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TOME II

Cellules à. cylindre axe court et à dcntrites velues.

ANATOMIE DES CENTHES NEHVEUX.

Cellules à cylindreaxe long et à trajet descendant.

les dendrites sont d'autant plus volumineuses et d'autant plus étendues, plus flexueuses et plus velues, qu'elles appartiennent à un corps cellulaire plus gros. Leur cylindre-axe est lin et se décompose après un court trajet, souvent irrégulier, en une arborisation complexe et très enchevêtrée. A coté de ces nombreuses cellules de moyenne et petite taille, on trouve irrégulièrement disséminées dans le noyau caudé et dans le putamen quelques cellules de grande taille, véritables cellules géantes, à dendrites amples et velues (Fig. 278), à cylindre-axe épais, de trajet flexueux, non revêtu d'une gaine de myéline et qui se termine par une

arborisation extrêmement étendue et assure les connexions de territoires souvent fort éloignés.

Le corps strié possède en outre des cellules correspondant au type cellulaire de Deiters; soupçonnées par Edinger en 1887 , leur existence a été confirmée par les recherches récentes de V. Gehuchten, P.Ramon, Cajal, Kôlliker. Morphologiquement, ces cellules se distinguent mal des cellules du type II de Golgi ; elles sont en général volumineuses, occupent les parties profondes du corps strié et sont pourvues de dendrites épaisses, flexueuses et recouvertes d'aspérités. Leur cylindre-axe est épais, décrit un trajet transversal ou plus ou moins oblique, émet un nombre variable de collatérales, puis se coude à angle droit et se porte, avec les cylindres-axes des cellules avoisinantes, dans un des fascicules qui sillonnent la partie profonde du corps strié. Grâce à son trajet oblique, flexueux et coudé et à ses nombreuses collatérales, il n'est pas toujours facile de suivre le cylindre-axe dans toute sa longueur, et ces cellules peuvent facilement être confondues avec les cellules géantes du type II de Golgi. Les cylindresaxes de ces cellules ont tous un trajet descendant (Cajal); aucun ne se porte en haut vers l'écorce cérébrale; dans quelques cas rares, ils émettent au niveau de leur coude une fine collatérale ou une mince branche de bifurcation à trajet ascendant.

Les cellules à cylindre-axe long ou court et à dendrites ramifiées et velues existent surtout dans le globus palliclus et dans le noyau caudé. Dans \q put amen de l'homme, Kôlliker a décrit en outre des cellules de petite ou de moyenne dimension à corps cellulaire petit et grêle, remar-

Fjg. 278. — Cellule géante du type II de Golgi (à cylindre-axe court). Noyau lenticulaire du lapin adulte. Méthode de Golgi.

GAiVr.LIONS INFRACOHTICAUX : COUPS STRIÉ.

quables par leurs tlendrites lisses peu nombreuses et peu ramifiées, mais excessivement longues et étendues.

Cellules névrogliques et épendymaires. — Les cellules névrogliqiies du ceiiuies néviogiicorps strié revêtent en général la forme de cellules étoilées, de cellules T.s' "' ^p"""-^™"" araignées. Les unes, d'apparence moussue, ne possèdent que de courts prolongements variqueux et à direction radiée; les autres présentent des prolongements épais, rigides, presque rectilignes, dont quelques-uns très étendus se portent soit du côté du ventricule, soit vers la capsule interne, traversant ainsi toute l'épaisseur du noyau caudé. Le noyau caudé est en outre traversé radiairement par les prolongements périphériques des cel-

FiG. 279. — Cellule de Deiters à cylindre-axe long du corps strié du lapin adulte; à droite, cellule du type II de Golgi, à cylindre court, à dendrites velues. Méthode de Golai.

Iules épendymaires du ventricule latéral. Chez le fœtus humain (Fig. 280), ces prolongements, extrêmement longs, sont couverts d'aspérités ; ils atteignent et traversent souvent le segment antérieur de la capsule interne.

2-' Fibres nerveuses. — Le corps strié possède de nombreuses fibres Fibies de passage groupées en épais fascicules dont la plupart sont des fibres de passage provenant des neurones corticaux (fibres cortico-thalamiques, corticoprotubérantielles, cortico-méduUaires, etc.). Ces fibres abandonnent au corps strié quelques fines collatérales qui sont recouvertes d'une mince gaine de myéline, et qui s'arborisent librement au voisinage des cellules de Golgi et des cellules à cylindre-axe long.

Les fibres nerveuses qui prennent leur origine dans le corps strié sont Radiations striées représentées par les cylindres-axes des cellules de Deiters. Elles affectent '^ ^^^^^ toutes un trajet descendant, constituent les fibres de projection striées, les radiations ou neurones striés, et sont destinées à relier le corps sfrié à la

Filjrcs terminales.

Ïjc noyau caudd' ot le putamen no reçoivent pas de fibros cortico-striées ot ne possèdent pas de couronne rayonnante.

couche optique et à la région sous-optique, en particulier au corps de Luys. Le corps strié reçoit enfin des fibres terminales ascendantes, dont les cellules d'origine sont encore inconnues et qui lui arrivent par la capsule interne ; ce sont, d'après Cajal, des fibres épaisses, recouvertes d'une gaine de myéline et qui se ramifient dichotomiquement. Leurs branches présentent en général une direction oblique ou perpendiculaire à celle des gros fascicules et se terminent par une arborisation complexe et souvent fort étendue.

Les cellules et les fibres nerveuses du corps strié sont plongées au sein d'un feutrage péricelhdaire extrêmement dense, formé parles arborisations

des fibres terminales ascendantes, par les collatérales des neurones striés et corticaux et par les arborisations cylindreaxiles terminales des cellules du type II de Golgi. Dans ce feutrage entrent encore les dendrites des cellules nerveuses du corps strié et les prolongements des cellules névrogliques etépendymaires.

Connexions du corps strié avec la corticalité cérébrale. — Le corps strié, en particulier le noyau caudé et le putamen, ne reçoit, au moins chez l'homme, pas de fibres cortico-striées directes; il ne reçoit que les fines collatérales que lui abandonnent les fibres de projection corticale qui traversent sa masse pour se rendre à la capsule interne et de là aux amas ganglionnaires des cerveaux intermédiaire, moyen, postérieur, etc., etc. (fibres cortico-thalamiques, fibres cortico-protubérantielles, cortico-bulbaires, cortico-méduUaires). Contrairement à ce que semblent indiquer l'étude des coupes sagittales (Fig. 281 et 282), le corps strié (noyau caudé et putamen) n'est donc pas en connexion directe avec la corticalité cérébrale et l'existence de fibres corticostriées directes, en particulier d'une couronne rayonnante du corps strié reliant le lobe frontal au corps strié et admise par Foville, Meyncrt, Huguenin, etc., etc., reste encore à démontrer. Les résultats fournis par la méthode de Golgi, par l'anatomie expérimentale et par l'étude des dégénérescences secondaires (méthodes de Weigert-Pal et de Marchi) sont, en effet, en contradiction formelle avec l'ancienne hypothèse de Foville et de Meynert (Voyez Historique, p. 82 et Fig. 50).

S'il est un fait qui semble aujourd'hui bien démontré, c'est que les lésions coi'ticales, quels que soient leur siège, leur étendue et leur durée ne retentissent pas sur le noyau caudé et sur le putamen comme elles retentissent sur la couche optique. Cette opposition qui existe entre le

Fig. 280. — Cellules épendymaires du corps strié. Fœtus humain de 6 mois. Méthode de Golei.

corps strié et le thalamus a été bien mise en valeur par Gudden, d^s 1872, par voie expérimentale. Bianchi et d'Abnndo (1886) ont signalé, il est vrai,

Cex

Arc

"îJpA coa

tSC ds

FiG. -281. — Coupe sagittale passant par le pédoncule du putamen, les noyaux amygdalien et préamygdalien, les segments sous-lenticulaire et rétro-lenticulaire de la capsule interne. L'irradiation des fibres des segments postérieur et supérieur de la couronne rayonnante simule sur cette coupe une couronne rayonnante du •putamen Remarquer en outre la constitution du segment sous-lenticulaire de la capsule interne : ses deux couches superposées, la supérieure formée de fibres sectionnées p er pendiculairement à leur axe, correspond au faisceau de Turck et se continue avec le segment rétro-lenticulaire de la capsule interne ; l'inférieur comprend les fibres onduleuses à direction sagittale du faisceau temporo-thalamique d'Arnold. (Comparez cette coupe avec les Figures 29 à 32 et avec le schéma, Fig. 27). Méthode de Weigert. 2/1 Grandeur nature.

Alv, alveus intraventriculaire. — AM, avant-mur. — Arc, faisceau arqué. — CA, corne d'.-Vmmon. — Ce, capsule externe. — Cex, capsule extrême. — C17, circonvolution godronnée.

— Cirl, segment rétro-lenticulaire de la capsule interne. — Cz's/, segment sous-lenticulaire.

— coa, commissure antérieure, située dans l'angle rentrant du pédoncule du putamen. — CR, segment supérieur de la couronne rayonnante. — CSgt, couches sagittales du segment postérieur de la couronne rayonnante. — ds, diverticule du subiculum. — Fli, faisceau longitudinal inférieur. — FTlh, faisceau temporo-thalamique d'Arnold. — Fu, faisceau uncinatus. — Fus, lobule fusiforme. — 0F3, face orMtaire de la troisième circonvolution frontale. — H, circonvolution de l'hippocampe. — h, sillon de l'hippocampe. — la, circonvolutions antérieures de l'insula. — ma sillon marginal antérieur de l'insula. — ms, sillon marginal supérieur de l'insula. — JV^, noyau amygdalien. — NC, NC", queue et extrémité antérieure recourbée de la queue du çoyau caudé et sa fusion avec le pédoncule du putamen. — .VL3. putamen. — ^pA, noyaux préamygdaliens. — ot, sillon collatéral. — PSL%, pédoncule du putamen. — RTh, radiations thalamiques. — S, scissure de Sylvius, Tap, Tapetum. — tsc, taenia semi-circularis. — U, circonvolution du crochet. — Voc, carrefour ventriculaire. — Vsph, corne sphénoïdale du ventricule latéral.

ÏTe

FiG. 282. — Coupe sagittale passant par les trois segments du noyau lenticulaire, le pulvinar, le corps genouillé externe et la bandelette optique. L'irradiation des fibres du segment antérieur de la couronne rayonnante et de la partie antérieure du segment postérieur de la couronne rayonnante simule sur cette coupe une couronne rayonnante du noyau lenticulaire (putamen et globus pallidus). Remarquer ici la continuation du segment postérieur de la capsule interne avec le pied du pédoncule cérébral ; l'aspect de la zone réticulée et de la lame médullaire externe du thalamus, la continuation de cette lame avec la zone de Wernicke et la courbure que le pulvinar décrit autour du corps genouillé externe. Méthode de Weigert. 2/1 Grandeur nature.

Alv, alveus intraventriculaire. — Aol, aire olfactive. — CA, corne d'Ammon. — Ce, corps calleux. — Cy, circonvolution godronnée. — Cye, corps genouillé externe. — Cia, Cip, Cirl, segments antérieur, postérieur et rétrolenticulaire de la capsule interne. — coa, commissure antérieure. — pCH, pied du segment antérieur de la couronne raj'onuante. — Fil, faisceau longitudinal inférieur. — Fus, lobule fusiforme. — 0F3, face orbilaire de la troisième circonvolution frontale. — H, circonvolution de l'hippocampe. — /(, sillon de l'hippocampe. — il, incisure temporale. — Lme, lame médullaire externe du thalamus. — Ime, lini, lames médullaires externe et interne du noyau lenticulaire. — Lms, lame médullaire superficielle de la corne d'Ammon. — NC, queue du noyau caudé. — Ne, noyau externe du thalamus. — A'L.i, NLi, A'ii , les trois segments du noyau lenticulaire. — ot, sillon collatéral. — Plch, plexus choroïde du ventricule latéral. — Pul, pulvinar. — RTh, radiations thalamiques. — S, scissure de Sylvius. — Sexv, surface extraventriculaire de la couche optique. — Sye, substance grise sous-épendymaire. — Tup, tapetum. — Tgp, pilier postérieur du trigone. — Ty 17, carrefour ventriculaire. — Isc, tieiiia seraicircularis. Vsph, corne sphénoïdale. — vl, voile terminale. — IV, zone de Woruicke. — Zr, Zone réticulée. — //. b.indelette optique.

une atrophie légère du corps strié à la suite d'ablation du gyrus sigmoïde chez le chien, avec diminution des éléaients cellulaires, prolifération légère de la névroglie, et dilatation légère des capillaires. V. Monakow a noté la diminution de volume et de nombre des cellules nerveuses du corps strié; Marinesco, à l'aide de la méthode de Marchi, a observé la dégénérescence de quelques fines fibres du corps strié après ablation du lobe frontal chez le singe et le chien (1 895). Ces lésions minimes dans tous les cas, et qui tiennent vraisemblablement à la dégénérescence des fibres de passage et des collatérales des neurones corticaux lésés, ne sont toutefois pas comparables à l'atrophie souvent extrême que subit la couche optique dans ces mêmes circonstances. La très minime diminution de volume du corps strié, que l'on constate quelquefois chez l'homme à la suite de vieilles lésions corticales pathologiques remontant à la première enfance, est pour nous l'analogue de la diminution de volume en masse que subissent dans ces cas toute la moitié correspondante du tronc encéphalique, la corne antérieure croisée de la moelle et l'hémisphère cérébelleux croisé. Elle tient autant à la dégénérescence des collatérales, que le système des fibres de projection corticale envoie au corps strié et à la région de la calotte, qu'à l'inactivité fonctionnelle de ces mêmes régions.

Le cas Rlvaud (p. loi, Fig. 142 à 162) en est un exemple très frappant. Les noyaux caudé et lenticulaire sont respectés par la lésion primitive corticale et sous-corticale (Fig. 144 à 146), sauf au niveau du deuxième cinquième postérieur du noyau lenticulaire, oii la lésion fuse en dedans et sectionne non seulement le putamen et le globus pallidus, mais encore la partie correspondante du segment postérieur de la capsule interne (Fig. 147, p. 1j3). Dans ce cas datant de la première enfance et où le malade survécut 24 ans à sa lésion, le noyau caudé est remarquable par son volume qui ne le cède en rien à celui du côté sain. [Comparez en particulier le noyau caudé droit de la figure 143 avec le noyau caudé du côté sain (Fig. 144) dessinés au même grossissement.] Il présente son aspect normal et donne naissance à d'aussi abondantes fibres que du côté sain; seules les fibres de projection corticale qui le travei'sent pour former le segment antérieur de la capsule interne (Cia) font défaut, et grâce à l'absence de ces fibres, l'union du noyau caudé et du putamen paraît encore plus intime que du côté sain. (Voy. également Fig. 146 dessiné à un grossissement plus fort.) Le putamen est bosselé, d'apparence godronnée, et paraît légèrement diminué de volume (Fig. 145 et 147), ce qui tient probablement au voisinage de la lésion primitive et à sa section par cette dernière.

Dans ce cas, l'atrophie du thalamus atteint un degré extrême et tel qu'on ne l'observe guère que dans les lésions remontant à la première enfance. (Comparez la Figure 145 à la Figure 144 (côté sain) et les deux couches optiques de la Figure 147 entre elles.)

Le noyau caudé et le putamen se comportent de même dans les lésions survenant chez l'adulte, soit qu'il s'agisse de lésions du lobe frontal (cas Moriceau Hg. et Hd., Fig. 137 et 140, p. 147 et 148), soit qu'il s'agisse d'une destruction complète de la corticalité cérébrale (cas Pradel, Fig. 66 à 78, p. 100 et suiv.) Dans le premier cas le malade survécut 10 ans, dans le second 19 ans, à la lésion corticale. Ni dans l'un ni dans l'autre cas, le noyau caudé ou le putamen n'étaient altérés.

Los l(^sions corticales mêmes étendues ne retentissent pas sur le corps strié ou ne déterminent qu'une atrophie en masse.

Quelques auteurs, Schwalbe, Édinger, Sachs, Bechterew, Marinesco, tout en niant l'existence de fibres de projections cortico-slrlées, admettent,

en se basant sur l'homologie de développement et de structure du corps strié et de l'écorce cérébrale établie par Wernicke, l'existence d'un fais- Le faisceau occi- ccau cF associatioii corlico-slrié, et décrivent comme tel \e faisceau ocd pilou'n° faTsc'jau" d^asOT- froiital OU faisceau sous-calleux de Muratoff. Bien qu'il paraisse évident que dation cortico-stno. j^^ niincc couchc de fibres à myéline sous-épendymaire qui tapisse le noyau caudé (f NC, Fig. 290), appartienne en propre à ce noyau et représente des fibres d'association intercaudées reliant deux territoires plus ou moins éloignés du noyau caudé , rien ne prouve qu'il en soit de même pour les n ombreuses fibres à myéline qui sillonnent la substance grise sous-épendymaire de l'angle externe du ventricule latéral. Ces libres appartiennent, en partie au moins, au faisceau occipito-frontal et dégénèrent à la suite de lésions de lacorticalité cérébrale [lobe frontal, zone rolandique (cas Scli"weigo£fer, Fig. 116 à 121, p. 133 et suiv.), lobe occipito-temporal cas Chab, p. 287, — et plus particulièrement à la suite de toutes les lésions qui intéressent le tapetum (Fig. 266 à 272)]. Elles n'abandonnent au noyau caudé que de très l'ares fibres, ainsi que le montrent, non seulement les préparations traitées par la méthode de Weigert-Pal, mais encore celles traitées suivant la méthode de Marchi. Le faisceau occipito-frontal ne doit donc pas être considéré comme un faisceau d'association cortico-striée dont les cellules d'origine siègent dans l'écorce cérébrale et dont les arborisations aboutissent au corps strié ; mais bien comme un faisceau d'association intercortical, reliant deux points plus ou moins éloignés du manteau cérébral.

Radiations corticales du globus pallidus. — Si le noyau caudé et le putamen ne reçoivent pas de fibi'es de la corticalité cérébrale, il ne parait pas en être de même du globus pallidus. Lorsqu'on examine le segment rétro-lenticulaire de la capsule interne sur des coupes horizontales passant par les parties moyenne ou inférieure du thalamus (Fig. 29o, RGp), il est le plus souvent facile de suivre de petits fascicules de fibres horizontales qui traversent sagittalement le segment rétro-lenticulaire de la Les radiations cor- capsulc interne ct abordcut le globus pallidus au niveau de son boi'd pos- "amdus "^^ ^'"''"^ térieur. A ce niveau, les fascicules divergent et pénètrent, soit dans la lame médullaire externe du noyau lenticulaire, soit dans le deuxième segment de ce noyau. — Ces fibres peuvent être suivies encore avec plus de facilité dans les dégénérescences complètes du segment rétro-lenticulaire de la capsule, et apparaissent alors en général normales sur le champ dégénéré (RGp) (cas Le Séguillon, Fig. 131, p. 143 ; cas Jouan, Fig. 97, p. 122). Sur les coupes sériées on peut, dans ce cas, les suivre, en bas et en arrière, dans les couches sagittales du lobe occipito-temporal au voisinage du segment rétro-lenticulaire de la capsule interne. De prime abord, on semble être ici en présence de radiations corticales du globus pallidus. Mais, comme dans la couronne rayonnante, ces fibres ne peuvent être suivies au delà du voisinage immédiat du segment rétro-lenticulaire de la capsule interne, on peut se demander si, dans l'espèce, il ne s'agit pas plutôt de fibres lenticulo-caudées , de fbres de projection

GANGLIONS INl-nACO RTICAUX : CORPS STRIE.

OU de tei-minaison caudées, c'esl-ù-dire de libres qui traversent le segment rétro-lenticulaire de la capsule interne et relient la queue du noyau caudé au globus pallidus (Fie) (cas Heudebert, Fig. 126, p. 139; Cas Bras, Fig^ 90 et 91, p. 117 et 118).

Dans les lésions corticales — étendues ou limitées, — traitées suivant la méthode de ^Yeigert-Pal, le globus pallidus ne paraît subir aucune espèce de modification; on n'y rencontre pas do zones d'atrophie limitée avec disparition, soit des libres radiées, soit des lames médullaires, soit du feutrage, comparable à ce que l'on constate dans la couche optique dans les mêmes cas; mais, d'autre part, on ne peut affirmer que le globus pallidus possède dans ces cas autant de fibres radiées, ou un feutrage aussi dense qu'à l'état normal. C'est donc à l'emploi de la méthode de Marchi qu'est dévolue la tâche d'élucider cette question.

Deux cas de lésions cérébrales récentes, l'une étendue, l'autre limitée, examinées à l'aide de la méthode de Marchi, par l'un de nous, avec son interne Long, ainsi qu'un autre cas .éludié récemment, nous permettent d'affirmer que le globus pallidus et le corps de Luys reçoivent tous deux des fibres de projection de la corticalité cérébrale.

Cas Caillot. — Hémiplégie gauclie récente avec liémianeslhésie datant de 22 jours et relevant d'un ramollissement de la substance blanche sous-corticale placée sous la partie moyenne des circonvolutions rolandiques, et sous la partie adjacente de la première circonvolution pariétale; ce ramollissement peu étendu dans le sens de la profondeur laisse absolument intact les corps opto-striés. Le noyau lenticulaire ne contient aucun foyer lacunaire. (Voy. Long., Th. Paris, 1898, obs. IV, p. 203.)

Cette lésion a entraîné :

1° Une dégénérescence du S' quart postérieur du segment postérieur de la capsule interne {Cip Fig. 283 et 284) ; une dégénérescence du tiers moyen en [particulier du 3" cinquième externe du pied du pédoncule cérébral (Fig. 283) ; une dégénérescence de l'étage antérieur de la protubérance et de la pyramide bulbaire, et dans la moelle une dégénérescence des faisceaux pyramidaux direct et croisé, sans dégénérescence manifeste de fibres pyramidales homolatérales. La dégénérescence du pied du pédoncule s'accompagne d'une dégénérescence du locus niger (Ln),du stratum intermedium, en particulier du pes lemniscus profond (PLp), dont les fibres s'accolent dans les régions pédonculaires inférieures au ruban de Reil médian, mais s'en séparent déjà dans les régions protubérantielles supérieures, de telle sorte que l'intégrité du ruban de Reil médian est absolument parfaite dans la région protubérantielle inférieure et dans son trajet bulbaire. La dégénérescence de la voie pédonculaire s'accompagne d'une dégénérescence très évidente et très fine de la substance grise antérieure de la protubérance.

2° Une dégénérescence du noyau externe du thalamus (Ne) dans la partie adjacente au champ dégénéré du segment postérieur delà capsule interne (Cip). Cette dégénérescence occupe les faisceaux radiés, la lame médullaire externe (Lme) et la substance grise fondamentale de la moitié postérieure du noyau externe ; elle respecte la moitié antérieure du noyau externe, ainsi que le noyau interne (Ni), le pulvinar (Pul) et les corps genouillés (Cgi Cge). Elle occupe en outre toute la hauteur du noyau externe, s'étend à la partie ventrale de ce noyau et au centre médian de Luys (Nm),et occupe en particulier cette partie profonde du noyau externe que nous avons désignée sur le nom de Région du ruban de Reil médian fRg Rm,Fig. 284). Elle respecte toutefois le ruban de Reil médian iRm. Fig. 283) lequel apparaît sain sur toutes les coupes qui passent par le tiers supérieur du pied du pédoncule cérébral, c'est-à-dire sur toutes les coupes qui intéressent

Cas Caillot. Ramollissement sous-cortical sous-rolandique.

Dégénérescence de Cip, Ne, Nm; dégénérescence du pied du pédoncule cérébral, du locus nigcr, du pes lemniscus profond, des noyaux pontiques, du faisceau pyramidal. — Dégénércsccnco légère du gloVjus pallidus et du corps de Luys ; intégrité du putamen.

la partie du ruhan de Reil situées au-dessus des fibres dégénérées que le pes lemnicus profond (PLp) envoie au ruban de Reil médian; il existe enfin une dégénérescence de la partie externe du tœnia thalarai (Fig. 283).

FiG. 283.

FiG. 284.

FiG. 283, 284, 285. — Cas Caillot. Hémiplégie gauche avec liémianesthésie et paralysie faciale inférieure, datant de 22 jours, relevant d'une lésion sous-corticale qui

occupe la partie moyenne des circonvolutions rolandiques et la première circonvolution pariétale. Cette lésion, peu étendue en profondeur, respecte complètement les corps opto-striés et la capsule interne. — Dégénérescence des troisième et quatrième cinquième postérieurs du segment postérieur de la capsule interne (Fig. 283 et 284), du tiers moyen du pied du pédoncule et du pes lemniscus profond (PLp), Fig. 28o). Dégénérescence de la moitié postérieure du noyau externe du thalamus (Ne), de la lame médullaire externe (Lme), du centre médian de Luys (Nm) et de la région du ruban de Reil médian (RgRm). Intégrité du ruban de Reil médian (Fig. 28E>) dans la région pédonculaire supérieure. — Dégénérescence partielle et légère du globus pallidus (NL-2, NLi), de son feutrage, de ses fibres radiées et de ses lames médullaires interne et supplémentaire. Dégénérescence légère des radiations strio-luysiennes (RsL), du faisceau lenticulaire de Forel et du corps de Luys (CL). (Méthode de Marchi.)

FiG. 285.

3» Une dégénérescence très fine, mais très manifeste du globus pallidvit (premier et deuxième segments du noyau lenticulaire NLo, NLi, NLi') avec intégrité du putamen; celui-ci ne présente que quelques fascicules de passage dégénérés. La dégénérescence du globus pallidus occupe toute la substance grise de ce noyau, elle est en outre particulièrement manifeste au niveau de la lame médullaire interne, mais intéresse également quelques fibres radiées. Dans la région sous-thalamique (Fig. 284) on voit ces fibres dégénérées entrer dans la constitution des radiations strio-sous-thalamiques (radiations strio-luysiennes (RsL), faisceau lenticulaire de Forel, et traverser la partie antérieure non dégénérée de la capsule interne, puis pénétrer dans le corps de Luys (CLl, dont la dégénérescence est légère, mais manifeste (Fig. 284).

Cas Hilaire. — Hémiplégie gauche avec liémianesthésie et hémiauopsie. Aphasie motrice et sensorielle, surdité verbale, cécité psychique, mort d'angine de poitrine au quarantième jour. Double lésion corticale (Fig. 284). (Voy. Long, Thèse de Paris 1899, obs. III, p. 188'. Le ramollissement cortical intéresse :

A gauche, la partie antérieure de la première circonvolution temporale et la lèvre sylvienne de l'opercule frontal; de là le ramollissement s'étend, en traînée sur le gyrus supramarginal, la partie postérieure du sillon parallèle jusqu'à la face externe du lobe

Cas Hilaire. Iliaque jaune du pli courljo, du lobule pariétal inférieuretdela partie adjointe de Pa, Ti et Ts. Dégénérescences de Cirl, partie postérieure Cip, Pul, Ne.

Nm, Cgi, Cge, BrQa, partie moyenne du pied du pédoncule, pos lemniscus profond, pes lemniscus superficiel , fibres aberrantes postéroexternes. Dégénérescence partielle du faisceau de Tiirck.

Dégénérescence légère du globus pallidus et du corps de l.ujs.

Fig. 286. — Cas Hilaire. Topographie de la double lésion corticale.

occipital qui présente un léger ramollissement au niveau de la deuxième circonvolution occipitale. Il n'existe dans le pied du pédoncule cérébral, examiné à la méthode de Marchi, aucune dégénérescence appréciable. Le faisceau de Tiirck en particulier est absolument normal.

A droite, la circonvolution pariétale inférieure (gyrus supramarginalis et pli courbe), les plis de passages qui la relient à la première circonvolution pariétale, l'opercule pariétal, la partie postérieure et inférieure de la pariétale ascendante, et la partie postérieure de la première circonvolution temporale; cette lésion s'étend en profondeur jusqu'aux couches sagittales et au segment supérieur de la couronne rayonnante qu'elle sectionne près de la couche optique, mais n'atteint pas le segment rétro lenticulaire de la capsule interne (Fig. 287 et 288).

A droite, les dégénérescences sont très étendues et nombreuses. Il existe :

l°Une dégénérescence du segment rétro-lenticulaire (Cirl) et de la moitié postérieure du segment postérieur (Cip) de la capsule interne dans ses régions thalamique (Fig. 287) et sous-thalamique (Fig. 288), ainsi qu'une dégénérescence partielle du faisceau de Tiirck (FT) (Fig. 289) ; une dégénérescence des trois cinquièmes externes du pied du pédoncule cérébral peu prononcée au niveau du faisceau de Tiirck ; une dégénérescence du pes lemniscusprofond (PLp', du pes lemniscus superficiel et des fibres aberrantes postéro-externes de la voie pédonculaire; une dégénérescence des fibres verticales de l'étage antérieur de la protubérance et de la substance grise avoisinante, de la pyramide antérieure du bulbe, et dans la moelle des faisceaux pyramidaux direct, croisé et homo-latéral ;

2° Une dégénérescence du noyau externe du thalamus, du pulvinar, des corps genouiUés interne et externe, du bras du tubercule quadrijumeau antérieur. Sur les

Cas Hilairc. Plaque jaune du ]>li courbe (lu lobule pariétal intérieur et (le la partie adjointe de Pa Ti et Ti. Dégénérescences de Cirl, partie postérieure Cip. Pul, Ne, Nni. Cgi, Cge, BrQa, partie moyenne du pied du pédoncule, pes lemniscus prol'oud, pes lemniscus superficiel , fibres aberrantes postéroextcrnes. Dégénérescence partielle du faisceau de Tûrck.

Dégénérescence légère du globus pallidus et du corps de Luys.

coupes qui passent par la région Ihalamique supérieure la dégéuérescence intéresse les trois noyaux thalamiques, externe, interne et antérieur. Dans les régions Ihalamiques moyenne (Fig. 287) et inférieure (Fig. 288), la dégénérescence se cantonne dans le trois quarts postérieurs du noyau externe et dans le pulvinar. Elle occupe toute la hauteur du noyau externe, en particulier sa couche ventrale, au niveau de la région du ruban de Reil médian et s'étend au centre médian de Luys (Nm); en bas, elle peut être suiv '\e jusque dans la partie externe de la capsule du noyau rouge.

Ugïlm

Fig. 287.

Fig. 288.

FiG. 287, 288, 289. — Cas Hilaire. Hémiplégie droite. Plaque jaune détruisant la circonvolution pariétale inférieure, le pli courbe, l'opercule pariétal, la partie postérieure de la première circonvolution temporale et la partie postérieure et inférieure de la pariétale ascendante et s'étendant en profondeur jusqu'à l'épendyme du carrefour ventriculaire. Dégénérescence des segments rétrolenticulaire (Cirl), souslenticulaire (Cisl) et de la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne (Cip) des trois cinquième externe du pied du pédoncule. Dégénérescence partielle du faisceau de Turck (FT), du pes lemniscus profond (PLp), du pes lemniscus superllciel et des fibres aberrantes postéro- externes de la voie pédonculaire. Dégénérescence du noyau externe du thalamus (Ne), du pulvinar (Pul), des corps genouillés interne et externe (Cgi, Cge), du bras du tubercule qiiadrijumeau antérieur (BrQa), du centre médian de Luys (Nm). Dégénérescence du globus pallidus(NL2NLi), de la lame médullaire interne (Ime), du corps de Luys (CL), du faisceau lenticulaire de Forel (FI) et des radiations strio-luysiennes. Coupes horizontales passant par la région tbalamique moyenne (Fig. 287), la région thalamique inférieure aux confins de la région sous-optique (Fig. 288) et le pied du pédoncule cérébral (Fig. 289).

Fiu. 21

GANGLIONS IXFUACORTICAUX : CORPS STUIÉ. 317

A ces dégénérescences des systèmes de projection cortico-protubérantielle, corticoméduUaire, cortico-thalamique, cortico-genouillés qui confirment parfaitement toutes les dégénérescences étudiées à l'aide de la méthode de Weigert-Pal (Voy. p. 142), il faut ajouter une dégénérescence légère, il est vrai, mais manifeste du globus pallidus (HLo,î^Li) et du corps de Lifi/s (CL). Les fibres dégénérées pénètrent dans le g lobiis palliclus au niveau de son extrémité postérieure, en particulier le long de la lame médullaire interne (Imi). Il existe en outre une dégénérescence diffuse de la substance grise de toute lamoitié postérieure du globus pallidus dans la région adjacente à la dégénérescence capsulaire. Dans la région thalamique (Fig. 287), la dégénérescence n'occupe que la moitié postérieure du globus pallidus ; dans la région sous-thalamique (Fig. 288), une partie des fibres dégénérées du globus pallidus s'épuise dans la substance grise de ce ganglion, une autre partie entre dans la constitution des radiations strio-thalamiques (en particulier du faisceau lenticulaire de Forel) et de la partie antérieure des radiations strio-luysiennes et se rendent au corps de Luys (CL) dont la dégénérescence est légère, mais très manifeste. Les moitiés antérieures et postérieures du segment postérieur de la capsule interne (Cip) présentent, de ce fait, un aspect bien distinct. Dans la moitié postérieure du segment postérieur (Cip), les fibres verticales sont dégénérées, tandis que les fibres horizontales du système strio-luysien sont absolument intactes; dans la moitié antérieure du segment (Cip), les fibres verticales sont intactes et les fibres horizontales sont dégénérées.

Ces cas montreut donc que certaines lésions corticales et sous-corticales entraînent — en l'absence de tout foyev lacunaire du noyau lenticulaire — une dégénérescence toujours légère il est vrai, du globus pallidus et du corps de Luys.

Le globus pallidus entre donc en connexion avec la corticalité cérébrale ; reçoit par son extrémité postérieure et sa lame médullaire des fibres qui s'épuisent dans sa substance grise ;

Le corps de Luys entre de même en connexion avec la corticalité cérébrale, ses fibres suivent le trajet de la lame médullaire interne du noyau lenticulaire, puis arrivent au corps de Luys en traversant la partie antérieure du segment postérieur de la capsule interne (Cip), et en suivant le trajet des fibres strio-luysiennes antérieures et du faisceau lenticulaire de Forel.

Connexions du corps strié avec les cerveaux intermédiaire Les connexious du

, T L ' ^ A ^' r ' ± ' i' ' i. corps strié avec les

et moyen. — Le corps stne est relie aux cerveaux intermédiaire et cerveaux intermé-

moyen par à un volumineux système de fibres d'une valeur phylogéné- '^""'''' "^^ moyen-

tique considérable, car il appartient au plan général de l'encéphale et se

retrouve, par conséquent, dans toute la série des vertébrés. Pris dans son

ensemble, ce système constitue le faisceau basai du cerveau antérieur des

vertébrés (Edinger), le système des radiations striées que l'on peut encore

désigner sous les noms de radiations strio-thalamiques et strio-sous-thala-

miques. Il relie, à la manière de certaines fibres corticales (fibres cortico- Leur importance

thalamiques et cortico-sous-tbalamiques), le corps strié à la couche v^y^os<='^é^H'^«-

optique et à la région sous-optique, en particulier au corps de Luys et

au locus nieer.

*^ Le faisceau basai

Chez les vertébrés non mammifères, le corps strié, connu sous le nom àe ganglion d" cerveau an teneur basai du ceiteau antérieur, représente un amas ganglionnaire unique et considérable qui rieurs.

Difficulté d'étude de ce système de fibres cliez les mammifères.

Nos recherches personnelles.

chez les poissons forme ù lui seul le cerveau antérieur. L'écorce cérébrale ne dépasse pas, en eflet, chez les poissons carlilagineux, le stade embryonnaire et se réduit à une mince lamelle épithéliale. Elle n'atteint sa structure véritable, caractérisée par des couches stratifiées de cellules pyramidales, que chez les amphibies, les reptiles et les oiseaux. Encore cette écorce rudimenlaire en connexion étroite avec l'appareil olfactif, n'estelle l'homologue que d'une partie de l'écorce des mammifères; elle correspond au rhinencéphale, en particulier à la corne d'Ammon et donne naissance à un groupe de fibres de projection qui est l'homologue, ainsi que Ad. Meyer l'a montré, du système du trigone cérébral. En dehors de la formation ammonique, le reste de l'écorce cérébrale n'atteint pas dans ces classes de vertébrés un degré de développement suffisant pour envoyer des fibres de projection dans les cerveaux intermédiaire et moyeu à travers le ganglion basai; la capsule interne fait par conséquent défaut et il devient facile d'étudier le système des fibres striées. Celui-ci constitue un volumineux faisceau, faisceau basai du cerveau antérieur (basâtes Vorderhirnbûndel) dont les fibres, recouvertes d'une épaisse couche de myéline, prennent leur origine dans la masse ganglionnaire unique qui représente le corps strié, et se terminent dans les amas ganglionnaires des cerveaux intermédiaire et moyen. Aucune fibre ne descend dans la protubérance ou le bulbe (Édingerj.

Chez les mammifères, en particulier chez l'homme, l'étude du système des fibres striées est plus difficile à cause de son intrication avec le système des fibres de projection de l'écorce cérébrale. Il ne peut donc être étudié à l'aide de cerveaux normaux débités en coupes microscopiques sériées, et il faut avoir recours à d'autres méthodes. Édinger les a étudiées chez de jeunes embryons de mammifères et par la méthode des dégénérescences secondaires chez un chien auquel Goltz avait enlevé toute l'écorce cérébrale sans lésion concomittante du corps strié. V. Monakow a employé la méthode des dégénérescences secondaires expérimentales et pathologiques. Nos recherches personnelles ont porté sur l'homme. Nous avons pu étudier le trajet des fibres de projection striée : 1" dans un cas de vaste lésion corticale avec dégénérescence complète de toutes les fibres d'origine corticale et intégrité complète du corps strié (cas Pradel, Fig. 66 à 78, p. 100) ; 2° dans plusieurs cas de lésions corticales étendues avec dégénérescence d'un grand nombre de fibres de la capsule interne (cas Rivaud, Fig. 142 à 162, p. loi et suiv.): 3° à l'aide de la méthode de Marchi dans plusieurs cas de lésions étendues ou limités du corps strié (cas Ronse, Fig. 296 à 301) ; 4° dans deux cas de malformation du cerveau avec arrêt de développement plus ou moins complet du manteau cérébral, remontant aux premiers âges delà vie embryonnaire et présentant comme caractère commun l'existence d'une cavité ventriculaire unique et commune aux deux hémisphères et l'absence de sotidure du manteau cérébral à la partie supérieure du corps strié. Dans l'un des cas (cas Longery, Fig. 197 à 212, p. 187), l'écorce cérébrale de la convexité des hémisphères était réduite comme chez les poissons à une mince membrane tapissée par la pie-mère, et partant le système des fibres de projection corticale faisait défaut. Dans l'autre cas (cas Richard, Fig. 213 à 231, p. 198)^ toute l'écorce était développée, sauf celle de l'insula. Le système de projection existait dans le centre ovale, mais n'arrivait pas à la capsule interne par suite de l'absence de soudure du manteau avec les corps opto-strié.

Les radiations strio-tlîalamiques et slrio-sous-t 11 a 1 a m iques.

Origine des radiations striées. — Les radiations strio-thala miq)ies et suus-tlialumiques comportent à la fois des fibres striofuges constituées par les longs cylindres-axes des cellules du corps strié, et des fibres striopètes, terminales, dont les cellules d'origine sont encore mal connues; elles se groupent dans l'intérieur même de cet amas ganglionnaire en fascicules volumineux, d'aspect arborescent, qui convergent tous vers certains points déterminés du noyau caudé et du noyau lenticulaire. Les fasci-

caudé.

GANGLIONS INFRACOHÏIC AUX : CORPS STUIÉ. 319

cules du noyau caudé se dirigent vers son bord inféro-interne ; ceux du noyau lenticulaire émergent le long de son sommet et de sa face inférieure.

Radiations du noyau caudé. — Les fascicules ou radiations du Les radiations .lu

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