entrent dans sa constitution et ne se distinguent des fascicules ammoniques que par leur coloration plus intense ; les autres font partie constituante de la lyre de David et se rendent dans le corps du trigone contrôla téral. Les fibres perforantes
du tiers moijon (Fig. 2()2) du corps calleux u'ontreut pas en connexion aussi intime avec les fibres atnmoniques du Irigonc que les précédentes. Elles se réunissent en un faisceau de fibres parallèles, moins denses, moins serrées que les fascicules du trigone proprement dit, puis se portent en avant dans l'épaisseur du septum lucidum, s'infléchissent ensviite en bas et concourent à former \e pédoncule du septum lucidum et la bandelette diagonale de Bt'oca. Les fibres perforantes du tiers antérieur du corps calleux (y compris le genou et le bec), s'irradient de même dans le septum lucidum et entrent dans la constitution de son pédoncule (Fig. 262).
Les fibres perforantes proviennent surtout de la strie de Lancisi et du fasciola cinerea, c'est-à-dire de cette circonvolution intralimbique avortée et rudimentaire qui prolonge en avant la circonvolution godronnée. Sur le tronc, le genou et le bec du corps calleux, on les trouve sur les coupes sagittales très voisines du plan médian; au niveau du bourrelet, il faut — à cause de la situation latérale du fasciola cinerea (Fc, Fig. 2o7) — les chercher sur
Cc(é)
Cc(i)
' Çi let
des coupes plus latérales. Le bourrelet reçoit en outre quelques fibres perforantes du cingulum, par conséquent tributaires du gyrus fornicatus et de
Fig. 261. — Coupe sagillale pabsant par les parties latérales du genou et du bec du corps calleux. Aspect strié du corps calleux tenant non pas à la présence de fibres perforantes, mais bien à la dispositi on des radiations calleuses. Méthode de Weigert-Pal. (4/1 Grandeur nature).
Cc[g), genou; Ce (;•), bec du corps calleux. — fisthme de la circonvolution AfC, noyau caudé. - FZ, ventricule latéral.
de l'hippocampe. Dans les dégénérescences du bourrelet du corps calleux consécutives aux lésions du lobe occipital (Fig. 260), le trajet de toutes ces fibres perforantes (fp) est particulièrement manifeste : on les voit traverser le bourrelet, se recourber en avant et s'adosser au corps du trigone (fl). Lorsqu'on examine des coupes sagittales des parties latérales du corps calleux (Fig. 261), on constate de nombreuses fibres à direction radiée qui s'enfoncent à des profondeurs variables dans le tronc du corps calleux et qu'il faut se garder de confondre avec les fibres perforantes du fornix longus. La plupart n'atteignent pas la face inférieure du corps calleux; celles qui y arrivent ne se recourbent pas et ne se réunissent pas en fasci-
Lcur orij^ine.
282 ANATO.MIE DES CENTI5ES NEKVEL'X.
culos. En réalilé. il s'agil ici soil de radiations calleuses sectionnées parallMement à leur direction, soil de fascicules du tronc du corps calleux qui s'inllécliissont et changent de direction au voisinage de l'angle externe
sL fol
f SI SI ''°^ Tda T^ol
Il (dso)
FiG. 262. — Le corps du trigone, son faisceau olfactif et les fibres du septum lucidum. Coupe sagittale passant par le septum lucidum et sectionnant la partie interne du thalamus le long du ta?nia thalami, le tubercule mamillaire, le noyau rouge et la commissure postérieure. Méthode de Weigert-Pal). 3/J Grandeur nature.
CB, carrefour olfactif de Brocà. — CM, commissure de Meynert. — coa, commissure antérieure. — cop, commissure postérieure. — eF, entrecroisement sous-thalamicfue postérieur de Forel. — FB, fente cérébrale de Bichat. — F.U. faisceau rétroflexe de Meynert. — Fmp, faisceau mamillaire principal. — fp, fibres perforantes du corps calleu.x abordant le corps du trigone. — Fol, faisceau olfactif du trigone : fol. fascicules olfactifs des régions antérieurs du septum lucidum. — /Te. faisceau du tuber cinereum. — ii. première circonvolution limbique. — NR, noyau rouge. — Qa. tubercule quadrijumeau postérieur. — iyf/Arj. substance grise centrale de l'aqueduc de Sylvius. — SI, septum lucidum. — f'Sl, fibres du septum lucidum qui s'unissent au faisceau olfactif du trigone et forment le pédoncule du septum lucidum , situé en avant de la commissure antérieure. — sL, strie de Lancisi. — Te. tuber cinereum. — fTc, faisceau du tuber cinereum de Gutlden dont les fibres peuvent être suivies jusque dans la substance grise centrale du troisième ventricule. — Tr/, corps du trigone. • — Tga, son pilier antérieur. — Fol, son faisceau olfactif. — Tm, tubercule mamillaire. — T/t, couche optique. — tlh. taenia thalami. — l's, troisième ventricule. — Viidso;, son diverticule sus-optique. — (7, ventricule latéral. — II, nerf optique avant son entre-croisement dans le chiasma. — III, nerf moteur oculaire commun.
du ventricule latéral. Nous avons montré en efl'et, dans le Tome I"', que les fascicules du corps calleux ne sont pas parallèles, comme ceux de la commissure antérieure, mais s'enchevêtrent les uns avec les autj'es, et que les radiations calleuses s'enfoncent dans l'épaisseur du faisceau compact
avec lus fibros quo la circonvolution godronnoo onvoio à la llmbria.
du corps calleux avant do so couder el de se continuer avec une de ses fibres. Or les coupes sagitlaies sectionnent toutes ces libres plus ou moins parallèlement ou perpendiculairement à leur direction, et c'est là une disposition qui peut induire en erreur, lorsqu'il s'agit d'évaluer chez riiomme le nombre des libres perforantes du fornix longus.
Par leurs origines, les fibres perforantes sont donc en réalité bomo- Leur iiomoiogio logues des fibres que la circonvolution godronnée envoie à la fimbria; elles proviennent, comme ces dernières, de la circonvolution godronnée, mais de sa partie antérieure, avortée, rudimentaire (strie de Lancisi, fasciola cinerea, voy. T, P'' 302). Les fibres perforantes du bourrelet et de la moitié postérieure du tronc du corps calleux leur sont encore homologues par leurs terminaisons. Nous verrons en effet plus loin qu'elles se comportent comme les fihres ammoniques du pilier postérieur du trigone, auxquelles elles sont intimement mélangées.
Les fibres longitudinales du corps du trigone — qu'elles appartiennent à la fimbria, à l'alveus intraventriculaire, au fornix longus ou à l'alveus extraventriculaire — se portent en avant, en dedans et un peu en bas, s'éloignent peu à peu du corps calleux auquel elles étaient adossées et dont les séparent le septum lucidum et les fibres perforantes de la partie moyenne du tronc du corps calleux. Au niveau du tiers antérieur de la couche optique, un grand nombre de lâches et minces fascicules se détachant de la convexité du corps du trigone s'irradient dans le septum lucidum en formant le faisceau olfactif du trigone (Fol) qui porte encore le Faisceau oifactir nom de faiseaii olfactif de la corne d'Ammoii de Zuckerkandl.
Le faisceau olfactif (Fol, Fig. 262) du trigone comprend à la fois des son origine. libres ammoniques et extraammoniques (fornix longus). Les premières viennent de l'alveus et de la fimbria; les secondes perforent le bourrelet et la partie adjacente du tronc du corps calleux. Il est renforcé en outre par les fibres perforantes des parties moyenne et antérieure du corps calleux. — Toutes ces fibres occupent le septum lucidum ; les unes s'y arrêtent ou y prennent leur origine, les autres convergent vers la partie antéroinférieure du septum (SI), passent en avant de la commissure antérieure, deviennent apparentes dans le fond de la scissure interhémisphérique. Son trajei. au-dessous du bec du corps calleux. Renforcées par les fibres des stries de Lancisi et de la strie olfactive interne, elles constituent le pédoncule du septum lucidum, longent de chaque côté la lame terminale embryonnaire, puis traversent en diagonale l'espace perforé antérieur (bandelette diagonale de Broca) et se terminent finalement autour des cellules de la région. Les fibres les plus longues atteignent la circonvolution dii crochet.
Le faisceau olfactif du trigone constitue donc un grand faisceau d'association qui relie la corne d'Ammon, la circonvolution godronnée (y compris le fasciola cinerea et les stries de Lancisi), le gyrus fornicatus et le septum lucidum, soit entre eux, soit à la substance perforée antérieure et au tubercule olfactif.
4. PILIER ANTÉRIEUR. — Après le départ du faisceau olfactif, le corps du piiicr antérieur.
Sou trajet.
trigonc diminue de volume et s'arrondit. Les plexus choroïdes (Fig. 257) qui s'inséraient le long de son bord inféro-externe se portent au niveau du trou de Monro en dedans, longent sa face inférieure, puis se continuent avec les plexus choroïdes médians du troisième ventricule. Lafimbria cesse de former un faisceau distinct ; elle se fusionne intimement avec
FcG
an
Fig. 263. — Le pilier antérieur du trigone, ses connexions avec le [tubercule mamillaire et le pédoncule de ce tubercule ; le faisceau mamillaire principal et sa division eu faisceau de Vicq d'Azyr et faisceau de Gudden. Coupe sagittale passant en dehors du plan delà Fig. 262. Méthode de Weigert-Pal. (4/1 Grandeur nature).
CM, commissure de Meynert. — CNR. capsule dunoj'au rouge. — coa, commissure antérieure. — eF, entrecroisement sous-ttialamique postérieur de Forel. — FcG, faisceau de la calotte de Gudden. — FM, faisceau rétroflexe de Meynert. — Fmp, faisceau mamillaire principal et ses deux branches de bifurcation, le faisceau de Vicq d'.Vzyr(F.4; et le faisceau de la calotte de Gudden [FcG). — f'Tc, faisceau du tuber cinereum de Gudden. — Lu, locus niger. — NR, noyau rouge. — CXR, sa capsule de fibres. — P, pied du pédoncule cérébral. — Po, protubérance. — PTm, pédoncule du tubercule mamillaire. — PSI, pédoncule du septum lucidum. — Te, tuber cinereum. — Tr/a, pilier antérieur du trigone. — Tmi, noyau interne; Tml, noj'au externe ou latéral du tubercule mamillaire. — VA, faisceau de Vicq d'Azyr. — //, bandelette optique sectionnée sur les parties latérales du chiasma. — ///, nerf moteur oculaire commun.
les fibres de l'alveus et celles du fornix longus (Fig. 2.j8). Ainsi se trouvent constitués les piliers antérieurs ou colonnes du trigone (Tga) (Fig. 2.57) qui de chaque côté se portent en bas, en arrière et en dedans, passent en arrière de la commissure antérieure (Fig. 22, p. 32, et Fig. 263), s'enfoncent dans la substance grise centrale de la région sous-optique, puis du tuber cinereum, pour se diriger vers les tubercules mamillaires qu'ils abordent par leur partie antéro-supéro-externe.
Les piliers antérieurs du trigone sont dépourvus de plexus choroïdes.
FIBRES DE PROJECTION DE LÉCORCE CÉUÉBRAI.E.
Iiiimédiatemeni en avant du trou do iMouro, leur surface de section est arrondie et ovalairo et présente une face postérieure libre (Fig. 257, 82), recouverte par l'épendynie du troisième ventricule et une face antérieure intimement adhérente au septum lucidum (Fig. 41, p. 88). Dans la région sous-optique (Fig. 263K chaque pilier antérieur du trigone passe audcssiis de la bantlelello optique et de la commissure de Meynert qu'il croise, en dedans du genou de la capsule interne et de la partie antérieure de la couche optique. Il croise dans cette région (Fig. 254) : 1° le fxnia semicircidarU y^tsc), auquel il abandonne quelques fibres, et la pédoncule inféro-interne du thalamus (PiTh) qui se porte en bas et en avant, du thalamus à la substance innominée sous-lenticulaire de Reichert; 2° le faisceau lenticulaire de Forel (FI) et l'anse du noyau lenticulaire (Al) au moment où ils contournent le genou de la capsule interne.
Dans l'espace opto-pédonculaire, le pilier antérieur détermine un relief oblique en avant et en dehors connu sous le nom de bras du tubercule mamillaire (Brachium corporis mamillaris, G. Retzius). Il est croisé par un petit faisceau de fibres fortement coloré par la laque hématoxylinique , le faisceau du tuber cinereuin (fTc) de Gudden (Fig. 263 et 262). Il est, en outre, en rapport avec un petit amas ganglionnaire situé sur les parties latérales du tuber cinereum entre le pédoncule cérébral, le tubercule mamillaire et la bandelette optique, et qui détermine à la base du cerveau un relief constant, mais plus ou moins saillant suivant les sujets. Dans le Tomepremierde cet ouvrage, nous avons décrit ce petit amas ganglionnaire sous le nom de tubercule mamillaire latéral. Pour éviter sa confusion avec le noyau latéral du tubercule mamillaire, nous le désignerons à l'avenir sous le nom de tubercule mamillaire accessoire (Tma, Fig. 253 et 254). Il appartient en effet au système du tubercule mamillaire et reçoit un grand nombre de fibres du pédoncule du tubercule mamillaire (PTm) ou lui en abandonne.
Les rapports du pilier antérieur du trigone dans la région sous-optique et du tuber cinereum se voient avec beaucoup de netteté sur les coupes horizontales sériées (T. I", Fig. 309 à 314) et sur les coupes sagittales 262 et 263. Sur toutes ces coupes le pilier antérieur présente un aspect et un groupement de ses fascicules bien spécial et distinct de celui du corps du trigone (comparez la Fig. 262 avec la Fig. 263). De parallèles, rectilignes et serrés qu'ils étaient dans le corps du trigone, les fascicules deviennent lâches et onduleux; ils sont séparés les uns des autres par des intervalles plus ou moins grands de substance grise, s'enchevêtrent les uns avec les autres et sont entourés par de fines fibres arquées qui croisent
Sos rapports dans la riigion sous-optiquo.
Dans respace'opto-ptidoticulaire.
Fig. 264. — Coupe horizontale du pilier antérieur gauche. (Méthode de Weigert.) 12/1 Grandeur nature.
Son aspect sur los coupes.
ANATOMIE DES CENTllES NEKVEUX.
Ses fascicules alierrants.
leur (lii'ortion (Fig. 263 et 26i).Lo pilier antérieur du trigone présente cet aspect spécial et tout à fait caractéristique sur les coupes vertico-transversales, horizontales et sagittales, et le conserve jusqu'au tubercule maniillaire. Dans son ensemble, il forme néanmoins un faisceau bien délimité. Toutefois, dans quelques cas relativement rares, on voit un ou plusieurs fascicules plus ou moins volumineux se détacher du pilier antérieur et suivre un trajet parallèle bien qu'écarté. Dans certains cas, on voit un faisceau aberrant (fTga) se détacher du corps du trigone au-dessus du trou de Monro, passer en avant de la commissure antérieure, décrire une courbe à convexité antérieure plus accentuée que celle du pilier anté-
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